• NORDNMARK ONE POINT! Journal intîme du Prince consort (pas souvent) Raoultkë de Nordnmark par H.T.Fumiganza 36...

     

    14 Août

     

    Le bon air de Bonpéze a tôt fait de me remettre en forme, une bonne nuit là-dessus et il n'y parait plus, oublié Griffon Griffu et marais péteurs, qui n'ont d'ailleurs rien de surnaturels, on les appelle ainsi  du fait d'émanations gazeuses produites par la  décomposition de plantes..

    Sitôt levé et alors que toute la famille fait la grasse matinée, hors le cher Lopeck qui est déjà sous l'un de nos tracteurs en train d'en graisser la boîte de vitesses, je m'en vais saluer mes gens qui sont au travail dans nos vignes. Ils taillent, trient, éclarcissent, nous sômmes plantés principalement en Mouchpif et en Dézingosse, cêpages robustes et fortement tanniques qui donnent des vins heureusement charpentés qui ont du retour mais mieux vaut de ne pas le faire à pied: le retour et ne sont pas précisément destinés aux jeunes filles, je m'assois sur un muret en pensant tout en finissant de me nettoyer les ongles, la boue s'insinue partout:

    "Quoi de plus magnifique que le labeur humain! "

    Vrai j'en suis ému jusqu'à la moëlle.

    Et quoi de plus délassant aussi comme spectacle.

    Le vieux Père Beignalous notre métayer vient me présenter ses respects, il est en salopette et sueur:

    -Alors comme cela se présente cette année Père Beignalous?

    -Mal, v'là la vérole qui nous revient...

     

    Il me désigne un énorme 4X4 anglais qui vient de s'arrêter au ras de nos vignes, dont sort un jeune homme en chemises à fleurs que je ne connais pas et un autre en costûme et cravâte, attaché-case à la main. Celui-là, je le remets, comme l'on dit par ici, c'est Jean-Fulme de la Pinardhière notre nouvel oenologue-chef de chais, diplômé du Chestnuts ans Coconuts College of Industrials farm products of New-York et de la Heavy Farms Ingeenering University of Stuttgart, c'est la reine qui l'a engagé pour essayer de commercialiser le Chateau Bonpéze en amérique du nord et rentabliliser ses investissements importants.

    De fait lorsque l'on sait ce que coûte le moindre tonneau.

    Elle lui a donné pour consigne de mettre le chateau Bonpéze à la mode et "si possible de le rendre buvable au moins consommable... enfin moins nocif !"

    Bien entendu ce sont là des allusions malheureuses qu'excuse seulement une méconnaissance de la terre, ma chère Greta n'y connait rien en vignobles, ce n'est certes pas au Nordnmark que l'on puit cultiver l'amour de la vigne.

     

    -Oh my lord I justely vouantid to meet you...

    -Parlez françois mon vieux, où croyez-vous que nous sômmes ici?

    -Ici mais en zone south west europa pourquoi?

    Le Père Beignalous aére son béret .

    -Nous sommes en vieux pays français mon cher alors speak white please.

    -Vous savez Monseigneur je suis né en Suisse ou père était en poste, ma mère est suédoise, ma nurse était cap verdienne lusophone, j'ai été élevé aux Etats-Unis, sans GPS embarqué j'ai quelque mal à me situer entre les frontières, je me sens surtout citoyen du monde.

    -Il ne va pas nous faire deux rounds le citoyen du monde. murmure le père Beignalous en revissant son béret.

    -Oui je voulais vous entretenir donc Monseigneur des réformes que j'ai planifié pour l'exploitation de Chateau Bonpèze, sa Majesté a insisté pour que je vous tienne un minimum au courant de nos développements alors voilà: tout d'abord nous attellerons par deux: mâle/mâle ou femelle/femelle les ouvriers agricoles, en évitant toute déperdition sexuelle la productivité augmentera considérablement, d'autant que nous allons faire venir des mauritaniens pralablement stérilisés afin de réduire les coûts sociaux, dans le même temps bien sûr il nous faudra installer des caméras de surveillance dans les vignes et des contremaîtres moldaves dans les miradors. D'autre part nous allons tout replanter avec des nouveaux plants OGN  ZZ44 à têtes multiples de Farmerkonzern gmbh. qui nous permettront de mener concurremment une culture de salamis hybride à haut rendement, enfin...

    Il se tourne vers le jeune homme au torse pavoisé de fleurs:

    -... avec Jean-Luc Pointard qui est Dark-Planner chez Pointard consulting nous allons ouvrir les vendanges à l'heure de NY City en pleine nuit et en direct sur la toile dans une contextualisation de type enjoying people grouping...

