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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

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Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks

L'éco lieux mémoriel du père Maupoil par A.Sottos 1/1 | 08 octobre 2008

L'Eco-Lieux Mémoriel du Père Maupoil par A.Sottos 1/1
  

Nous étions presque arrivés au col de la Moufte, fatigués mais contents de notre journée, les pieds fumaient un peu mais quand même le bien que cela fait de telles fatigues vécues au milieu de cette montagne préservée (87 mètres d'altitude quand même!). Josy décida que nous ferions halte ici, c'était elle qui décidait de tout, elle s'était instituée en quelque sorte notre leader naturel, depuis que je l'avais prise au titre de la parité sur ma liste "Ensemble le Plessis-les-Meules vers le développement durable avec Jean-Mich Beurleymois et tout son orchestre toute son équipe!" Depuis Josyane Boudineau dirigeait à peu prés tout et surtout le développement qu'elle espérait le moins durable possible de ma carrière d'édile. D'abord elle s'était proclamée ma première adjointe dés le soir de ma victoire. Pourtant et ce n'est pas faire montre de racisme ou de chauvinisme local ou encore d'ethnocentrisme que de rappeler qu'elle n'était pas une plessilémeulienne d'origine, mais fonctionnaire de l'éducation nationale elle était arrivée chez nous par le hasard des affectations (le Plessis-les-Meules est rarement un premier choix).

Enfin son activisme était sans doute quelques fois utile sinon toujours reposant.

 De là-haut nous voyions Le Plessis Les Meules dans toute la splendeur du soir avec ses champs de betteraves à noeuds et de choux-raves moulineux en fleurs.

Vrai quel réconfort! Surtout que Josy avait enfin décidé de se taire.

-Non mais c'est pas vrai! Mais vous voyez ce que je vois les garçons!

Ce silence bienvenu ne pouvait pas durer longtemps, paresseusement je regardais dans la direction qu'elle fixait de derrière ses lunettes au carré.

-Ben quoi? Qu'est-ce qu'il y a?

Je n'apercevais rien de particulièrement remarquable dans le paysage.

-La cabane là-bas!

-La... ah béh ça c'est les chiottes du Père Maupoil!

-Mais il y en a beaucoup dans le coin?

-Oh non c'est le dernier, il a jamais voulu qu'on lui installe une fosse sceptique. Il préfère faire sa petite affaire en pleine campagne.

-Non mais vous vous rendez pas compte ce que ça représente un truc comme ça. C'est le quotidien de générations et de générations dans leur confrontement à la nature.

Et elle a commencé à nous raconter ce qu'on aurait du voir, au moins comprendre, soupçonner dans un questionnement permanent du restitué.

Le problème avec Josy c'est qu'elle n'est pas sous-titrée quand elle parle. Il faut reconstruire le puzzle, retrouver le contenant, le signifié, le transactionnel et le relatif... et d'abord le verbe et le sujet mais de ce que je traduisais il ressortait que les chiottes du Père Maupoil était rien moins qu'un monument exceptionnel de notre culture locale, populaire et  sociale

C'est vrai quelques fois l'on a des merveilles sous les yeux pendant des années et par la force de l'habitude on ne les remarque même plus.  

Il fallait la voir tourner autour du cabinet champêtre en respirant chaque coin, en ouvrant et fermant la porte grinçante et toute de travers ornée d'un coeur, en inspectant les lieux, en soulevant la lunette.

Elle en faisait tellement qu'au bout d'un moment, intrigué, le Père Maupoil est sorti, et comme il sortait jamais sans son fusil, on s'est tous couché dans l'herbe en oubliant de prévenir Josy, c'est là qu'elle a découvert l'inconvénient de ne pas être du coin, elle n'en connaissait pas les principales attractions, le Père Maupoil en était l'une et des plus fameuses.   

Elle s'est prise un peu de plomb dans le tréfonds mais ça ne l'a pas fait renoncer et sitôt pansée elle est repartie à l'assaut mais par d'autres voies.

Un jour elle a débarqué à la mairie avec une copine à elle Bromura Choltpitz qui était attachée au Fonds  pour la Culture Mémorielle Populaire Régionale (FOCUL-MPR).

