5 Juillet
Je ne cacherais pas que les premiers jours passés à bord me furent pénibles. Incroyable ce que cela peut tanguer un contre-torpilleur, il est vrai que celui-ci n'est pas de la première jeunesse, tiens c'est à noter cela, j'en toucherais deux mots à Sir John Branke: le possible remplacement du sus-dit navire par un plus nouveau, au moins mieux récent.
Est-ce le soudain dépaysement, les ennuis familiaux, bref j'ai été malade à n'en plus pouvoir, je me flatte pourtant d'avoir toujours eu l'âme et le pied marins, allez savoir.
Et cet imbécile de Pezzolino qui s'engouffre de renouvelées pizzas à longueurs de journée et presque sous mon nez.
J'aimerais d'ailleurs bien savoir comment il se les fait livrer à bord.
Nous quittons bien heureusement la Baltique par une porte dérobée et enfourchons gaillardement l'Atlantique, après c'est longtemps tout droit:
-Mais il ne faut pas rater la sortie! Me dit cet imbécile d'Amiral alors que je me renseignais auprès de lui sur la route que nous aurons à suivre.
Le cher Sir John Branke passe une grande partie de son temps avec la délégation tsilongaise, le leader perpétuel N'Gutu N'Gutu
se plaignant d'être chaque jour de corvée de pluches pendant son voyage officiel.
Et quoi il a bien fallu leur trouver une occupation, rien de plus dangereux qu'un leader révolutionnaire à qui l'on n'occupe pas les mains, alors j'ai donné des ordres pour qu'on le mette lui et ses ministres à la cuisine et aux tâches ménagères du bord .
Je retrouve quelque accalmie hépatico-stomacale sur l'Atlantique jusqu'à ce que ce cher Sir John Branke vienne me trouver fort alarmé:
-N'Gutu N'Gutu s'étonne que les couleurs Tsilongaises ne soient pas hissées en haut de mat prés du drapeau Nordmois?
-Et quoi encore?
-C'est qu'il est votre hôte et toujours chef d'état selon les usages internationaux qui n'ont rien prévu en cas de submersibilité du sus-dit état, d'autant qu'il demeure toujours un ilôt émergé de trois pieds carrés.
-Et bien qu'il aille donc y vivre sur ses trois pieds carrés, si nous passons devant je l'y ferais déposer avec toute sa troupe! Enfin cette farce va-t-elle bientôt finir mon cher ambassadeur?
-C'est qu'il menace d'appeler en phonie la Caisse d'Epargne d'Uügsborgh... s'il découvre que le compte est vidé...
Je le sens ému et pour émouvoir un britannique de carrière il faut un peu plus qu'un krach boursier ou un sacrifice de belle-mère.
-Et bien soit nous ferons hisser votre torchon nous dirons que c'est là mon nouveau pavillon personnel.
-Ah merci Tétesse... véritablement merci, vous m'êtes merveilleusement amical, c'est d'un brave!
Je demeure accoudé au bastingage, réconforté par ce bel élan et dévisageant l'Atlantique, c'est vaste il n'y a pas à dire.
Je suis en pleine évocation intérieure, invocation poético-philosophique lorsque, levant le nez sur les mouettes, surgit devant mes yeux le drapeau tsilongais que l'équipage est en train de hisser. Je fais appeler Strikeman qui surveille l'opération prés de la délégation Tsilongaise au bord du ravissement.
-Ah vous voilà! Dîtes-moi cher Brank ne dirait-on pas... enfin une paire de...
-Mais c'en sont Altesse, adroitement stylisées: une paire de testiculous de bélier avec un membre turgide au milieu: symbôle de force et de virilité du peuple tsilongais agrémenté d'une faucille et d'un pezburn, c'est un outil agricole, je ne saurais en traduire l'utilité, pour marquer son attachement prolétarien à la cause des peuples, au centralisme démocratique, à l'agriculture administrée et à tout ce genre de choses, l'ensemble sur un très joli fond rouge sanglant et...
