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La Cellule de maintien idéologique 2/3 Par G.M.Néoletto.
Les aventures de Jean-Plaude et Jean-Cluc militants Umpistes de la Basse-Meuse
Le conducteur du TGV lui il mangeait son casse-croûte sur un talus, il était monté sur les freins, il avait lâché le cerclo et puis rien... alors il avait sauté:
-Je m'ai dit: et puis avec toutes leurs complications à la con qu'ils se démerdent! J'allais quand même pas rater la prochaine grève!
Le docteur Craquebume lui a demandé s'il voulait verbaliser un brin avec lui:
-T'es bien brave mon gars mais tant qu'à faire je préférerais plutôt une bonne bière.
Le Père Mouillot qui nous suivait partout en fouaillant du bout de sa canne les agonisants qui lui squattaient son champ, il a dit toujours philosophe:
-Ils devraient pas rouler comme ça aussi vite moi avec mon tracteur je m'ai pris une amende de 1500 teuros pasque je roulais à 37 au lieu de 35 et eux ils te roulent à des 350 t'a l'heure.
-Mais c'est le progrès Père Mouillot! Lui a dit Jean-Plaude qui y croit vachement au progrès.
-Alors ç't'engeance y z'ont droit au progrès pasqu'y vivent dans une chiasse permanente mais à nous-z-autres on nous supprime notre autorail qu'était pourtant bien commode et les pov'cons de tomobilisses qu'on est on doit rouler à train de mule sur des routes défoncées en plein 21° siècle!
Et il nous désignait avec force tremblements de sa canne les cadres curieux et folâtres objets de sa haine toute rurale.
Pendant qu'il s'éloignait marmonnant le sympathique Docteur Craquebume a noté sur son papier:
-Mouillot c'est bien ça? Je vais faire un signalement quand même, il pourrait être dangereux...
-Sans compter qu'en plus il a pas la tévé. A précisé Jean-Plaude déférent qui aime rien tant que déférer aux autorités, 'pas pour rien qu'il est secrétaire régional adjoint de l'UMP Basse-Meuse.
-Ah oui, ah bon je note aussi.
L'un de ses adjoints est arrivé tout content, il tenait par sa chemise à manches courtes un petit scout en short et foulard avec les cheveux en brosse et un paquet de framboises écrasées à la main et qui murmurait:
-Ziiiim-Schlaafftt le train! Zzziim-Schlaaafftt le train...
-J'ai un impliqué chef mais il est en phase pré-mutique.
-Névrose irruptive et compulsive post-traumatique, protocole de Rumpetters mon cher.
Il lui a fait faire demi-tour au petit scout et il lui a foutu un grand coup de pied dans le cul.
Mais l'autre il a continué comme s'il avait rien senti, c'est là que je l'ai reconnu, c'était pas un scout c'était le Raymond Pointecourt, l'assureur-conseil du Plessis-Lés-Meules et trésorier de notre section UMP et c'était pas des framboises, c'était ses couilles qu'il s'était fait happer par la rame et qu'il avait réussi à retrouver deux cents mètres plus loin dans un bosquet à force de patience, on l'a allongé et rangé à côté des blessés et il a pu agoniser tranquillement avec les autres en attendant les secours qui étaient toujours bloqués même s'ils avaient un peu avancé, ils étaient maintenant à la Trouée-Dés-Gueuse.
-Le sous-préfet dit qu'ils ont déclenché le plan Samouillegrave+++++++ et qu'il a le président en direct depuis l'Elysée-Matignon où il prend un verre avec des amis et où ils ont aussitôt formé une cellule de crise.
-Bon il nous faut un lieu pour réunir nos impliqués? A déclaré le bon docteur Craquebume.
-Euh la salle des fêtes peut-être? J'ai proposé.
-Un lieu neutre de préférence... c'est quoi là-bas le bâtiment rose et mauve?
-C'est la maison de retraite échangiste Françoise Dolto.
On en était presque aussi fier dans le pays que de notre déchetterie-modéle de la Place de l'Ex-Cathédrâle.
