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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net

Walter Chéchignac 26/2 par H.T.Fumiganza | 20 décembre 2007

Walter Chéchignac 26/2  

Je regardais au matin, très tôt, El Consolador s'éloignait dans le levant emmenant  vers des îles inédites le trio électoral, prés de nous la famille du colonel agitait des mouchoirs, une sensible coutume prukhmen pour éloigner les mouches à pleurs qui ne ratent aucun départ et ses enfants entonnèrent un doux chant de leur pays qui disait assez bien, quoiqu'en Prukmen, toute la nostalgie que ressentaient  ces exilés :
« ...Papa n'est plus là pour nous botter le train ! Youpaïdi ! Païda ! Païdo !  Il va prendre la bateau et peut-être qu'il va coulo... »
Bref c'était très émouvant et c'est à ce moment que ce cher Walter me confia que s'il n'était pour rien dans l'enlèvement de Letroncheur qui avait été organisé en représailles par les savoyards éconduits, il avait, renseigné par le cher Doubi, organisé son évasion.
-... une bonne chose de faite, ils vont s'aérer et nous revenir avec de bonnes couleurs.
-La vie là-bas est si facile que vous la leur avait décrite ?
Il avait été lyrique et inspiré pour parler de las Islas Bravadas y Perditos.
-Comme partout, dans une arène si vous êtes le fauve la vie est plus facile sinon... avec les renseignements que j'ai fournis sur leur compte aux autorités bravadiennes sitôt descendus du bateau ils partent direct pour le camp de rééducation !
L'indignation me sum... sub... sumbergea :
-Vous... vous avez fait ça ! Mais quel genre d'homme êtes-vous don' !
-Petite farce entre amis, ils vont passer quelques mois à casser des cailloux et puis je câblerai que je me suis trompé de dossier, allez je réparerai c'est promis. Ils commençaient à m'emmerder ces cons-là ! Letroncheur surtout !
-Ce n'était certes pas une raison pour... enfin pour Letroncheur d'accord mais le deux autres ne vous avaient rien fait !
-Rien fait ? vous voulez rire. Et le devoir de mémoire pour mes chiottes vous l'oubliez . Vous en faîtes à vos aises mais c'est Médpeu et La Branlaye qui ont fait sauter mes chiottes !
-Qu'est-ce que vous racontez là ?
-Le Chef ‘von le Gueuzec a enquêté et eux-mêmes me l'ont avoué un soir de beuverie, et c'est vous qui étiez visé, tout était prêt, Tintin des R.G, vous savez le patron du 10/18 leur avait passé la bombe, ils l'avaient posée, pas au bon endroit heureusement et voilà pas que cet imbécile de Martial Medpeu est pris d'un besoin pressant, il va se soulager et tire la chasse par réflexe et poum ! La chiasse d'un publicitaire parisien qui vous a sauvé. Bon toujours à propos de chiottes dîtes-moi mon petit vieux on aurait intérêt à se presser sans quoi nous allons rater l'inauguration des vôtres. Il faut vous faire voir, j'ai convoqué les photographes, n'oubliez pas que c'est Dimanche le premier tour !
Pour ma part, je n'avais aucune envie de me rendre à l'inauguration tant attendue du nouveau casino de La Ponche sur Conche mais Chéchignac avait raison, la route était dégagée.
-Et puis vous verrez il y a une petite surprise qui vous y attend.
Les surprises, je détestais cela depuis l'enfance, les surprises c'était surtout pour moi des changements d'affectation, d'une pension l'autre, j'ai été un enfant muté, déjà une vraie carrière de môme fonctionnaire au service de la paresse sentimentale et de l'égoïsme revendiqué de mes bourgeois de parents révolutionnaires.  (à suivre...)

Publié par urbane à 15:57:30 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

Mouammar l'a tuer ! | 13 décembre 2007

Mouammar l'a tuer.

Ou le Schtroumpf à moustaches 

Par  François F. soumis.

 

J'arrive à l'Elysée ce matin pour recevoir les ordres de mon maître estimé, comme à chaque fois j'espère que je vais en chier un max, trois jours sans mon maître révéré, c'est terrible. Je rentre d'Amérique latine où il m'avait envoyé pour discuter de la libération d'Ingrid, l'ancienne copine à Villepin, et où j'ai rencontré un duo de comiques très populaire là-bas : Chavez et Morales, quand ils sont ensemble dans un dîner officiel au bout de dix minutes ils se mettent à tirer des coups de flingue dans tous les coins,

-Normal ce sont d'anciens militaires putschistes: putschez pas derrière il y en aura pour tout le monde ! Rigolait l'ambassadeur de France pendant qu'on se terrait, planqués dans les jardins de l'ambassade en attendant la fin de la fusillade.

