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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net


Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks

Le schtroumpf à gourmettes en vacances... | 05 août 2007

Le schtroumph à quéquette gourmettes en vacances...

 

L'ennui avec ma schtroumpfette à moi c'est qu'elle veut toujours aller en vacances dans des coins imprononçables. C'est rudement schtroumpf pour écrire les cartes postales, ce coup ci c'est Wolfchsboro... ou un truc comme ça, je savais même pas où c'était quand elle m'en a causé, dans l'avion j'étais pas mieux renseigné, j'osais pas demander à mon hôtesse personnelle pour pas avoir l'air trop schtroumpf, je sais toujours pas d'ailleurs exactement où j'ai atterri, je crois qu'on est encore dans l'hémisphère nord, mais c'est pas sûr, faudra que je me renseigne. En tout cas il y a un lac plein de yachts, je savais pas que ça existait des yachts de lac, faut quand même être un peu schtroumpf  pour se payer un yacht qui verra jamais la mer et qu'y reste enfermé comme un monstre du Loch Ness, à voyager jamais, voir toujours les mêmes rivages, et les mêmes vieux schtroumpfs ridés. Sinon y a pas à dire c'est rudement schtroumpf ici, que des gros schtroumpfs à gourmettes, ça me fout un peu des complexes parce que leurs gourmettes à eux sont trente fois plus grosses que les miennes, mais quand même on est rien chouette dans la coinceteau, d'ailleurs mon vrai programme de quand j'ai voulu faire Grand Schtroumpf c'était ça : vivre au milieu des schtroumpfs à gourmettes c'est quand même plus reposant que des métallos !... et vachement moins salissant.

Tout à l'heure ma schtroumpfette à moi a voulu aller faire du shopping, y a pas c'est plein de boutiques comme dans le temps, des petits magasins et qui portent des noms de chez nous : Cartier, Chaumet, Boucheron, des petits bleus qu'ont réussi à force de travail et en se levant tôt à se monter une cabane à Wolxborough... merde j'y arriverai pas ! J'ai cherché le boulanger, je l'ai trouvé enfin, il porte un nom allemand Huppenshmeyer... et il vend pas de pain ! C'est pas assez cher et il a pas la vente, il m'a dit. On a pris trois brioches caviar/perles de la Caspienne/ cornichons/mayonnaise, mais j'ai eu du mal à digérer la mayo.

Après une dizaine de boutiques, je commençais à en avoir ras la schtroumpf, mais ma Schtroumpfette elle en avait pas terminé encore :

-Chéri je n'ai plus d'argent sur moi tu me passes le budget de la Justice ? Elle me fait comme ça.

-Ah non pas question, ça va pas non, je suis le Grand Schtroumpf je...

-On le saura, écoutes Rachida est une copine elle comprendra ... allez je m'arrangerai avec elle.

-Je te dis non Schtroumpf alors !  

-Mais c'est pas vrai ! Mais qu'est-ce que je fais encore avec un schtroumpf comme ça ! Je suis obligé de mendier à ce Schtroumpf pour m'acheter une paire de Schtroumpfs !Quand je pense que je pourrai être tranquillement en train de mendier à Central Park ! Sans compter que toi aussi t'aurais bien besoin de revoir ta garde robe, vrai la dernière fois à la télé t'avais l'air d'un plouc à côté de Radafi ! Lui il dégageait un max: chemise noir en satin de chez Petruccio, costard blanc en soie sauvage de Balducci, lunettes noires de Zbromvo et serpillière jaune de chez Mappa ! La classe le Mouamar ! Et toi à côté dans ton petit costard de fonctionnaire des impôts en déplacement !

-Tu crois!

-Puisque je te le dis ! Je t'ai toujours bien conseillé non ?

-Bon écoute on tape un peu dans le budget de la Jeunesse et des Sports, l'autre schtroumpfette est tellement schtroumpf qu'elle y verra rien !

 

Quand on est rentré après un bon bain de foule... ouais en fait ils étaient que deux, des pécheurs qui m'avaient pris pour un french comic :

-Loïs de la Funéste you are ?

