• Walter Chéchignac 17 par H.T.Fumiganza

    17.
    Un Dimanche en famille.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p>Le père Belcourt continuait ses éternels mots-croisés dans son redondantesque tricot de laine, m'agaçait çui-là, il ne les avait sûrement pas fait à tempérament ses mômes.
    A la cuisine son épouse s'affairait à sa sauce au beurre blanc au milieu des garçons qui s'étaient donnés pour objectif la remise à l'eau du plateau de crustacés et la confection d'une bombe glacée à retardement pendant qu'au salon les Dartemont-Chambeulac me draguaient technico-tactique.
    Mère et filles en des croisements de jambes sud-américains me montraient leurs ischio-jambiers et leurs cuisses, magnifiques d'ailleurs, j'étais un beau parti, après tout.
    Il me manquait juste d'être nommé élu pour continuer ma carrière. L'espoir m'était revenu en même temps que La Branlaye et Médpeu, ils ne m'avaient donné d'autres explications qu'une course urgente à faire en grande banlieue et repris leur place avec un grand naturel sur ma note de frais, j'ai peut-être oublié de dire que j'occupais à l'époque les fonctions de Délégué Général à la Filière Betterave à nœuds, ce qui m'accordait des loisirs et laissait accroire à quelques compétences valorisantes dans les sucres, la vérité était que la betterave me laissait indifférent et que c'était mon secrétaire général un jeune con...seiller référendaire de trois promotions après moi qui s'appuyait les dossiers et les discussions avec ces cochons de betteraviers. J'avais eu le malheur d'en recevoir un une fois, qui pour faire authentique avait dégoutancé mes tapis avec ses bottes boueuses alors que tout le monde savait qu'il demeurait ordinairement  rue de la Pompe et ne mettait les pieds dans ses productivistes installations betteravicoles qu'au moment de la chasse... à la subvention .
    Dans tout les cas je me promettais de monter bientôt à Paris et d'abord afin de réclamer une grande explication aux instances du Parti. 
    <o:p> </o:p>Hulme de Chambeulac était attendu pour le café, je redoutais sa venue car il m'avait laissé entendre lors de notre dernière rencontre qu'il avait une demande en cours d'exonération de taxation fiscale de sucres betteraviers importés pour laquelle il souhaitait mon avis et sans doute plus si affinités. En bon parisien je savais passer le champoingue quand on m'avait tendu la gel douche mais je ne voulais point trop me compromettre surtout en ce moment :
    -Mon mari est tellement occupé répétait son épouse for désœuvrée.
    <o:p> </o:p>Le Chef ‘von le Gueuzec, lui, faisait le tour de son ex-appartement, il alla même se recueillir devant le grand lit de la chambre qu'il avait tant de fois conjugalisé, où il avait labouré et pâturé, pèlerinage sentimental qu'il effectuait en pantoufles sur le parquet ciré, mais après tout après avoir été le titulaire et l'occupant des lieux, il n'avait pas eu beaucoup de chemin à faire pour en devenir le voisin de dessus.  
    On frappa à la porte, je me resserrais sur mon canapé, attitude mal interprétée par ces dames qui, croyant que je celais à leurs yeux un début d'érection,  rapprochèrent leur dispositif de siége.
    -Eh bien mon cher La Gaspèrine, un peu de décence, vous êtes dans le monde. Me murmura Walter Chèchignac, le nouvel arrivant, en distribuant cornets et ballons à la populace enfantine  accourue, braillante et plébiscitaire, il avait une drôle de côte chez les mômes le tueur d'hermaphrodites. 
    J'effectuais un repli stratégique vers le balcon sous les sourires pesants de ces dames car je venais de découvrir en me levant que je bandais effectivement, sans doute l'évocation de la regrettée Mademoiselle Br...
    Au dehors il faisait beau et chaud l'été poussait les feux et les  conge'payes et ertétistes entraient à flots en dessous dans la pizzerias qui venait de s'installer à l'instigation de Dartemont-Belcourt, pour amortir les frais d'entretien de l'immeuble  Dartemont-sœurs, dans le local du rez de chaussée, jusque là fermé.
    Elle ne manquait pas d'esprit d'entreprise la mère de famille.
    Le gérant de l'établissement était un sympathique prukhmen (ils le sont tous, note pour la 17° chambre correctionnelle.) qui proposait à la carte  27 sortes de pizzas et une douzaine de variétés de staphylocoques, il avait un personnel nombreux.