-Tiens tu portes des moustaches maintenant ! M'exclamai-je en découvrant mon maître préféré affublé d'une sorte de postiche gaulois: une paire de bacchantes retentissantes.

-T'es là toi ! C'est rapport au Mouammar pour qu'on me reconnaisse pas sur les photos officielles ! Y porte bien des lunettes noires lui quand il me rencontre! Il a peut-être honte lui aussi va savoir! T'aurais rien à vendre chez toi ?

-Pourquoi t'organises un vide grenier à l'Elysée ?

-C'est pour les fourguer à l'aut' grand con, avec ce qu'il me coûte en location de tente, charbons de bois pour le méchoui de chameau, spaghettis, capotes et cocaïne à volonté autant qu'il me rapporte un peu, je lui ai encore fait signer un contrat... un contrat de confiance chez Darty pour une gazinière 6 feux four double paroi et ce matin j'ui ai revendu  le scooter du gamin, ça l'a bien fait marrer, il arrêtait pas de faire le tour de la cour d'honneur de l'Elysée à donf jusqu'à ce qu'il s'emplafonne le perron... dis donc t'en fais rien de la pendule là, c'est du lourd et du doré ça devrait lui plaire ! A propos ça s'est bien passé ton voyage, tu m'as rapporté quelque chose ?

-Je t'ai rapporté un doigt de pied d'Ingrid, c'est tout ce que j'ai pu avoir, et encore je ne suis pas sûr de sa parfaite authenticité, le Chavez il se marrait drôlement quand il me l'a donné.

-C'est vrai qu'il a l'air bien grassouillet pour un doigt de pied d'otage. Enfin c'est toujours ça de pris, après tout j'ai dit que je la ferai libérer, j'ai pas dit que je la ferais libérer en une seule fois, tiens je vais le faire porter dans un paquet cadeau à Villepin... niark ! Niark !

Bon aut' chose à partir de maintenant t'as plus droit aux gardes républicains !

Je demeure coi et bien vite je m'effondre... dans une bergère Louis XV, c'est quand même plus confortable que du Stark.

-Mais... mais comment ça ! Mais un premier ministre sans garde républicain, je vais plus oser sortir moi ! De quoi vais-je avoir l'air !

-J'ai dit. Si t'es bien sage et obéissant, je t'en refilerais quelques uns, on verra. En attendant t'as qu'à mettre des gendarmes !

-Ils ont même plus de képis, cette c... d'Alliot-Marie les a relookés tendance, ils ressemblent à des gardiens de parking maintenant !

-Bon aut'chose t'accompagnes le Mouammar au Jardin d'Acclimatation cette après-midi moi j'en peux plus!

-Au jardin d'accli...

-Il nous fait un caprice. C'est toujours mieux qu'une soirée à l'Opéra  Bastille non ! Tiens je te prends aussi la lampe bouillotte.

 

J'arrive seul, au jardin d'acclimatation, je n'imaginais pas qu'on puisse s'attacher autant à des gardes républicains, putain ils me manquent ! J'espère au moins qu'il va en prendre soin et bien me les nourrir, pourvu qu'il oublie pas leur apéros à 9 heures, 11 heures, 13 heures. 17 heures ect  sans quoi ils ont le poil tout de suite terne.

En attendant le libyen  je me paye une barbe à papa et quelques tours de manéges, j'en suis à mon dix-neuvième quand le Mouammar débarque. Putain la classe, pas à dire c'est un dominant celui-là ! Le plus étonnant c'est le bataillon de filles en treillis et kalachnikovs qui l'entoure dés qu'il descend de sa Mercedes aussi immaculée que surblindée. Je m'approche un peu trop, juste pour lui serrer la louche, ben quoi ça se fait entre chefs non ?... et je me prends un coup de crosse sur la théière.

Quand je me réveille, l'interprète qui a l'accent de Barbés traduit ce que dit le grand leader tripolitain qui est penché au dessus de moi et semble très affligé par l'incident.  

-Il faut escuser la petite vous étiez tout seul dans votre pardessus elle vous a pris pour un emmerdeu... importun... un quidam quoi! 

Très vite je me remets et nous devenons très copains avec Mouammar, il me paye quelques tours de manége supplémentaires, même si j'en raffole pas à ce moment-là, à cause des maux de têtes, on tire aussi quelques pipes, à la kalachnikov ça rend bien, c'est un sacré tireur, ce que me confirme ces demoiselles, bref je m'ouvre à lui de mes malheurs récents et ma foi il y prend sa part.