Elles m'ont expliqué qu'il fallait en faire comme un totem de la ruralitude, du développement durable en même temps qu'un lieu de mémoire. Mon adjoint à la Kulture Maître Triboulet, le fils de Maître Triboulet le notaire n'était pas trop convaincu, des chiottes comme lieux de mémoire? Il s'interrogeait.

 Là où l'on a commencé à être un peu plus convaincu c'est quand elles nous ont expliqué que l'on pouvait avoir des subventions pour monter le projet, du département, de la région et peut-être même de l'Europe, après tout le Plessis-Les-Meules manquait de lieux de mémoire depuis que l'on avait déconstruit la Cathédrale, le Grand prieuré et l'ancien Palais Episcopal, il restait bien le café des Sports mais il était fermé faute de successeur au père Pouillaud et la Médiathéque-Branlothéque Françoise Dolto était de construction trop récente pour prendre rang de lieux de mémoire.

-Bon on monte là-haut, je vais montrer à Bromura notre futur éco lieux de mémoire.

Elle aurait pourtant du être prévenue de la nature plombogêne du Père Maupoil.

Quand elles sont revenues, un peu écornées, elles avaient dérangé le vieux pirate en pleine inspiration, leur enthousiasme n'avait pas baissé de ton, au contraire.

 Après c'est allé très vite, l'on critique un peu trop facilement l'administration française pour ses lenteurs, ses empilements hiérarchiques et ses sédimentations intellectuelles mais je peux témoigner que lorsqu'il s'agit d'affaires importantes elle sait se montrer preste et allante.

Le sous-préfet est intervenu en personne auprès du substitut (c'était plus un ersatz qu'un substitut d'ailleurs tant le niveau baisse dans la magistrature de notre stalag pays.) à fins de mettre hors jeu le Père Maupoil, il faut reconnaître que c'était un danger pour les autres et d'abord pour lui-même, ces braves gens l'ont donc très proprement (rien de plus hygiénique qu'une décision administrative, ça ne tâche jamais les mains de personne!) fait interner. Puis Maître Triboulet, prévenu par son fils et très au fait des procédures juridiques a racheté, pour presque rien, la ferme du vieux Maupoil mis sous tutelle avant de la revendre à la mairie, pour beaucoup plus.

L'opération se révélait magnifique à tous points de vue et pour pas mal de gens, le coût des travaux de restauration du futur éco lieux estimés par l'un des amis entrepreneur d'un cousin entreprenant de maître Triboulet s'élevaient à 16 700 000 zeuros mais grâce aux subventions versées nous pûmes terminer les travaux dans les délais.

 Bromura Choltpitz qui avait du mal encore à s'asseoir, et pilotait, toute érigée, le projet depuis sa société de conseil, avait, dans une scénographie audacieuse et très contemporaine, dégagé les entours et alentours de l'éco lieux mémoriel sur deux kilomètres.

-Ah on le voit de loin maintenant le chiotte du père Maupoil! Constata Jacky Bombsec mon adjoint aux sports en relaçant ses baskets. 

-De fait  cette petite cahute toute modeste érigée au milieu des prairies prend une force et une présence "prégnante et tutoyante" ! commenta Josyane Boudineau, jamais à court.

Pour l'inauguration de notre éco-lieux mémoriel on a réussi à faire venir Pierre Arditi, Flavie Flament et les journalistes du Meulois Libéré, la seule fausse note de la journée a été l'irruption du Père Maupoil qui à l'invitation de Josyane Boudineau avait obtenu une permission, elle avait prévu de lui faire inaugurer son chiotte revisité par l'esprit contemporain avec l'approbation du nouveau conservateur de l'éco lieux mémoriel, un jeune type charmant et très éthique.

Malheureusement le vieux fou l'a prise au mot et il s'est enfermé là-dedans, délivrant force bruits évocateurs de tumultes intestinaux et monsieur le sous-préfet a du faire intervenir la force publique pour l'enlever de son trône retrouvé.   

