• Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkê de Nordnmark by H.T.Fumiganza 8...

     

    22 Juin
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    Les journaux du matin parlent d'une tentative d'attentat conte le Palais Royal alors qu'il s'agissait d'une tentative d'anniversaire, qui fut d'ailleurs fort brillamment réussie à mon goût. Le premier Ministre Wöölaf Plöömquist (il est d'origine suédoise, incroyable le nombre de météques qu'il peut y avoir dans ce foutu pays !) est arrivé au Palais dés qu'il a appris la (fausse) nouvelle. C'est le secrétaire du Parti Social Démocrate (PDÖ) actuellement au pouvoir après avoir conclu une alliance avec les Démocrate Sociaux de l'ÖPD,  toujours cette manie du consensus propitiatoire à toutes sortes d'arrangement et de combinaisons avantageuses pour ces messieurs. En cinquante années le PDÖ n'a point exercé le pouvoir que pendant 43 minutes et encore ne fut-ce que parce que le premier ministre de l'époque était demeuré enfermé dans les vouatères du Palais pendant une réception officielle. Je dois confesser d'ailleurs que c'était moi qui l'y avait enfermé exaspéré que j'étais par ces remontrances après que le presse espagnole eut publié des photos de moi en accorte et dévêtue compagnie sur une plage de Marbella. Je n'admets point l'insolence, j'ai le souci de mon rang et de ma charge mais quoi eut-il voulu que je me baignasse en haut de forme et queue de pie. Ces gens-là sont proprement insupportables. J'envoie le fidéle et tarifé Pezzollino espionner à mon profit, la rencontre entre la Reine et le pseudo démocrate en chef.

     Je patiente dans le pavillon de chasse désaffecté au fond du parc ou le grand-père de Gretaetkë le roi Uürald XII recevait dit-on ces conquêtes, un sacré luron. J'en visite les piéces, c'est charmant, décrêpi, mais charmant, dans le style années 30,  vrai l'on se croirait à la campagne, malgré le métro qui passe en dessous, il faudra que je fasse aménager tout ça pensais-je, au moins lorsque les humeurs se seront calmés.

    Pezzolino revient enfin :

    -Alors fidéle serviteur où en sommes-t-on ?

    -Couic ! Me dit cet imbécile d'italien en agitant des ciseaux imaginaires devant mon visage.

    -Ils ne songent quand même pas à me...

    Que je sache la peine de mort n'est plus exercée par ici depuis au moins les années 50, ils ont songé un temps à la rétablir pour les tueurs de rennes et puis ils y ont renoncé.

    Ils ne vont pas la rétablir seulement pour moi, d'autant que je n'ai jamais fait le moindre mal à l'un de ces détestables bestiaux. Un bref instant, je le confesse, je cherche dans ma poche, ma brosse à dents qui ne me quitte plus, depuis le divorce de mes parents, un instant, oui je le confesse, je songe à fuir.

    -Couic ! Couic !

    L'imbécile surenchérit en se mettant les mains sur ses génitoires.

    -Mais parle donc imbécile !

    Il m'explique que cette petite ordure de Wöölaf  Plöömquist va présenter au parlement une proposition de loi visant à me faire stériliser, il a mis en avant auprés de la Reine que mes prétendues divagations galantes récentes et passées risquaient de me valoir un surcroit de postérité, descendance supplémentaire qui quoique conçue hors les liens du mariage et selon la loi du pays risquait de faire valoir auprés du gouvernement des droits à pension, que la liste civile de la famille royale s'en trouverait sensiblement augmentée et l'ordre de succession rallongé d'autant et qu'il n'était pas plus que ses collégues et encore moins ses électeurs-contribuables disposait à voter de nouveaux crédits ! Et donc selon lui le seul moyen d'y mettre un terme serait de me traiter comme n'importe quel matou de gouttières.

    Non mais a-t-on idée ? Quel jean-foutre !

    Maintenant je ne vois pas comment me sortir de ce mauvais pas ? Il s'agit de manœuvrer promptement et adroitement.

