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Bref je me suis retrouvé dans la troupe, pour les répétitions on cantonnait à la M.J.C. Ce qu'il voulait le Fernanbel, c'était comme ça que tout le monde l'appellait le Jean-Fernand Lecoïtteux, rapport à Fernandel sauf que lui on avait transformé en Fernanbel parce que c'était un homme de gauche, de la gauche qui se touche, celle qui répéte toujours les mêmes choses (pasqu'on les répéte jamais assez), le racisme, le fachisme, les bulles dans le Vichy, les heures les plus sombres de notre histoire, Fernand bêle quoi, ouais ce qu'il voulait c'était de la disciplîne ce qu'ils aiment bien ces types-là c'est la manœuvre, leur côté adjudant, au vrai y a pas plus culottes de peau que ces cons-là et entre chiens de quartier il font même des concours de celui qu'aura collé le plus beau motif.*
Et puis un jour le Fernanbel il a privé de goûter le groupe des blancs.*
Et moi comme un con je sais pas comment un jour de répétitions où ça valsait sévére, je me suis retrouvé au milieu et puis en dessous et je me suis réveillé à l'hosto et Etienne d'O. quand je suis sorti devant les caméras du journal de FR.3 de 19 heures 12, il a dénoncé le retour de la bête immonde et Maman qui le connaissait par cœur le bonhomme elle lui a balancé son bouquet à travers la gueule et elle lui a dit :4.
Pour en revenir aux motards, un jour y s'en est pointé un et il avait une lettre de la Présidence, mais c'était pas pour maman, c'était à moi qu'elle était adressée: une invitation pour aller bouffer à l'Elysée pour Noël.*
Quand même ça m'a mis en retard toutes ces formalités et quand je me suis arrivé dans la salle à manger ils étaient déjà tous à table et là où j'ai été déçu c'est quand je me suis aperçu que le Mitérance il était pas là. Autour de la table il y avaient une vingtaine de personnes, que des garçons, ça allait de cinq à cinquante ans, ils bouffaient leur consommé en faisant des slurp plus ou moins sonores, au vrai je me serais cru dans un réfectoire de pension de province, d'abord je leur ai trouvé à tous d'assez tristes gueules. Sans doute que la soupe devait pas êt' bien fameuse, on m'a avancé une assiette et une chaise, je m'y suis collé avec les autres, c'était froid. On avait même pas vue sur les jardins mais sur un coin de cour pisseux et le service était plutôt du style fonctionnaire de base vite fait, mal fait, ça te singeait l'ancien régîme mais il y avait toujours un petit détail soviétique qui vous rappelait qu'on était bien en république et que la grâce et la haute civilisation avait déserté pour de bon, pli de nappe trop marqué ou traces de doigts sur les cristaux d'un peigne-cul de service.