Publié par urbane à 04:20:28 dans / L'éco-lieux-mémoriel du Père Maupoil | Commentaires (0) |

Le clochard dans le bac à sable par Lofti Benayak 2/3 | 02 octobre 2008

Le clochard dans le bac à sable de Lofti Benayak 2/3
 

Quand nous sommes arrivés à Port Glandault Plage, j'ai trouvé qu'il y avait trop rien de changé, ça continuait à faire carte postale un peu démodée, Riviera années 50 improvisée sous un ciel trop gris. L'océan n'avait pas pris une ride, il se tenait en retrait, c'était marée basse et sur l'immense plage ventée, il n'y avait que quelques estivants en chandail qui pêchaient la crevette, les pieds dans la vase et le bas des pantalons relevés.

-Regarde! Lofti! Regarde c'est Papa là-bas avec la famille.

Je regardais dans la direction de son doigt mouillé, c'était une bretonne et elle mouillait toujours du doigt dés que ça commençait à souffler.

Godelaine, elle faisait des grands signes en gueulant:

-Hououououlàlà! C'est nous qu'on est là!

-Mais arrête! Tais-toi ils vont nous voir! Je lui ai dit en la tirant pas son tricot de marin.

-Bien justement ça mais qu'est-ce que tu as mon Lolo?

-Il y a que j'ai pas envie de m'appuyer une pêche à la crevette après quatre heures de route quoi !

-Oh ce que tu es décourageant! En plus ils pêchent pas la crevette mais le Gnec.

Merde ça y était, on était repéré par la défense aérienne familiale et comme un con j'avais pas fait remettre la 12,7 légère, ils avançaient en deux sections compactes.

-Allez viens, on va bien rigoler, tu vas voir.

Les cousins étaient déjà là, les plus jeunes lancés à l'abordage de mon vaisseau des sables:

-Eh Lofti il y a pas une galerie sur le toit pour mettre la gazinière?

C'était Pierre-Edouard et Charles-Antoine, les frangins de Godelaine, deux blairs d'une quinzaine d'années qui me charriaient, ils étaient pas méchants juste un peu lourds comme souvent à cet âge.

C'était une vraie marée de chiarres enthousiastes et d'adultes circonspects qui nous entourait:

-Putain la caisse! Tu fais le Paris Dakar? S'est exclamé le petit dernier Gontran Aymeric en se prenant une claque de la Colonelle.

Le Colon, cheveux ras, entraîné, sportif, la belle quarantaine, inspectait l'engin, voir s'il était bien réglementaire, sa conclusion fut en baisant le front de sa fille:

-C'est tout à fait ça, le Tibesti en 85, je débutais, je me souviens qu'on en a récupérée un, de Toy, que les rebelles avaient bricolé en  montant dessus un mortier de 122 mm, il doutaient de rien, on les a retrouvés dans les dunes à 20 mètres de leur Toy soufflé par le départ du coup. Eh bien Godelaine tu ne me présentes pas ton camarade?

Godelaine a quitté son garde à vous réglementaire pour passer au reposez armes et faire les présentations.

-Lotfi cela veut dire le doux sinon le résigné en arabe ce me semble? M'a interrogé le Colon.

-Ah ouais mais moi c'est Lofti et ça veut juste dire: soit que mon père avait forcé sur l'alcool de figue, soit que le fonctionnaire de l'état civil était à moitié sourd  quand on m'a déclaré.

Godelaine me faisait des gestes pour que je rectifie la position et que je baisse de ton mais le colon m'a juste donné une grande tape dans le dos et à peu près démonté l'épaule avant de décréter.

-Bon le Gnec n'attend pas.

C'est la vérité, dés qu'il fait nuit le Gnec se calfeutre pour regarder le 20 heures à la télé.

-Rraaaassemblement! En aaaavant 'arche! 

Il a bien fallu que je m'y colle.

Le Gnec c'est un truc qu'on trouve qu'en Bretagne, à marée basse et les soirs d'orage, c'est une sorte de bulot mais autonomiste, il a des convictions le Gnec, ça se laisse pas pécher comme ça, il se défend, c'est d'ailleurs tout ce qui fait l'attrait de sa pêche, le mec qui revient entier avec tous ses doigts d'une pêche au Gnec est fêté et considéré comme un homme un vrai, c'est quasi initiatique.