-On va t'arranger le coup t'inquiètes pas mon p'tit pôte me susurre le traducteur barbéso-lybien. 

 

Le lendemain le schtroumpf à moustaches tire une drôle de gueule quand il entre dans la cour de Matignon et que mon bataillon de donzelles en armes et bérets lui rend les honneurs. Na !

Publié par urbane à 04:27:46 dans / Mouammar l'a tuer ! | Commentaires (0) |

Hu-main ! 1/1 par A.Sottos | 11 décembre 2007

Hu-main ! 1/2 par A.Sottos

 -Allo Monsieur Bergeronnet ?
-Vouiii c'est moi-mêêêêê...me.
-Monsieur Bergeronet. Je vous appelle de la part de la société  Sofincon , vous avez trois mensualités de retard sur votre réserve de crédit Sénescence  SéniorPlus Sofincon.
-Voouiii mais c'est que j'ai perdu mon épouse le mois dernier et...
-Cela n'excuse pas le retard, vous ne respectez pas vos engagements Monsieur Bergeronet.
-Vouuiii mais c'est que j'ai aussi perdu ma belle sœur et...
-Cela n'a rien à voir Monsieur Bergeronnet!
-Vouiii mais c'est que j'ai eu ma séance de chimio le 24 et...
-Et alors vous ne pouvez pas faire un chéque et le mettre à la poste Monsieur Bergeronnet ?
-Vouiii mais c'est que je ne peux plus marcher depuis mon attaque et...
-Vous êtes de mauvaise foi Monsieur Bergeronnet, je me vois dans l'obligation de prononcer la déchéance du terme de votre contrat, vous allez recevoir une sommation d'huissier sous huit jours et sous un mois un huissier au complet à fins de procéder aux opérations de saisie vous habitez toujours rue des Sorbiers Monsieur Bergeronnet ?
-Vouiii...
-Très bien  Sofincon vous souhaite une bonne journée monsieur Bergeronnet !
-Vouiii merc...i mais madame je vous esplique...

Quand ils commencent à se débattre au bout de la ligne. Je raccroche sec, ma spécialité le clutch-tuuuuuuuuuuuuut!

 Depuis que je travaille chez Sofincon à la relation clientéle c'est ce que je préfére  le contentieux, c'est là qu'on a vraiment l'impression d'avoir du pouvoir, je tape: « Dossier liquidé » et c'est terminé. De toutes les manières comme dit Josette notre cheffe de plateau :

« Dans le crédit consommation, il y a toujours deux phases: la phase con et la phase sommation !  avec les taux d'intérêts juste en dessous du taux de l'usure, les refinancements de financement pré financés, les agios de retard, les indemnités légales et d'apéro et les frais légaux en sus, il leur faudrait 64 ans en moyenne pour les rembourser leur revolvingue, autant dire qu'au contentieux ils y passent tous un jour ou l'autre, alors dés que la bête s'épuise ou boîte, il faut plus la lâcher ! Comme le lion avec l'antilope ! Vous êtes des lionnes les filles ! »

-Je savais pas que c'était aussi mal payé les lions ! Elle m'a dit Raymonde. C'est une vieille qui n'a pas une bonne mentalité.

Quand j'ai fini de taper sur mon ordinateur : « Bergeronnet/Liquidation », je me tourne vers Audrey qui en a terminé avec son client :

-... tu as vu hier à la télé l'émission sur le SDF mort de froid dans un cageot, ce que c'était émouvant, avec Jean-Claude on n'arrêtait pas de pleurer. On a fait une promesse de don de 100 teuros. Moi je voulais promettre plus mais Jean-Claude a pas voulu il voulait juste promettre d'envoyer des cageots.

Il était huit heures on commençait à ranger nos affaires quand Josette la Cheffe nous a dit de rester à nos places et de regarder nos écrans parce qu'il allait y avoir une intervention de notre P.D.G, c'est un énarque en stand-by, camarade de promotion de Juppé, personne l'a jamais vu dans les locaux du centre d'appel, quand il vient il passe son temps sur le toit de son bureau où il a fait installer un golf 18 trous. C'est Jean-Louis Broutard, le directeur général, un technico-commercial sorti du rang, qui dirige la boîte... et lui rapporte les balles. Le proprio c'est Pinarnault le milliardaire, mais lui on l'a déjà vu... à la tévé, il inaugurait un musée d'art contemporain à Ibiza.