    -Groupinnegueux? Intéressant... very interestinnegueux... et à plus long terme, jeune homme vous n'avez pas d'autres projets? Plus personnels j'entends?

    -Ah ma foi je me lancerais bien dans la peinture contemporaine, il y a de très bons rendements à l'hectare ou alors la culture extensive de pizzas OGN, en amérique latine ils font ça sur des milliers d'hectares.

    -Des milliers d'hectares de pizza ce doit être joliment impressionnant. Eh bien faîte çà  jeune homme car si je vous vois, vous ou cette jeune personne toute refleurie tourner autour de mes vignes... pardon...

    Je prends le fusil que me tend fort obligeamment le père Beignalous:

    -... je me ferais un plaisir de vous plomber le train!

    -Mais... mais... mais Monseigneur... vous n'y pensez pas...  mais... mais... mais ce sont les ordres de sa Majesté!

    La preuve que je ne m'étais guère éloigné de mon pays d'enfance, j'en parlais encore la langue:

    -Paoooumpf! Paaooooumpf!

    Ah il faut les voir courir sous les hourras des paysans et mes coups de fusil, et s'enfuir sans excès de dignité.

    Le vieux Père Beignalous m'embrasse:

    -Bravo Cagadou! Tout le monde se demandait comment tu pouvais accepter ça sur ta terre. Mais comment tu vas te débrouiller avec ta bonne femme maintenant? Téh la voilà qui arrive avec la belle-doche, je te laisse fiston, y faut que... que j'aille sulfater les fraises.

    Il faut dire que en mouvement ma Poupetkë qui n'est pas à proprement parler un petit saxe et sa mère qui a elle tout du grand saxon ne laissent pas d'impressionner les populations locales surtout  lorsqu'elles marchent comme là de front.

    -Qu'est-ze qué engore zette hisdoire! Le jeune Jean Fulme mé téléphone que fous oufrez le feu sur sa berzonne!

    -Mais tivorce-don' Greta zans guoi il a bas fini dé nous faire chier zé gon-là! Renchérit son adorable maman que sa tempérance forcée rend d'autant plus vindicative.

    -Venez ne nous donnons pas en spectacle allons... dans la cave!

    L'idée lumineuse a germé dans mon esprit contrarié certes mais encore fertile.

    Pendant que je m'isole avec ma Poupetkë pour une discussion serrée, le "il faut qu'on parle" que je trouve ridicule chez les autres couples tant cela ressemble à quelque conciliabule administratif est vite remplacé dans notre couple par d'autres débats plus sensibles et moins abstraits, l'attraction physique est demeurée la même qu'au premier jour, ce qui m'a attiré chez elle c'est toute cette viande de premier choix en vitrîne, sportive accomplie, déesse exercée elle est une maîtresse copieuse et profuse, à dire la chose je la qualifierai de monument du sexe, tout de suite j'ai ressenti pour elle un appétit de baffreur, inextinguible, dont je ne suis toujours pas rassassié, en l'étreignant pour la première fois et ce sentîment ne m'a jamais quitté, je me répétais comme un gamin que tout cela était à moi, j'allais mettre des années à tout parcourir, tout posséder: grottes et montagnes, à battre sentes et traverses, visiter tous les points de vue et faire retentir l'écho de ma jubilation en ses gorges sonores.

    Car lorsque l'émotion et le plaisir gagne ses cuissots vikings ses seins si haut, hissés comme à sueur de Dieu nordique depuis quelque wahalla, quand sa peau marmoréenne se colore sous mes doigts je me sens tel un sculpteur animant enfin un marbre parfumé... et bientôt bruyant.

    Quant à elle, je le sais, elle ne peut se départir de moi, elle a aimé dans ma personne d'abord mon côté lieutenant valseur, sabrant et térébrant, la longue lame pointu que l'âge n'a point émouché. Mais elle a découvert aussi que le français aime de taille et d'estoc c'est bien là ce qui fait sa supériorité sur tous les autres, il aime complétement, il entoure, il cerne, il comble, il cantonne, il investit et aussi il célébre au chevet, l'amant français sacre, il courônne et décourônne à sa seule volonté, il... il... bref je l'aime bien ma Poupetkë, même si quelques fois elle peut être fatigante, surtout accompagnée.

      

    Nous nous roulons sur le sol nu pendant que la Reine–Mère musarde et commence à déboucher quelques bouteilles extraites de nos cuvées passées...

    .... elle attaque le 1949 quand nous nous relevons enfin.

    -'utain les z'enfants! Y a pas que la dringlette dans la vie! 'l'est fameux le 49... coûtez-moi za!

    Et elle s'écroule sur la terre battue et rebattue de tout son poids considérable.

    (à suivre...)

     

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