On s'est tous retrouvés dans la salle de torture de la maison de retraite échangiste, c'était plein de vieux en string et de vieillasses à fouet.
-On sera bien ici c'est d'une grande sérénitude à dit le Docteur Craquebume.
C'était vrai on entendait presque plus les cris et les pleurs des blessés.
Il a fait sortir les vieux et rangé les victimes primaires qui avaient tout vu et les secondaires qui avaient tout raté.
Il a réuni son équipe et il leur a parlé comme un entraîneur de foutebale le soir d'une finale de coupe:
-Il nous faut d'abord combattre ce sentiment d'échec que ressentent les secondaires. Leur expliquer qu'ils en verront d'autres de catastrophes ferroviaires ou autres et puis s'ils y tiennent tant que ça à vivre une catastrophe nationale ils n'ont qu'à lire le budget de l'état ou prendre un Airbus d'Air France...
Il a commencé par présenter au public toute l'équipe de la cellule de soutien psychologique, outre lui le bon docteur Craquebume, il y avait son adjoint le docteur Hu, un vietnamien dépressif, vrai c'était le premier asiatique que je voyais qui souriait pas, 'pas l'air commode l'asiate, une infirmière vaudoise diplômée Mademoiselle Chodaz, un travailleur social syndiqué Jacky Jaunard dit Jacky-tout-court, un touriste belge Monsieur Wadong... c'est là que j'ai dressé l'oreille ça devenait bizarre son truc, rescapé-modéle d'une catastrophe dans un tunnel routier des Ardennes pas complètement foré, monsieur Wadong, belge rutilant apportait un regard implicatif et non normatif à la cellule a expliqué le docteur Craquebume, il y avait aussi le clown Balpo spécialiste du spectacle de rue, des Assedics et des arts vivants et qui était le beau-frère au Docteur Craquebume et conférait la note d'humour, c'est vrai qu'on a pas tellement l'occasion de se marrer lors des catastrophes nationales, il était venu avec ses deux lapins nains...
Jean-Plaude il m'a donné un coup de coude à ce moment de la présentation:
-Il manque plus que le livreur de pizza!
C'est à ce moment qu'on a entendu un bruit de mobylette et un type en casque est entré souriant une pizza à la main
-Et enfin Momo notre livreur de pizzas qui suit la caravane depuis le début.
On se serait cru à une émission des années 70:"Au Théâtre ce soir" ou "Intervilles", il manquait plus que Guy Lux et les vachettes, on savait pas trop quoi faire, alors on a tous applaudi et je me suis dit que c'était ma première catastrophe nationale mais qu'avec cette équipe-là on allait pas s'ennuyer... (à suivre...)
Publié par urbane à 05:52:50 dans / La cellule de maintien idéologique | Commentaires (0) | Permaliens
Je dois reconnaître que quand je suis arrivé à la cour, elle m'a fait bon accueil quand tous les autres me montraient triste figure, très bon accueil même puisqu'à l'époque les deux soeurs cultivaient une ressemblance parfaite même vestimentaire et qu'en toute innocence je l'ai honoré de mes hommages vespéraux quelques soirs où je m'égarais dans les couloirs de ce palais trop vaste. Elle s'en amusait, la mutine, avant de se faire reconnaître en riant:
-Moi j'aime ça les français ! Gouaille-t-elle depuis à chacune de nos rencontres, en français dans le texte et en me pinçant les génitoires, c'est très douloureux et plutôt attentatoire à ma dignité, ornement naturelle des devoirs de ma charge, bien heureusement elle vit presqu'à demeure à Saint... Prothez, c'est près de Maubeuge. Toute une histoire: elle s'était trompée de station, elle avait confondu avec Saint Trop', elle y avait a fait construire sur place une magnifique villa. Et puis les gens de Saint Proth' étaient "sympas" elle y est restée: "de toutes les façons Saint-Trop' c'est pas encore assez pour moi!". Elle y a gagné une pointe d'accent et nous un peu de repos:
-Bonjour tout le monde! Eh ben vous en faîtes une gueule! Bon elle a épousé un plombier polak 'pas de quoi en faire une maladie! Au moins en cas de révolution il aura toujours un métier lui! C'est pas comme mon bon à rien de beau-frère français!...