-Et c'est ce... cette saloperie bolchévico-rurale que vous m'avez faite accrochée... cet ignominie qui voisine avec nos trois couleurs... bleues... ah non là mon cher... non là vraiment...
-Ne vous tourmentez pas outre mesure cher Tétesse. Dés que nous entrerons dans un port nous les masquerons aisément, j'ai l'habitude vous imaginez bien dans la diplomatie, il faut savoir mettre ses couleurs dans la poche, in ze pocket of ze queen's trousers comme disait mon oncle dans le jardin de ma tante, ce ne sont là qu'enfantillages de peuplades primitives, regardez plutôt comme ils sont contents, ah je ne vous remercierai jamais assez Altesse de...
Je n'entends plus rien de ce qu'il me dit, un vacarme infernal occupant l'air, je regarde sur le pont en dessous, ces p... de nég... les tsilongais s'agitent avec frénésie en tapant sur des bidons d'huile et en vociférant.
Ce pauvre Brank ravi me gueule à l'oreille:
-C'est leur hymne national et révolutionnaire: "la Marche à l'aise" et je me permets de vous faire remarquer chére Tétesse qu'ils la chantent toute entiérement en français pour en marquer uniment le caractère fougueusement révolutionnaire.
Peuple attachant que ces tsilongais... ne puis-je m'empêcher de penser ému en me raidisssant au passage de leur hymne francophonée. (à suivre...)
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1° Juillet
Ah les voyages forment la jeunesse, les voyages officiels forment la maturité officielle, surtout pendant les mois d'été cela a son charme, ne le boudons pas, nous partons (moi seul mais en majesté) la Reine, je crois, un peu jalouse de ma nouvelle popularité a choisi de m'éloigner quelque temps de son peuple, sans doute sur le conseil de ce saligaud d'Urinald fun Froeben.
Elle m'a donc demandé de la représenter lors des cérémonies commémorant la découverte des Iles Futrak, qui sont de nos anciennes colonies du Pacifique, par Hertrude Hertrudutkë l'un de nos plus fieffés navigateurs qui en y arrivant aprés dix-huit mois de navigation pensait avoir enfin découvert là les Baléares où il voulait faire bâtir en prévision de sa retraite de navigateur. Il est à noter (entre parenthéses) que les indiens Futraks les avaient découvertes bien avant tout le monde leurs fameuses îles puisqu'ils vivaient dessus depuis des temps au moins immémoriaux, mais là ça ne comptait pas en droit international.
Hertrude Hertrudutkë pacifia la côte installa trés vite une supérette et un camp de nudistes, un temple et rembarqua aussi vite effrayé par les indiens cannibales très en colère qui venait de goûter au salamis Nordmois et gueulaient qu'on cherchait à les empoisonner.
Une deuxiéme expédition mieux armée pacifia les esprits.
L'on évangélisa les indiens qui devinrent austères et pacifiques, abandonnèrent leurs étuis péniens pour des slips zingués et leurs rituels païens contre des bibles et une assistance obligatoire au prêche.
Bref l'on commença à s'emmerder ferme dans les îles Futrak maintenant boutonnées sévére et celà dura ainsi jusqu'à l'indépendance.
L'indépendance proclâmée un Premier Mai, fut d'office chômée comme à peu prés tous les autres jours de l'année à partir de cette dâte et fut le prétexte à force tripailles, étripailles et fiançailles sauvages.
Aprés bien des errements, au gré des obédiences et des doctrines de ses successifs dictateurs, elles se réveillèrent un jour marxistes, le lendemain maoïstes, puis khadaffistes (une rareté philatélique!) et encore socialistes, la piste était en vue, enfin la bourgeoisie combinardo-révolutionnaire vieillie et l'appareil du Parti unique assagi, bref tout ce petit monde atterrit et se convertit en bout de piste au marché obligataire et au libéralisme interventionniste social de marché comme tout le monde.
