• Walter Chéchignac 27/1 par H.T.Fumiganza

    27.
    Inauguration.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Le complexe Transcontemporain Andréï Gromiko était sans complexe, haut de prés de trente mètres bâti dans un style stalinoïde amphibie mélange de totémisme kulturel et d'idolâtrie  productiviste.
    Les associés de papa portaient des costumes à rayures, des lunettes aux verres fumés et blindés et des chapeaux en kevlar sur-taupés pour se protéger du soleil hautain de cet fin d'été sans doute, ils fumaient d'énormes cigares en lutinant les artistes et les trois demoiselles Van Der Konf suivaient le train des officiels en serrant fort leur lourd sac à mains noirauds et en se demandant combien toute cette... cette chose avait pu leur coûter et ce qu'en aurait pensé leur papa.
    Outre le musée d'art Contemporain le 1287 ° du département il y avait un lieu muséal fort intéressant sur le Bletznec, sa vie son œuvre.
    On allait lui attribuer un statut protégé international de non proie qui lui permettrait à l'instar des rennes septentrionaux d'émarger aux assedics, les indigènes avaient eu beau protesté comme quoi le Bletznec c'était rien que ‘h'une belle saloperie qu'il avait fallu en bouffer pendant des siècles quand il n'y avait que ça, que maintenant et même au jour d'aujourd'hui avec les zypermarchés ils préféraient s'empiffrer d'agglomérats de résidus de poissons, panés à la sciure, mais que quand même c'était une tradition et une coutume que la pêche au Bletznec et « ...que rien que pour que, ç'la méritait le respect quoi merde ! »
       Mais les protestations indigènes n'y avaient rien fait et l'officier de l'indigénat dépêché par les instances bruxelloises, un jeune allemand, charmant d'ailleurs, enfin au moins très « korreck », avait pris toutes les mesures nécessaires, un satellite espion et deux hélicoptères surveillaient en permanence les lieux de pêche et un régiment de bavarois campait en ville.
    On pourrait s'étonner de cette sollicitude soudaine à l'endroit d'une telle poiscaille pestilentielle et quasi inutile mais des chercheurs suédois de l'université Gretagarbique de Malmoe l'avaient étudié pendant cinq ans avec force moyens humains, scientifiques et financiers,  détaillant ses mœurs, ses habitudes et ses humeurs.
    Et ils en étaient arrivés à la conclusion que cet être infumable, immangeable, élastique, sans caractère ni moralité, cannibale, mangeant ses petits, violentant ses nièces et se mordant la queue en permanence, haineux, sectaire, grégaire, déshonnête intellectuellement, désolant de préjugés et de conformisme social, vivant en meute, feignasse et scolaire, s'attaquant toujours en nombre au plus faible, aux isolés ou aux seuls caractères, oui ces scientifiques exercés  en étaient arrivés à la conclusion, à force de kilomètres d'observations millimétriques, que le Bletznec était un authentique poisson rouge... non point  l'un de ces êtres purement décoratifs que l'on promène de bocaux en plateaux de tévévision, mais un poisson de gauche, et oui un être éthiquement pur au même titre que la hyène putridophone des Balkans et le tigre boulimique du Bengale et qu'en conséquence il méritait respect, protection, hommages et commémoraisons.
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    <o:p> </o:p>   Il y avait aussi et ce me fut une consolation un espace de création contemporaine avec en cours un accrochage posture/imposture d'un plasticien franco-prukhmen où des caniches morts avaient été accrochés au mur comme autant de Christ en croix. C'était courageux.
    Et questionnant aussi.
    Oui tous ces caniches morts, il y en avait cinquante-quatre même s'ils puaient un peu, d'ailleurs le plus réflexif était ces vers qui grouillaient dessus, le vivant naissant du mort dans un comploiement incessant. Le créateur (en second) Kurt Zmlamay nous expliqua que devant se battre, tous les après-midis avec le pompier de service et la femme de ménage qui mettaient un coup d'insecticide le matin sur « ces saloperies », il en eut vite assez et pour les empêcher de censurer son œuvre auto productible car c'était bien de censure dont il fallait parler : censure prolétarienne mais censure quand même, et prolonger l'œuvre, il les avait exposés tous deux dans une cage qu'il avait intitulé « Répression ! » et fermés à cadenas et toute la bonne bourgeoisie conchoise tournait autour de la cage avec ravissement en se demandant lequel allait bouffer l'autre, la femme de peu ou l'homme de rien.
    <o:p> </o:p>   Quand ils en eurent terminés de leur ronde d'avant-garde ils se dirigèrent vers le buffet.
    Surprise ! Il était allégé on y servait du champagne light et du caviar d'algues c'était une adroite initiative de l'incomparable Le Radégoual, qui en avait la charge, malgré tout très vite il y eu un commencement d'émeute, une mutinerie de mondains, les plus terribles.
    C'est qu'en province arriérée l'on bouffe encore ! Et notre cher Le Radégoual fut à deux doigts d'être dévoré tout cru et sans garniture, pour plus d'authenticité sans doute, quand le chef de meute l'ober-hauptman füerherin régionale aux droits de la femme se rendit compte après lui avoir mordu dans la fesse droite que question vérité du produit il n'était pas plus comestible que ses « élaborations grotesques d'affameur prétentiard » dixit Chéchignac.
    Les amis de papa qui commençaient à la sauter appelèrent leurs chauffeurs-garde du corps, des types énormes, enjoués comme des incinérateurs industriels à fœtus.
    Ils remirent une bétonnière en marche, laissée là par les ouvriers et le cimentèrent sur place Le Radégoual, avec l'ordre de préparer « good food ‘nd hurry up asshole! » sans quoi ils te le balançaient dans la mer et même un peu plus loin jusque dans l'océan. (à suivre...)
    « Quand la com' décom' ou le schtroumpf à pédales.Avec les policiers de la Brigade Anti-Chouquettes... »
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