    La répression des fraudes avait même découvert 14 types d'urines différentes dans les cacahuètes du comptoir, c'est dire le choix qui s'ouvrait au gastronome en pénétrant ici, mais le record n'avait pu être homologué, à cause du sus-mentionné personnel nombreux .
    <o:p> </o:p>  Il avait été dressé une table pour les mômes, ils n'étaient plus cinq mais au moins sept car ils avaient reçu le renfort de cousins  réservistes, les demoiselles Dartemont-Chambeulac qui y avaient été affectées, se jugeant trop grandes maintenant pour aller avec les mômes, refusèrent de rejoindre leurs affectations et la table des grands se trouva trop petite pour accueillir tout le monde, alors Walter Chéchignac se proposa pour présider la table des mômes.
    Présidence qu'il assura, malgré les protestations de ces dames Dartemont-Chambeulac qui jugeaient sa présence indispensable à leur table, avec bonhomie, sans renforts de police et une incertaine autorité mais durant laquelle je remarquais comme il observait Dartemont-Belcourt derrière ses moustaches et ses lunettes d'écaille.
    Walter Chéchignac la regardait, il la contemplait, je ne dis pas avec du désir, non c'était plutôt de l'envie, une grosse envie môme et baveuse de cette vie copieuse prés de cette femme-là, il aurait tout pris, la femme, les gosses et sans doute même le mari pour passer prés d'elle le restant de ses jours.
    Pourtant il n'était ni chaste ni fidèle mais il avait un jour par fort vent d'orgueil quitté sa route, pris des chemins de contrebande pour rejoindre au plus vite un destin en partance pour n'importe quoi, il y était arrivé, avec n'importe qui, il en était revenu, de n'importe où et il n'aspirait maintenant qu'à retrouver la nationale, celle des départs en vacances, des notes de gaz et des rappels du percepteur.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>-Vous avez vu on parle de notre affaire dans le journal !
    Nous en étions au dessert d'un repas lourd et entendu, pas mauvais mais définitivement provincial et je me rappelais en ces instants, avec nostalgie mes agapes parisiennes dans mon restaurant préféré « L'ensucé » où le chef Jean-Luc Lendoffé me préparait sa spécialité de rate et foie de limaçon au jus de Saint-Jacques givré dans son terreau frais du jardin et pois gourmand (un ! il n'y en avait qu'un, de pois gourmand, on n'était pas là pour bâfrer non plus !), ce n'était rien que des produits vrais mais appareillés, je devrais dire mis en musique, en bouche, de telle façon que cela donnait sur un mélange de parfums et de saveurs inédit et d'une parfaite sincéritude. Et pourtant je prisais peu les abats.
    Alors bien sûr le gigot pommes soufflées des familles à côté de ça !
    Je le répète, nous étions en province, n'est-ce pas ? Si encore, Dartemont-Belcourt avait eu l'idée, l'invention, l'audace de ne pas le faire cuire son fichu gigot ! Peut-être ? Oui alors...
    A mes côtés dans cette difficile digestion, et encore il restait à venir la bombe glacée après quoi patientaient les gamins, les petites Chambeulac étaient toute excitées, elles avaient été engagées par le syndicat d'initiative de la station afin d'enquêter et d'identifier un pervers qui sévissait dans le coin, il s'exhibait en imperméable sur les plages, mais il était d'une espèce des plus redoutables puisque lui ne montrait rien, il gardait tout: ses lunettes noires, son cache-nez, ses knickerbockers, ses chaussettes de montagne, son pull à col roulé, son chapeau tyrolien, aussi le syndicat d'initiative s'était-il alarmé de la présence d'une engeance pareille dans une station balnéaire très correctement ensoleillée :
    -Vous imaginez si la presse s'empare du scandale on va encore dire qu'il fait moche en Bretagne. Leur avait expliqué indigné  devant tant d'indécence morale le président de l'établissement.
    Et le journal local : « Le Conchois Libéré » faisait bruit de ces rumeurs, interrogeant même quelques estivantes angoissées :
    « Il peut pas montrer sa raie comme tout le monde çui-là ! On a peur pour les gamins, un type qui porte pas de string, vous imaginez, c'est pas normal, c'est malsain... »
    La Préfecture questionnée, prenait la chose très au sérieux et allait dépêcher d'urgence une cellule de soutiers psychologistes.