Depuis les Iles Futraks se sont enfin accomplies dans une vocation à leur pointure: elles sont devenues un paradis fiscal ouvert à toutes les audaces et improvisations financières où l'on peut monter n'importe quelle société en 13 minutes et un holding fiscal avec 150 US Bananas (la monnaie du cru, ils ont abandonné notre Brelotquë Pacifique pour intégrer la zone dollar).
Comme je le sais fort friand de ce genre de festivités et très décoratif lors des commémorations et activités officielles diverses, j'ai convié outre mon directeur de conscience le révérend père Fulmance des Emplettes, notre cher Sir John Branke à m'accompagner, il a répondu d'autant plus favorablement à mon invitation que sur l'instigation de sa chère Calina toujours en voyage de noces crapuleux toutes ses cartes bancaires et moyens de paiement lui ont été retirés et qu'il se retrouve démuni de tout, ce qui le place dans la plus inconfortable situation pour un diplômate en poste à l'étranger.
Il ne nourrit plus ses invités lors des réceptions officielles que de harengs pommes à l'huile et l'on commence à jaser dans la capitale sur son compte (cloturé!) et un possible rappel de Londres.
Allons nous sommes bien décidés avec quelques uns de ses amis fidéles à le tirer de ce mauvais pas.
Mais justement le voilà qui arrive... à vélo. Mais je ne pense pas que c'est cette fois encore qu'il gagnera une étape de plaine ni même de port car une douzaine de noirs très solides le dépassent sur la ligne d'arrivée qui se trouve être en l'espèce mes chaussures.
-Ah Majesté... Puuf! Puuf! Je crois que vous connaissez N'Gutu N'Gutu le grand leader tsilongais Puuf: Puuuf! je l'ai prié de m'accompagner, ainsi que quelques uns de ses ministres, si vous n'y voyez pas d'inconvénients?
-Ma foi j'en vois quelques uns, mon cher.
Il se rapproche de moi le pauvre garçon et me murmure tout bas:
-Il m'a confié son livret de caisse d'épargne et le budget de l'Education Nationale et en ce moment je ne peux rien lui refuser, si vous consentiez à ce qu'ils nous accompagnent, cher Tétesse... pour me dépanner, il a été très chic, cela fait des années que je lui promets un voyage officiel.
Un voyage officiel clandestin dans le voyage officiel officiel! Tout un programme!
Vrai il commence à m'énerver avec son élevage de tsilongais.
-Eh bien soit, embarquons... embarquons!
Nous embarquons donc à bord du contre-torpilleur Ingmör Bergmön ((1911-1975) Humoriste et pacifiste.)
Eh oui que voulez-vous dans ce foutu pays l'on donne des noms de clown pacifiste à des batîments de guerre.
L'amiral Chips Thör-Balhsen m'accueille à son bord. Je recompte les étoiles sur sa manche, pas de doute il en a au moins deux de plus que moi.
Il est pourtant encore jeune le saligaud. L'humiliation continue.
J'ai pour objectif premier de faire rayonner l'élégance et le prestige français ainsi que d'illustrer au mieux la permanence du souvenir Nordmois en ces contrées lointaines mais mon objectif second est de faire un détour par Miami et d'y retrouver en toute discrétion ma douce Klopilde maintenant Madame Zglissenska (ce qui au féminin ne veut plus rien dire, on l'aura remarqué!) qui aprés ses nôces supersoniques y a repris le cours de ses études supérieures.
Elle a certes promis à la Reine de venir nous retrouver dés la fin du trimestre universitaire mais je compte bien être le premier à la rencontrer dés avant sinon à la féliciter. Elle a quand même quelques explications à nous fournir la tendre enfant, je veux bien être poire mais il y a des limites! (à suivre...)
