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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net

Le soumis à son pépère. | 22 novembre 2007

Conscient que dans ce pays de lopett... d'hommes ayant pris enfin conscience de la part de féminitude de leur être intime, l'heureuse discipline qu'est la soumission, qui a connu ses plus belles heures dans les années 40 et quelques où elle avait pris rang de sport national, connaît à nouveau de  beaux jours, certain qu'elle est appelée au plus large retentissement sur le vouébe (ouais ouais je sais de quoi je cause bande de minus!), nous vous proposons aujourd'hui le témoignage de l'un de ces petits dégonfl... de ces êtres qui ont choisi volontairement parce qu'ils avaient une petite bit... qu'ils en avaient le désir sincère de se soumettre à autrui et d'exécuter toutes ses volontés parfois jusqu'à la lâcheté ou ce qui peut nous  apparaître comme une certaine forme d'abjection mais qui n'est souvent  que la preuve d'un amour qui les dépasse ( de deux têtes au moins avec la casquette !).
Voici donc le témoignage de François F. qui vit de manière précaire à l'Hôtel M... à Paris.

Le Soumis à son pépère
Ou le Schtroumpf à cravache
 

Depuis que sa schtroumpfette est partie il est de plus en plus dur avec moi mais je m‘en fiche, j'accepterais tout de lui, pour ça que je fais premier ministre pour en chier un max, sûr que si ma Pénélope à moi se barrait ça me foutrait un grand coup, donc je peux le comprendre, donc j'accepte, donc j'en chie, CQFD.

-Tiens à onze heures tu recevras les métallos !

-Mais... mais je croyais que c'était toi qui les recevait ?

-Je les reçois, je leurs offre l'apéro, je les tasse un peu, je les fleuris un peu, mémoire de Jaurès, souvenirs de Carmaux et autres couillonades, la tournée est pour moi  et après tu t'en occupes !

-Mais ils vont encore être bourrés : tu sais bien qu'ils sont méchants quand ils sont saouls, la dernière fois ils m'ont enfermé dans le placard à balais et c'est un garde républicain qui m'a délivré deux heures plus tard... oh j'en peux plus... j'en peux plus... tu es vraiment trop... trop..

-Trop quoi !

-Mé... méchant !

-Ta gueule ! Après tu t'occuperas de la Merkel, ‘peux plus la supporter celle-là, à chaque fois elle me fout dans la gueule les chiffres de l'industrie allemande, ses excédents budgétaires dont elle sait plus quoi faire et comment que Berlin est chouette en automne depuis qu'ils l'ont rebâti en deux fois plus grand et quatre fois plus moderne et que je devrais y faire un petit tour et que j'aurais qu'à apporter mon petit vélo de français à pédales et que ça me ferait les mollets.

C'est bien simple elle se fout de moi ! Qu'est-ce que j'y peux si je fais président d'un peuple de minables qui pense qu'à ses RTT quand la moitié de la planète se met en overdrive et bascule à plein dans le troisième millénaire. Ah si mon vieux avait eu la bonne idée de faire escroc aux states plutôt que dans ce coin de merde, je serais né ricain, j'aurais fait président des étatsuniens, ç'aurait été aut' chose quand même que technico-commercial de Bouygues ou Lagardère comme maintenant ! Et peut-être... oui peut-être elle serait restée avec moi.

Il m'émeut quand il est comme ça, tout apitoyé sur sa destinée humaine, tellement humaine...

-Et puis putain je t'ai déjà dit de pas foutre ton vélo dans ses bégonias! Elle les aimait tant !

-Mais c'est pas mon vélo c'est celui de Juppé !

-Quoi il est là ! Il est là et on me prévenait pas ! Ah Alain entre...Enfin te voilà ! Tu sais que tu me manques toi ! C'est bien simple j'ai plus que des cons autour de moi ...

Il dit ça pour me faire râler, mais je m'en fous j'endure, j'endure...

-Et toi vas me promener les chiens !

-Mais... mais t'as pas de chiens !

-Eh ben va en acheter une douzaine... tiens des noirs comme il avait l'autre grand con !

-Des labradors ?

-Labrador c'est  canadien ça ! Non... non plutôt des danois, c'est féroce ça ! Je te les leur lâcherais au cul à tous ces cons pendant les journées du Patrimoine ! On rigolera bien !

C'est sûr cet homme souffre !

Quand je reviens avec ma meute de danois, c'est incroyable ce que c'est mordeur ces engins-là, et puis ça braque mal, surtout dans les embouteillages, je suis quand même content je me suis bien fait cracher dessus par les tomobilistes pris dans les manifs:

-Regarde-moi ce pourri que c'est nous qu'on le paye et qu'il joue à la baballe avec ses clebs pendant que c'est nous qu'on s'emmerde !

En fait de jouer à la baballe j'essayais de leur faire lâcher mon Black Berry mais ils me l'ont bien ruiné et ils m'ont arraché un bout de la main avec.

J'arrive sanguinolent, bandé et en retard à la réunion avec les métallos... mais il n'y a personne.