On le mange sur le plage, ça voyage pas, avec une pointe de citron en lui mordant dans le charnu d'un coup sec, s'il bouge longtemps sous la langue c'est encore meilleur.

Encore heureux j'ai échappé à la messe traditionaliste du matin, pasque dans la famille du Colonel on l'aura compris on serre plutôt à droite.

Que j'esplique pour ceux qui sont pas trop rencardés sur la chose, chez les cathos il y a les Post-conç (post-conciliaires) qui ont le cadran bloqué sur les seventies, les Tradis (traditionalistes) en plein revival médiéval et les Chachas (charismatiques) qui marchent carrément à l'inspiration et attendent que l'esprit saint leur tombe sur la tronche pour s'illuminer un bon coup!

Les tradis que les post conç appellent les intégrisses, parce qu'ils tolèrent tout le monde les post conç même les adorateurs du Grand Cosmonaute Universel (G.C.U) il y a que les tradis qu'ils intolèrent. Les tradis ont en moyenne 12,75 gniards (il y en a un peu plus je le mets quand même ma colonelle? Affirmatif mon brave!) ils ont en moyenne donc 13 enfants et ils sont sympas aussi mais il faut leur être présenté avant sinon ils tirent, minimum 48 heures à l'avance, ne pas oublier de sonner mais comme en règle générale la sonnette marche pas, pas hésiter à gueuler très fort dans le jardin pour s'annoncer et honnêtement vous avez une chance, enfin c'est jouable, ah oui penser au bouquet de fleurs pour la colonelle ça l'attendrira et vous pouvez aussi emmener un gigot (pas besoin de l'attendrir celui-là) ça fait toujours plaisir et ils roulent pas sur l'or contrairement à ce qu'on raconte, forcément avec treize mômes et le père fonctionnaire.

Pour les sujets de discussion éviter à peu prés tout comme avec le wahhabite de base, attention le tradi est fortement fétichiste contrairement au wahhabite il sacralise beaucoup et il ne peut pas voir un tas de pierre sans vouloir bâtir dessus au moins une cathédrale.

 

On se rapatrie à la villa familiale postée au dessus de la plage, mais c'est tellement bondé que je propose de faire comme Radhafi et de monter notre tente dans le jardin, histoire aussi de pouvoir manoeuvrer à l'aise ma poupinette sans qu'il y ait trop de sourires gênés dans les bols le lendemain au petit déjeuner, et puis les mecs entraînés, je me méfie toujours un peu.

Manque de pot le jardin est lui aussi overbooké, il y a tout un campement de scouts marins qui font sécher leur linge entre les arbres en préparant un grand feu, je me renseigne, ça va le bûcher c'est pas pour moi. Non je plaisante, ils sont pas plus offensifs ou chiants que le tonton Rachid ... pas moins non plus.

-Allez hop direction les dunes! Je dis à Godelaine, histoire de lui montrer que moi aussi je suis un dominant.

Malheureusement il y a un problème et Houston n'y peut rien, les dunes c'est interdit de campement, les dunes c'est sacré, c'est de la nature à l'état pur, pas touche! Verbotten! Nous renseigne "le Gardien des Dunes", personnage mythique, planqué là depuis qu'ils nous avait repéré vaguant devant la vague dans notre 4X4 lui aussi prohibé. Il nous refile une amende de troisième classe, en nous faisant la leçon et en nous rappelant:

-Attention hein c'est "aussi" interdit de coucher sur la plage! Allez circulez! 

Comme les hôtels "aussi" sont pleins, à cause du véquende du 15 Août, à force de se faire refouler on se retrouve à Port Glandault Plage, dans l'immense bac à  sable qu'ils ont installé durant le mois d'Août, dos à la mer, avec vue directe sur les abattoirs   

Finalement avec les bruits de l'océan qui nous arrivent par derrière, quand leurs p... d'animations s'arrêtent enfin, on pourrait s'y croire et c'est là qu'on s'endort avec ma Poupinette dans notre duvet deux places, avec pour seul voisin un clochard barbu contemplateur d'étoiles. (...à suivre...)