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Publié par urbane à 04:13:42 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
Je dois reconnaître que quand je suis arrivé à la cour, elle m'a fait bon accueil quand tous les autres me montraient triste figure, très bon accueil même puisqu'à l'époque les deux soeurs cultivaient une ressemblance parfaite même vestimentaire et qu'en toute innocence je l'ai honoré de mes hommages vespéraux quelques soirs où je m'égarais dans les couloirs de ce palais trop vaste. Elle s'en amusait, la mutine, avant de se faire reconnaître en riant:
-Moi j'aime ça les français ! Gouaille-t-elle depuis à chacune de nos rencontres, en français dans le texte et en me pinçant les génitoires, c'est très douloureux et plutôt attentatoire à ma dignité, ornement naturelle des devoirs de ma charge, bien heureusement elle vit presqu'à demeure à Saint... Prothez, c'est près de Maubeuge. Toute une histoire: elle s'était trompée de station, elle avait confondu avec Saint Trop', elle y avait a fait construire sur place une magnifique villa. Et puis les gens de Saint Proth' étaient "sympas" elle y est restée: "de toutes les façons Saint-Trop' c'est pas encore assez pour moi!". Elle y a gagné une pointe d'accent et nous un peu de repos:
-Bonjour tout le monde! Eh ben vous en faîtes une gueule! Bon elle a épousé un plombier polak 'pas de quoi en faire une maladie! Au moins en cas de révolution il aura toujours un métier lui! C'est pas comme mon bon à rien de beau-frère français!...
Elle plaisante bien sûr, mais cela reste rude à entendre, d'autant que ma carrière d'auteur et d'écrivain est déjà fort heureusement engagée et puis j'ai mes vignobles de Chateau Bonpéze, je suis aussi viticulteur mais de cela j'espère pouvoir en parler plus loin tant l'amour de la terre me tient, je les pilote à distance certes, mais c'est du travail, ne serait-ce que de mettre en marche l'ordinateur avec quoi je communique tous les matins avec mes gens qui vivent à demeure sur la propriété. J'en surveille la bonne marche, regarde la météo, décide de la dâte des vendanges avec mon chef de chais, ni trop tôt ni trop tard, l'an dernier j'ai choisi le 23 Juin, humblement je le reconnais le millésîme a de l'apreté mais point tout le corps nécessaire, c'est un métier en même temps qu'un art.
-Moi j'aime ça les français ! Regouaille-t-elle en re-français dans le re-texte et en me re-pinçant les re-testicules.
-Ouaaaaillle! Balbutiai-je, ce qui n'est pas dans mes habitudes mais là elle m'a eu par surprise.
-D'ailleurs c'est très bon tout ça, ça fait de la pub pour le royaume et puis tu te souviens de ce que répétait notre père:"Mes filles surtout aèrez notre dynastie, ça pue le renfermé là-dedans, mariez-vous loin des vos cousins!"
Pour sa part elle exauça parfaitement la recommandation paternelle puisqu' à ce jour elle s'est mariée six fois dont deux avec le même personnage un play-boy hindou ... et bégue: Bobby Rawanalbajpout:
-Sans compter qu'ils ne sont vraiment pas chers les natifs d'europe centrale! Moi je ne prends plus que des gigolis slovaques, vrai on les a pour rien et quel travail ils vous font, il faudra que je vous présente Slobomar!
-Rien ne presse ma soeur. Lui dit la reine en se levant pour rejoindre Fun Froeben et commencer sa journée comme tous les jours. Il est neuf heures et quart. Elle se dirige vers la pointeuse qu'elle a faite installée à grands frais à l'entrée de la salle du trône par souci de transparence démocratique:
-Kling!Plonk!Tchaac!
Et elle plante dans l'unique case du tableau sa fîche.
Cela ne plaît pas trop à tante Gui-Guittkë la démocratie appliquée et arachnéenne.
-Toujours aussi bêcheuse et ramenarde celle-là! C'est pas tout d'être reine il faut encore être aimable! Quand je pense que j'ai raté le poste à dix minutes prés! Enfin c'est des obligations d'un autre côté... et des emmerdes. A propos les enfants je vous invite pour les vacances scolaires dans ma nouvelle villa, j'ai fait construire dans une station branchée très courue: Cibiza!