Elle plaisante bien sûr, mais cela reste rude à entendre, d'autant que ma carrière d'auteur et d'écrivain est déjà fort heureusement engagée et puis j'ai mes vignobles de Chateau Bonpéze, je suis aussi viticulteur mais de cela j'espère pouvoir en parler plus loin tant l'amour de la terre me tient, je les pilote à distance certes, mais c'est du travail, ne serait-ce que de mettre en marche l'ordinateur avec quoi je communique tous les matins avec mes gens qui vivent à demeure sur la propriété. J'en surveille la bonne marche, regarde la météo, décide de la dâte des vendanges avec mon chef de chais, ni trop tôt ni trop tard, l'an dernier j'ai choisi le 23 Juin, humblement je le reconnais le millésîme a de l'apreté mais point tout le corps nécessaire, c'est un métier en même temps qu'un art.
-Moi j'aime ça les français ! Regouaille-t-elle en re-français dans le re-texte et en me re-pinçant les re-testicules.
-Ouaaaaillle! Balbutiai-je, ce qui n'est pas dans mes habitudes mais là elle m'a eu par surprise.
-D'ailleurs c'est très bon tout ça, ça fait de la pub pour le royaume et puis tu te souviens de ce que répétait notre père:"Mes filles surtout aèrez notre dynastie, ça pue le renfermé là-dedans, mariez-vous loin des vos cousins!"
Pour sa part elle exauça parfaitement la recommandation paternelle puisqu' à ce jour elle s'est mariée six fois dont deux avec le même personnage un play-boy hindou ... et bégue: Bobby Rawanalbajpout:
-Sans compter qu'ils ne sont vraiment pas chers les natifs d'europe centrale! Moi je ne prends plus que des gigolis slovaques, vrai on les a pour rien et quel travail ils vous font, il faudra que je vous présente Slobomar!
-Rien ne presse ma soeur. Lui dit la reine en se levant pour rejoindre Fun Froeben et commencer sa journée comme tous les jours. Il est neuf heures et quart. Elle se dirige vers la pointeuse qu'elle a faite installée à grands frais à l'entrée de la salle du trône par souci de transparence démocratique:
-Kling!Plonk!Tchaac!
Et elle plante dans l'unique case du tableau sa fîche.
Cela ne plaît pas trop à tante Gui-Guittkë la démocratie appliquée et arachnéenne.
-Toujours aussi bêcheuse et ramenarde celle-là! C'est pas tout d'être reine il faut encore être aimable! Quand je pense que j'ai raté le poste à dix minutes prés! Enfin c'est des obligations d'un autre côté... et des emmerdes. A propos les enfants je vous invite pour les vacances scolaires dans ma nouvelle villa, j'ai fait construire dans une station branchée très courue: Cibiza!
-Tu veux dire Ibiza Tantine, en Espagne?
-Non, non Cibiza et c'est en Roumanie, une ville minière je crois.
La pauvre fille s'est encore trompée de villégiature!
-Regarde tantine ils ont sorti une nouvelle sextape de toi sur Internet! S'écrie le cher Ulriktkë en brandissant son portable.
Elle regarde la chose:
-C'est un vieux truc ça! Ma seconde nuit de nôces avec Rawa: j'avais gardé un tel souvenir de notre nuit de nôces inaugurale que j'ai voulu y goûter encore une fois! Ah mes enfants en cinq ans il avait beaucoup baissé! Il était devenu tout mou du bas! Va mon neveu ça vaut pas une branlette! je t'enverrais plutôt les essais que j'ai fait dans mon jeune temps en Suéde pour une série documentaire d'éducation sexuelle. C'est dommage c'est jamais passé à la télé pourtant j'étais très bien là-dedans et il y avait plein de trucs astucieux et de conseils de bonne femme. Bon je vous quitte j'ai garé mon vélo en double-file et les flics d'ici sont tellement chinois!