Publié par urbane à 00:02:40 dans / Le clochard dans le bac à sable | Commentaires (0) |

Nordnmark one point! Journal intîme du Prince Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza /Votre feuilleton (pluvieux) de la rentrée 4... | 20 septembre 2008

 

17 Juin
 

De quoi je peux causer un Vendredi 17 Juin, c'est pas toujours facile de tenir un journal, de trouver des trucs intéressants à dire mais enfin je suis un écrivain! Allons reprends-toi Raoultkë c'est aussi pour l'Histoire que tu écris!

Encore ce serait un lundi, je suis plein de séve, moi, le lundi et le mardi et comme ça au moins jusqu'au mercredi, à partir du jeudi je plonge, j'ai toujours été ainsi les mes professeurs eux-mêmes l'avaient remarqué dans mon jeune temps: le jeune Raoul, déjà pas brillant dans l'effort, se laisse aller tout à fait et cela ne va plus du tout!, à l'époque je faisais des morpions solitaires sur mes cahiers, j'en couvrais des pages entières tant grande est la faculté que j'ai à m'abstraire et m'évader du monde, pareillement aujourd'hui une certaine indolence me gagne, j'inaugure floralies, jeux d'eaux et centre d'aide à la jeunesse coupable avec entrain jusqu'au jeudi et puis là je deviens mou du ruban, j'ai le coup de ciseaux moins définitif, ce matin encore nous inaugurions (« nous » c'est moi seul dans l'accomplissement des devoirs de ma charge, dans l'intimité littéraire et « artiste » d'un journal je reviens au « je » moins... sacerdotal !) un foyer pour vieillards onanistes dans le centre ville, je ne dis pas c'est une œuvre sans doute utile, mais je préfére inaugurer en grand uniforme, je le confesse, je dirais que c'est plus pédagogique, ce que j'incar... ce que nous incarnons de tradition saute aux yeux émerveillés des enfants, et je ne déteste pas non plus les beaux regards clairs et ouverts (quoique souvent un peu vacants) de leur maman

Mais revenons à ce matin, je portais donc un petit costûme de ville en cheviotte, j'aime ça la cheviotte pour inaugurer, c'est un peu mon bleu de travail parce que c'est léger et en même temps chaud et par ici il faut veiller à rester couvert, en toutes occasions. J'inaugure donc, rappelons nous la scéne: moi ou plutôt nous: les lunettes noires (je boude toujours eu égard à de certains événements récents, voir plus haut !), la cheviotte, le ruban tricolore (bleu, bleu, bleu, les couleurs nationales, je précise: ce sont trois bleus différents. Encore qu'il faille quand même mettre le nez dessus pour voir la différence !) que je coupe et « zzzdaaanggg ! » Ce foutu ruban qui me revient dans la figure avec les glands qui y étaient suspendus, à croire que ce salopard de Urinald fun Froebeun, le grand Chambellan du Palais, (il ne m'aime pas, c'est définitif et je le lui rends bien, il rêvait d'avoir un maître allemand car il appartient à la minorité allemande du royaume qui est là depuis un raid des chevaliers teutoniques  qui cherchaient une location dans le coin après s'être fait virer de Lituanie par les polaks !), avait mis une élastique de slip comme ruban inaugural, mes lunettes noires qui valsent dans les airs, je saigne du nez (je suis sujet à de fréquentes épistaxis* (*comme ça que ça s'écrit, ‘faudra que je vérifie dans mon petit Robertkë !) et voilà pas que l'un des pensionnaires de l'établissement un zigoto octogénaire sort son machin turgescent et tire dessus jusqu'à éclabousser ma cheviotte. Alors là, c'est vrai dans ces moments-là mon tempérament latin prend trop souvent le dessus, je te l'ai pris au col le vieux dégueulasse et je te l'ai balancé dans le monte-charge !

