• Walter Chéchignac 22 par H.T.Fumiganza

    22.

    Con... con... condidat!

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Ce n'était pas sans une émotion certaine que je me préparais à retrouver La Conche et la maison aux prestiges du cher Valter mais je me devais d'abord de rendre visite à Medpeu et La Branlaye qui luttaient en quelque façon pour une certaine idée de la démocratie participative.
    Ils étaient dans la salle d'attente du consulat en train de draguer des ressortissantes bravadiennes en instance de formalités, jeunes étudiantes en économie planifiée et lutte des classes qui venaient parfaire en République Démocratique Française (RDF) leurs études supérieures prolétariennes.
    Mademoiselle de Plombelec tentait bien de rétablir l'ordre mais ils étaient salement remontés les deux réfugiés politiques, tout rutilants de bonne santé et de forte alcoolémie ils se promenaient en slip et charentaises, l'opinel à la main, saucissonnant  et vantant leurs capacités génésiques, selon eux très au dessus de la moyenne plafonnée.
    -Ils ne cessent d'importuner les dames et de raconter des cochonneries ! Le petit n'arrête pas d'exhiber son machin ! Oh mon petit Valter si tu pouvais nous en débarrasser.
    -Le droit d'asile est sacrée mademoiselle. Mais enfin je vais voir... Messieurs, messieurs je vous en prie...
    -Tiens il est là çui-là ! Oh putain et avec le mousse encore ! Alors la petite voiture elle marche bien... et si on te crevait les pneus tu serais bien emmerdé hein...
    Martial Médpeu, barbu et sale, avançait vers nous, menaçant, il avait remisé son saucisson dans son slip et marchait son opinel à la main, les yeux rougis et huileux, la lutte clandestine les avait bien changé.
    -Bon Dieu ! Vous avez trois minutes pour foutre le camp dans votre cave ou je vous déclare en grève illimitée de la faim et je balance un communiqué à la presse! Gueula le cher Valter convalescent et que notre dure nuit avait quelque peu éprouvé.
    Mepdeu frissonna puis s'ébroua, merdeux comme un chien de chasse qui s'extirpe bredouille de l'étang aux canards et précédé par son comparse en com'erie se précipita vers les caves du consulat.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>   Ils étaient d'ailleurs fort bien installé, les caves tenaient plutôt de l'entresol cosy à l'anglaise agréablement aménagé, un rien bohême, il y avait des journaux de fesses par terre, des cannettes de bière, des cassettes vidéo, des collants et des capotes usagées.
    Quand ces messieurs les conseillers réapparurent ils avaient retrouvé meilleure allure.
    -Excusez-nous c'est ce salaud de Tintin le taulier du 10/18 qui est venu nous voir tout à l'heure, soi-disant parce que nous sommes ses meilleurs clients mais à la vérité sans doute voulait-il obtenir des renseignements et juger de notre esprit de résistance et du moral de la troupe, il nous a fait boire du vin de noix de son parrain... c'est terrible !
    -Je sais, je connais, approuvai-je.
    -Bien maintenant La Gaspérine parlons un peu de votre avenir, alors cette fois ce sera la bonne, vous nous êtes revenu, vous allez voir ce qu'on va leur mettre.
    -Ah mais non mais ce n'est pas ce que vous pensez...
    -Comment vous n'êtes pas ici pour la chose... le passage à l'acte, vous voulez le perdre ou pas votre berlingue électoral ! Vous êtes plus en âge de rester électeur. Enfin réfléchissez la route vous est ouverte... votre prestige est intact et même renouvelé et augmenté par les tribulations de votre remplaçant, d'ailleurs chacun pense ici que c'est Letroncheur qui l'a buté,  à cause du rayon crémerie...
    -Le rayon crémerie vous êtes sûr que c'est un mobile de crime ?