-Le président les a gardés à bouffer, il a dit que vous aviez qu'à vous occuper des lycéens.

Ah le salaud, me voilà privé de métallos, sûr j'en aurais bien chié, il a encore voulu me punir !

Contre mauvaise fortune... comme on disait chez les scouts et puis cela va me faire du bien de voir de la jeunesse, qui ne l'oublions pas, est pour une grande part l'avenir de notre pays.

Je fais donc  préparer un bon goûter pour les lycéens, avec des pain-z-auchoco et des brioches et du chocolatolait et des gateaux-z-au beurre (noir !).

C'est alors que François (Chéréque) de la CFDT & Fils vient me voir, lui aussi a l'air d'avoir souffert, il a la joue droite boursouflée et l'œil droit fermé :

-C'est ce salaud de Bernard Thibault il m'a coincé pendant la récré, entre la manif et la conférence de presse et qu'est-ce qu'il m'a mis le salaud en me traitant de collabo!

J'essaye de le réconforter, je lui offre un petit painzochoco et même un painzoraisins, il s'en va triste et battu, je l'envie un peu.

Bon moi, j'attends les mômes, je finis d'arranger la table, c'est charmant il y a même des fleurs.

 

Ils arrivent enfin, avec une heure et quart de retard, Dieu comme ils sont grands ! Il y en a même qui ont de la barbe... et qui sont venus avec leurs gamins.

-Nous exigeons l'ouverture immédiate de négociations... commence un moins grand qui a l'air de vouloir s'essayer à jouer les vedettes sans doute pour entamer une carrière de starlette au PS, tout en dégueulassant mon tapis des Gobelins avec ses baskets crottés.

-Entrez... entrez mes enfants, assoyez-vous... mademoiselle je vous en prie prenez place !

-Mademoiselle oh l'aut' bouffon y m'a pas regardé !

-Vo-yions ! Vo-yions de quoi voulez-vous que nous parlions ? Des cours de Gymnastique peut-être ?

-Gynastique c'est quoi ça ?

-Moi ma gynastique c'est la tringlette ! Y comprend rien c'est la suprême détresse le vieux ! Y faut le jeter chez les aut' vieux !

Ces garnements commencent à bousculer le buffet, tirer la nappe, violenter le personnel de service bref c'est très vite le plus grand désordre et il me faut montrer un peu d'autorité :

-Allons ! Allons je vous en prie mes enfants...

Mais va te faire fiche rien n'y fait, quelques uns essayent même de décrocher le lustre de cristal :

-Ouais ça vaut de la thune ça !

D'autres veulent sodomiser mon officier de sécurité ... et puis soudain la porte s'ouvre c'est Pénélope :

-Eh bien ! Eh bien ! C'est pas un peu fini toute cette bordel on vous entend depouis de l'autre côté de le rue !

Elle te leur distribue force claques, en décroche quelques uns perchés,  fait enfin mettre toute la troupe en rang par deux :

-Et pas une bruit jusque le porte !

Ah c'est bon ! Oh oui encore ! Quelle autorité !

Ils sont dans le parc en train de défiler en chantant : « Maréchal nous voilà ! » quand le président arrive :

-J'ai croisé ta dame ah c'est quand même quelqu'un on peut pas dire ! Toi en revanche t'as vraiment pas de couilles t'es qu'une petite bitte !

-Couilles, bitte, qu'est-ce que c'est ça ?

-T'as rien dans le slip quoi !

-Bien sûr que non c'est Pénélope qui a tout ça, de toutes façons tu penses bien que si j'avais eu un slip garni j'aurais pas fait la carrière que j'ai faite !

Publié par urbane à 00:37:25 dans / La position du soumis(sionnaire) ! | Commentaires (0) |

Con Friendly ! 2/2 par L.Lagueulebée | 17 novembre 2007

Con friendly!  2/2  par L.Lagueulebée

 

C'est ma Poupette, Jeanine mon obersturmbanhfuhrer préféré, ma femme à moi quoi, depuis qu'elle travaille aux impôts elle est de plus en plus rigide... alors que de mon côté je le suis de moins en moins, bref c'est elle qui avait trouvé la location, une de ses collègues de bureau qui lui avaient recommandé le coin. C'était dans le Jura, oui je sais, mais ça peut-être très beau le Jura, très sauvage aussi, c'est le côté nature inviolée qui l'avait tentée, les mômes aussi étaient contents, la nature inviolée ça les passionnait même si ils préféraient l'étudier à la ville: devant la  tévé.   

La voiture marchait bien, il y avait qu'un truc d'un peu ennuyeux c'était cette manie qu'elle avait de causer tout le temps, le plus souvent en anglais, et puis soudain dans les pentes du Jura, elle a décidé d'elle-même d'économiser les freins, elle m'a même fait tout un cours sur le sujet qui s'affichait sur l'écran multimédia en couleurs, les mômes regardaient ça en prenant des notes pendant que j'appuyais comme un dingue sur la pédale, mais plus rien.