-Tu veux dire Ibiza Tantine, en Espagne?
-Non, non Cibiza et c'est en Roumanie, une ville minière je crois.
La pauvre fille s'est encore trompée de villégiature!
-Regarde tantine ils ont sorti une nouvelle sextape de toi sur Internet! S'écrie le cher Ulriktkë en brandissant son portable.
Elle regarde la chose:
-C'est un vieux truc ça! Ma seconde nuit de nôces avec Rawa: j'avais gardé un tel souvenir de notre nuit de nôces inaugurale que j'ai voulu y goûter encore une fois! Ah mes enfants en cinq ans il avait beaucoup baissé! Il était devenu tout mou du bas! Va mon neveu ça vaut pas une branlette! je t'enverrais plutôt les essais que j'ai fait dans mon jeune temps en Suéde pour une série documentaire d'éducation sexuelle. C'est dommage c'est jamais passé à la télé pourtant j'étais très bien là-dedans et il y avait plein de trucs astucieux et de conseils de bonne femme. Bon je vous quitte j'ai garé mon vélo en double-file et les flics d'ici sont tellement chinois!
-Ils font leur travail. Assénai-je doctement pour l'édification de tous et de chacun.
-A propos de travail ne te surménes pas trop toi grand con!
Elle m'agace, celle-là aussi, autant que l'autre, sa jumelle régnante, c'est fou ce qu'elles m'agacent toutes!
-Ah j'oubliais Môm a terminé sa cure de désintoxication, elle devrait passer vous voir, allez ciao tutti!
Môm c'est la reine-mère Petardtkë de Nordnmark, une vieille barcasse octogênante, calfatée de partout, grande buveuse depuis son veuvage, dire si elle a acquis quelque expérience et tout à fait impossible à vivre!
-Bon c'est pas tout ça moi il faut que je fasse ma valise, demain j'ai visite officielle! Annonçai-je en m'éloignant.
C'est la vérité la plus pure je pars en représentation dans nos anciennes colonies et je bénis la coincidence qui m'évitera le voisinage avec le vieux tromblon. (à suivre...)
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Publié par urbane à 04:14:01 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
30 Juin
Je suis dans la sidération la plus compléte, ma Klopilde, ma douce, ma virginale et candide, ma luminescente Klopilde, qui poursuit des études de Coiffure Internationale à la Puff and Surf University of Florida's Bitch s'est mariée ce matin à Las Vegas avec un plombier polonais rencontré dans les toilettes de l'aéroport international de Vancouver où semble-t-il elle était en transit et lui en mission.
C'est l'agence de presse du Royaume, l'Agence Fröders qui l'annonce.
Sa mère est effondré, ses frères sont effondrés, je suis moi-même debout mais largement fissuré dans mes certitudes. On l'imaginera sans peine.
Que d'interrogations m'agitent: mais pourquoi aller si loin pour ça ? Des plombiers polonais il y en a partout en Europe, non ? Il me semble enfin oui.
Et que faisait-elle dans les toilettes de l'aéroport de Vancouver?
Et pourquoi Las Vegas pour une union ? Quand nous avons ici un certain nombre de cathédrales certes protestantes mais en parfait état de marche, lors de la prétendue Réfôrme les églises catholiques du Royaume ayant été rasées, ruinées ou laissées à l'abandon, sans doute par esprit de tolérance, mais malgré tout il eut été tellement plus agréable que les épousailles se fissent en famille et en même temps avec une certaine pompe (... mais de préférence sans le plombier!), d'autant que je me serais arrangé pour que le Père Fulmance Des Emplettes leur refile une petite bénédiction au passage Et puis... et puis que je sache la douce enfant ne parle point le polonais.