-Ils font leur travail. Assénai-je doctement pour l'édification de tous et de chacun.
-A propos de travail ne te surménes pas trop toi grand con!
Elle m'agace, celle-là aussi, autant que l'autre, sa jumelle régnante, c'est fou ce qu'elles m'agacent toutes!
-Ah j'oubliais Môm a terminé sa cure de désintoxication, elle devrait passer vous voir, allez ciao tutti!
Môm c'est la reine-mère Petardtkë de Nordnmark, une vieille barcasse octogênante, calfatée de partout, grande buveuse depuis son veuvage, dire si elle a acquis quelque expérience et tout à fait impossible à vivre!
-Bon c'est pas tout ça moi il faut que je fasse ma valise, demain j'ai visite officielle! Annonçai-je en m'éloignant.
C'est la vérité la plus pure je pars en représentation dans nos anciennes colonies et je bénis la coincidence qui m'évitera le voisinage avec le vieux tromblon. (à suivre...)
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Publié par urbane à 04:14:01 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
Michaël Jackson est ressuscité... et il tente de violer un nain de cirque !
by Lofti Benayak 1/1
Témoignage de Nike Sarkozaïe 54 ans qui travaille comme clown-nain-chef de piste à l'Elyséum-Circus of Paris Entertainment and resorts corp. TM.
"Il était assis sur un banc... on rentrait de Deauv' où j'avais pris une culotte au casino avec une partie de l'emprunt d'état, le plus con c'est que j'avais essayé de me refaire avec le fric du RSA, sûr que l'alsaco psycho-rigide que j'ai mis au Budget il allait encore me les casser, il faisait déjà nuit, la pizza au caviar avait du mal à passer et j'avais envie de pisser j'ai fait arrêter les motards sur l'aire de repos des Patouillettes et je suis allé m'alléger incognito dans les buissons, à ces heures je préférais éviter le bain de foule avec les routiers et les putes.
Soudain j'ai vu une forme noire, non plutôt grise, je me suis approché, il était assis sur un banc, il faisait pas peur, je l'ai pas reconnu tout de suite il avait son visage à gros pif, premier modèle, avant le restyling de calandre raté des années 90, il m'a dit:
-Approche... approche mon petit Nicky?
-Comment que vous savez mon nom? J'uis ai demandé. En me rebraguettant par précaution.
-Oh mais je sais tout maintenant que je suis au Paradis des pop-stars?
Je m'ai dit: encore un poivrot! Il y en a plein qui rôde dans le coin à ces heures.
-Je suis Michaël Jaquessone tu ne me reconnais pas?
-Ah ouais et moi je suis Eléanor Roosevelt!
-Non mais je ne plaisante pas tiens regarde mon garçon:
Et il s'est mis à chanter et à danser et à remuer de partout c'était assez convaincant, et il s'est rassis:
Carla qui était allé boire un demi est revenue et elle m'a dit à l'oreille (elle me parle toujours à l'oreille sinon j'entends rien quand elle me cause):
-Je te dis que c'est lui, je le connaissais bien, il venait souvent nous voir chez Mum, il garait son hélicoptère sur le toit de la cabane du jardinier.
Putain elle devait être grande la cabane au jardinier! Je m'ai pensé.
-Maïchaël! Qu'elle a dit en lui ouvrant les bras.
-Oh Carlaïta comme je suis content!
Ils se sont faits la bise, j'étais un peu jaloux, après tout c'était de la méga-pipole, mort d'accord mais il sentait pas, et puis moi ça m'attire les pipoles depuis que j'ai perdu ma fleur en 69 avec Georgette Lemaire lors d'un métingue de soutien à Alain Poher à Bagneux où on avait pas mal fumé et bu et dégueulé, un vrai Voudstock centriste, c'est depuis ce jour que j'adore les pipoles... et que je déteste les centristes. J'ai demandé à un des 877 officiers de sécurité de ma suite d'aller m'acheter rapido un appareil photo jetable sur les fonds secrets au Shopi de la station-service.
