UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net
Publié par urbane à 03:18:15 dans / Suicide Social Le Forum | Commentaires (0) | Permaliens
18 Juin
Je suis toujours planqué retiré dans la bibliothéque, j'y ai passé la nuit, j'y ai installé sans en avertir la Reine un clic-clac que je suis allé acheter nuitamment chez Ike-aïe ! la grande chaîne de grands magasins de meubles scandinaves en kit, il faut dire que par ici la nuit dure six mois et que les magasins soient ne ferment pas, soient n'ouvrent plus selon les options philosophiques et commerciales de chacun. Il est certain que ce n'est pas facile de se lever le matin quand on ne s'est pas couché le soir surtout si le matin ressemble au soir et vice versa.
Donc j'ai passé une bonne partie de la nuit à monter le canapé convertible aidé par Pezzolino mon fidéle valet de chambre, un ex-pizzaiolo, je l'ai rencontré il y a une dizaine d'années dans une pizzeria grecque du quartier albanais de la capitale, je l'ai pris à mon service et il me sert depuis avec astuce, constance et même quelques fois de la loyauté.
Au matin il est arrivé avec les journaux, mon petit déjeuner et un acte d'abdication en trois exemplaires de ma charge et dignité de prince consort.
-Alors l'ami où on sommes-t-on ? Demandai-je au brave Pezzolino avec un détachement stoïque en beurrant mon rôtie.
-A qué chidenté Monsignore !
De fait les journaux ne sont pas tendres, et bien entendu il y a une grande part d'exagération et de fabrication là dedans, ils truquent et soutiennent sans vergogne que j'ai tenté de défenestrer un vieillard diminué. Sur les photos, je saigne du nez, j'ai les lunettes de travers, le visage déformé par la colère je ressemble à une fin de série de tueur en série au moment de son arrestation.
Raoultkë Ôg viok defenestratortkë !Je traduis pour les non polyglottes :
Raoul le défenestrateur de personnes âgées!Un surnom qui a tout le moins, s'il devait rencontrer quelque vogue serait fort dommageable à l'image que j'entends laisser à la postérité.
En ces instants je ne le cache pas, je chancelle sur ma rôtie mal beurrée lorsque en mon for enfiévré retentissent soudain les trompettes... de la reléve de la garde.
Dieu sait qu'à l'ordinaire c'est un rituel qui m'insupporte: il faut dire aussi qu'à l'ordinaire à six heures je dors, mais là, dans le moment, ce retentissement cuivré me redonne du courage, je me dresse dans mes pantoufles et j'ouvre la fenêtre qui donne sur la cour d'honneur en grand, préparé à tout affronter et même les lazzis d'une populace hostîle.
Est-ce mon autorité naturel, rien ne vient, derrière les grilles de la cour d'honneur quelques regards se tournent vers moi mais sans que j'y lise de désapprobation, au contraire des flashs partent, on me photographie, je fais bonne figure je crois, en robe de chambre mais très vite je m'ennuie à faire face, la bonne humeur chez moi n'étant jamais trop longtemps exilée, je ramasse les billes d'un jeu de solitaire en marbre posé sur un guéridon, je m'en remplis les poches et je retourne à mon balcon, accoudé à la rambarde du balcon, très sportsman dans l'épreuve, je vise les bonnets à poils (ils les ont adoptés pour la Garde Royale sur le modéle, une fois encore, des anglais qui nous en avaient chipés l'idée après Vaterloo à l'imitation de notre Garde Impériale !) que je surplombe et laisse tomber les billes une à une. La bille quand elle atterrit se met à tourner sur le plafond du shako rond, il parait que lorsque l'on est dessous c'est à devenir dingue ! Mais ils n'ont pas le droit de bouger sinon ils ont un gage et quinze jours de prison. Tordant non ? Je suis en pleine visée lorsque j'entends la grande porte de la bibliothéque qui s'ouvre, je me retourne : c'est mon petit Uurtikrn !