La famille est réunie dans la salle du Breakfeast de nos appartements privés du Palais et nous attendons, fébrilement les nouvelles, elles arrivent hélas portées par Urinald Fun Froeben comme autant de coups de canons démantelant la forteresse austère et que nous croyions inexpugnables de nos principes:
-Ce p... de s... d'o.... de Polak est divorcé trois fois et il a sept mômes! Ce Monsieur Lopeck Glissenski, c'est un nom parlant, a fait de la prison en Turquie pour trafic de blondes (Dieu merci Klopilde est auburn!) et en Polakie pour proxénétisme aggravé. M'écrié-je sans me départir totalement de la maîtrise de mes nerfs.
-Oui ce monsieur nous semble être un triste individu en vérité! Conclus Gretaetkë en se resservant du thé.
-Mummy je crains qu'il ne nous faille déshériter cette pauvre Klopilde et la retirer de la liste de succession au trône. Propose Koonrardt désespérant de calme dans son uniforme, et tout en beurrant sur les deux faces et les côtés (c'est un perfectionniste!) sa biscotte.
Ce qu'il peut être agaçant ce môme parfois!
-Tu vas te taire petit Koon! Explosé-je.
-Je vous rappelle Monsieur le Prince consort que vous vous adressez au futur et prochain souverain de Nordnmark.
-Pas si prochain que celà mon fils! Rectifie la reine en lui allongeant une baffe qui propulse sa biscotte beurrée sur le plastron de son bel uniforme.
Il faut reconnaître à ma Poupetkë un don quasi surnaturel, elle a toujours eu une trés bonne droite, pour apaiser les conflits et corriger les insolents.
-Vous énervez pas boyz'd'girlz, intervient mon brave Ulriktkë en slurpant plus que nécessaire son chocolat et en dévisageant son téléphone portable, quand elle en aura marre la Klo-Klo elle divorcera de son vieux et personne en parlera plus!
-Dois-je vous rappeler monsieur le Prince héritier en second que notre soeur est troisiéme dans l'ordre de succession et que s'il nous advenait quelque adversité, elle aurait à régner sur notre Royaume. J'imagine mal un plombier polonais en Prince consort, il est vrai qu'il est des précédents qui peuvent autoriser toutes les audaces et...
Avant même que cette petite peste de Koonrardt eut terminé sa phrase qui s'annonçait comme possiblement désobligeante à mon endroit ma Poupetkë lui en a retourné une seconde qui envoie la biscotte qu'il beurrait sur le col de son uniforme .
Il se léve toujours maître de lui et glacial mais avec de meilleures couleurs aux joues, des biscottes beurrées plein son uniforme et une trés chouette casquette sur le chef.
Il a de l'allure le fiston, il tient de son père.
-Majesté je demande la permission de me retirer dans ma caserne !
-Ta caserne? M'interrogé-je de vive voix.
-Notre fils fait son service militaire mon ami. Me renseigne la reine.
J'avais complétement oublié, c'est pour ça qu'il est en uniforme, il faut dire aussi qu'il est plus souvent au Palais qu'à sa caserne.
-Tu ne sers pas dans la Marine au moins fiston ? Lui demandai-je un peu inquiet en lui tapotant paternellement l'épaule.
-Non dans l'armée de l'air.
-Ah je préfére. (Il faut dire que jusque là je ne leur ai jamais vendu de zincs). Allez amuse-toi bien petit Koon. (C'est son diminutif familial) Lui dis-je en l'embrassant sur le seuil du couloir, je l'accompagne du regard jusque dans les escaliers quand soudain retentit derrière moi un voix familière, oh tellement familière!
-Alors grolartkë tu as des nouvelles de la petite? Toi tu as encore pris du bide !
Cette voix tintammarante et boulevardière c'est celle de son altesse royale la Princesse Birgitkë de Nordnmark, pour les intîmes (et ils sont nombreux!) et le bon peuple Prinzipin Gui-Guitkte, la soeur jumelle de la Reine, née seconde elle n'eut pas droit au trône. Au naturel: une nature! Elle a longtemps défrayé la chronique du gotha par ses frasques et fait la une des journaux à scandales et autres pipolades, aujourd'hui elle est un peu comment dire? "rangée des voitures." (à suivre...)