Personnellement c'est pas trop mon truc la Massive-Pop pourtant j'aime bien l'industrie lourde mais moi ce que je préfère c'est notre vraie bonne musique nationale, celle qui parle vraiment de notre pays l'Amérique: la country music quoi!
-Et ça c'est mon mari Naïcolaï.
-Ton mari! Ah bon je croyais que c'était ton gamin, il est chou mignon quand même c'est marrant mais il croit toujours pas que je suis Michaël Jackson ressuscité, pas vrai Nickie viens là mon p'tit bonhomme tu peux me toucher si tu veux.
J'avais pas trop envie, mais Carla insistait tant et il a pris ma main et il l'a posé sur son pantalon collant juste sur la moulure de la bite.
-Tu sens comme ça bouge je suis bien ressuscité de partout!
Déjà que quand Cohn-Bendit il vient me voir à l'Elyséum-Circus, je suis mal à l'aise et avec les autres nains, garçons de piste ou chef de cabinet on se planque les plumes et on sert les fesses. Là je sais pas ce qu'y m'a pris mais j'ai pas pu m'empêcher de lui en coller une sur son gros pif.
-Putain le con y m'a cassé le nez! Ooooh grand Lucifer roi de la Pop industrielle, laisse-moi encore une chance d'en enfiler un ce soir s'il te plait!
Mais il s'est soudain mis à fondre, on aurait dit un gros Marshmallows brûlant ou un ingénieur de la DCN karachisé (à ce propos les journaleux se sont gourés à l'époque quand ils ont écrit que j'allais tout Karcheriser, c'était Karachiser que j'avais dit et jusque là c'est plutôt réussi non?) et vrai ça sentait pas bon.
-Toi t'en rates jamais une, on aurait pu faire un fabulous album haïpe posthume ensemble! Qu'elle m'a engueulé Carla.
L'officier de sécurité est revenu avec l'appareil photo jetable et on a fait des photos avec les putes et les motards."
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Publié par urbane à 03:16:54 dans / Michaël Jackson est ressuscité... | Commentaires (0) | Permaliens
Casse-toi 'pov' con à Matignon! 1/1 par Lofti Benayak
Le journal de François F. soumis.
Les jours de remaniement c'est toujours difficile, il y a une ambiance tendue, ça téléphone de tous les côtés, moi comme d'habitude je me mets dans les coins, je me fais petit, ouais encore plus petit quoi parce que mon vénéré maître est très énervé, mais cette fois ça a été encore pire, la veille déjà on avait eu une entrevue vachement tendue, je m'étais rebellé, non mais pour de bon:
-J'en ai marre de passer pour un con et que tu fasses tout dans mon dos sans m'en causer, j'en ai parlé toute la nuit avec Pineulope et...
-Et...
Il avait son petit sourire cruel mais je me suis pas laissé démonter, de toutes les façons Pineulope, ma femme mon mari, mon autre chef quoi, elle m'avait dit que si je me dégonflais encore un coup je pouvais aussi bien pas revenir à Matignon, et elle avait donné des consignes aux gardes républicains de pas me laisser entrer, vrai j'étais à bout, je me suis mis à pleurer:
-Et je veux des ministres à moi, rien qu'à moi, des que j'aurais choisis moi-même et qui m'obéiraient.
Il a dû sentir que j'étais prêt à tout parce qu'il a changé de sourire (il en a toute une panoplie qu'il transporte avec lui comme un lanceur de couteaux se baladent toujours avec son jeu de couteaux trafiqués), il m'a même tapoté l'épaule.
-Bon écoute, c'est vrai qu'à ton âge c'est normal de vouloir des ministres bien à soi, mais il faut comprendre mon garçon, que dans la vie tout n'est pas donné comme ça, j'ai des obligations tu le sais, tu es en âge de comprendre... mais enfin je vais voir ce que je peux faire.