    -Ce n'était pas le pharmacien donc ?
    -Non, non, nous avons enquêté, il adore s'exhiber avec sa femme dans les parkings de supermarchés. Si on vous racontait...
    -Euh... plus tard mesdemoiselles... Alors c'est peut-être un pudique ou ... un enrhumé ?
    C'est à ce moment que Hulme de Chambeulac débarqua, bien avant le café donc et ma fuite préméditée :
    -Tiens donc vous fumez la pipe vous maintenant ? Lui fit remarquer son épouse acidulée.
    -Toujours quand je suis sur une enquête.
    Lui aussi « il s'y croyait », comme auraient dit les mômes.
    Ce n'était pas les satyres frileux qu'il coursait mais un comptable adultère, cela avait toujours été l'une des grandes spécialités de la maison Dartemont-Sœurs, les enquêtes dans les villes d'eau et stations balnéaires, la surveillance du curiste en rupture de conjungo :
    -Le bonhomme en question pour corser l'affaire serait parti avec la secrétaire du patron et l'encaisse de T.V.A de l'année, vrai un joli coco !
    Il parlait comme dans les romans policiers d'avant-guerre le cocu de réserve et semblait avoir oublié notre petite affaire betteravière, à mon grand soulagement, en même temps que sa plasticité morale d'avocat d'affaire, car, lui, il était là pour punir.
    -J'ai profité d'une visite à faire en banlieue pour commencer la filature, je le course depuis ce matin, il a retenu dans une sorte d'hôtel de passe prés de la Préfecture, l'auberge de la ...
    Il sortit son carnet :
    -... la Chaudasse c'est ça...
    -Ce n'est pas une préfecture mais une cathédrale.
    -Ah bon, vous croyez ?
    -Je la croise tous les jours, j'ai même vue dessus depuis ma chambre.
    -Ah parce que...
    -J'ai élu résidence à « La Chaudasse » et ce n'est pas un hôtel de passe mais une auberge typique d'un confort très correct d'ailleurs.
    -Et avec toutes les commodités à l'étage...
    -... et en sous-sol ! Ajoutèrent Walter Chéchignac hilare et le Chef ‘von le Gueuzec enluminé par le Pomerol.
    -Tiens don' eh bien si vous le permettez j'irais vous rendre visite dés ce soir afin de parfaire mes repérages. Je sens que mon affaire est sur de bons rails.
    Sur de bons rails peut-être, mais entre de bonnes mains, j'en doutais, quand on prend la cathédrale Sainte Trahoudulde, magnifique édifice de style gothique renonçant pour l'hôtel de passes de la république, le pire restait à craindre. 
    -Et en ce moment, ‘gardez-le ! Il se dore la couenne sur la plage, mais je vais te le serrer moi et nom d'une petit bonhomme il causera.
    Sans doute le cher Hulme de Chambeulac n'avait-il pas les compétences en la matière de Dona Chupita y Gomez ni du Chef ‘von le Gueuzec, sprinter d'exception mais je devinais bien pire chez lui:  de la bonne volonté.
    -Zut et rezut ! Il est parti, je dois le suivre. Saperlipomerde il ne m'échappera pas !
    -Mais Hulme vous ne restez pas pour le dessert ? S'attrista Dartemont-Belcourt qui aimait bien les « générales » de famille qui affichaient complet.
    -Non... J'ai la Jaguar en panne...
    -Grave ? Demanda Valter connaisseur ?
    -Non c'est juste le dégivreur de moquette qui a mis le feu au bar à liqueurs, bon, je prends la Renault 4 !
    -Non pas la R.4 !... Elle cale.
    Ce fut un cri mais inutile il était déjà dans l'escalier maître Rouletabille.
    Sur ce la bombe glacée explosa, sans lui !
    Une vraie et belle explosion qui rendit sourd les convives et tâcha les murs.
    Dartemont-Belcourt après avoir fait les constatations d'usage, s'emporta :
    -Mais... mais qui a fichu un pétard dans la glace? Que l'imbécile qui a fait ça se dénonce sans quoi... je punis tout le monde !
    Inutile de préciser qu'avec Walter et le Chef ‘von le Gueuzec nous n'en menions pas large, elle devait être terrible dans la punition, Dartemont-Belcourt, peut-être pas autant que ma regrettée Mademoiselle Br... mais très bien quand même.
    -Mais maman tu disais que c'était une bombe glacée !