Sur les écrans il était tout souriant not' Pédégé et il nous a annoncé en reposant son club qu'on venait d'être vendu, bâtiments, clientèle, personnel et cargaison au fond de pension américain Honey-Sweetheart mais que rien ne changerait dans nos conditions de travail et qu'il n'y aurait aucun licenciement, simplement le centre d'appel serait transféré en Mongolie extérieure et. nos salaires seraient dorénavant versés en Bourmouks non convertibles ou en ELDC (Equivalent Lait De Chamelle !).

Parmi les collègues celles qui comme moi avaient fait construire n'étaient pas tellement partantes mais d'un autre côté il fallait bien payer nos crédits Sofincon Batidur/Ramdur.

Et puis la Mongolie Extérieure, ça tombait bien on l'avait faite l'année dernière avec Jean-Claude mais enfin on était quand même resté pas mal à l'hôtel, très à l'extérieur donc, c'est pas la même chose quand on la connaît de l'intérieur la Mongolie Extérieure.

Même si nous n'avons personnellement pas à nous plaindre, nous sommes très bien installés, dans une yourte tout confort avec le chauffage central (à la bouse de chameau), le micro-ondes qui marche au kéroséne (quand on a plus de bouses, on met les pieds dedans pour se chauffer le minimum!), les vouatères et la douche (à l'extérieur, c'est pas trop commode quand il fait -30, mais c'est une question d'habitude) il y a même l'eau courante, c'est dire, mais seulement quand il pleut, c'est tellement propre que j'ai jamais vu  un rat, il paraît qu'ils ont été délocalisés par les américains quand ils sont arrivés ici pour exploiter le pétrole, le gaz... et le mongol.

Jean-Claude a trouvé un travail  de conducteur à la RATOB (Régie Autonôme des Transports Oulan Batoriens), le Métro d'Oulan Bator, mais c'est difficile question relationnel, parce qu'ils descendent jamais de leur cheval là-bas même pour prendre le métro.

Les enfants vont au Lycée du quartier, ils font du cheval et du tir à l'arc toute la journée même pendant les cours de Littérature ou de Chimie, il y a de grosses pertes chez les enseignants. D'ailleurs ils ont pris tir à l'arc en première langue. 

Moi, je regrette rien, le travail me plait de plus en plus, il faut dire que comme on est maintenant une société américaine, on a décroché des contrats pour le Pentagone et l'armée américaine, par exemple en ce moment on s'occupe de toute la relation clientèle de l'opération : « Freedom in your ass !» que les américains ont monté pour libérer le Belgikistan et instaurer la démocratie et tout ça. J'ai débuté au pre-bombing et maintenant je m'occupe du post-bombing oui l'après vente en quelque sorte mais je suis contente il y a aussi pas mal de contentieux... 

Publié par urbane à 06:45:33 dans / Hu-Main ! | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 26/1 par H.T.Fumiganza | 05 décembre 2007