Publié par urbane à 02:56:13 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
28 Juin
Hier soir aprés la lecture qu'il avait faite à la reine, et à moi-mâme, des souvenirs assez emmêlés d'un ex-chasseur alpin savoyard fort querelleur, qu'on en juge plutôt: le bonhomme avait successivement fait la guerre aux allemands, aux français (pétainistes), aux japonais, aux indochinois, aux coréens, aux algériens et pour finir il s'était re-colletés avec les français (gaullistes cette fois) sans doute faute d'autres candidats, le cher Petcho Larigaïe m'a demandé un entretien particulier. La Reine avait apprécié la lecture, tout en écoutant elle tricote des côtes de maille pour les armures des collections du Musée Royale de Boeuren, c'est un délassement pour elle.
J'opinai à la demande de ce cher Petcho et nous nous isolâmes dans mon bureau:
-Voilà j'ai caus... réfléchi à votre affaire Monseigneur et les ordr... mon opinion est que vous devriez accorder une audience à Erikten-Baxstaard ur Kingofzethof je me suis un peu entretenu avec lui, il est dans les meilleures dispositions à votre endroit!
-Êtes-vous fou mon cher Larigaïe. Kingööfzetof est de la dernières extrémitude, je ne saurais m'associer à lui non plus qu'à son mouvement le NFSN Natziunal Flankj Semultkë Nordnmarken.
Il me faut préciser pour ceux qui ne sont point au fait de la politique du Royaume que Baxstaard ur Kingööfzethof surnommé Erik le Mauve (Erikten Ôg Mövtkë) du fait de sa face souvent colorée a une vision assez extensive et somme toute désuéte du royaume, pour lui les frontières naturelles du pays devraient être la Mongolie extérieur et Majorque sous le prétexte que "nos" ancêtres les... vikings étaient d'impénitents touristes... et qu'il posséde une villa en Espagne.
Baxstaard ur Kingööfzethof appartient à l'une des plus anciennes familles du Royaume, les Kingööfzethöf étaient les seigneurs du Thöf l'une des provinces les plus septentrionales du Royaume, l'un de nos grands feudataires. Son ancêtre fit allégeance au légendaire Roi Bromurtkë I° le fondateur de la l'actuelle dynastie aprés un tournoi de Petantktkë acharnée. La Petantktkë était l'un de ces âpres et physiques jeux féodaux où les combattants après s'être convenablement saôulés de Pernovit (jus de crâne d'importation pressé et fermenté) s'affrontaient en se lançant des sortes de boulets ferrés à la figure, le premier qui parvenait à en faire pénétrer un dans l'orbite de l'adversaire avait gagné (un voyage à force de rames en drakkar en Seine Maritime tous frais pillés!), l'ancêtre d'Erik le Mauve y gagna sur le champ le surnom de Guttfriedt le borgne et se mit au service du roi Bromurtkë, depuis ses descendants s'étaient toujours fait tuer avec une grande assiduité et une parfaite ponctualité dans toutes les guerres qu'avaient organisées ou subi le Royaume.
Ainsi que je l'ai noté plus haut leur province du Thöf est la plus nordique du Royaume, la plus arriérée aussi, il faut dire que ces braves gens ne voient du fait de la latitude où ils se trouvent le jour qu'une heure par jour les mois d'été, un quart d'heure l'hiver et pas du tout les années bissextiles.
Il y fait si froid que le château seigneurial des Kingoöfzethöf est une sorte d’igloo en glace de 345 chambres qu’il faut rebâtir chaque hiver car il fond à peu prés complètement au printemps à la fonte des neiges, le plus soufflant c'est qu'ils le rebâtissent au complet chaque année depuis cinq siècles au moins.