    -Ils ont raison c'est de la publicité mensongère, ma chérie !
    Il n'aurait pas dû causer le cruciverbiste.
    -Dans tout les cas mon ami, vous voilà privé de dessert.
    Ce fut le seul puni, le gilet de laine, et nous nous rabattîmes avec les mômes sur les petits fours frais pendant qu'il nous regardait manger, na !
    Terrible ! elle devait être terrible dans l'intimité ! C'était aussi l'avis du Chef ‘von Le Gueuzec qui s'empiffrait d'éclairs z'au ‘ocolat.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>Nous somnolions quand le téléphone tinta dans l'appartement comme une clochette en bout de gaule dans une quiétude de bord de Marne, c'était cet imbécile d'Hulme de Chambeulac, ce fut son épouse qui répondit, elle était en pleine réussite, et raccrocha très vite :
    -Il me téléphone pour me dire que la marée monte !
    -Que veux-tu il est à l'âge où l'on découvre le monde.
    Les deux sœurs convinrent en rigolant que les maris étaient décidément quelques fois d'une innocence alarmante, mais voilà pas que l'autre récidive mais cette fois avec plus de détails, elle lui laisse un peu de temps, sa dame, elle n'est pas en veine côté réussite et il explique son cas :
    -Il est en panne du côté des Bouchots et la marée monte.
    Elles se re-marrent un grand coup les sœurettes.
    -Voulez-vous que nous y allions ? Se propose Walter Chéchignac, galant et secourable.
    -Allons-y tous, cela sortira les enfants ! décrète Dartemont-Belcourt en se levant de la méridienne où elle se reposait de sa matinée, nous laissant voir tout à loisirs ses jambes, admirables comme à l'ordinaire chez les Dartemont sœurs, nièces et grandes tantes, une vraie maladie de famille.
    -Il faut qu'ils s'aèrent, je ne sais pas ce qu'ils font d'ailleurs ! Où sont-ils passés ? S'ils ne font pas de bruits c'est qu'ils sont encore en train de faire une connerie !
    De temps en temps elle se lâche, c'est son côté fille de colonel.
    -Tu devrais les mettre en pension ! Lui dit Dartemont-Chambeulac sa sœur à l'esprit pratique.
    -C'est ça et pourquoi pas à l'asile tant qu'on y est!
    -Oh moi ce que j'en disais ...
    <o:p> </o:p>On les cherche partout dans l'appartement immense et on les retrouve dans la buanderie en train de torturer la fille de la voisine, elle est déjà à poils et attaché aux rails.
    -Mais enfin ça va pas ! Mais Dieu du ciel vous êtes des monstres !
    -Ben quoi on fait notre enquête...
    -C'est vrai quoi elle allait parler...
    -On voulait juste savoir que si c'est elle qu'avait volé les vignettes Pikémon de Pin-Pin ?
    -Vous allez tout de suite la détacher et vous excuser !
    -‘m'en fous, je les a tous en double déjà ! Conclut le plaignant,  Pin-Pin le cousin collectionneur.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>De fait nous n'aurions pas tous tenus dans la Jaguar de fonction du cher Chambeulac et puis nous n'aurions pas non plus beaucoup avancé puisqu'elle était en panne... de moquette, si j'avais bien suivi.
    Manque de chance la familiale monospacieuse de Dartemont-Belcourt était en révision chez Peunault-Reugeot le concessionnaire automobile consensuel de La Ponche.
    Alors le cher Valter avait trouvé dans ses sous-sols, juste ce qu'il nous fallait, une Checker Aerobus, c'était jaune, ça faisait sept mètres de long, avec une bonne dizaine de portes et c'était immatriculé dans le New Jersey (nouveau parce qu'indémaillable nous fit remarquer le désopilant Médpeu, ‘pas oublier de demander au si serviable et adroit Valter de lui mettre une balle dans la tête au génie du marquetinge électoral quand je n'en aurais plus l'usage, il commençait à me les agacer !), bref cette espèce de boa constrictor de la production automobile nord-américaine avait toutes les qualités pour participer à une filature discrète, c'était le cher Hulme qui allait être heureux de nous voir s'il n'était pas encore noyé et donc toujours sur la trace de son comptable fautif. 
    Les mômes eux étaient tout contents parce qu'ils avaient chacun leur portière même la petite voisine qui pas rancunière avait voulu en être du spectac' de la noyade annoncée et pré-vendue du tonton Hulme.