Cela a été un « ÔÔÔÔÔ !!!!» unanîme de désapprobation, il n'y a que les scandinaves pour en sortir des comme ça, aussi bien réglés et désapprouver tous en même temps comme au signal, suivi d'un « clang !blang !tring ! bling ! » tout aussi parlant  il faut dire que le monte-charge était plein d'assiettes.

Ils vont passer du temps à lui enlever tous les éclats de vaisselle qu'il a au dargeot l'autre vieux saligaud.

En attendant j'attends, retiré dans la bibliothéque du Palais les compte-rendus de la presse avec une certaine angoisse. (à suivre...)

Publié par urbane à 03:28:48 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Le clochard dans le bac à sable par Lofti Benayak 1/3 | 10 septembre 2008

Le clochard dans le bac à sable de Lofti Benayak 1/3
 

Godelaine ma poupinette voulait qu'on aille à la plage, chez elle à Port Glandault, moi je n'étais pas trop partant parce que Port Glandault c'est aussi traditionnellement le lieu de villégiature de ma possible belle-famille, là que les Moulinot (elle est née Godelaine Moulinot la toute charmante) vont relâcher l'été, avec les cousins et toute la parentèle ils sont au moins une trentaine dans le coin sans compter les beaux-fils et autres supplétifs, je voyais le piége, hirsute et grand ouvert, apéritif à d'autres tribulations plus matrimonial.

-Mais si on va bien se marrer, il y aura plein d'animations, ils ont fait comme à Paris pendant les vacances: Port Glandault Plage.

Je me suis remémoré la topographie des lieux, Port Glandault, charmante localité bretonne située entre la Pointe du Naze et La Motte Beuglant, étant comme son toponyme l'indique un port de mer (et qui entend bien le rester) peu à peu transformé au cours des âges et par suite des défaillances halieutiques des indigènes en station balnéaire et touristique agrémenté de plages et de tout l'équipement pour estivant afférent, je discernais mal la finalité de se livrer sur cette aimable station estival au même simulacre qu'à Paris, ville dénuée de toute façade littoral et transmutée le temps d'un été pourri en immense bac à crottes .

Devant mon mauvais vouloir et même mon pas de vouloir du tout ma Poupinette décréta un blocus sur ses principales places fortes et points de vue les plus remarquables, que j'avais en tête de reconnaître et investir depuis tôt le matin et qui me furent donc interdits de visite jusqu'un peu avant deux heures de l'après-midi, heure où elle capitula enfin contre promesse de me rendre... en sa compagnie et dans les meilleurs délais à Port Glandault... Plage.

Je cédais aussi parce qu'à l'époque c'était elle qui payait le loyer avec ses émoluments d'executive woman.

La chère Godelaine n'est pas à proprement parler une imbécile, elle a fait de études de tout et de n'importe quoi mais très spécialisées du style:Master de marketing appliqué en gestion dynamique des pneumatiques chez les personnes âgées poly-handicapées en milieu péri- urbain, je suis pas sûr que cela ouvre tellement l'esprit, elle a une tendance certaine à manquer de distance, il faut dire aussi que je la sers de prés et que je montre à son endroit et même à son envers une assiduité de tous les instants..  

Je ne pense pas que l'on puisse faire sa vie avec une dame qui manque de surplomb et de reliefs, très vite les sujets de conversation manquent.

C'est le genre de raisonnement "machisse" que ma Poupette ne supporte pas de me voir tenir, surtout à haute voix et dans un lieu public.

Nous empilâmes donc dans mon scooter c'est un Al Yamaha Al Ahad, je le tiens de l'oncle Rachid qui est installé à Barbés, c'est un saint homme moitié cheikh marabout wahahabite moitié vendeur de cycles hallal il sanctifie systématiquement tous ses produits en les rebaptisant et il ajoute des accessoires à la demande, le mien par exemple c'est le 400 modèle familial avec une galerie sur le toit, vachement commode mais il faut bien accrocher les trucs qu'on met dessus, je connais une type qui transportait une glace et qui à un carrefour au premier freinage sévère a coupé très proprement un flic en deux par le milieu.