Finalement elle a détecté une valeur de sudation élevée associé à un taux d'humidité important de mon fauteuil électrifié, elle en a déduit que je les avais à zéro, et de fait je venais de vivre un pénible relâchement de sphincters,  et bonne fille elle a rebranché les freins.

-BRAKES  O.K !

Soulagé j'ai appuyé un grand coup sur la pédale en zamack recyclé et elle s'est cassée en deux.

-SUCKER ! A lâché cette p... de bagnole de m...

 On a fini par s'arrêter dans un arbre après avoir heurté un vieux panneau routier Michelin en béton blanc, qui nous avait heureusement freiné, il y avait des dégâts matériels mais heureusement pas de blessés.

Il s'est pointé une camionnette de gendarmerie moins de dix minutes après, je n'avais pourtant prévenu personne, la bagnole qui s'en était chargée, cette salope n'arrêtait pas de clignoter en gueulant :

-VITESSE EXCESSIVE CONSTATEE ! VITESSE EXCESSIVE CONSTATEE !   

J'ai vite ouvert le capot et j'ai arraché tout ce que je pouvais, j'avais des faisceaux électriques plein les mains et elle l'a enfin fermée.

Les pandores n'ont même pas demandé de nos nouvelles, ils nous ont filé une dizaine de P.V. pour "déprédations sur espace naturel protégé", et payé une tournée générale de tests ADN :

-On vient d'en toucher des nouveaux très chouettes ! Avec un seul poil du cul on vous donne le tiercé dans l'ordre!

 Une fois tout le monde fiché, y compris le chien ils nous ont enjoint de circuler ce qui était bien loin de nos possibilités.

-C'est... c'est les freins qui ont lâché...

-... information fausse... données erronées...

A murmuré encore cette charogne de voiture avant que je lui mette un coup de manivelle en plein dans l'alternateur.

- Sûr ce n'est pas comme ça que vous allez la réparer !

-Oui mais qu'est-ce que ça fait comme bien ! Vous ne pouvez pas nous envoyer un dépanneur ?

-Pour un dépanneur il y a un supplément ! Et ils nous ont remis une demi-douzaine de prunes de plus pour "stationnement non signalé sur terre plein en dehors d'un terre plein signalé!" 

 

Le chef d'atelier de la concession Penault-Reugeot du chef lieu a regardé la voiture depuis son fauteuil, il avait une belle vue:

-Ouais il faut changer tout l'avant, forcément c'est déformable alors ça se déforme... même en roulant, alors vous imaginez quand ça tape... il est à vous le chien, je vous le change aussi ?

Il fallait compter quinze jours, les pièces détachées venaient du Tatarstan Méridionale :

-Mais pour le chien j'ai que du jaune métallisé et forcément il y a un supplément...  

 

Pour les derniers kilomètres jusqu'au gîte rural que nous avions loué nous avons pris un taxi taiseux qui nous a bien reposé de ses collègues parisiens.

-Vous v'là rendu ! A-t-il enfin proclamé en nous balançant nos valises sur le bord de la départementale.

Pour être rural c'était rural, les gamins étaient un peu déçus c'était pas comme à la tévé chez Nicolas Mulot, ça manquait de couleurs et de clowns  et puis il y avait les odeurs, ça a la tévé il y a pas, même si on devine que ça sent pas vraiment bon à l'intérieur.

 Après une bonne heure de montée nous avons croisé un type à couette sur un vélo. C'était le plus surprenant ce côté borgne de la couette, il en avait une à droite et rien à gauche, on aurait dit une petite fille qui avait mal tourné.

-Vous z-êtes les parisiens ? On vous attendait plus tôt. Marchez bien derrière moi prenez la trace sans quoi vous allez tout abîmer, on est un milieu protégé.

Protégé de quoi ? Sans doute pas de l'imbécillité tant ce garçon irradiait une sottise de sergent de ville mise tout entière au service de la survie des espèces (de c... comme lui !) et du sous-développement durable.

Nous sommes arrivés, chez lui, épuisés, après dix bons kilomètres de cailloux pointus :

-De toutes les façons vous seriez venus en bagnole que ça aurait été tout pareil je vous aurais fait garer en bas. Pas question de croire que vous allez pouvoir tout saloper avec vos bagnoles. Bon c'est la maison du coin !

Il nous désignait une bâtisse modique, tôlée, mal colmatée entourée de deux rangées de barbelés.

-Faîtes pas attention aux miradors ma petite dame, on les allume qu'à la nuit, faut comprendre on en a tellement choppé des parisiens qui allait pisser à la lune dans les mûriers sauvages où nichent le Serre-Fésces mordoré et la Biroupette ailée qu'on a installé ça et que maintenant on fait gaffe. Il y a pas quinze jours on a attrapé un belge qui se branlait dans les ronciers, il a pris six mois ferme.

Atterré, je regardais l'endroit le paysage retranché, barricadé rendu encore un plus grotesque par une quarantaine d'éoliennes géantes plantées en haut du col, sinistres épouvantails industriels !

Ce n'est pas pour dire du mal des gradés, mais il fallait vraiment être ma conne de femme pour louer un stalag pour les vacances.