Outre ma fille chérie l'adorable et douce Klopilde qui parfait ses études supérieures en Floride, j'ai deux fils: Koonradt qui tient beaucoup de sa mère et qui est à l'Ecole Navale et puis le jeune Uurtikrn, c'est tout moi, vaillant et impulsif, je prends du temps sur mes obligations pour le former au mieux à ses futurs fonctions de... de Poulidor, d'héritier en second.
-Papatkë !
-Viens là mon petitkë.
Il va sur ses dix-huit ans, autant notre koonradt est sanglé comme sa mère autant mon Uurtikrn est artiste comme son père. En ce moment il porte une crête d'iroquois arc en ciel qui fait jaser les gazettes à scandales, c'est dire si comme moi ils détestent les plumitifs.
Il me rejoint sur le balcon, je pose mon bras paternel sur son épaule encore toute filiale:
-Il ne faut pas vous occuper de ce que disent les journaux Papatkë.
-Que veux-tu voilà ce que c'est qu'une monarchie parlementaire ! Rien du tout, le néant ! Un ornement bourgeois ! Le char de l'état transformé en taxi ! Et si l'on proteste un peu ou que l'on veuille se conduire en maître chez soi les boutiquiers vous menacent de vous couper les vivres et de vous supprimer votre liste civile, et ces messieurs de débattre de ce qu'ils vont nous donner comme traitement et étrennes ! Les concierges de la mémoire nationale voilà ce que nous sommes !
Je ne rate jamais une occasion de lui donner quelques leçons d'absolutisme.
-Imagine-t-on Louis XIV laisser imprimer de telles saloperies mais tu peux me croire que le soir mâme le photographe, eut été mené en place de gréve pour y être roué tout vif. Il est où le respect qui m'est... Qui nous est dû ! Allez maintenant va à l'école mon grand !
Il fait des études de... de quoi déjà ? Il faudra que je lui demande. Il me quitte et je reprends mes occupations ludiques quoique assez vaines, j'ai presque entiérement garni tous mes bonshommes lorsque la porte s'ouvre à nouveau et la Reine entre, elle est en robe d'audience, une petite couronne de ville en diamants sur la tête, la tenue de bureau quoi, elle est suivi par cette petite ordure d'Urinald fun Froeben qui porte une pile de journaux :
Elle en prend un, le léve bien haut :
-Avez-vous signé ?
Je quitte le balcon à grands pas et claque la porte au nez de fun Froeben :
-Ecoute il faut qu'on parle... je vais t'expliquer ma Poupetkë !
-Jé né zuis pas votre Poupée Mounsieur !
-Ah c'est comme ça !
Le coup de sang me prend et je te la balance sur le canapé comme une serveuse de relais routier. Elle crie, se débat et proteste... Ah Dieu du ciel voilà bien un achat utile que ce clic-clac-paf ! que j'ai inauguré cette nuit et qu'avec la Reine nous baptisons derechef du beau nom d' « entente renouvelée ». (c'est une figure de style assez bien amenée, je crois ?)Notre réconciliation fait du bruit et au moins un déçu. Dans ces moments, Gretaetkë si réservé dans le quotidien est du genre extraverti, j'imagine le Urinald fun Froeben, l'oreille collé à l'huis et je redouble d'activité.
Quand la Reine se reléve, je suis pardonné.
Je reboucle ma robe de chambre, elle rajuste sa courônne et va sur le balcon, elle se penche pour regarder la garde descendante qui s'éloigne, de fait elle s'éloigne mais ce qu'elle voit d'abord et surtout ce sont toutes ces billes qui tournent de plus en plus vite sur le dessus des chapeaux et les têtes des gardes royaux qui par réflexe décrivent un mouvement circulaire comme pour mieux encourager la rotation, c'est poilant littéralement, John-Branke goûterait la farce mais elle visiblement n'y souscrit pas, elle se retourne vers moi :
-Konnartkë !
Et elle s'en va.
Un coup pour rien pensai-je avec quelque effronterie... mais je t'aurais ma fille ! (à suivre...)