Il est passé derrière son bureau et il a refait ses comptes, j'osais pas trop le déranger, enfin il a levé la tête:
-Bon... enfin ça va pas être commode... vo-yons... écoute je vais te donner les personnes âgées, tu aimes bien ça les personnes âgées, t'es toujours fourré avec eux, t'arrête pas d'inaugurer des foyers du troisième âge, tu t'entends bien avec eux n'est-ce pas, allez arrête de pleurer, là mouche-toi!
-Oh ce que t'es chic alors! Un ministre à moi, rien qu'à moi, un que personne jamais m'enlèvera ni ne me démissionnera, un que je nourrirai et que je soignerai et que...
-C'est ça... c'est ça, vas y réfléchir et puis tu me feras une liste et je verrais ce que je peux faire.
J'étais content mais content, les idées se bousculaient dans ma tête à l'arrière de mon tandem (il m'a collé un tandem avec chauffeur quand il a fait son ouverture aux écolos mais je m'en fous comme il m'avait déjà supprimé les motards et puis mon chauffeur monsieur Mouillard est ancien recordman de l'heure amateur du Chauvinois)
Arrivé à Matignon, je me précipite chez Pineulope, je lui avais déjà téléphoné la bonne nouvelle et elle m'attendait en haut de l'escalier d'honneur, elle avait pas l'air trop contente et qu'est-ce qu'elle était grande, trois marches avant le palier, j'ai osé:
-Ah ça y est j'ai mon ministre à moi!
-Les vieux ! It's peanuts!
-Ah ne parle pas comme ça de nos aînés veux-tu, ce sont eux qui ont fait la France d'aujourd'hui...
Eux qui avaient élu Giscard et puis Mitterrand deux fois même quand il était déjà mort et puis Chirac et puis... et puis... ourps ah ouais ça commençait à chiffrer quand même! Salauds de vieux!
-Well, c'est mieux que rien, allez hurry up va manger ton soupe and tu fais ton coucher à neuf heures!
Dans mon petit lit de ma petite chambre sous les combles (Pineulope elle aime prendre ses aises dans un grand lit) j'arrivais pas à m'endormir, je pensais à mon ministre, qui j'allais bien pouvoir prendre, j'avais en tête quelques noms, tous des natifs de Pathétique-sur-Navrant comme moi, des "pays" quoi, le Père Laridondette peut-être qui s'occupe si bien de la salle paroissiale ou Mademoiselle Migeon si dévouée aux autres, oh oui une bien bonne personne et je m'endormis après avoir fait une prière de remerciement à Sainte Blondaine du Dahut qui avait si merveilleusement exaucé mon voeu.
Le lendemain, j'arrive tranquillement à l'Elysée avec ma petite liste, oh il y avait du monde partout, partout et ça téléphonait, je fais discrètement signe à l'huissier en chef Monsieur Boulon que je suis là et que je sollicite une entrevue, il m'avait pas vu, il me facilite bien les choses, lui aussi il est du Chauvinois et après trois heures d'attente sur mon petit bout de banquette enfin mon maître admiré me reçoit, il n'a pas l'air de bonne humeur.
-Quoi qu'est-ce que tu veux toi encore?
-Je... je t'ai apporté ma petite liste, si tu as le temps...
-Ta petite liste de Noël?
-Mais non c'est pour mon ministre que tu m'as promis hier, tu sais bien!
A ce moment l'un de ses portables sonnent, il en a quatorze, je sais pas comment il s'y retrouve, quel homme!
-Oh Mister my Président! My deepest respects of the evening Mister my Président...
Et il commence à causer en anglais, langue que j'entends à cause de Pineulope qui m'engueule toujours en anglais, parce qu'elle dit que ça vient mieux, enfin il écoute surtout et il faut voir comme il est respectueux et obéissant, il raccroche enfin, il a tout blêmi du visage.