  Je ne dis pas que le séjour se passait mal, le plus fatigant c'était les séances de rééducation de Ginou l'instituteur altermondialiste et poète local, il faisait chanter, très tôt le matin aux gamins des cantiques de marche soviétiques traduits par ses soins en jurassique ancien ou en jurassien antique. Cela remplaçait avantageusement le club Mickey certes, mais quand même au bout d'une semaine cela finissait par être éprouvant.

Comme on n'avait pas le droit de s'écarter de plus de cinquante mètres de la maison, on profitait des visites guidées obligatoires organisées dans les alpages de basse estive pour les touristes déclarées en préfecture par Jacky, gardien de vaches reconverti en Technicien Gestionnaire d'Espace Naturel Protégé TGENP et ami d'enfance de  Lulu la couette:

-Mais où sont les vaches ?

-Pas de vaches ici, c'est interdit, à cause des flatulences, les vaches ça pollue... surtout à la campagne! Pas de gaufrettes non plus ma petite dame ! Il faut quinze siècles pour qu'une gaufrette soit complètement assimilée par le milieu naturel.

 Enfant j'en avais connu des paysans, chacun avait son quant à soi et le goût du travail qu'il s'imposait sans se chercher une consigne, ou un supérieur à quoi obéir, au vrai ces paysans-là étaient de vrais adultes et ils sont rares. Mais les Lulu la couette et tous ses collégues n'étaient pas des paysans non plus que des adultes mais de lugubres et pauvres corniauds qui se cherchaient un maître ou une croyance et se guidaient sur les phares de la bagnole qui les écraserait. Jusque alors, chacun en était témoin, j'avais fait des efforts, j'avais collaboré plus qu'abondamment et fait taire les préjugés que je pouvais avoir envers les cons mais à cet instant j'ai eu une soudaine envie de  passer directement d'ennemi du peuple à sérialle quilleur et de te les  étrangler tous avec la couette survivante de l'inénarrable mais non point inénarré Lulu. 

  Et c'est là que j'ai fait une connerie, le truc dingue que je regretterais sans doute toute ma vie, j'étais, je m'en accuse dans de bien fâcheuses dispositions d'esprit et par bravade, et aussi parce que je n'avais pas vu les dizaines de caméras de surveillance disséminées dans les alpages, comme ça devant tout le monde, en pleine nature préservée et donc rien moins que consentante, j'ai  allumé une clope ! 

Après quoi toujours inconscient j'ai respiré un bon coup, ouvert les bras et j'ai cueilli une fleurette d'un joli bleu trompeur qui se révéla être après autopsie un Furonculosis Sarkozinus espèce rare, parce qu'infréquentable, jamais tranquille et infiniment mieux protégée que la moyenne des renonculacées alpines.

     Dans le fourgon qui me ramenait à la Prison Centrale de Charleville-Mézières  je repensais à mon procès, tout le monde avait témoigné contre moi, mes mômes: ils avaient fait un rapport circonstancié et en trois exemplaires, incroyable ce qu'on est observateur à cet âge-là! Ma femme, mes voisins, mes chiens (l'ancien et le moderne), même ma bagnole en avaient rajouté, les gendarmes avaient réussi à récupérer la boîte noire et pointé 16789 infractions et délits divers, alors j'en avais pris pour vingt ans.

-Vous vous en sortez bien ! M'avait dit mon avocat à qui je dédicaçais aussi sec un coup de boule à tirage d'auteur.

A travers le grillage je regardais la campagne trompeuse ( salope !) pendant que le garde mobile, immobile sous le casque, tout à son ouvrage, tricotait et puis soudain il y a eu un choc, un grand bruit de tôle et des coups de feu tout autour du fourgon.

Quelqu'un a forcé la porte, m'a tiré au dehors et balancé une grenade  fumigène à l'intérieur.

 J'étais libre! Et c'est comme ça que j'ai rejoint le maquis.

Publié par urbane à 06:13:56 dans / Con Friendly ! | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 25 par H.T.Fumiganza | 15 novembre 2007

