• Nordnmark one point! Journal intîme du Prince consort Raoultke de Nordnmark by H.T.Fumiganza 7...

     

    20 Juin
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    « L'épreuve m'a toujours renforcé dans mes choix et mon caractère mâme ! » J'écris fébrilement dans mon journal quelques phrases à la lueur d'une lampe à pétrole, dans l'une des cabanes de jardinier du Parc du château de Huberstbörg qui me sert comme en ultîme refuge, bête blessée, encore saignante et essouflée de la dernière traque. Tous m'ont accablés... non pas tous mon cher Uurtikrn m'a été d'un grand réconfort. Il m'a souri. Il a compris, je lui ai appris que la vie est quelques fois injuste et peu améne mais que c'est alors dans l'épreuve que se distinguent les vrais caractères. Mais les autres... tous les autres.... Ah ingratitude, quand je pense à toutes ces années, mes meilleures, que j'ai données à un pays qui, l'on me pardonnera le mot est le trou du cul hémorroïdaire du monde gelé et a été infoutu même d'inventer la crème glacée. Bien entendu, ce salopard d'Urinald Fun Froeben qui a des espions partout dans le Palais s'est empressé de raconter l'incident de la bibliothécaire à la Reine.

    Ah faible femme je te pardonne, femme que j'ai tant aimée et servie je te pardonnerai encore demain, femme influençable et donc coupable comme tu m'as déçu, (d'ailleurs j'ai toujours pensé que Reine c'était un métier d'homme !... oui enfin l'on m'a compris) et pourtant je te pardonnerai toujours.

    Alors j'ai préféré au scandale et aux éclats, au mots blessants parce que trop sonnants la dignité d'un exil silencieux, temporaire et agreste.

    Et si il le faut demain je rejoindrais mes terres, mon bon village de Bonpèze où notre (voilà que cela me reprend !) nom est respecté depuis des siécles et où je suis aimé de tous. Là-bas les plus anciens se souviennent du mioche  aimable et tant vivant que j'étais, d'ailleurs de cette enfance campagnarde j'ai conservé le surnom de Raoul il cagadou, ce qui veut dire en patois celui qui « fait » partout, que l'on me pardonne la rudesse, l'acreté de notre parler, mais il est si vrai et authentique, il faut dire que dans mon enfance j'étais souvent agité de coliques et il me fallait me soulager un peu n'importe où au gré des champs et des haies et bosquets. Le surnom m'en est resté.

    J'occulte la lampe car j'entends des pas qui s'apprôchent, je ne suis point un brigand pour chercher à me cacher ainsi indéfiniment, mais pour un temps je préfére quand même la discrétion.

    Le silence, comme souvent le silence, sinon pesant à tout le moins pondéreux, on l'aura remarqué, me laissant le temps de me ressaisir et de réfléchir :

    « Cela pue un peu ici, les sacs de fumiers de cheval et d'azote sur quoi je suis assis, sans doute. »

    L'on toque à la porte... ah que n'ai-je emporté avec moi quelque arme ! Ils ne m'auront pas vivant ces sauvages vikings, il retentira une fois encore le nom français à leur faces embierrées et...

    -Ouvre quoi Raoul fais pas le couillon !

    Cette voix, je la reconnais, cette voix amie c'est celle du Père Fulmance des Emplettes, mon confesseur et directeur de conscience.

    Il me faut là aborder la question religieuse, né dans la seule et vraie religion catholique et romaine, il m'a fallu embrasser la foi réformée à l'occasion de mon mariage, éh sans quoi l'affaire ne se faisait pas tout simplement, c'est qu'ils sont tolérants les parpaillots mais dans la limite du tolérable.

    Troublé par cette exigence, j'avais pris le conseil à l'époque d'un  jésuite  qui m'avait enseigné dans mon jeune temps: le père Fulmance des Emplettes.

    Suivant sa recommandation je me fis donc Calvinien.... Ou Luthériste ? Je ne sais plus, il m'avait confirmé ce que je pensais que ce n'était là que puériles formalités et que je serais plus utile pour notre sainte église et la vrai foi auprés de la Reine qu'à Paris où je n'étais qu'un étudiant, désargenté et même passablement endetté et sans grandes espérances, monsieur mon père venant de se  remarier pour la cinquiéme fois à une meneuse de revue d'un music hall parisien où il avait ses habitudes, compte ouvert et sa bouteille de champagne au frais.

    Il va de soi que je n'ai jamais pris très au sérieux cette religion d'épicier mais malgré tout pour m'assurer l'âme j'emmenais dans ma suite mon directeur de conscience. La Reine n'a jamais voulu le recevoir au Palais, elle le craint je crois, comme un menteur la vérité, assurément.            