-Ah écoute je peux pas, le directeur des Finances Publiques sort d'ici, c'est la faillite, on peut même plus imprimer les papiers pour l'emprunt d'état, on va faire ça par Internet comme pour les crédits revolving, ils souscriront, ils sont tellement cons. En attendant je suis obligé de prendre plus que des ministres payants. Ah il faudra aussi que tu te charges de virer les arabes du gouvernement, tu te débrouilles comme tu veux tu fais un plan social, mais pas des mille et des cents, leur huit jours, la prime de retour au pays et basta on a plus le rond!
-Mais et ton grand truc, la Diversitude!
-Pour ça pas de problèmes il y en aura des arabes, mais des qui ont du fric pas du goinfrard de travailleur social, j'ai pris deux koweitiens très bien et un cousin du cheikh d'Abu-Dhabi, il n'y a qu'un problème je sais pas où je vais mettre l'américain?
-L'américain?
-Ouais un collègue de la CIA, John D. Kaykett, le chef vient de m'appeler et il veut absolument que je le prenne il part en retraite et il a besoin de s'occuper...
-Mais... mais tu as un chef?
-Ben oui comme tout le monde!
Quand même j'imaginais pas qu'il obéissait aussi bien lui aussi.
-Mais... mais ton type-là il est pas français!
-Mais on s'en fout de ça on lui trouvera des papiers, c'est pas un problême et puis il a une maison dans le Lubéron, il parle un peu français... enfin comme nous et moi quoi!
-Mais et mon ministre... mon ministre que tu m'avais promis !
Je recommençai de pleurer:
-Ah et puis arrête de chialer tu vas encore tâcher le parquet et après j'ai le petit personnel CGT sur le dos!
-Salaud! Salaud! Salaud! T'avais promis! Je répétais en serrant mes petits poings.
Là il s'est vraiment mis en colère:
-Casse-toi 'pov con à Matignon! Il a gueulé... et je suis parti.
Depuis j'ose plus rentrer à Matignon, Pineulope doit être furax, je dors dans le garage à vélos
de Monsieur Mouillard, qui est bien obligeant, ce qui est marrant c'est que personne s'est aperçu de ma disparition.
Publié par urbane à 07:23:29 dans / 'casse-toi pov'con à Matignon! | Commentaires (0) | Permaliens
30 Juin
Je suis dans la sidération la plus compléte, ma Klopilde, ma douce, ma virginale et candide, ma luminescente Klopilde, qui poursuit des études de Coiffure Internationale à la Puff and Surf University of Florida's Bitch s'est mariée ce matin à Las Vegas avec un plombier polonais rencontré dans les toilettes de l'aéroport international de Vancouver où semble-t-il elle était en transit et lui en mission.
C'est l'agence de presse du Royaume, l'Agence Fröders qui l'annonce.
Sa mère est effondré, ses frères sont effondrés, je suis moi-même debout mais largement fissuré dans mes certitudes. On l'imaginera sans peine.
Que d'interrogations m'agitent: mais pourquoi aller si loin pour ça ? Des plombiers polonais il y en a partout en Europe, non ? Il me semble enfin oui.
Et que faisait-elle dans les toilettes de l'aéroport de Vancouver?
Et pourquoi Las Vegas pour une union ? Quand nous avons ici un certain nombre de cathédrales certes protestantes mais en parfait état de marche, lors de la prétendue Réfôrme les églises catholiques du Royaume ayant été rasées, ruinées ou laissées à l'abandon, sans doute par esprit de tolérance, mais malgré tout il eut été tellement plus agréable que les épousailles se fissent en famille et en même temps avec une certaine pompe (... mais de préférence sans le plombier!), d'autant que je me serais arrangé pour que le Père Fulmance Des Emplettes leur refile une petite bénédiction au passage Et puis... et puis que je sache la douce enfant ne parle point le polonais.