25.
Dartemont-sœurs
 
Chéchignac ayant droit eu égard à sa participation dans Dartemont-Sœurs à deux administrateurs au conseil d'administration, il m'avait coopté afin que je me tinsse un peu au courant des affaires conchoises, et de fait quel meilleur observatoire que cette maison séculaire et demie pour comprendre la mentalité conchoise et connaître tout des histoires compliquées, grotesques, scandaleuses ou grivoises du pays concho-ponchain. Avec Walter nous passons des après-midi entières aux archives, qui se trouvent dans les grandes caves de l'immeuble Dartemont-soeurs.
Tout y est consigné depuis la première vérole de l'ancêtre de mademoiselle Martineau libraire portuaire jusques aux nombreux avatars extra-conjugaux et donc naturels de feu Lucien Boitel, le regretté député-maire.
Le plus étonnant ce sont les compte-rendus et rapports de mission effectués au début du siècle dernier par les enquêteurs moustachus de la maison,
Et d'ailleurs le Chef ‘von le Gueuzec quand il vient nous visiter de retour de ses filatures se laisse lui aussi gagner par une certaine nostalgie :
-... ah quand on pense que dans ce temps il y avait plus de cinquante enquêteurs à demeure... souvent d'anciens gendarmes, passés virtuoses du constat d'adultère et des affaires de mœurs où ils savaient montrer tout le doigté et le métier nécessaire, ce n'était pas à eux qu'il fallait faire le coup du garde-champêtre ou du trousse-veuve... ouais une bonne cinquantaine plus les correspondants... aujourd'hui je suis le seul permanent et nos correspondants se font vieux... ils font comme moi ils se préparent à la retraite... tiens j‘en parlais encore tout à l'heure avec Jean-François Précaillon...
-Comment va-t-il le cher Jean-Françouais ?
-Il va... il va comme moi vers la sortie, lui aussi a du regret...
-Allons chef, pas de défaitisme, vous savez bien qu'il suffirait de pas grand chose pour relancer l'affaire... si ces dames consentaient à passer la main à la rentrée, je serais prêt à investir dedans et...
-C'est là que tu te goures mon petit Valter, Dartemont-sœurs sans les sœurs cela n'existe simplement plus c'est pour le coup que tous nos correspondants raccrocheraient pour de bon !
-On en prendrait d'autres, on pourrait doubler les postes, même à l'étranger.
-Oh je connais tes idées, on pourrait même changer de métier, mais ce serait plus ça, la confiance ça compte et puis tu sais elles ont le don, c'est de famille, même la Chambeulac, l'affaire du trafic de Bletznecs congelés à la conserverie Seigneur il faut voir comment elle t'a démêlé l'affaire. C'était le beau-fils qui maquillait les connaissements et avait monté une filière d'export parallèle, le vieux Seigneur a préféré laissé filer le coup pour s'éviter le scandale
-Pourtant le trafic de bletznecs, cela devrait être sévèrement réprimé ! Intervins-je déjà connaisseur et prévenu quant à la dangerosité du produit.
-S'pas c'est ce que je lui ai dit au vieux, il y en avait quand même pour quatorze briquettes...
-Cent-quarante mille francs ? Cela fait combien en t'euros ?
-Aucune idée de toutes façons je vous parle en énefs, un mi-yard et quat' cents mi-yons !
-Un milliard et... bien dîtes donc cela doit en représenter des milliers de tonnes de poissons...
-Vous plaisantez au japon il le cigle au prix du béluga le bletznec ! Non vrai  mon petit Valter et regarde... même les gamines, elles n'ont pas hérité que du réchaud et de l'appétit de leurs grandes tantes, elles te l'ont coincé leur satyre pudique et il est vite passé aux aveux. Non crois-moi elles ont le flair et du goût pour ça.
-Et pour le reste ? Vous avez pensé au reste chef ?
-Elles s'y mettront, petit à petit je la mets au courant la petite Belcourt et elle répond bien crois-moi.
Du reste, je n'en saurais pas plus et je ne cherche pas à en connaître le détail mais il n'est pas difficile de comprendre que c'est ce reste des activités de Dartemont-sœurs... et compagnie qui intéresse au plus haut point Walter Chéchignac. (... à suivre...)

Publié par urbane à 04:10:38 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (1) |

Prix Glancourt 2007 | 10 novembre 2007

Exclusif : le Prix Glancourt décerné à H.T.Fumiganza pour Walter Chéchignac (L'Urbaine des Arts Editeur) au premier  tour de scrutin.


 