Publié par urbane à 22:47:41 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
L'Eco-Lieux Mémoriel du Père Maupoil par A.Sottos 1/1Nous étions presque arrivés au col de la Moufte, fatigués mais contents de notre journée, les pieds fumaient un peu mais quand même le bien que cela fait de telles fatigues vécues au milieu de cette montagne préservée (87 mètres d'altitude quand même!). Josy décida que nous ferions halte ici, c'était elle qui décidait de tout, elle s'était instituée en quelque sorte notre leader naturel, depuis que je l'avais prise au titre de la parité sur ma liste "Ensemble le Plessis-les-Meules vers le développement durable avec Jean-Mich Beurleymois et tout son orchestre toute son équipe!" Depuis Josyane Boudineau dirigeait à peu prés tout et surtout le développement qu'elle espérait le moins durable possible de ma carrière d'édile. D'abord elle s'était proclamée ma première adjointe dés le soir de ma victoire. Pourtant et ce n'est pas faire montre de racisme ou de chauvinisme local ou encore d'ethnocentrisme que de rappeler qu'elle n'était pas une plessilémeulienne d'origine, mais fonctionnaire de l'éducation nationale elle était arrivée chez nous par le hasard des affectations (le Plessis-les-Meules est rarement un premier choix).
Enfin son activisme était sans doute quelques fois utile sinon toujours reposant.
De là-haut nous voyions Le Plessis Les Meules dans toute la splendeur du soir avec ses champs de betteraves à noeuds et de choux-raves moulineux en fleurs.
Vrai quel réconfort! Surtout que Josy avait enfin décidé de se taire.
-Non mais c'est pas vrai! Mais vous voyez ce que je vois les garçons!
Ce silence bienvenu ne pouvait pas durer longtemps, paresseusement je regardais dans la direction qu'elle fixait de derrière ses lunettes au carré.
-Ben quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
Je n'apercevais rien de particulièrement remarquable dans le paysage.
-La cabane là-bas!
-La... ah béh ça c'est les chiottes du Père Maupoil!
-Mais il y en a beaucoup dans le coin?
-Oh non c'est le dernier, il a jamais voulu qu'on lui installe une fosse sceptique. Il préfère faire sa petite affaire en pleine campagne.
-Non mais vous vous rendez pas compte ce que ça représente un truc comme ça. C'est le quotidien de générations et de générations dans leur confrontement à la nature.
Et elle a commencé à nous raconter ce qu'on aurait du voir, au moins comprendre, soupçonner dans un questionnement permanent du restitué.
Le problème avec Josy c'est qu'elle n'est pas sous-titrée quand elle parle. Il faut reconstruire le puzzle, retrouver le contenant, le signifié, le transactionnel et le relatif... et d'abord le verbe et le sujet mais de ce que je traduisais il ressortait que les chiottes du Père Maupoil était rien moins qu'un monument exceptionnel de notre culture locale, populaire et sociale
C'est vrai quelques fois l'on a des merveilles sous les yeux pendant des années et par la force de l'habitude on ne les remarque même plus.
Il fallait la voir tourner autour du cabinet champêtre en respirant chaque coin, en ouvrant et fermant la porte grinçante et toute de travers ornée d'un coeur, en inspectant les lieux, en soulevant la lunette.
Elle en faisait tellement qu'au bout d'un moment, intrigué, le Père Maupoil est sorti, et comme il sortait jamais sans son fusil, on s'est tous couché dans l'herbe en oubliant de prévenir Josy, c'est là qu'elle a découvert l'inconvénient de ne pas être du coin, elle n'en connaissait pas les principales attractions, le Père Maupoil en était l'une et des plus fameuses.
Elle s'est prise un peu de plomb dans le tréfonds mais ça ne l'a pas fait renoncer et sitôt pansée elle est repartie à l'assaut mais par d'autres voies.
Un jour elle a débarqué à la mairie avec une copine à elle Bromura Choltpitz qui était attachée au Fonds pour la Culture Mémorielle Populaire Régionale (FOCUL-MPR).