    Souvent après m'être confessé à lui le Père Fulmance m'interroge :

    -Bon mon garçon, dans la vérité de ton cœur les choses sont bien fixées, ton attachement à la seule vraie doctrîne chrétienne: la catholique j'entends, reste entier malgré tous les simulacres auxquelles tu as du te plier ? Dans le tréfonds j'entends ?

    -Dans le tréfonds mon père ?... eh ben je vous avoue que ça tourne un peu. Lesquels sont damnés, les luthéristes ou les calviniens ?

    -Mais Bon Dieu tous, ils le sont tous ! Ce sont des hérésies commerçantes et commodes, nées pour faciliter le commerce et la bonne conscience usuraire de ces messieurs ! Mais bien entendu que tous le seront !

    -Et même ma Poupetkë... et les mômes ?

    -Ah là il ne tient qu'à toi qu'ils ne le soient pas, Raoul, et tu sais comment. Allez apprôche-toi mon grand que je te donne ma bénédiction.

    J'ai mis mon influence et mon charisme au service de notre sainte mère l'église mais jusque là je n'ai réussi à convertir qu'une très lointaine cousine de la Reine 1875° dans l'ordre de succession au trône et encore la victoire ne me fut point confirmée car elle abjura très vite sa religion nouvelle pour se faire mahométane et épouse en second d'un émir polygame.

    -Allez ouvre enfin quoi merde, je sais que tu es là  petit con!

    L'homme a son franc parler, on en jugera. De fait Le Père Fulmance a sur moi une réelle autorité morale. J'ouvre donc la porte.

    -Joy-eux-z-anni-ver-saire Tétesse !

    Mon Dieu ils sont tous là derrière la porte, soit maintenant exactement devant moi, tous mes bons amis, outre le père des Emplettes, le cher John Branke accompagné de l'orchestre symphonique de Manchester de passage dans notre capitale, l'attaché culturel russe le vice-colonel d'artillerie Vassilli Merdakov, venu avec un corps de ballet au complet et en unifôrme encore, actuellement en voyage d'étude dans notre base sous-marine modèle de Uughsborg qu'il a tenu à leur faire admirer et pour quoi je lui ai obtenu un permis de visite, Pétcho Larigaïe, le lecteur de français de la Reine dont je parlerais plus loin et que j'ai élevé au rang de véritable ami de nous-même, la grosse Lottie, une belge qui tient une maison fort accueillante dans le quartier chaud de la capitale et qui est venue avec quelques unes de ses pensionnaires et tant d'autres compagnons d'interminables régates (en brise glace), camarades de polo (sur chenilles), ce sport si démocratique où tout le monde me tutoie, (sauf les chevaux et les palefreniers bien entendu !) et joueurs de golf (des neiges, il faut parfois quinze jours pour retrouver sa balle ou attendre la fonte) amis que je veux remercier ici et qui ne tiennent point tous ensemble dans mon île d'Elbe improvisée, cette modeste cabane de jardiniers.

    Nous festoyons pendant des heures, heureuses et inoubliables heures, au matin l'orchestre symphonique gît désaccordé et ronfleur sur les pelouses, dans la grande piéce d'eau le corps de ballet, avec à sa tête le cher Vassilli, affronte en de renouvelées naumachies, la troupe de la chère Lottie commandée par le non moins cher John Branke. J'ai du mal à ouvrir les yeux mais je me demande bien où ils ont pu trouver leurs bateaux, lorsque je réalise que ce sont les guérîtes des gardes du Palais qu'ils ont dérobés (nuitamment cela va sans dire), sciées, reclouées et armés en bataille.

    Je cherche le Père Fulmance et le découvre enfin sous les fenêtres de la Reine, ma Poupetkë est levée, malgré l'heure matinale et elle regarde avec quelque surprise la paire de fesses que lui soumet le jésuite passablement éméché et assez vindicatif à son endroit pour lui montrer ainsi son envers (si j'ose dire.) :

    -FoutreDieu ! Ah tu veux pas me voir ! Et bien au moins tu auras vu mon cul !

    Je vais pour remettre un peu d'ordre dans les esprits, malgré mon mal de tête, lorsque la cabane de jardinier explose (sans doute la lampe à pétrole que j'ai oublié sur les sacs d'azote, il faudra que je me renseigne) et je vois l'édicule propulsé à une belle hauteur dans les airs et retomber sur la statue monumentale d'Albert le Moyen, qui le représente signant un accord cadre sur la réduction de la durée du temps de massacre hebdomadaire avec le Roi de Prusse, qu'il coiffe littéralement.

    Quel chouette anniversaire en vérité. (... à suivre...)

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