Nous vous livrons ici le compte rendu des débats des jurés Glancourt tel que recueilli par notre envoyé très spécial Pipo Lagroulade.
 C'est au restaurant buvette le Balto rue Franpin à Bagnolet que le jury du Prix Glancourt s'est réuni sous la présidence de Didier Ducoin (il est de Bagnolet centre) et de Madame Edmonde la charmante épouse du propriétaire du Balto qui avait décidé que cette année elle en serait :
-Vrai quoi merde alors merde quoi ! Marre de vous faire la tambouille, de vous laisser écluser gratis, et de servir en salle moi aussi j'en lis des bouquins ! Qu'est-ce y croivent ces petits merdeux qu'y a qu'eux qui n'ont de la kulture !
Jean-Pierre Chassavagne notre estimé directeur qui comme chaque année dînait sous la table avec quelques éditeurs amis, afin de s'assurer de la bonne tenue des débats et pouvoir le cas échéant rendre de menus services aux uns et aux autres, Jean-Pierre donc est sorti de sous la nappe pour dire à L.Benayak son homme à lui :
-Virez-moi cette morue si les journaleux arrivent on va avoir l'air fin ! 
-Difficile chef mon chef ! A rétorqué le très hiérarchique Lofti, elle risque de nous présenter la note des dix dernières années.
-Ouais remarque t'as raison, bon mais tu me la marques à la culotte ! A murmuré le cher Jean-Pierre en regagnant son dessous de nappe.
-Affirmatif chef mon chef ! A murmuré de concert Lofti en déglutissant avec quelque difficulté.
Il faut dire que marquer Madame Edmonde à la culotte, ça n'incite pas à l'optimisme.
-Bon je fais l'appel a dit Didier Ducoin ( non vrai il est né juste en face) qui adore jouer au profaillon, il a longtemps travaillé pour la tévé d'état, il a même commencé sa carrière d'homme de lettres à l'ORTF (en seconde division: sous-directorat des dramatiques chiantes und educatives)
Des absents il n'y en avait que deux: l'une belge notoire refoulée comme chaque année à la frontière hollandaise et l'autre que l'on avait oublié de prévenir, il était fortement soupçonné d'honnêteté.
Michel Pourniais de chez Gallimion & fils a pris la parole, parce qu'il portait un bonnet, habitait une campagne lointaine et mal desservie et avait annoté les soixante-dix volumes des œuvres complètes de Voltaire dans l'édition de Kehl, il se prenait pour un lointain successeur du bourgeois de Ferney.  
-Je ne sais pas ce que vous en pensez mes bons amis mais  j'ai bien aimé : « Me la mets-je ? » de Ronald Pointebille c'est quasiment ontologique? 
Michel Pourniais a soudain disparu sous la table, comme happé par un tourbillon, une manière de triangle des Bermudes bagnolétain.
On a envoyé une cordée de secours et on l'a retrouvé enfermé à double tour dans le buffet à verres des cuisines, son éditeur qui l'avait planqué là parce que le Ronald Pointebille était parti de chez Gallimion pour aller chez Flaminard et qu'il était même pas question d'évoquer son nom quand on était un auteur Gallimion.
-Pointebille ? Ce n'est pas le neveu de Tomato-Delfraise de l'Académie ? (l'académie Rastaquouaise la seule concurrence que les jurés Glancourt se reconnaissent en matière de littérature non raturée et de confusion mentale).
-Raison de plus marre de ces petits pistonnés, on va finir par avoir des auteurs à deux têtes à force de se reproduire entre nous et puis le tonton  est mort en plus !
-Quoi Tomato-Delfraise est cané. Merde et moi comme une cloche qui lui ai envoyé mon bouquin avec une tartine pleine page, et il y a pas deux jours encore... et avec une grosse boîte de chocolats en plus pour sa dame,  demain  je vais voir la veuve et il faudra qu'elle les rende les chocolats !
-Vous trouvez pas que ça pue vous ici? S'est étonné Bernard Piveteau ex-speakerin giscardien en se resservant en blanc pour saluer dignement  le pâté de tête inaugural.
-Si je peux me permettre j'ai personnellement beaucoup-t-apprécié : La Revanche de l'amour de Barbara Boardland ! s'est permis Madame Edmonde qui décidément se permettait beaucoup. Vrai je l'ai relu trois fois et à chaque coup j'ai pleuré. A-t-elle précisé en exhibant un bouquin à trois balles d'une collection sentimentale en dotation sur les lignes RER A,B,C...Z.
François Nourrisseur (Grains,Issues et Fourrages à La Chaux-de-Fonds), l'ex-président de l'Académie Glancourt déposé par une junte de garçons de café deux années auparavant (il ennuyait les serveuses !), avait levé la main :
-Oui François c'est au fond de la cour...
Son incontinence faisait le fond de son œuvre et l'avait rendu célèbre.
Mais non il ne voulait pas sortir :
-Ah pardon vous voulez dire quelque chose ?
Mais il est demeuré silencieux et a lentement baissé la main.
La petite Françoise qu'on se souvenait même pas le nom et que tout le monde appelait « Françoise et quelque... » a levé le doigt, elle levait toujours le doigt pour demander la parole, elle faisait très enfant sage et c'est pour cela que le président Ducoin (il a perdu son pucelage square Salvatore Alliéné) l'appréciait beaucoup:
-Moi je n'ai pas changé, je vote pour Josiane Godineau.
-Son histoire de foetus congelés, bof ça manque de Technicolor !
-C'est justement cela. C'est la grande question de la féminitude contemporaine. Toutes les femmes d'aujourd'hui ont été confrontées à cela: congeler ou ne pas congeler !
-Personnellement je ne mange que des produits frais. S'est éveillé Fernand Demprun, siestard impénitent comme souvent les guérilleros. C'était l'ancien combattant de la bande, Ex opposant titulaire à Franco, à l'ordinaire écrivain c'est un boulot de planqué et ben lui il avait trouvé le temps d'être héroïque... mais pas d'avoir du talent.
-Et puis il y a quand même eu quatorze romans sur le sujet à la rentrée alors ? C'est à croire qu'ils rentrent tous en loge en même temps pour plancher sur le même sujet ces scolaires. C'est pas le Prix de Rome ici, nous avons une exigence de liberté, d'invention, nous devons braver les conventions, je n'ai pas besoin de vous rappeler qui étaient les frères Glancourt...
-Une paire de petits enculés bourgeois !  a marmonné Daniel Lépicier, qui parlait pas et marmonnait peu.
Tout gosse il avait rêvé d'en être de la boutique d'en face, de l'Académie, la vraie, il aurait voulu prendre la suite d'un archevêque, orphelin se croire la descendance d'un maréchal de Louis XV, eux au moins en face ils avaient une épée, ici rien, il regarda le porte-parapluie dans l'entrée, est-ce qu'on peut se défendre avec un pébroque ?
Qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour changer de coup, il avait bien essayé d'y entrer à la Grande,  il s'était gamellé une fois, il aurait du insister.
 Oh il y avait bien les collègues, ici c'était tous de braves gars, amusés, arrivés, honorés, jeunes cons prétentiards passés rondeurs à l'ancienneté. C'était seulement le côté bon bourgeois qui le dérangeait.
   A ce moment un poivrot en provenance directe de la buvette s'est trompé de porte, il est entré, dépaysé il a regardé autour puis au plafond :
-Qu'est-ce y fout çui-là là-haut ?
Il désignait d'un regard hébété le type de chez Grassouillet qui était planqué sur la poutre maîtresse, il avait un fil à la main, il faisait pêcheur à la ligne, se cherchait une contenance, le fil descendait bas, il était accroché à la manche de François Nourrisseur (Gros/Demi-gros/livraison à la demande) et il l'actionnait quand il voulait.
Bernard Piveteau a abandonné son plat de côtes pour faire les constatations d'usage :
-C'est ça qui puait ! Il... il est mort !
La manœuvre quoique exécutée en hauteur était d'une bassesse inédite, faire voter un juré Glancourt trépassé et même largement pérempté à en juger par l'odeur
C'est alors que Jean-Pierre Chassavagne l'estimé directeur de L'Urbaine a surgi de son dessous de table. Il tenait par la tête son collègue des Editions  Flaminard :
-J'ai surpris ce saligaud-là en train de regarder sous les jupes des dames...
Des dames il n'y en avait qu'une : Françoise et quelques... et personne n'aurait eu l'idée d'aller la dévisager en partie basse.
Il a tiré sur la corde et le type de Grassouillet s'est écrasé dans un rince doigt où il a manqué de se noyer.
L'envoyé spécial des Editions Gallimion ronflait sous la table, pas difficile de deviner que le Jean-Pierre l'avait maintenant à sa main et saôulé plus que nécessaire.
Chassavagne a regardé le champ de bataille :
-Eh bien c'est du joli ! Bon je vais préparer mon communiqué de presse.
Le Président Ducoin (mais il reviendrait pas) l'a pris par l'épaule :
-Cher Jean-Pierre vous m'aviez parlé d'un auteur qu'il vous tenait à cœur de...
-Fumiganza, ouais, ouais c'est pas mal du tout, ça se lit comme on boit un petit Saumur au comptoir vrai ça passe tout seul ce truc là ! Surtout le matin quand on a le goût à rien ça vous rince l'humeur. Allez, cher Maître je vais être bon gars, j'écrase le coup, je vous débarrasse du cadavre et vous vous arrangez du reste.  