Elles m'ont expliqué qu'il fallait en faire comme un totem de la ruralitude, du développement durable en même temps qu'un lieu de mémoire. Mon adjoint à la Kulture Maître Triboulet, le fils de Maître Triboulet le notaire n'était pas trop convaincu, des chiottes comme lieux de mémoire? Il s'interrogeait.
-Bon on monte là-haut, je vais montrer à Bromura notre futur éco lieux de mémoire.
Elle aurait pourtant du être prévenue de la nature plombogêne du Père Maupoil.
Quand elles sont revenues, un peu écornées, elles avaient dérangé le vieux pirate en pleine inspiration, leur enthousiasme n'avait pas baissé de ton, au contraire.
Après c'est allé très vite, l'on critique un peu trop facilement l'administration française pour ses lenteurs, ses empilements hiérarchiques et ses sédimentations intellectuelles mais je peux témoigner que lorsqu'il s'agit d'affaires importantes elle sait se montrer preste et allante.Le sous-préfet est intervenu en personne auprès du substitut (c'était plus un ersatz qu'un substitut d'ailleurs tant le niveau baisse dans la magistrature de notre stalag pays.) à fins de mettre hors jeu le Père Maupoil, il faut reconnaître que c'était un danger pour les autres et d'abord pour lui-même, ces braves gens l'ont donc très proprement (rien de plus hygiénique qu'une décision administrative, ça ne tâche jamais les mains de personne!) fait interner. Puis Maître Triboulet, prévenu par son fils et très au fait des procédures juridiques a racheté, pour presque rien, la ferme du vieux Maupoil mis sous tutelle avant de la revendre à la mairie, pour beaucoup plus.
L'opération se révélait magnifique à tous points de vue et pour pas mal de gens, le coût des travaux de restauration du futur éco lieux estimés par l'un des amis entrepreneur d'un cousin entreprenant de maître Triboulet s'élevaient à 16 700 000 zeuros mais grâce aux subventions versées nous pûmes terminer les travaux dans les délais.
Bromura Choltpitz qui avait du mal encore à s'asseoir, et pilotait, toute érigée, le projet depuis sa société de conseil, avait, dans une scénographie audacieuse et très contemporaine, dégagé les entours et alentours de l'éco lieux mémoriel sur deux kilomètres.-Ah on le voit de loin maintenant le chiotte du père Maupoil! Constata Jacky Bombsec mon adjoint aux sports en relaçant ses baskets.
-De fait cette petite cahute toute modeste érigée au milieu des prairies prend une force et une présence "prégnante et tutoyante" ! commenta Josyane Boudineau, jamais à court.
Pour l'inauguration de notre éco-lieux mémoriel on a réussi à faire venir Pierre Arditi, Flavie Flament et les journalistes du Meulois Libéré, la seule fausse note de la journée a été l'irruption du Père Maupoil qui à l'invitation de Josyane Boudineau avait obtenu une permission, elle avait prévu de lui faire inaugurer son chiotte revisité par l'esprit contemporain avec l'approbation du nouveau conservateur de l'éco lieux mémoriel, un jeune type charmant et très éthique.
Malheureusement le vieux fou l'a prise au mot et il s'est enfermé là-dedans, délivrant force bruits évocateurs de tumultes intestinaux et monsieur le sous-préfet a du faire intervenir la force publique pour l'enlever de son trône retrouvé.
Publié par urbane à 04:20:28 dans / L'éco-lieux-mémoriel du Père Maupoil | Commentaires (0) | Permaliens
Le clochard dans le bac à sable de Lofti Benayak 2/3Quand nous sommes arrivés à Port Glandault Plage, j'ai trouvé qu'il y avait trop rien de changé, ça continuait à faire carte postale un peu démodée, Riviera années 50 improvisée sous un ciel trop gris. L'océan n'avait pas pris une ride, il se tenait en retrait, c'était marée basse et sur l'immense plage ventée, il n'y avait que quelques estivants en chandail qui pêchaient la crevette, les pieds dans la vase et le bas des pantalons relevés.