Ouais je disais à la maison, il y avait Rachida qui nous attendait ! Merde je m'ai dit, elle va encore chialer sur mes tapis, faut pas oublier qu'on est en location, j'avais pas envie de paumer ma caution de 14 millions de dollars !

Sans charre à la Caisse des dépôts ils auraient fait une drôle de tronche !

-Chéri Rachida est venu avec son frère, c'est une bonne surprise ça !

-Ah ou-ais-ça-c'est-su-per-non-t'es-gentille-Rachida-on-parle-pas-boulot.

 

Bon on était en train de schtroumpfer dans la salle de schtroumpfs, le proprio avait fait installer une réplique d'Airbus A 320 au 1/1 et on se marrait bien à faire des loopings autour des lustres (ouais en fait ça devait pas être une réplique parce que le zinc a eu sans doute « une défaillance humaine » et le fiston a eu  un mal fou à atterrir, on a labouré la moquette sur deux kilométres et on est allé se crasher dans les toilettes!) quand on a sonné à la porte.

Mon garde du corps, le 22, je crois, je leur ai mis des maillots avec des numéros pour m'y retrouver, il y en a tellement, c'est pas que je sois pétochard mais quand on est Grand Schtroumpf faut faire schtroumpfement gaffe quand même, le 22 ou le 48 peut-être m'a annoncé :

- Que c'était rapport à ce qu'on voulait me causer ! Ils sont pas très stylés, ça reste du schtroumpf de base, je les prends dans les commissariats, mais ils sont tellement fidéles, le soir ceux qui sont de garde me bavent sur les genoux devant le feu de cheminée, vrai j'en ai partout quand je me reléve.

Merde c'était Condoléances Rances, encore elle :

-C'est rapporte à the p'tite note !

C'est là que j'ai compris où j'étais: ma conne de schtroumpfette à moi (et à quelques autres !) m'avait envoyé chez Gargabush la Gamelle le pire ennemi des schtroumpfs ! Faut-y être schtroumpf quand même !

J'ai regardé la note y en avait pour des sous  et elle voulait du liquide encore!

J'étais pas dans la schtroumpf, là que j'ai eu une idée ! Chuis le schtroumpf à quéquette gourmettes quand même !

 -Chérie dis au frère de Rachida de descendre on va en ville !

 

On s'est fait un DAB à la voiture bélier, en père peinard, de toutes les façons à l'Education Nationale ils ont tellement de sous et c'est un tel bordel qu'avant qu'y se rendent compte de quelque chose je serais rentré de vacances et j'aurais fait un remaniement ministériel! Je vais peut-être essayer Karen Chéryl à l'éducation, elle viendra avec des idées neuves, forcément puisqu'elle sait pas lire !       

Publié par urbane à 07:23:33 dans / Le schtroumpf à quéquette | Commentaires (0) |

Le schtroumpf à quéquette | 01 août 2007

Le Schtroumpf à quéquette.


 Quand le Grand Schtroumpf Félon était là il m'avait chargé de surveiller les autres schtroumpfs comme ça, ça lui laissait du temps pour me surveiller moi et s'assurer que je lui prenne pas sa place. Mais moi j'avais compris le truc, les schtroumpfs il faut les emmerder un max pour qu'ils vous soient reconnaissants, avec ce que je les ai fait schtroumpfer, sûr qu'ils vont pas tarder à se cotiser pour me monter une statue toute en plaqué schtroumpf . J'avais mis des schtroumpfs à képis partout dans la forêt, ils te leur demandaient à ces couillons de schtroumpfs leurs papiers tout le temps et dés qu'ils couraient un peu trop vite ou faisaient les malins : « Quoi rébellion à tautorité ! » et hop en cabane.
Même quand les Schtroumpfs gris et les schtroumpfs noirs ont mis le feu à la forêt, les autres m'ont remercié parce que tout avait pas cramé, ouais vous me direz c'est con un schtroumpf, mais dans le temps ils étaient pas comme ça,  il fallait pas les enfumer les petits bleus, c'est depuis qu'ils font du vélib sans selle, fument des champignons, pratiquent plus les schtroumpfettes, regardent des schtroumpferies sur Télé Schtroumpf Un  et croient dans le Dieu des Ours plutôt que dans le Dieu des Schtroumpfs qu'ils sont comme ça.
Le Grand Schtroumpf Félon a bien essayé de me coincer, il avait monté une combine avec le schtroumpf à Crinière mais il s'est pris les pompes dans le rideau de scène et ils se sont bien étalés comme deux grands cons qu'ils étaient.
Pendant ce temps j'allais partout dans la forêt et dans le village en disant que j'étais fier d'être schtroumpf ! Il faut dire que les Schtroumpfs ils élisaient depuis vingt ans des Grands Schtroumpfs qui sitôt élus passaient leur temps à leur espliquer que c'était rien que des enflés, qu'ils leur schtroumpfaient à la raie et qu'ils  feraient mieux d'ouvrir le gaz direct.
Moi j'ai dit que ça pouvait plus durer de durer et qu'il fallait changer de changement et des schtroumpferies comme ça et ça plaisait bien, je faisais plus d'audience qu'un match de schtroumpf quand je passais à Télé Schtroumpf Un, c'est-à-dire tout le temps.