Publié par urbane à 04:51:28 dans / Prix Glancourt | Commentaires (0) |

Chômmou ! 1/2 par A.Sottos | 07 novembre 2007

Chômmou ! 1/2  par A.Sottos

 

Depuis 27 mois que j'étais au chômage, j'en avais connu et fréquenté des stages de retour à l'emploi, le malheur était que plus j'en faisais plus je m'en éloignais de ce fameux éternel retour, j'avais 47 ans et toutes mes fausses dents, plus beaucoup d'illusions et très peu d'idées neuves.

Enfin celui-ci serait peut-être le bon : « Turgescence senior plus » ça s'appelait, pourquoi pas Viagra/emploi ?

Jusqu'à ma quarante-cinquième année j'avais fait une carrière brillante dans l'industrie de la gaufrette, parti d'assez bas et même de pas très haut, cariste prodige, j'avais réussi à force de  cours du soir et de labeur nocturne a intégrer Sup'de Gaufr' après quoi à ma sortie de l'école j'étais entré chez Pipart où j'avais atteint les plus hauts sommets et la direction générale des gaufrettes Pipart , vieille maison familiale fondée en 1737 au Plessis-les-Meules et qui avait compté jusqu'à 23565 ouvriers au début du siècle vingtième, âge d'or de la gaufrette. Malgré tout le vieux Pipart avait réussi en engageant tous ses biens dans ses usines à préserver pendant des années l'essentiel, le produit était bon, la gaufrette Pipart c'était quelque chose, la Rolls des gaufrettes, on était fournisseur de la cour princière de Monaco, le prince Rainier bouffait que ça : des gaufrettes Pipart, on lui en livrait deux tonnes tous les mois, on avait même parrainé son mariage dans les années cinquante, regardez les vieilles bandes d'actualité vous verrez Gaufrettes Pipart peint sur tous les murs juste en dessous de la réclame pour la Boldo Florine qui était le sponsor principal.

 

  Non vraiment  rien à voir avec les gaufrettes chinoises à base de sciure de bois et d'intestins de prisonniers politiques congelés. Nous n'employons nous que des produits frais.