    -Et comment don', le parti a toujours touché un petit quéque chose et même un bon petit quéque chose sur le rayon crêmerie-produits frais de la grande distribution, ici ils avaient signé avec Edgar Letrouble des Centres Letrouble il est de Petros-Duisec, presqu'un enfant du pays, jusqu'au jour où le Lucien Boitel est parti rejoindre le grand plombier de l'univers, la succession revenait naturellement à Letroncheur, dans un premier temps il a pris la suite aux conditions habituelles et puis il s'est rebiffé et il a dénoncé les accords crêmerie-produits frais, il voulait faire revoir son pourcentage à la hausse, panique à bord au Parti... et dans la crémerie parisienne, c'était un précédent qui pouvait tout fou't par terre alors il a bien fallu trouver quelqu'un à lui mettre dans les pattes et c'est tombé sur vous. Il s'agissait pas de le menacer mais de le déstabiliser et le ramener à la raison. Vous l'avez vu en campagne et bien dans les affaires il est tout pareil affectif et exagéré.
    -Ainsi c'est pour ça ! Pour figurer dans une carambouille de boulevard que j'ai été choisi !
    -Vous ne vous doutiez de rien ? Vraiment ?
    -Eh bien non, non, je croyais... je pensais... j'imaginais...
    -Vous croyez qu'on vous avait distingué eu égard à  vos qualités d'homme d'état et votre caractère trempé ! Allons, allons soyons sérieux votre docilité convenait, quand elle vous a fait défaut un soir d'exaltation hormonale, paraît-il, eh bien vous n'avez plus convenu. Voilà tout !
    -Mais alors et Noyeux ?
    -Le Noyeux, ou devrai-je dire le Noyé puisqu'aussi bien nous pouvons employer le participe passé maintenant hiirc ! hiircc !...
    Médpeu n'avait rien perdu de son humour agaçant et mal à propos.
    -... bref votre petit camarade avait lui deux gros défauts: il était honnête et faisait ses courses le samedi, c'est au rayon fromages qu'il a tout découvert, en discutant avec le chef de rayon, un con à œillades vous voyez le genre, c'est toujours le petit personnel qui ruine les belles combinaisons, votre Noyeux a fait un renaud pas possible au parti, une semaine après on l'a retrouvé joyé le Noyeux... euh noyé le Joyeux, bon je rigole mais le plus troublant c'est le rapport de gendarmerie et l'autopsie qui a été pratiqué contre tout bon sens, ils ne se sont presque pas occupé des boyaux...
    -Et pourtant la lecture des boyaux c'est toujours par ça que je commence le matin avant même le journal. Important pour se tenir au courant dans une enquête. Remarqua le Chef ‘von le Gueuzec.
    -Eh bien eux ils ont juste retourné la peau comme un gant, un peu à la manière dont on prépare un lapin, vous voyez...
    Je ne voyais que trop bien ce pauvre Joël écorché.
    -...d'ailleurs le Chef ‘von le Gueuzec qui a été chargé par la famille de ce pauvre Noyeux d'enquêter à titre privé en a été le témoin ?
    -En effet et j'en ai causé encore la semaine dernière avec Mau-Mau...le Professeur Maurice Maurin-Pointard que l'on aurait dû appeler en pareil cas surtout pour un parisien et une pointure encore...
    -Une pointure n'exagérons bien, il était bien gentil ce cher Joël mais de là à ...
    -... au lieu de quoi ils ont réquisitionné deux toubibs militaire du camp d'aviation de La Ponche, c'est à croire qu'ils voulaient se le faire en civet le candidat ou à la chasseur, et notez qu'il a été impossible de retrouver la peau, les gendarmes et le juge d'instruction disent qu'ils l'ont jetée, qu'ils n'en avaient plus l'usage puisqu'aussi bien l'information était close: mort accidentelle... oui tout cela est bien étrange...
    <o:p> </o:p>Nous quittâmes les deux défenseurs de la foi et arrivé sur le trottoir Walter demanda au Chef ‘von le Gueuzec :
    -Dîtes-moi il en était de la petite fête à bord du yacht bleu votre candidat ?
    -Béh ma foi... il me semble oui l'avoir aperçu su' le pont... pourquoi mon petit Valter tu penses... c'est marrant ça me trottait aussi... 
    -J'aimerais bien le voir de prés le défunt, l'inventeur de « the authentic strawberry'french mustard ». Je vais demander au Capitaine Kelbonbec de préparer la Détestation.