C'est comme ça que Télé Schtroumpf Un m'a élu... enfin je veux dire que les autres schtroumpfs m'ont élu Grand Schtroumpf à la place du Grand Schtroumpf Félon.
Il faut dire qu'en face pour faire croire que c'était une schtroumpf  démocratie on  avait mis une schtroumpfette tellement schtroumpf qu'elle prenait le cresson de douves pour de la salsepareille  et puis vu que j'étais le seul schtroumpf à quéquette les autres schtroumpfs ils se sont dit qu'après tout  ça devait être utile, une quéquette, même une seule pour tous les schtroumpfs, et tant pis s'ils se souvenaient plus exactement à quoi ça servait, mais que quand même c'était peut-être aussi pour ça que je bougeais tout le temps et que je tenais pas en place et ils m'ont accroché une clochette à ma quéquette pour savoir toujours où j'étais. A croire qu'ils se méfiaient encore.
Alors avec ma schtroumpfette à moi on a emménagé dans la maison du Grand Schtroumpf, ma schtroumpfette elle vient, elle part, elle me quitte, elle me revient aussi vite dans la gueule, c'est plutôt un jokari qu'une schtroumpfette.
Je me suis fait faire une belle cape blanche chez Gucci et des gourmettes en platine lourd et sonore chez  Von Schtroumpf and Arpels, on me voyait partout : cling ! cling ! c'est encore moi ! Le schtroumpf à clochette ! Je veux dire le schtroumpf à quéquette !
Vrai on peut bien le dire j'ai tout refait à vieux et comme ça rien à changé !
Quand les schtroumpfs disaient : « ... dans le temps c'était mieux qu'après... » je te leur inaugurais une Motlepluslongauthéque Raymond Souplex et ils étaient tout contents.
Bon je disais un peu moins souvent quand même que j'étais fier d'être un petit bleu parce que les schtroumpfs noirs et gris ils gueulaient que j'aurais plutôt dû m'escuser de l'être rapport au temps où on occupait leurs forêts et qu'on avait arraché des arbres et ils avaient plus d'ombre à cause de nous et qu'y fallait qu'on s'escuse et qu'on leur donne des sous !
Quand on leur disait qu'on avait aussi planté des arbres ils répondaient que c'était pour leur cacher le soleil et qu'y fallait qu'on se réescuse et qu'on leur redonne des sous !
Bon sang de bonsoir  ils allaient tous voir ce que c'était un schtroumpf à quéquette !
J'ai demandé la convocation d'une réunion interschtroumpf rapport au trou d'ozone dans la culotte planétaire qui nous menaçait tous, dire si je suis un visionnaire doublé d'un esprit libre. Sûr j'avais un peu trop bu de liqueur de salsepareille, mais même le sorcier Gargabusch dit la Gamelle était venu avec son grand corbeau noir Condoléances Rances et quand ils ont commencé à me charrier, j'ai ouvert ma cape et je leur ai dit :
-Quand même je suis le schtroumpf à quéquette !
-A quéquiette de schtroumpf yeah ! A rigolé Condo Rances.
Merde c'est vrai j'y avais pas pensé, j'avais bien une quéquette mais seulement une quéquette de schtroumpf ! C'est pas le modèle qui impressionne le plus. Peut être pour ça que ma schtroumpfette elle partait si souvent ?
Alors je m'ai repentu auprès des schtroumpfs gris, noirs, rouges, jaunes et je suis retourné chez les petit bleus, eux ils s'en foutaient de la taille puisqu'ils savaient plus à quoi ça servait : une quéquette, mais quand même, depuis, sur les conseils de mes conseillers, je me fais appeler le Schtroumpf à Gourmettes, ça, les schtroumpfs, ça les impressionne maintenant, dans le temps ils se seraient bien foutus de moi. 