-Regarde! Lofti! Regarde c'est Papa là-bas avec la famille.
Je regardais dans la direction de son doigt mouillé, c'était une bretonne et elle mouillait toujours du doigt dés que ça commençait à souffler.
Godelaine, elle faisait des grands signes en gueulant:
-Hououououlàlà! C'est nous qu'on est là!
-Mais arrête! Tais-toi ils vont nous voir! Je lui ai dit en la tirant pas son tricot de marin.
-Bien justement ça mais qu'est-ce que tu as mon Lolo?
-Il y a que j'ai pas envie de m'appuyer une pêche à la crevette après quatre heures de route quoi !
-Oh ce que tu es décourageant! En plus ils pêchent pas la crevette mais le Gnec.
Merde ça y était, on était repéré par la défense aérienne familiale et comme un con j'avais pas fait remettre la 12,7 légère, ils avançaient en deux sections compactes.
-Allez viens, on va bien rigoler, tu vas voir.
Les cousins étaient déjà là, les plus jeunes lancés à l'abordage de mon vaisseau des sables:
-Eh Lofti il y a pas une galerie sur le toit pour mettre la gazinière?
C'était Pierre-Edouard et Charles-Antoine, les frangins de Godelaine, deux blairs d'une quinzaine d'années qui me charriaient, ils étaient pas méchants juste un peu lourds comme souvent à cet âge.
C'était une vraie marée de chiarres enthousiastes et d'adultes circonspects qui nous entourait:
-Putain la caisse! Tu fais le Paris Dakar? S'est exclamé le petit dernier Gontran Aymeric en se prenant une claque de la Colonelle.
Le Colon, cheveux ras, entraîné, sportif, la belle quarantaine, inspectait l'engin, voir s'il était bien réglementaire, sa conclusion fut en baisant le front de sa fille:
-C'est tout à fait ça, le Tibesti en 85, je débutais, je me souviens qu'on en a récupérée un, de Toy, que les rebelles avaient bricolé en montant dessus un mortier de 122 mm, il doutaient de rien, on les a retrouvés dans les dunes à 20 mètres de leur Toy soufflé par le départ du coup. Eh bien Godelaine tu ne me présentes pas ton camarade?
Godelaine a quitté son garde à vous réglementaire pour passer au reposez armes et faire les présentations.
-Lotfi cela veut dire le doux sinon le résigné en arabe ce me semble? M'a interrogé le Colon.
-Ah ouais mais moi c'est Lofti et ça veut juste dire: soit que mon père avait forcé sur l'alcool de figue, soit que le fonctionnaire de l'état civil était à moitié sourd quand on m'a déclaré.
Godelaine me faisait des gestes pour que je rectifie la position et que je baisse de ton mais le colon m'a juste donné une grande tape dans le dos et à peu près démonté l'épaule avant de décréter.
-Bon le Gnec n'attend pas.
C'est la vérité, dés qu'il fait nuit le Gnec se calfeutre pour regarder le 20 heures à la télé.
-Rraaaassemblement! En aaaavant 'arche!
Il a bien fallu que je m'y colle.
Le Gnec c'est un truc qu'on trouve qu'en Bretagne, à marée basse et les soirs d'orage, c'est une sorte de bulot mais autonomiste, il a des convictions le Gnec, ça se laisse pas pécher comme ça, il se défend, c'est d'ailleurs tout ce qui fait l'attrait de sa pêche, le mec qui revient entier avec tous ses doigts d'une pêche au Gnec est fêté et considéré comme un homme un vrai, c'est quasi initiatique.
On le mange sur le plage, ça voyage pas, avec une pointe de citron en lui mordant dans le charnu d'un coup sec, s'il bouge longtemps sous la langue c'est encore meilleur.
Encore heureux j'ai échappé à la messe traditionaliste du matin, pasque dans la famille du Colonel on l'aura compris on serre plutôt à droite.