    -Moi je téléphone aux capitaineries de port pour savoir s'il est signalé quelque part et je t'appelle dés que j'ai des nouvelles mon petit Valter.
    -Fort bien, vous venez La Gaspérine aaaallons prendre quelque repos avant que de repartir vers de nouvelles aventures.
    Il était de belle humeur le cher Valter depuis qu'il savait que la belle madame Belcourt n'était pas indifférente à sa personne.
    -Si ce sont des aventures maritimes très peu pour moi.
    -Ne fâites pas votre bêcheur La Gaspérine.
    -Je suis faaaaatigué de tout cela.
    -Allez rentrons à la maison, venez sur mes genoux vous vous faaaaaatiguerez moins.
    Nous traversâmes la ville dans cet équipage étonnant de jeunes mariés handicapés moteur, mais arrivés à la maison  du druide une surprise nous attendait.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>En effet ce fut le cher Doubi le chef des services secrets prukhmen en personne qui nous ouvrit la porte.
    Je pensais aussitôt, quoique faaaatigué :
    « Oh merde ça y est c'est reparti pour un tour de manége infernal ! »
    -Cherrr Voualtérrre quel biencontrrreux plaisirrr de vous revoirrr !
    Le prukhmen n'était pas menaçant, au contrrrairrre il sourrriait, ah zut v'là que ça me prend moi aussi, ce doit êtrrrre contagieux le rrroulement de « r ».
    -Colonel Dubaïev quelle bonne surprise !
    Ils s'embrassèrent à la prukhmen, férocement sur la bouche, peut-être y mirent-ils la langue tant ils montraient d'empressement sentimental.
    Pour ma part je n'y comprenais plus rien, il n'y avait pas deux heures nous échangions nos bons vœux de prompt démolition et force coups de flingue et grenades def' en veux-tu en voilà  et maintenant ils faisaient assaut... d'amabilités.
    Un peu plus loin dans la grande salle à manger Dona Chupita y Gomez faisait goûter les enfants du prukhmen et échangeait avec sa dame des recettes de confiture à la rrrrhubarrrbe y bolones. Dona Chupita mettait des boulons partout, elle aurait pu écrire un livre de recettes de cuisine insurrectionnelle.
    -Vous... vous connaissez ? M'étonnais-je.
    -Le Colonel Dubaïev, Doubi est un ancien du KaGuéBé, nous nous sommes connus à Prague au temps de notre jeunesse.
    -Le bon temps rrrrévolu hélasssss !
    Ah non là s'il se mettait à rouler aussi les « s » je démissionnais.
    -La belle fraternité des services n'est pas un vain mot, c'est une grande famille. Me renseigna ému le cher Valter en serrant une fois encore le cher Doubi dans ses bras.
    Pour le reste les explications étaient simples le cher Doubi était au chômage,  Mademoiselle Br... avait dénoncé ses carences chroniques et déconvenues récentes à leur gouvernement et prit sa place à la tête des redoutables sinon redoutés services secrets prukhmens .
    -Ah la sale cafetière ! M'indignais-je. J'étais moi-même encore sous le coup de la trahison de mon adjoint à la Filière truc-chose.
    -Je licencié. La location maison saisonniérre dénoncée. Je me perrrmetrrrer venirrr à vous.
    -Vous avez bien fait mon colonel. Ma foi il me semble bien qu'on embauche chez nous, je vais me renseigner, je pourrais vous avoir un poste d'adjoint middle east center and western europa et quelques heures de... de « ménage ». Et pour ce qui est de la pizzeria je ne devrais pas avoir trop de mal à négocier un arrangement avec votre propriétaire.
    -Ah je trrrés bien, même si perrsonnel défaillant, prrroprrement perdu chef de rrrang maîtrrre d'hôtel serveurs mais deux plongeurrrs rrrestés loyales à moi.
    -Des plongeurs de combat cela ne m'étonne pas. C'est un service public que le monde entier nous envie. Ce sont des gens d'honneur ! Approuvais-je avec quelque lyrisme .
    -Non commis bengalis, pas comprrrendrre Prrrukhmen, pas frrrançais non plus, pas au courrrant de rrrrien mais fairrre vaisselle trrrés assidûment.
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