La famille est réunie dans la salle du Breakfeast de nos appartements privés du Palais et nous attendons, fébrilement les nouvelles, elles arrivent hélas portées par Urinald Fun Froeben comme autant de coups de canons démantelant la forteresse austère et que nous croyions inexpugnables de nos principes:
-Ce p... de s... d'o.... de Polak est divorcé trois fois et il a sept mômes! Ce Monsieur Lopeck Glissenski, c'est un nom parlant, a fait de la prison en Turquie pour trafic de blondes (Dieu merci Klopilde est auburn!) et en Polakie pour proxénétisme aggravé. M'écrié-je sans me départir totalement de la maîtrise de mes nerfs.
-Oui ce monsieur nous semble être un triste individu en vérité! Conclus Gretaetkë en se resservant du thé.
-Mummy je crains qu'il ne nous faille déshériter cette pauvre Klopilde et la retirer de la liste de succession au trône. Propose Koonrardt désespérant de calme dans son uniforme, et tout en beurrant sur les deux faces et les côtés (c'est un perfectionniste!) sa biscotte.
Ce qu'il peut être agaçant ce môme parfois!
-Tu vas te taire petit Koon! Explosé-je.
-Je vous rappelle Monsieur le Prince consort que vous vous adressez au futur et prochain souverain de Nordnmark.
-Pas si prochain que celà mon fils! Rectifie la reine en lui allongeant une baffe qui propulse sa biscotte beurrée sur le plastron de son bel uniforme.
Il faut reconnaître à ma Poupetkë un don quasi surnaturel, elle a toujours eu une trés bonne droite, pour apaiser les conflits et corriger les insolents.
-Vous énervez pas boyz'd'girlz, intervient mon brave Ulriktkë en slurpant plus que nécessaire son chocolat et en dévisageant son téléphone portable, quand elle en aura marre la Klo-Klo elle divorcera de son vieux et personne en parlera plus!
-Dois-je vous rappeler monsieur le Prince héritier en second que notre soeur est troisiéme dans l'ordre de succession et que s'il nous advenait quelque adversité, elle aurait à régner sur notre Royaume. J'imagine mal un plombier polonais en Prince consort, il est vrai qu'il est des précédents qui peuvent autoriser toutes les audaces et...
Avant même que cette petite peste de Koonrardt eut terminé sa phrase qui s'annonçait comme possiblement désobligeante à mon endroit ma Poupetkë lui en a retourné une seconde qui envoie la biscotte qu'il beurrait sur le col de son uniforme .
Il se léve toujours maître de lui et glacial mais avec de meilleures couleurs aux joues, des biscottes beurrées plein son uniforme et une trés chouette casquette sur le chef.
Il a de l'allure le fiston, il tient de son père.
-Majesté je demande la permission de me retirer dans ma caserne !
-Ta caserne? M'interrogé-je de vive voix.
-Notre fils fait son service militaire mon ami. Me renseigne la reine.
J'avais complétement oublié, c'est pour ça qu'il est en uniforme, il faut dire aussi qu'il est plus souvent au Palais qu'à sa caserne.
-Tu ne sers pas dans la Marine au moins fiston ? Lui demandai-je un peu inquiet en lui tapotant paternellement l'épaule.
-Non dans l'armée de l'air.
-Ah je préfére. (Il faut dire que jusque là je ne leur ai jamais vendu de zincs). Allez amuse-toi bien petit Koon. (C'est son diminutif familial) Lui dis-je en l'embrassant sur le seuil du couloir, je l'accompagne du regard jusque dans les escaliers quand soudain retentit derrière moi un voix familière, oh tellement familière!
-Alors grolartkë tu as des nouvelles de la petite? Toi tu as encore pris du bide !
Cette voix tintammarante et boulevardière c'est celle de son altesse royale la Princesse Birgitkë de Nordnmark, pour les intîmes (et ils sont nombreux!) et le bon peuple Prinzipin Gui-Guitkte, la soeur jumelle de la Reine, née seconde elle n'eut pas droit au trône. Au naturel: une nature! Elle a longtemps défrayé la chronique du gotha par ses frasques et fait la une des journaux à scandales et autres pipolades, aujourd'hui elle est un peu comment dire? "rangée des voitures." (à suivre...)
Publié par urbane à 02:56:13 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
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