26.
Abdication
 Nous tenons réunion dans le bureau de Chéchignac au consulat. L'ordre du jour est fourni car le premier tour de l'élection  a lieu dimanche . Pourtant le front électoral est calme.
Le nouveau candidat envoyé par Paris et investi volontaire par le Parti,  informé de la sinistre réputation de cette circonscription maudite, ne bouge pas de la sous-préfecture où il s'est retranché en compagnie du nouveau sous-préfet qui est lui aussi d'un naturel craintif,  Letroncheur se planque, on dit qu'il a un nouveau contrat au train, La Branlaye et Médpeu n'en parlons pas d'ailleurs nous devons préparer aujourd'hui mâme leur exfiltration vers Las Islas Bravadas à bord du cargo mixte bravadien El Consolador qui doit faire escale ce matin à La Ponche, opération qui devrait être conduite sous la direction du colonel Doubi.
Je le contemple, il est très calme le prukhmen, épanoui, il a fait ce matin la rentrée de ses mômes, et réouvert sa pizzeria grâce au renfort de quelques collègues rameutés par Bédoncle, muni de son nouveau passeport bravadien le cher Doubi est bien décidé à se faire conchois, il vient d'ailleurs de mettre à sa carte de spécialités aux côtés du fer à dessouder à la façon grand-mère et des brodequins du chef une pizza au Blétznecs qui ne semble pas moins redoutable.
 Bref je suis le seul à battre campagne... sous la protection des amis barmen de  Chéchignac, certes, mais enfin on me voit et mieux encore le R.C. La Conche ayant commencé une campagne flamboyante en coupe de France le soutien voyant et audible que je lui ai toujours apporté me vaut un surcroît de popularité, les mauvaises langues disent que ce cher Walter achète les matches les uns après les autres quand il ne fait pas rentrer sur le terrain quelques joueurs surnuméraires, le Lokomotiv Nœuds les mines a d'ailleurs déposé un recours à l'issue du dernier tour, ils auraient comptés treize joueurs conchois sur la pelouse, au plus fort de notre domination, bien entendu c'est une affabulation de mauvais perdant qui ne fait pas  honneur à leur esprit sportif puisque nous étions quatorze, ce cher Walter étant superstitieux
Mais enfin les choses m'a-t-il dit vont s'arranger au mieux, il est à tu et à toi avec les plus hautes instances du fouteballe académique, d'ailleurs  ma campagne commence à lui coûter fort chère mais il est d'une nature généreuse et puis, mais cela je l'ai compris de longtemps lui aussi a quelques vieux comptes à régler avec Letroncheur, je ne sais encore lesquels et d'ailleurs, j'en fais volontiers l'aveu, je ne comprends trop rien à tout ce que l'on veut me cacher et non plus à ce qu'il se passe sous mes yeux-mâmes.
J'étais venu à La Conche sur Ponche pour y planter ma tente en province ennuyeuse et bien à l'arrière du front parisien, et je me suis retrouvé en plein tumulte, où d'antiques tribus et de subodorées puissances se livrent à des batailles souterraines, aussi absurdes que sanglantes et jamais définitives.
  J'en suis là de mes réflexions quand Mademoiselle de Plombelec entre dans le bureau de son Excellence :
-Mon petit il y a encore un de tes clochards qui veut te voir ! Il insiste.
-Vous voulez dire un ressortissant bravadien ?
-Je ne sais pas d'où il est ressorti celui-là, il est dans un état :
-Eh bien mais faîtes le entrer... vous m'excuserez messieurs, les devoirs de ma charge.
Ces messieurs comprennent et excusent, Médpeu et La Branlaye  en baskets odorantes, maillot de corps du R.C La Conche et short vacanciers lisent en buvant leur cinquième Ricard de la matinée et en se grattant les poils de la poitrine des brochures versicolores printed by the pipole of democratic republic of Bravados and Perditas Islands sur du papier chiotte recyclé, en se demandant où ils établiront leur camp barbare en arrivant là-bas, ils ont repérés un gran Hôtel de la Contençion où ils pourraient prendre une demie-pension et la liste de tous les bordels d'état, géré par el ministério de la Copulaçion Nacional, ils partent en confiance, ils ont une lettre d'introduction de Chéchignac auprès du Maréchal Clignotant à vie qui fait valoir leur indéniables qualités professionnelles.
   Pour ma part ce contretemps me gêne, je sens que je peux réussir un gros coup, je ne dis pas conquérir la mairie d'entrée mais enfin sinon prendre pied, bloquer la porte avec la chaussure, personne ne voulant monter avec moi, croire que j'ai quelque maladie honteuse, la composition de ma liste s'en ressent, elle est certes un peu hétéroclite, composée comme elle l'est de clochards, d'ivrognes, de l'équipage de la Détestation au grand complet et des amis de Chéchignac dont au moins l'un est un proxénète notoire. Malgré tout, j'ai confiance.
A ce moment de mes renouvelées réflexions Walter Chéchignac qui était allé accueillir son compatriote revient dans la pièce, il n'est pas seul, prés de lui le ressortissant bravadien annoncé par Mademoiselle de Plombelec baisse la tête, il est vrai que le pauvre garçon est dans un état assez repoussant, sanglant, brûlé, tuméfié, les vêtements déchirés, et à l'évidence brisé sinon émietté.
Oui, hirsute, hagard et haletant, Letroncheur pleure.
Car c'est bien Letroncheur qui est là devant nous, ou plutôt un Letroncheur épave; lui qui triomphait il n'y a pas quinze jours sur le dos de deux honorables fonctionnaires parisiens, lui qui cravachait monsieur le substitut du procureur de la république en gueulant : « Hue  poupoule ! », lui qui me... lui qui m'a...
Walter le fait asseoir et Mademoiselle de Plombelec apporte les pains-z-au chocolat et les bonbecs rituels en signe de bienvenue compatriotique malheureusement le pauvre hère n'a presque plus de dents en activité et ses lèvres sanguinolent à l'unisson de ses blessures  sur les tapis constructivistes de son excellence.