Publié par urbane à 03:37:55 dans / Le schtroumpf à quéquette | Commentaires (0) |

Interdiction d'accés au littoral parisien | 26 juillet 2007

Traduction:

Le Commandement Militaire du Gross Paris Plage communique: afin de lutter contre un possible débarquement ennemi sur les plages de Paris Plage des barbelés seront déployés ainsi que des chevaux de frises et des mines seront disposés et quoi?

Eh ben si tu lis pas le gothique t'as intérêt à t'y mettre!

A compter du Premier Août l'accés au littoral parisien est interdit aux populations civiles.

Des ausweiss seront délivrés aux inscrits maritîmes et patrons pécheurs parisiens ainsi qu'aux propriétaires de chalutiers.

Le Commandement Militaire du Gross Paris Plage : Otto Abdal von Schtroumpfenberg.

Publié par urbane à 03:16:23 dans / Communiqués du Commandement Militaire du Gross Paris Plage | Commentaires (0) |

Panzers'Lib | 26 juillet 2007

Traduction:

Le Commandement Militaire du Gross Paris Plage communique: afin de lutter contre la prolifération des cyclistes, pédalomanes et autres trou du cul à manivelles, le Commandement Militaire met à la disposition du public parisien dans le cadre de l'opération Panzers'Lib des blindés chenillés en location (une caution en Reichmarks Teuros sera demandée mais l'on peut laisser son beau-frère en otage.)

Ouverture de la chasse le premier Août.

Le Commandement Militaire du Gross Paris Plage Otto Abdal von Schtroumpfenberg 

 

Publié par urbane à 03:15:23 dans / Communiqués du Commandement Militaire du Gross Paris Plage | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 21 par H.T.Fumiganza | 24 juillet 2007