Descendant d'une race aussi offensive, ce qu'il faut bien appeler la décadence du royaume l'a conduit aux pires extrémitudes de pensée et d'action, l'on ne compte plus les bureaux de planning familial incendiés par ses soins ou ceux de ses affidés du NFSN, les présentateurs tévés empalés et les féministes violentées. Homophobe, raciste, intolérant, discriminateur fanatique, centristophage, guerrier, patriote, machiste et fier de l'être il est l'épouvantail planté au milieu de ce parlement de chapons, de ce parquet de volailles. De temps en temps il se présente même en armure et masse d'armes aux séances et défenestrent au hasard l'un de ses collégues centropathes.
Il a été jugé plusieurs fois pour de tels faits, emprisonné, il en est toujours ressorti au meilleur de sa forme et plus décidé encore.
Nos tribunaux le condamnent, nos élîtes le condamnent, nos journalistes le condamnent et notre peuple le plébiscite.
Quoiqu'on en juge nos populations sont vikings et je ne pense pas qu'elle aient gagné quoique que ce soit à la civilisation industrielle dans l'ordre des qualités humaines, ils étaient courageux jusqu'à la folie, ils sont consentants jusqu'à la mort. Ils croyaient à des Dieux pragmatiques et légendaires, frères d'armes dans leurs conquêtes, on leur demande de rester parqués toute leur existence et de croire à des légendes sans dieux ni volonté. Comment ne point se rebeller
Son parti, très populaire dans le Thöf est représenté au Parlement par leur chef unique... et solitaire, ces messieurs du gouvernement ayant décidé iniquement de restreindre la représentation parlementaire de la province à un unique siége de député.
Malgré quoi le Nordnmark est un pays authentiquement démocratique comparées aux foutrocraties européennes où quelques personnes décident démocratiquement de ce que toutes les autres doivent penser et il ne viendrait à l'idée de quiconque ici de lui interdire la parole et le débat.
Et puis il exsude de sa personnalité pétaradante et fuliginante un traumatisme collectif enfoui mais profond quant à la destinée du Royaume, nous sômmes au même tître que l'Autriche ou la Turquie un ex-empire, l'on pourrait penser que nous fûmes soudain abandonné par la Providence, autrefois puissant, fédérateur de toutes les peuplades vikings, étendu, le plus étendu des contrées septentrionales, le pays a perdu les quatre-cinquiéme de son territoire à l'avant-siécle dernier, entre les guerres napoléoniennes et les émancipations successives de nos provinces muées en voisins morgueux, nous avons été quittés par à peu prés tout le monde, funeste destin, il ne nous est plus demeuré que ce rataillon, ce bout de couenne qui flotte dans un brouet de liberté sexuelles, morales, sociales, individuelles, de toutes les fausses libertés et vrais égoïsmes dans quoi tombe une nation lorsque elle n'aspire plus à être une puissance.
Et pour clôturer le triste inventaire avant une quasi liquidation, notre voisin allemand nous avait confisqué une province entière après une guerre malheureuse imprudemment déclarée au saut du lit par le Roi Berthild XXII dit Berthild Ôg Pritentiardtkë (Berthild le Présomptueux) dans les manuels scolaires et selon le jugement populaire Hert Kondj Berthild soit "ce couillon de Berthild"..
Depuis le pacifisme régne sur les âmes plus encore que la Reine.
Je réfléchis un court instant, je l'ai dit, ce Petcho Larigaïe m'a toujours été de bon conseil:
-Eh bien soit j'y consens, organisez mon cher une entrevue mais discréte, précisément et exactement discrète... mettons sous quinzaine... mais pas le 17 j'ai revue navale.
J'adore les revues militaires et lui-même les prise beaucoup mais dans ce pays neutre et pacifique, inhibé quoi c'est presque un blasphême d'en organiser, mais là ils ont fait une exception c'est le tri-centenaire de je ne sais plus quoi, une victoire navale contre les français sans doute et puis je compte bien placer à l'occasion le porte-avions de ce cher John-Branke à la Reine: une revue navale sans porte-avions c'est petit. (à suivre...)
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