-‘alu'p ! Ah la ‘alup ! ‘hup ! Ah la ‘alup !
-On dirait du lapon ! Hasardai-je en réponse à l'interrogation muette de ce cher Valter !
A ma sortie de l'Ecole j'ai été en poste deux mois en pays lapon à Upsala capitale de la Laponie Extérieur, j'en garde d'ailleurs un fort mauvais souvenir, ayant été rapatrié sanitaire par le Quai à la suite d'un malentendu, j'avais compris Japon et après avoir débarqué en chemisette en plein hiver sur le tarmac de l'aéroport d'Uppsala, et découvert avec effroi qu'en outre je n'étais point attendu, j'avais raté mon avion et pris le vol suivant, j'avais injurié une paire de rennes qui  traînaient à la cafétéria de l'aéroport où je noyais ma déception en dégustant des harengs bismarcks or là-bas cela ne se fait pas, les rennes sont sacrés, ils ont même un numéro de sécurité sociale et bénéficient des congés payés et d'une convention collective.
    Avec cette extrême humanité qui le caractérise autant qu'elle m'agace, le cher Valter parvient à confesser Letroncheur utilement.
De tout ce fatras mal articulé, de toute cette boue de mots et de sanglots il ressort :
Premièrement : que le ci-devant Letroncheur Marcel François Emile a été subrepticement enlevé à la sortie de l'une de ces grotesques réunions électorales par un personnel rompu à toutes sortes d'exercices.
Deuxièmement qu'il a été lui-même rompu par le sus-mentionné personnel rompu et détenu trois jours durant, sans que le boire ni le manger ne lui fussent apportés et en se faisant, puisque entravé, caca et pipi dessus abondamment, de fait il pue tout aussi abondamment.
Troisièmement qu'il s'en est évadé par la seule force de son tempérament excessif que sa détention n'avait point tout à fait anéanti.
Quatrièmement qu'il en tremble encore de cela et aussi des suites qu'il imagine que cette affaire pourrait avoir sur ce qu'il lui reste d'intégrité physique :
-Quelle affaire précisément ? L'interroge son Excellence avec quelque insistance.
-‘asino ‘eu l'ai concédé deux fois !
 Il s'agit donc de cela, d'une nouvelle histoire de con... cessionnaires, il a cédé le monopole des jeux de La Conche à la fois à une compagnie belgo-mongolo-ibizo-américanoïde The Taartagle Resort and Entertainement de mon papa et à une société albano-savoyarde à capitaux trinidado-tobaguien.
Je ne cache pas ma jubilation, d'autant que si je comprends bien pour que Letroncheur ait même songé à trouver refuge chez son ennemi le plus intime et constant, el consoul rénéral Chéchignac, c'est sous premièrement : qu'il ne savait où allait et que sa sécurité n'était assuré nulle part ailleurs qu'ici et sous deuxièmement : que son affaire de con... cession des jeux se présente bien mal et risque fort de lui interdire toute figuration lors de nos joutes électorales à venir et ...
-Frère La Gaspérine vous n'auriez pas des aspirines, beaucoup, tout ce que vous pouvez trouver. Me supplie-t-il en dévorant son quinzième pain-z-au chocolat .
...et sous troisièmement je l'emmerde le frère Letroncheur, non mais qu'est-ce qu'y se croive encore çui'là!
Non c'est vrai quoi ! Rien que de le regarder, d'imaginer... de me souvenir... enfin il me donne envie de vomir.
 Malgré tout je lui obéis, moins par compassion que par observance hiérarchique, il est quand même sous-premier de la voûte alors que je ne suis moi-mâme que Douloureux de seconde classe .
Chéchignac le réconforte copieusement, c'est vrai que quand il ne sourit pas il est plutôt réconfortant et amical ce garçon.
-Demain vous prendrez le bateau et vous voyagerez en compagnie de nos amis La Branlaye et Médpeu qui eux aussi ont un grand besoin de vacances.
-Oui, je suis au courant... mais vous êtes sûr qu'il y a pas de risque...
-Vous serez en sécurité le Colonel Doubinskoï et quelques uns de mes amis veilleront sur vous.
Un colonel, cela le rassure, il retrouve des couleurs autres que le rouge et le mauve qui ornent son visage supplicié et recommence d' articuler des paroles et sinon des idées, au moins quelque pensées compréhensibles.  
-... vous restez là-bas le temps que j'arrange votre affaire... et vous reviendrez après quelques mois de vacances au soleil de La Bravade, les populations mettront cette éloignement sur le compte d'un surmenage bien compréhensible.
-Vous... vous êtes un vrai frère Chéchignac !
-Dieu m'en garde !
-Ouais façon de parler, parce que les autres ils m'ont bien fraternellement laissé tombé... ouais mais... mais la mairie ?
-Elle revient de droit à notre ami La Gaspérine, d'ailleurs pour faire les choses au mieux, il est nécessaire que vous signez ce papier... c'est votre désistement en sa faveur...
Ah le coup a été rudement bien amené, je suis aux anges, sacré Walter, il a joliment manœuvré, me voilà élu et sans avoir même eu recours à l'électeur, c'est quand même moins vulgaire et sensiblement plus démocratique.
Letroncheur prend le gros stylo Diplomat que lui tend son Excellence mais il hésite encore :
-Le mousse... ouais... pourquoi pas ?... après tout... Enfin c'est quand même un sale petit con non ?
-Le principal n'est pas là. Ne croyez–vous pas qu'il soit le plus méritant et le plus capable en votre absence de... de vous représenter... j'entends moralement ? Et puis vous le jugez bien mal, notre ami a d'authentiques qualités humaines...
-Ah bon lesquelles ?
-Eh bien... ma foi... il... il est... il a... enfin  il ne manque pas de... de sincéri... tude.
Cela a été difficile,  mais c'est quand même mieux que rien n'est-ce pas.
-La hyène aussi est sincère, tempéra Letroncheur, ricaneur édenté, enfin puisque c'est la condition que vous posez.
-La seule vous l'aurez remarqué.
-C'est comme vous voulez Chéchignac, mais il vous chiera dessus dés qu'il aura la place, je vous aurai prévenu.
Et Letroncheur premier des Conchois signa là son acte d'abdication municipale. (à suivre...)