    -C'est du belge !
    -Je vous en prie Medpeu, les circonstances sont dramatiques !
    Malgré tout l'ambiance était bonne.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>-Ne vous inquiétez pas chère madame, votre mari n'est point en danger, la marée nous est favorable...
    -Mais je ne m'inquiète pas.
    Quand même lorsque nous arrivâmes sur les lieux du possible drame, la Renault 4 avait de l'eau jusqu'au capot et nous commencions de désespérer de retrouver sinon vivant au moins flottant le cher grand Hulme :
    -Eeeeh ! Ooooh ! Je suis là !
    Il était perché sur l'un de ces rondins érectiles sur quoi prospèrent les moules. Il faisait de grands signes, et l'on aurait crû un homme de pont unique survivant de quelque porte-avions coulé, les demoiselles Dartemont-Chambeulac se précipitèrent vers leur papa avec un bel enthousiasme filiale, sans s'inquiéter de se mouiller les pieds, sacrifice d'importance à quoi nous n'étions pas encore tous acquis, mais après quelques mètres et alors qu'elles touchaient presque au but elles semblèrent s'évanouir dans l'onde.
    Valter, le Chef ‘von le Gueuzec et moi-même nous nous décidâmes avec une belle unanimité à porter secours à ces jeunes filles et donc à mouiller nos chaussettes.
    Secourues, sauvées, survivantes, elles nous désignèrent ensemble, le bout de bois juste à côté de celui qu'occupait le stylite du barreau de Paris.
    De fait il était lui aussi occupé, un plaisantin avait à grands soins posé la tête découpée d'un contemporain sur un mouchoir à carreaux.
    Oubli de pique-niqueur, farce douteuse ou tentative de mise en culture d'un nouveau genre ?
    <o:p> </o:p>Revenus tous ensemble au rivage, le Chef ‘von le Gueuzec convint que la décollation avait été parfaitement exécutée et qu'elle était toute fraîche, tous les regards se tournèrent alors vers Hulme de Chambeulac qui récupérait avec difficulté de son temps au désert d'eau.
    -... mais... ‘est pas moi... ‘uis pour rien... ‘eu 'ous le jure !
    -Et vous savez pas à qui ça peut appartenir? Lui demanda le Chef ‘von le Gueuzec qui tout en interrogeant du regard et de tout son instinct flic la tête déposée devant lui sur le sable, essorait ses chaussettes.
    -Mais si... c'est... c'est le comptable ! Enfin un bout... A un moment, il est parti avec la secrétaire vers les bouchots, ils avaient l'air très amoureux, je ne pouvais pas les suivre, ils s'en seraient rendu compte, j'ai attendu pendant une heure qu'ils aient fini leur petite affaire et qu'ils reviennent, rien, alors j'ai suivi les traces de pas mais la marée montait et puis j'ai aperçu quelque chose... et puis...
    L'affaire se corsait, au loin, plus au loin, très au loin de nos jeux d'adultes, les enfants et les mamans ramassaient des coquillages et se faisaient de rondes joues et de belles cuisses.
    <o:p> </o:p>Enfin le Chef ‘von le Gueuzec replia les coins du mouchoir sur le reste comptable, fit un joli nœud avec et chacun de retenir son souffle et sa pensée, il semblait savoir ce qu'il avait à faire, je préjugeais qu'il allait l'empocher mais non, il commença de creuser le sable, peut-être son instinct de chien policier qui lui commandait d'enterrer les indices comme ses collègues épagneuls civils inhument leurs os et trophées divers, mais non quand la tête fut bien calée, il prit trois pas d'élan et d'un drop magistral du pied droit l'envoya dans l'océan à plus de soixante et dix  mètres de là.
    -C'est... c'est indigne... un reste humain... un élément d'enquête... une... un...
    -Une pièce à conviction oui, et qui pouvait aussi bien emporter la décision de messieurs les jurés et vous valoir vingt ans de bagne cher maître !
    -Joli coup de pied ! Approuva Walter Chéchignac.
    -Ah bravo c'est malin et maintenant qui c'est qui va n'aller le chercher le ballon ? Demanda le cousin Pin-Pin fotebaleur évadé du stalag des coquillages. (à suivre...)
    « La vraie soupe au mégot parisienne par G.M.Neoletto 1/2La dernière lettre de votre petit Guy avant de se faire fusiller. »
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