21.
Mi-temps chez les structuralistes.
 J'arrivais au Coin Maurin chez Dartemont sœurs, essoufflé mais sauf, au moment mâme où Valter Chéchignac faisait faire un dernier tour de fauteuil roulant aux mômes avant que de quitter les lieux :
-Eh ben mon vieux vous vous êtes baigné tout habillé ?
 -‘eu  sais... Je sais... où il a déménagé le Pizzaiolo !
-Il n'a pas déménagé c'est son jour de fermeture. Répondit Dartemont-Chambeulac.
-‘ademoiselle Br... ‘lai vue... y r'tiennent votre sœur... ‘oulevard des belges.
 L'expédition punitive fut vite montée et nous nous retrouvâmes dans la camionnette de fonction du Chef ‘von le Gueuzec devant la maison de pécheur où j'avais été enfermé.
-Vous êtes bien sûr ?
-Je suis formel c'est là qu'ils m'ont emprisonné et torturé.
-Torturé vous y allez fort mon cher, une simple prise de contact tout au plus... bon aaaaallons-y !
Chéchignac s'était levé sur ses cannes bien décidé à commander l'assaut qui délivrerait son amour impossible.
Il n'en fut que plus déçu de ne point la trouver au logis, ils avaient déménagé et emmené la femme d'intérieur à l'extérieur.
-Vous vous seriez pas gouré de numéro? Hasarda le chef ‘von le Gueuzec.
-Et ça ! Dis-je avec quelque emportement et en désignant le grand piano à queue bleu nuit.
 Nous retournâmes à l'agence annoncer la mauvaise nouvelle à Dartemont-Chambeulac qui était en rendez-vous avec un cocu en short :
-... nous n'avons plus de vie de couple et elle s'absente toute la matinée de la caravane... et le soir elle revient à des onze heures avec du sable dans les cheveux.
-Nous allons faire une enquête et...
-Pas besoin d'enquête vous êtes au camping des palétuviers ? S'interposa le chef ‘von le Gueuzec.
-Oui, oui les palé...
-Elle est rousse ?
-Ah ça oui.
-Eh ben alors c'est le disque-jockère qui la tire votre dame ! Il a ses chaleurs en août si on l'arrête pas il va nous véroler toutes les rouquines de l'arrondissement. Je ne vous raccompagne pas vous savez ce qu'il vous reste à faire
Non il ne voyait pas vraiment: son devoir de cocu sans doute ?
-A l'ordinaire on met du gros grain ou de la balle à ailettes pour tirer le disque-jockére en plaine, ouais c'est ça prenez de la Brenneke spécial musicien. Insista le Chef ‘von le Gueuzec qui sur la question de l'honneur était intransigeant.
Mais non vraiment sans façons, il n'était pas tellement partant pour le crime passionnel « the  shortman », pas plus que pour la chasse à cour, où pourtant coiffé comme il était il aurait fait bonne figure, alors il ramassa son poste de radio, son parasol et son tapis de plage et quitta la pièce, déjà résigné.
C'est émouvant un cocu, les dames ne s'en rendent pas compte, mais souvent il y a chez eux moins de virilité blessé que d'enfance déchue.
-Vous ne l'avez pas trouvée ? S'inquiéta Dartemont-Chambeulac ? Mon mari aussi a disparu et regardez ce que j'ai trouvé dans la boîte aux lettres.
Valter lut à haute voix la missive :
-Nous avons enlevé le grrrrand blanc subséquemment  et nous ne le rendrrrrons à sa famille que s'il arrête prrrrésentement ses connerrrries ...
-Vous avez une idée monsieur Chéchignac ? Ce qui m'inquiète c'est le roulement des « r » semblables à ce que nous a raconté monsieur La Gaspérine des habitudes de ses ravisseurs.
-Semblables en apparence mais différents dans le prononcé ceux-ci sont roulés-mouillés les autre roulés à sec, deux traditions différentes donc des origines qui ne le sont pas moins. Oui pour votre mari cela devrait s'arranger sans trop de mal s'il arrête ses conner... suspend certaines de ses activités euh... saisonnières, mais pour votre sœur il faut faire vite, avec les services on ne peut pas plaisanter, c'est l'administration, les délais courent il faut trouver leur maison de sûreté, quelque part dans la ville.
-Moi je crois bien que je sais où qu'elle est Tata Maude !
C'était le cher Pin-Pin.
-Ah oui et... elle... elle va bien ?
-Oui, oui ça peut-z-aller...
-Et tu peux nous montrer ? Insista Valter.
-Si les cousins veulent bien, sinon y n'ont dit qu'y me casseraient les vertéb avec un casse-noix juré si je causais... et aussi si je peux faire encore un tour en fauteuil ?