Publié par urbane à 05:01:11 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

Chômdur! Chômmou! 2/2 par A.Sottos | 28 novembre 2007

Chômdur ! 2/2  par A.Sottos
 

  Le stage avait lieu dans un bel immeuble haussmannien du 6° arrondissement, Stuc ! Staff ! Spots !  Non vraiment c'était très bien, l'on comprenait que cela s'adressait à des exécutifs certes en phase de recyclage (avant désamiantage) ou de reconversion (avant destruction)

Du chômeur donc mais du chômeur haut de gamme. Les animateurs du stage aussi étaient charmants: une quadra en tailleur crypto-Chanel et un jeune con en costard à rayures.

On a commencé par se présenter tous, l'un après l'autre, il y avait là une grande diversité de carrières: Jean Loup  avait été directeur d'une grosse maison de disques parisienne jusqu'il y a quelques mois et puis l'accident industriel était survenu: un problème de date de péremption sur un arrivage de chanteuses de la New Top Star Academy, il avait mis sur le marché des chanteuses hors délais avec tous les problèmes sanitaires que l'on peut imaginer, des gamines avaient été sérieusement incommodées, des plaintes avaient été déposées et il avait été obligé de partir. Jacky dit le Suisse, lui, travaillait dans l'immobilier locatif il gérait d'après ce que j'ai compris un portefeuille de studios qu'il mettait à dispositions de travailleuses indépendantes malheureusement la holding albanaise propriétaire de l'affaire avait du subitement redéployer ses activités en Sicile. Robert était un cadre expatrié rapatrié à la suite d'une guerre civile dans laquelle la multinationale de travaux publics et d'infrastructures routières qui l'employait évincée par des concurrents proche de la nouvelle junte n'avait plus de participation, depuis qu'il était revenu il essayait de réunir la rançon nécessaire à la libération de son assistante multilingue.

  Nous étions comme ça une quinzaine autour de la table, je me retrouvais pour ma part entre Mireille qui travaillait dans la communication mais elle avait des problêmes de surdité et Jean-Raymond grand spécialiste de la galette bretonne et dont l'entreprise Quimpéroise la galette Chauvirec venait d'être délocalisée au Tadjikistan où le beurre de lait de chamelle était d'un cours beaucoup plus favorable qu'à Quimper, oui quelque chose nous rapprocha tout de suite, une manière d'idéal agro alimentaire commun et le refus des compromis.

Pendant les premiers jours les activités se succédèrent: rédaction et bidonnage de CV par un professionnel qualifié qui sortait de prison pour présentation de faux bilans et que Jacky avait connu en ... Suisse évidemment.

 Entretien de remotivation personnel avec un officier de CRS en retraite mais karatéka toujours en activité d'où nous ressortîmes plié, cassé et saignant du nez.

-‘tain chlié'est k'lon heu  mec ! Fut l'avis général.

Saut à l'élastique (de slip) depuis le balcon du quatrième, favorisant la concentration (et l'énurésie fulgurante !) Tour du quartier en s'accrochant aux gouttières (deux blessés graves parmi les troupes parachutistes/chutées ).