Que j'esplique pour ceux qui sont pas trop rencardés sur la chose, chez les cathos il y a les Post-conç (post-conciliaires) qui ont le cadran bloqué sur les seventies, les Tradis (traditionalistes) en plein revival médiéval et les Chachas (charismatiques) qui marchent carrément à l'inspiration et attendent que l'esprit saint leur tombe sur la tronche pour s'illuminer un bon coup!
Les tradis que les post conç appellent les intégrisses, parce qu'ils tolèrent tout le monde les post conç même les adorateurs du Grand Cosmonaute Universel (G.C.U) il y a que les tradis qu'ils intolèrent. Les tradis ont en moyenne 12,75 gniards (il y en a un peu plus je le mets quand même ma colonelle? Affirmatif mon brave!) ils ont en moyenne donc 13 enfants et ils sont sympas aussi mais il faut leur être présenté avant sinon ils tirent, minimum 48 heures à l'avance, ne pas oublier de sonner mais comme en règle générale la sonnette marche pas, pas hésiter à gueuler très fort dans le jardin pour s'annoncer et honnêtement vous avez une chance, enfin c'est jouable, ah oui penser au bouquet de fleurs pour la colonelle ça l'attendrira et vous pouvez aussi emmener un gigot (pas besoin de l'attendrir celui-là) ça fait toujours plaisir et ils roulent pas sur l'or contrairement à ce qu'on raconte, forcément avec treize mômes et le père fonctionnaire.
Pour les sujets de discussion éviter à peu prés tout comme avec le wahhabite de base, attention le tradi est fortement fétichiste contrairement au wahhabite il sacralise beaucoup et il ne peut pas voir un tas de pierre sans vouloir bâtir dessus au moins une cathédrale.
On se rapatrie à la villa familiale postée au dessus de la plage, mais c'est tellement bondé que je propose de faire comme Radhafi et de monter notre tente dans le jardin, histoire aussi de pouvoir manoeuvrer à l'aise ma poupinette sans qu'il y ait trop de sourires gênés dans les bols le lendemain au petit déjeuner, et puis les mecs entraînés, je me méfie toujours un peu.
Manque de pot le jardin est lui aussi overbooké, il y a tout un campement de scouts marins qui font sécher leur linge entre les arbres en préparant un grand feu, je me renseigne, ça va le bûcher c'est pas pour moi. Non je plaisante, ils sont pas plus offensifs ou chiants que le tonton Rachid ... pas moins non plus.
-Allez hop direction les dunes! Je dis à Godelaine, histoire de lui montrer que moi aussi je suis un dominant.
Malheureusement il y a un problème et Houston n'y peut rien, les dunes c'est interdit de campement, les dunes c'est sacré, c'est de la nature à l'état pur, pas touche! Verbotten! Nous renseigne "le Gardien des Dunes", personnage mythique, planqué là depuis qu'ils nous avait repéré vaguant devant la vague dans notre 4X4 lui aussi prohibé. Il nous refile une amende de troisième classe, en nous faisant la leçon et en nous rappelant:
-Attention hein c'est "aussi" interdit de coucher sur la plage! Allez circulez!
Comme les hôtels "aussi" sont pleins, à cause du véquende du 15 Août, à force de se faire refouler on se retrouve à Port Glandault Plage, dans l'immense bac à sable qu'ils ont installé durant le mois d'Août, dos à la mer, avec vue directe sur les abattoirs
Finalement avec les bruits de l'océan qui nous arrivent par derrière, quand leurs p... d'animations s'arrêtent enfin, on pourrait s'y croire et c'est là qu'on s'endort avec ma Poupinette dans notre duvet deux places, avec pour seul voisin un clochard barbu contemplateur d'étoiles. (...à suivre...)
Publié par urbane à 00:02:40 dans / Le clochard dans le bac à sable | Commentaires (0) | Permaliens
17 Juin
De quoi je peux causer un Vendredi 17 Juin, c'est pas toujours facile de tenir un journal, de trouver des trucs intéressants à dire mais enfin je suis un écrivain! Allons reprends-toi Raoultkë c'est aussi pour l'Histoire que tu écris!