Sans doute aurions-nous du mettre plus de fric dans la recherche et le développement mais le père Pipart était un traditionaliste et je me souviens encore de sa réaction quand je lui avais proposé un projet de nouveau produit: la gaufrette en tube !

-Et pourquoi pas en intraveineuse !

 Nous les employés on y croyait encore et jusqu'à tard, on se voyait un avenir, quelque part    entre les bas à varices et les tisanes lyophilisées, les usines tournaient c'était le principal et puis... et puis la mondialisation, dans la gaufrette comme ailleurs avait mise à bas nos dernières défenses. Les nouvelles normes européennes, les campagnes anti-gaufrettes du gouvernement relayés par les différents collectifs de consommateurs concernés, forcément concernés, avaient fini par avoir notre peau.

Comment ne pas se souvenir avec émotion de nos trois derniers mois d'activité, les machines outils et les chaînes avaient été vendues pour pas grand-chose à une multinationale Mongolo-ouzbéquo-andorrane mais l'administrateur judiciaire Maître Trifouillard nous avait enjoint de poursuivre l'activité jusqu'à la cession complète et surtout d'entretenir le matériel en parfait état, sans quoi... il perdait sa commission.

Certes j'aurais pu tirer mon épingle du jeu, les repreneurs m'avaient proposé un pont d'or : char à bœufs et yourte de fonction dans la grande banlieue d'Oulan Bator et un salaire mensuel net de 15 millions de Kroutchmos (à peu prés 13.65 teuros au dernier cours du jour !) mais j'avais décliné l'offre, j'aurais eu l'impression de me vendre... pour pas cher, reconnaissons-le.

 

Le premier mois, on avait tenu le coup, continué vaille que vaille, chacun cherchait à faire bonne figure. On se surveillait et on se soutenait les uns les autres. J'arrivais au bureau à neuf heures comme d'habitude, ma secrétaire mademoiselle Pimprenaud, une petite blonde toujours impeccable et bien coiffée, m'apportait le courrier à signer, puis j'allais voir notre directeur technique dans son bureau du hall de production pour savoir s'il n'y avait pas de problèmes à la production, je serrais la main de quelques anciens après quoi je recevais nos fournisseurs ou j'allais visiter les clients. Dés le deuxième mois ça a commencé à se gâter, d'abord il y avait de moins en moins de courrier à signer, alors j'arrivais un peu plus tard, jamais après onze heures s'entend, mademoiselle Pimprenaud elle aussi se pointait en retard et souvent assez décoiffée, un jour en faisant mes courses en centre-ville je l'avais aperçue qui tapinait à la sortie de la salle paroissiale, sans doute sa manière à elle de se reconvertir dans le social.

Je me hasardais plus trop dans le hall de production, les ouvriers sniffaient de la colle à gaufrettes, les plus anciens se cantonnaient au jus de gaufrettes fermenté, et Dieu sait si c'est traître, bref ça gueulait là-dedans et la chaîne faisait un drôle de bruit en perdant ses boulons,

L'un de nos gros clients s'étaient plaint d'avoir trouvé un pont élévateur dans sa dernière livraison de gaufrettes

-Eh ben ‘quoi qu'y gueule ce con, ça lui fera un nouveau parfum ! M'avait répondu l'un des contremaîtres passablement écorné.

-On avait va-nille, pi-tsaache, choco...lat, béh maintenant il y aura pontélévateur ! Tiens prend-z-un coup mon gars !

Autant dire que je ne fréquentais plus guère la clientèle souvent armée non plus que nos fournisseurs maintenant... désarmés, plusieurs restaient sur le carreau à cause de nous.

 

Le dernier mois j'ai déserté comme tout le monde sauf une dizaine d'ouvriers parmi les plus remontés qui s'étaient formés en tribu rebelle, refusaient de rejoindre la réserve de l'ANPE,  s'étaient choisi un chef: Jérôme Hinaut, avaient décidé de prendre Maître Trifouillard en otage et campaient sur place jour et nuit, ils entretenaient de grands feux dans des barils d'huile de vidange, de loin cela ressemblait à un campement barbare aux portes de la ville. C'était inquiétant d'ailleurs tout le monde s'inquiétait, surtout ce saligaud de Trifouillard qui craignait pour ses pourboires, il a tenté le coup de force en faisant déménager les machines par des gros bras et il s'est fait faire aux pattes.

Les ouvriers voulaient le pendre par les testicules et la famille du liquidateur venue sur place et bientôt sa belle famille et ses voisins qui l'avaient rejointe les encourageaient à passer à l'acte, c'est dire s'il était populaire l'homme de loi !

Finalement le préfet a fait intervenir le RAID pendant que Matignon envoyait le GIGN, ils se sont entre-flingués et notre président a pu comme ça en médailler posthumément aux actualités deux fois plus que d'habitude.

Mais on s'en fichait bien, il pouvait bien aller se faire médailler anthume ce con-là parce qu'au total pour moi comme pour tous les autres c'était le chômage ...

(à suivre...)

Publié par urbane à 05:56:47 dans / Chômdur! Chômmou! | Commentaires (0) |

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