La petite quadragénaire avait troqué son tailleur contre un battle dress, elle était la plus motivée. Nous beaucoup moins, on avait tous passé l'âge. Il faut bien reconnaître que nos formateurs prenaient nos affaires étonnamment à cœur et même quelques fois à pleines mains :

-Montrer que vous avez des couilles bon Dieu !

 Les séances vidéo de préparation d'entretiens d'embauche avaient failli tourner au gang bang :

-On va vous sortir de là ! On est là pour ça ! Répétait le jeune con à rayures pas très rassuré quand même par la métamorphose guerrière de sa collègue :

-Il vous faut acquérir de la confiance en soi, vous devez à nouveau croire en vous et en même temps vous solidariser au groupe! Maintenant on va tous au Shopi.

 Arrivés devant le Shopi elle nous a distribué des passe-montagnes et des fusils de chasse :

-Ah ça me rappelle ma jeunesse ! A dit Jacky qui visiblement n'avait pas toujours été Suisse.

On l'aura compris il s'agissait d'un exercice pratique ressortissant des Travaux dirigés et consistant en un braquage de supérette.

Il va de soi que notre formatrice s'était entendue avec le gérant du Shopi, et tout aussi naturellement le gérant ce jour-là était malade, son remplaçant a prévenu la police, et nous nous sommes tous retrouvés au poste pour braquage de Shopi sauf le Suisse qui avait pris des otages avec quoi il regagna tranquillement son pavillon de banlieue.

    Les personnalités qualifiées se succédaient, racontant chacune leur expérience professionnelle, leur réussite souvent étonnante, je me souviens en particulier d'un lituanien qui avait remonté à lui tout seul un chantier naval sur la Baltique et sortait maintenant, avec l'aide de son épouse et de son beau-frère certes, deux paquebots par moi, c'était impressionnant, mais il faut bien avouer que ces gens-là ne sont pas comme nous.

Quand même sur la fin,  peut-être faute de personnalités suffisamment qualifiées on nous a envoyé un spécialiste des granulats marins, je l'ai dit chacun avait sa méthode pour nous re-motiver, lui avait commandé une benne de sable, il avait des prix du fait de ses activités canulardo-granulatesques et l'on s'est installé dans la cour de l'immeuble, tous occupés à faire des pâtés de sable :

-Vous allez voir vous allez beaucoup apprendre sur vous-même grâce à ça.

On s'est donné des coups de pelle et j'ai effondré le château de sable de Zonzon (c'était l'ancien directeur général d'une grosse affaire de plomberie)  pendant qu'il était n'aux vécés mais à part ça rien de très concluant.

 Le lendemain, un vendredi nous avons retrouvé nos formateurs sâlement démotivés, leur boîte venait d'être mise en règlement judiciaire :

-Je suis désolé nous devons arrêter le stage. Malgré tout nous n'allons pas vous laisser tomber  nous avons des propositions de retour à l'emploi de l'Association de formation et rééducation des cadres de Vesoul, ils offrent des places de techniciens (ciennes) d'accueil et de vente en grande surface dans la banlieue de Vesoul, cela intéresse quelqu'un ?

Caissière à Vesoul ? Non, tout le monde s'en foutait, on préparait autre chose, avec toute la bande, deux semaines que l'on creusait un tunnel, il faut croire que l'on s'était trouvé, Jacky le Suisse qui avait repéré le coup: une boîte de fabrication de bijoux et de pièces d'orfèvrerie juste en face des locaux du centre de formation:

-Ils manipulent du jonc et de la pierraille, ils bossent pour le sultan du Brunei, il y a du lourd !

On peut pas dire le Suisse il savait utiliser les compétences, il avait mis Jean Loup à l'animation en surface, Mimi la sourdingue à faire le guet, Zonzon au chalumeau, Bob au traçage des plans, Jean-Paul et Karim ex DRH dans le bâtiment au creusement, , quant à moi avec Jean Ray je m'occupais de la gestion du matériel et du fourgue et  Momo et Clément François qui avaient tenu une boîte de sécurité et de surveillance dans le temps se chargeaient du système d'alarme.

On a fait le coup pendant le week end quand il n'y avait personne dans le quartier et un maximum dans les coffres.

Quelque temps après j'ai croisé notre couple de formateurs, ils s'étaient installés une chouette tente au bord du périphérique, j'aurais voulu m'arrêter pour les remercier mais j‘ai pas eu le temps  ça redémarrait déjà !

Publié par urbane à 06:48:24 dans / Chômdur! Chômmou! | Commentaires (0) |

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