Encore ce serait un lundi, je suis plein de séve, moi, le lundi et le mardi et comme ça au moins jusqu'au mercredi, à partir du jeudi je plonge, j'ai toujours été ainsi les mes professeurs eux-mêmes l'avaient remarqué dans mon jeune temps: le jeune Raoul, déjà pas brillant dans l'effort, se laisse aller tout à fait et cela ne va plus du tout!, à l'époque je faisais des morpions solitaires sur mes cahiers, j'en couvrais des pages entières tant grande est la faculté que j'ai à m'abstraire et m'évader du monde, pareillement aujourd'hui une certaine indolence me gagne, j'inaugure floralies, jeux d'eaux et centre d'aide à la jeunesse coupable avec entrain jusqu'au jeudi et puis là je deviens mou du ruban, j'ai le coup de ciseaux moins définitif, ce matin encore nous inaugurions (« nous » c'est moi seul dans l'accomplissement des devoirs de ma charge, dans l'intimité littéraire et « artiste » d'un journal je reviens au « je » moins... sacerdotal !) un foyer pour vieillards onanistes dans le centre ville, je ne dis pas c'est une œuvre sans doute utile, mais je préfére inaugurer en grand uniforme, je le confesse, je dirais que c'est plus pédagogique, ce que j'incar... ce que nous incarnons de tradition saute aux yeux émerveillés des enfants, et je ne déteste pas non plus les beaux regards clairs et ouverts (quoique souvent un peu vacants) de leur maman
Mais revenons à ce matin, je portais donc un petit costûme de ville en cheviotte, j'aime ça la cheviotte pour inaugurer, c'est un peu mon bleu de travail parce que c'est léger et en même temps chaud et par ici il faut veiller à rester couvert, en toutes occasions. J'inaugure donc, rappelons nous la scéne: moi ou plutôt nous: les lunettes noires (je boude toujours eu égard à de certains événements récents, voir plus haut !), la cheviotte, le ruban tricolore (bleu, bleu, bleu, les couleurs nationales, je précise: ce sont trois bleus différents. Encore qu'il faille quand même mettre le nez dessus pour voir la différence !) que je coupe et « zzzdaaanggg ! » Ce foutu ruban qui me revient dans la figure avec les glands qui y étaient suspendus, à croire que ce salopard de Urinald fun Froebeun, le grand Chambellan du Palais, (il ne m'aime pas, c'est définitif et je le lui rends bien, il rêvait d'avoir un maître allemand car il appartient à la minorité allemande du royaume qui est là depuis un raid des chevaliers teutoniques qui cherchaient une location dans le coin après s'être fait virer de Lituanie par les polaks !), avait mis une élastique de slip comme ruban inaugural, mes lunettes noires qui valsent dans les airs, je saigne du nez (je suis sujet à de fréquentes épistaxis* (*comme ça que ça s'écrit, faudra que je vérifie dans mon petit Robertkë !) et voilà pas que l'un des pensionnaires de l'établissement un zigoto octogénaire sort son machin turgescent et tire dessus jusqu'à éclabousser ma cheviotte. Alors là, c'est vrai dans ces moments-là mon tempérament latin prend trop souvent le dessus, je te l'ai pris au col le vieux dégueulasse et je te l'ai balancé dans le monte-charge !
Cela a été un « ÔÔÔÔÔ !!!!» unanîme de désapprobation, il n'y a que les scandinaves pour en sortir des comme ça, aussi bien réglés et désapprouver tous en même temps comme au signal, suivi d'un « clang !blang !tring ! bling ! » tout aussi parlant il faut dire que le monte-charge était plein d'assiettes.
Ils vont passer du temps à lui enlever tous les éclats de vaisselle qu'il a au dargeot l'autre vieux saligaud.
En attendant j'attends, retiré dans la bibliothéque du Palais les compte-rendus de la presse avec une certaine angoisse. (à suivre...)
Publié par urbane à 03:28:48 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
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