-Non mais attends on ne va pas y aller avec ton truc! Imagine la tête de mon père quand il va voir ça!

La tête du papa je ne pouvais que l'imaginer parce que je ne l'avais jamais vue, j'en étais pas tellement curieux, et puis il faut dire qu'il est toujours en balade il est colonel.

Je voulais justement lui demander au papa confirmation d'une chose: il était bien bourrée quand il avait déclaré fifille à l'état-civil? Appeler sa fille Godelaine il faut pas être dans son état normal non? En arabe Godelaine ça veut dire "frustrée frileuse", "bibliothécaire" oui si l'on veut.

-Béh quoi il est impeccable je l'ai lavé samedi.

En plus je l'ai customisé un max, en mauve et en jaune, vrai c'est une merveille mon scoot.

-Arrête Lofti, je te dis que ce n'est pas possible, on va louer quelque chose.

Après tout c'était son fric, quand même j'ai été sympa et je me suis débrouillé pour lui faire faire des économies, je suis retourné à Barbés voir si le tonton qui a des relations il pouvait pas me trouver une bagnole pas chère juste pour le véquinde.

-On va te trouver ça mais dis moi mon garçon que  ce n'est pas pour des buts impurs et que tu ne vas pas offenser le très haut.

J'ai juré que j'en avais besoin pour aller ramasser des pommes en Bretagne que je revendrai très cher à Paris et après quelques voyages avec l'argent soigneusement déposé sur mon livret A hallal je pourrais ouvrir une pizzeria hallal.

-Cela est juste.

Je ne sais pas pourquoi c'était son rêve au Tonton que je tienne une pizzeria hallal.

On est allé chez un de ses copains garagiste à Gennevilliers qui loue des bagnoles d'occasions de préférence aux types qu'il connaît pas, par superstition sans doute?

Mais là c'était pour le neveu d'un ami, alors il nous a emmené dans la réserve du patron où il n'y avait que des bagnoles impeccables. C'était du millésimé, du sûr:

-Tu as la Peugeot 505 break, c'est du solide, increvable pour promener la famille et puis tu as la Toyota Pick-op c'est plus loisir... pour aller à la pêche.

Ou à la chasse, d'abord elle était de couleur sable et puis il y avait un gros trou sur le flanc de la ridelle.

-Ah ça c'est une roquette, je l'ai eu par un chef Toubou qui s'équipait en russe il m'a laissé tout son parc. Si c'est pour le bled je peut te monter une 12,7 légère il y a encore l'affût.

-Non, non surtout pas c'est pour la Bretagne.

 

Quand Godelaine a vu mon pick-op Toyota elle a convenu que ça devrait plaire à papa:

-Cela lui rappellera le Tchad! Mais il s'est taulé un méchant coup de RPG 7 dans le train ton bouzin.

Colonel ils devaient l'être de père en fille. (... à suivre...)

Publié par urbane à 21:19:37 dans / Le clochard dans le bac à sable | Commentaires (0) |

Nordnmark one point! Journal intîme du Prince Raoultkë de Nordnmark. Votre feuilleton (pluvieux) de l'été by H.T.Fumiganza 3... | 31 août 2008

 

16 Juin
 

Grande réception au Palais d'Hubertsbörg. Je me décide pour ma tenue de gala, bleu pâle à ramages argentées, de vice Amiral de 2° classe. C'est son côté comptable de devoir qui est le plus agaçant chez ma Poupétkë, c'est le petit nom que je donne à la Reine Gretatkë XVI dans l'intimité, avec elle l'avancement se fait à l'ancienneté, 15 ans que je suis Vice-Amiral de seconde classe, de quoi j'ai l'air quand je me pointe à une revue navale dans le cadre de l'OTAN et qu'ils ont tous deux fois plus d'étoiles que moi !

Au moins elle pourrait me faire passer première classe, d'autant qu'avec mon passé de régatier, j'ai été sélectionné olympique dans la discipline, je n'ai pas pu prendre le départ parce que je me suis trompé de plan d'eau mais quand même j'avais de solides chances de bien figurer, et puis nous sommes une famille de marins un Bonpéze de la Hurlute aurait pu être aux côtés de Villeneuve à Trafalgar s'il ne s'était pas lui aussi trompé de plan d'eau, il avait calculé que le grand raout se passerait aux Baléares.