 Les cousins furent longs à convaincre, étrange conspiration dirigé par Louis-Hubert dit Zub qui n'avait pas dix ans mais montrait la subtilité déductive, le calme physique et l'entrain intellectuel d'un alchimiste-parachutiste de la vieille école. Ils avaient déduit de l'absence inhabituelle de leur maman d'ordinaire tellement assidue à leur bonheur que quelque chose ne tournait pas rond et en compagnie du chien du voisin qu'ils avaient dérobé nuitamment :
-Pasque un chien ça a du flair et qu'une aventure sans chien c'est pas t'une aventure.Affirma le cousin Pin-Pin qui s'y connaissait n'en z'aventures.
Ils étaient parvenus à découvrir ce qui nous était demeuré caché: les mauvaises habitudes du pizzaïolo, voisin trop sympathique pour être honnête. Ils s'étaient renseignés auprès de ses gamines, nullement tenues au secret défense, avaient monté moult expéditions nocturnes, exercé le chien, re-torturé les gamines, démantibulé leurs poupées, racheté des poupées, repéré les lieux, organisé les tours de garde, rapproché leurs surveillances, consigné les faits sur leur cahier de textes à spirales, approché et ravitaillé leur maman prisonnière, torturé le chien, comme ça pour voir, ramassé des crabes, torturé des crabes, s'étaient fait  mordre et avaient établi enfin un plan de campagne fort ingénieux basé sur les coefficients de marée et l'incontinence notoire de l'un des serveurs Prukhmen préposé à la garde de leur maman.
-Si ces saligauds ont fait quelque mal à maman ils en répondront sur leur vie ! Affirma Louis-Charles dit le Preux.
-Eh béh en tout cas on peut dire que vous au moins vous avez pas chômé ! Conclut admiratif le chef ‘von le Gueuzec.
-Aaaallons-y ! Répéta une fois encore le cher Valter que les tours de cour en fauteuil électrifié avaient visiblement fatigué mais n'en témoignait pas moins une résolution intacte quoique nauséeuse.  
 Nous embarquâmes avec les Louis et le cher Pin-Pin dans la fourgonnette du Chef ‘von le Gueuzec conduite par Bédoncle le barman virtuose.
-Vous aviez raison mon cher Valter... dit le Chef ‘von le Gueuzec.
Il était debout à l'arrière, l'ex-garde républicain prés du fauteuil de son excellence et se cognait la tête en cadence au toit du fourgon.
-... nous voilà en plein club des cinq !
 *
 Dans le bunker Mademoiselle Br... détricotait son écharpe interminable.
Dans un coin Dartemont-Belcourt « gisait enchaînée » comme dans un roman de gare :
-Comme ça au moins tu risques plus de nous emmerder, pouffiasse !
-Vous détricotez fort bien . Remarqua adroitement Dartemont-Belcourt en se redressant.
-Oui, j'aime bien ça depuis tout môme, je tiens ça de ma tante qui était commandant de CRS, il me racontait que quand ils étaient dans le car avant les manifestations tous ses camarades tricotaient et lui il partait le dernier, passait derrière et il leur détricotait tous leurs ouvrages et quand ils revenaient de la manif c'était la grosse déception et les grincements de chailles... c'est ça qui est bon...
-Vous êtes taquins dans votre famille. Oui mais... mais là c'est votre propre ouvrage que vous détricotez ?
-Ah ben ouais... c'est vrai ça...
-Cela signifie sans doute quelque chose.
-‘croyez ?
-Tendances suicidaires peut-être, vous devriez consulter.
-Tiens ‘faudra que j'en cause à mon analyste... t'es pas si conne pour une mère de famille nombreuse... je suis en analyse depuis dix-sept ans, j'en suis à mon troisième analyste, les deux précédents se sont suicidés, le troisième s'accroche mais je l'aurai. Toi aussi je t'aurai radasse, je vais te dissoudre toute vive dans de la soude caustique.
-Caustique ce sera d'un triste !
-Marre-toi connasse t'en as plus pour longtemps ! Avoues que t'y crois encore à l'arrivée de la cavalerie ! Mais ton Chéchignac il est plus bon à rien ! C'est p'us qu'une limace ! Une limace à roulettes ! Hierk ! Hierk !
-Ah ouais tu crois ça fausse blonde! Retentit Walter Chéchignac dans le même temps où il la menaçait du pistolet MAB prêté par le Chef ‘von le Gueuzec...
« Fais-y attention mon petit Valter j'y tiens c'était mon arme réglementaire du temps... » Du temps de sa splendeur républicaine, lui avait recommandé l'ex gardien du temple en la lui confiant.