    Voyons quel pourrait-être mon plan de bataille, je réfléchis, longtemps, si longtemps que je m'endors... comme ça en pleine réflexion, cela m'arrive quelque fois, tant peut être grande ma capacité d'abstraction et c'est cet imbécile de Pezzolino qui me réveille, en me faisant les pôches :

    -Eh bien quoi qu'est-ce qu'il te prend ?

    -Excusez-moi Altesse, il faut que je régle le livreur de pizza.

    -Je n'ai pas commandé de pizza !

    -Moi si.

    -Eh bien régle-la avec tes gages plutôt que de me voler !

    -Je ne volais que le pourboire Majesté. C'est bon pour votre publicité de donner de bons pourboires aux livreurs de pizza qui viennent au Palais. Et avec les gages que vous me servez, je ne peux pas.

    -Et si tu y ajoutes tout ce que tu me voles ?

    -Même ce n'est pas encore suffisant.

    Ce garçon a des raisonnements d'une logique toute ancillaire et pratique. C'en est presque alarmant.

    -Eh bien alors prends ce qu'il te faut... mais pas plus.

    Une fois dépouillé, douché, rasé et habillé je vais un peu marcher dans le parc je ne veux pas faire mon retour avant d'avoir mis sur pied un plan de contre-attaque opérationnelle, mais j'ai beau réfléchir tant et plus, je ne trouve rien jusqu'à ce que je bute... sur Pétcho Larigaïe, le lecteur français de la Reine qui ronfle le nez dans l'herbe, pas encore tout à fait remis de notre soirée d'anniversaire.

    -Eh bien l'ami, on paresse ! L'apostrophai-je en lui donnant un amical coup de pied dans les côtes.

    -Merde quel est le con qui a osé ?.... oh pardon Monseigneur.

    Il se frotte les yeux, se redresse, se met au garde à vous, cette manie qu'a ce garçon de se mettre toujours au garde à vous lorsque il me croise, étonnant pour un littéraire non ? Il a publié quelques délicats recueils de poêsie : « Incomplétude II » notamment dont l'on attend avec impatience le premier tome et c'est lors de la présentation de l'un de ses livres à la presse, à l'ambassade de France que nous nous sômmes connus et reconnus pour ce que nous sômmes : deux fiers et bons compagnons.

    Il souhaitait impérieusement s'installer dans notre capitale qu'il jugeait beaucoup plus lancée en matière de vie littéraire que Paris (de fait nous avons reçu l'année dernière la visite de Miss Univers, du Dalaï Lama qui était en transit et de Barbara Cartland qui voyage en cercueil rose depuis une bonne douzaine d'années à travers la planête et ne manque jamais , par volonté testamentaire, de faire hâlte chez nous une fois l'an) mais ne trouvait pas d'emploi selon ses goûts et compétences, je lui ai proposé cette place de lecteur de français de la Reine qui était à l'encan depuis trop longtemps, le français, je l'ai dit, malgré mon apostolat énergique, reste peu prisé et mal enseigné. Il a accepté.

    Les journaux et les mauvaises langues ont tout de suite ragoté et sous entendu que le brave garçon était un agent des services secrets français délégué à la cour pour me surveiller et veiller aux intérêts français, il le décrivait comme un ancien militaire des troupes de marine, passé dans l'espionnage et la barbouzerie, roi du camouflage et du travestissement, se mouvant habilement dans les populations tel un reptile dans une jungle fournie, l'on racontait qu'il avait été marchand de glaces au Tchad pendant les guerres avec la Lybie, vendeur de barbe à papa en Centrafrique au temps de Bokassa et je ne sais quoi encore, bref on le disait un véritable Frégolo. Roman que toutes ces billevesées. Je l'ai aussitôt convoqué et les yeux dans les yeux, je suis capitaine de réserve dans l'armée française (et entre autres adjudant général du Génie rural dans la réserve du royaume), je lui ai posé la question :

    -Est-ce vrai que vous êtes un ancien militaire de carrière mon garçon ?

    -Négatif mon altesse. M'a-t-il simplement répondu.

    Je lui ai tapoté l'épaule, j'ai tout de suite été convaincu de sa sincérité. Je connais les hommes. (à suivre...)

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