Et du côté de Mère, mon grand-père un La Flahuterie de la Haussière, capitaine de vaisseau qui commandait le Dépotant un sous marin d'attaque s'est sabordé parmi les premiers à Toulon en 38, certains ont insinué par la suite qu'ils avaient par mégarde ouvert une écoutille en voulant aller prendre l'apéritif sur la passerelle, oublieux de ce que son batiment était alors en plongée, mais Mère était intimement persuadée que c'était là un acte volontaire et visionnaire de résistance commis cinq ans avant tous ses collégues et par temps de paix et mer calme, d'autant que argumentait-elle :"Père ne prenait jamais d'apéritif !"

Bref, gagné par une certaine irritation, je suis un latin moi pas l'un de ces gros veaux de mer nordiques sur quoi elle régne administrativement, je m'accroche la plaque de Grand Aigle d'Albert le Moyen.

L'ordre d'Albert le Moyen est la plus haute décoration du pays, il faut avoir moyenné pendant vingt cinq ans, de préférence dans une administration de l'état pour l'obtenir. Autant dire que je peux toujours me l'accrocher pour la décrocher, malgré mes dix huit ans d'ancienneté sur le trône! Eh oui j'ai un trône à moi, certes beaucoup plus bas et moins volumineux que celui de la Reine, mais enfin j'ai su le rendre confortable, je l'ai comment dire un peu bidouillé, vieil instinct français, j'ai installé la radio, la stéréo, un bar avec un petit frigo et une télé intégrée, c'est bien utile et commode lors des interminables cérémonies de voeux du début d'année ou pendant les présentations diplomatiques qui n'en finissent pas.

Au moment de prendre mon bras, la reine décroche la plaque de Grand Aigle d'Albert le Moyen de mon uniforme et la passe au Chambellan de la cour, toujours comme à son habitude planqué dans les rideaux, en me disant :

-Décidément vous resterez toujours  un enfant !

Elle m'agace, ‘pas croyab' ce qu'elle peut m'agacer dans ces moments-là !

Après de tels gestes, vexatoires, l'on en conviendra, au début de notre mariage, je boudais pendant trois jours, enfermé dans la grande bibliothéque du Palais, je faisais mine de me consacrer à la rédaction de l'un de mes ouvrages, je suis écrivain aussi mais de cela j'en reparlerais plus longuement et plus tard, à la vérité je lisais la collection de livres et revues de fesses du grand papa de Gretatkë, le défûnt roi Üurald XII, ça a toujours été l'une des grandes spécialités du coin : le sexe. Je crois bien que ce sont eux qui l'ont inventé dans les années soixante. Entendons-nous je ne parle pas de la bagatelle, et même de la tringlette, et même encore tranchons le mot : de la bonne baise dont nous français sommes d'indiscutables spécialistes, non eux c'est LE SEXE en tant qu'activité sociale reconnue, tarifée, exploitée, professionnalisée,  bref ils ont fait d'un loisir d'amateur, somme toute agréable et divertissant une industrie de labeur et de rendement.

Mais maintenant plutôt que des bouderies interminables, je préfére le lendemain m'exhiber partout avec des lunettes noires sur le nez.

Avec ma petite moustache dans les tons je les terrorise, dans leur schéma de pensée de nordique évolué, de protestant cadenassé, je ressemble à leur hantise: un dictateur latin, un pronunciamentiste bougnoule, un caudillo en puissance et ils me soupçonnent des pires arrières-pensées antidémocratiques, de préparer un coup d'état militaire et je ne sais quoi encore.

Oh je ne dis pas que l'idée ne m'effleure jamais de leur faire le coup, très en usage en France, de l'homme providentiel, de te les secouer une bonne fois tous ces constipés de l'âme mais franchement moi un simple vice-amiral de seconde classe dans une junte militaire, de quoi j'aurais l'air vraiment ! (à suivre...)

Publié par urbane à 22:17:49 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

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