-... putain La Gaspérine je m'enfonce. Ajouta le cher Valter menaçant en perdant soudain de l'azimut et donc de l'autorité.
De fait le sol du bunker était recouvert d'une bonne couche de sable mou et ses cannes s'enfonçaient dedans le déséquilibrant d'autant et le forçant in fine à se rasseoir lourdement sur son fauteuil.
Je tentais de le secourir, j'avais désapprouvé son plan de campagne qui tenait en une phrase :
-Aaaaaaaallons-y !
Et critiqué cette offensive prématurée d'autant que la plage et les entours de l'ouvrage étaient parcourus de serveurs prukhmen, la serviette au bras mais l'arme au poing.
Mademoiselle Br... abandonna ses loisirs structuralistes et son dé-tricot pour ramasser une pelle et elle nous jeta du sable à la figure, ce qui n'était pas de jeu.
Le cher Valter tenta bien de faire feu mais le semi-automatique bayonnais demeura aphone, il était coincé.
-Sa-lo-pe-rie-de-mer-de !
Quand la tempête de sable cessa nous dûmes convenir que Mademoiselle Br... avait disparu, elle avait creusé un tunnel dans le sable  et courait sur la plage en gueulant pour rameuter la troupe :
-Mechantski obunkeroskoï !
Nous nous retrouvions donc assiégeants, assiégés, notre seconde vague d'assaut composée du barman Bédoncle et du chef ‘von le Gueuzec ne devant monter en ligne qu'à notre signal.
 Je regardais par l'une des ouvertures et vit les vestes blanches des serveurs s'approchant de la position.
-Je vous avais bien dit que c'était de la folie votre truc !
-Arrêtez vos chialeries La Gaspérine, prenez la pelle et venez me désensabler bon Dieu !
De fait il en avait maintenant jusques aux milieu des roues  l'héroïque handicapé.
-Et puis envoyez le signal !
-Le signal ? Mais mon cher vous êtes parti si vite et dans un tel élan désordonné que je crains bien que nous n'ayons pris le temps de n'en convenir d'aucun.
-Eh bien agitez votre chemise à la fenêtre, je ne sais pas moi !
Les pizzaioli prukhmen avaient commencé de nous tirer dessus et je n'avais aucune envie de passer tout de suite au dessert en m'exposant inutilement.
-Si personne ne fait rien ils vont nous faire aux pattes aussi bien qu'en 40 ! Insista Chéchignac.  
-Je n'ai pas souvenir d'une participation prukhmen à nos déboires de l'an 40.
-Oh arrêtez ça mon vieux ! Dit-il en passant la marche arrière et en faisant ronfler ses moteurs asynchrones.
Miracle il parvint à se désensabler.
-Eh bien nous avons maintenant une division motorisée à disposition ? Continuais-je de grincer.
-Vous ne croyez pas si bien dire mon vieux, je vais te leur faire une percée moi ! Gueula-t-il en passant le seuil du bunker à vive allure.
-Non Walter je vous en prie ! S'écria Dartemont-Belcourt toujours enchaînée.
Ce cri avait retenti comme un aveu... si j'ose dire.
-C'est beau, c'est grand c'est généreux, c'est français... mais il va s'ensabler comme un couillon dans les dunes ! Commentai-je depuis l'une des meurtrières d'où je contemplais le champs de bataille sous la lune.
A mon grand étonnement sa percée réussit et mit le plus grand désordre dans les lignes ennemies, il est vrai qu'elle était puissamment soutenue par Bédoncle le barman de La Bégude qui courait sur ses talons en puisant dans sa musette et en balançant force grenades def' à destination des troupes Prukhmen qui rembarquèrent dans leurs camionnettes de livraison  plus piteusement encore que les britiches à Dunkerque.
-Attendez-moiski bande d'enculoskoï ! Gueulait en courant à leur suite la terrible Mademoiselle Br...
 *
 Une heure après nous abandonnions à notre tour le champs de bataille où nous venions de triompher, malheureusement la camionnette du Chef ‘von le Gueuzec ayant refusé de démarrer malgré les encouragements des mômes qui faisaient un tintouin du Diable à l'arrière, ce fut le cher Valter qui nous prit en remorque avec son fauteuil roulant préparation spéciale, sur ses genoux Dartemont-Belcourt dormait, Walter Chéchignac, la moustache dans ses cheveux, souriait, les larmes tombaient de derrière ses lunettes noires comme d'une source nocturne, je crois que c'était là le plus heureux moment de sa vie.

Publié par urbane à 04:20:38 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

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