• Demain j'arrête de péter! 1/2 by Lofti Benayak

     Demain j'arrête de péter.

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    C'est un collègue de l'Agence de Com. où je bosse comme sub-senior graduate media planner (sous-rédacteur de troisiéme classe quoi ! Note du Traducteur) qui m'a  fait connaître  l'association « Sauvons (nous aussi) la planète ! »  A l'époque ça allait pas trop bien dans ma vie, ma copine était partie en emportant ma moquette et après avoir enfermé mes sereins dans le micro-ondes et mis le bouton sur décongélation, on imagine dans quel état je les avais retrouvés, ce que les femmes peuvent être cruels quand même ! Bref j'avais envie de retrouver le contact avec la nature, pas la vraie, la campagne c'est bien trop loin et ça pue tout de suite, non l'autre celle qu'on voit dans les publicités à la tévé ou dans les émissions de Nicolas Mulot sur T.F.Huns : la Transmanie septentrionale, les îles Samhfécië ou les plaines herbeuses du Bréjnevkistan orientale, des trucs lointains et qui nous ressemblent pas, d'ailleurs c'est cette nature là qui est menacée par l'effet de serre et tout ces trucs, l'autre la salope : le Bas Berry ou la Haute Beauce pétainiste elle s'en tirera toujours et les ploucs toucheront toujours plus de subventions.
    Quand même je la regrettais bien ma moquette, la prochaine fois que je tombe amoureux je fais installer un parquet ou mieux du carrelage, elle sera bien emmerdée la salope !<o:p> </o:p>


    La première réunion s'est passée dans un garage, ça m'a étonné aussi un peu mais le président de l'association Jean-Patrick est concessionnaire Toyoku (une marque coréenne ou malaise je crois) à Bagnolet et c'était plus commode pour lui et sa dame, Josy, qui est comptable (du garage) et vice-présidente (de l'assoç) et s'occupe des finances. On s'est tous présenté, on était onze, mon copain n'avait pas pu venir. Ce qui m'a un peu surpris aussi c'est la présence des deux mécanos rigolards en bleu tachés et les mains pleines de cambouis .



     On était onze mais il n'y en avait qu'un qui causait : un vieux con, presque centenaire, un ex-colonel ex-scout qui a expliqué qu'il avait toujours été écolo, qu'il avait commencé avant guerre chez les scouts et continuait pendant la guerre dans les chantiers de jeunesse avec le Maréchal qui était à fond pour ces trucs là et le retour à la terre,  j'ai voulu protester rapport « aux heures sombres » qu'on cause à la tévé et au devoir de mémoire et tout ça... mais Jean-Patrick qui voulait qu'on l'appelle Jean-Pat m'a pas donné la parole et le vieux con  a conclu en disant:


    -Croyez-moi mes enfants. C'est à ça qu'on reconnaît un imbécile: il va toujours au plus vaste et j'ajouterais maintenant qu'avec la démocratisation du transport aérien et tout ce genre de choses, plus le type est con plus il ira loin. Moi-mâme qui suis un ancien touriste routier de la Coloniale j'ai fait la Cyrénaïque, le Garigliano, l'indo et l'algérie, quand je vais chez mon boucher (je vous rassure c'est juste à côté) c'est un sacré déploiement et d'entendre sinon d'écouter tous ces trous du cul fonctionnaire ou cadre du tertiaire détailler leurs vacances au Tibet ou sur la Cordillère des Andes, vrai ça fait du tort aux explorateurs et à l'idée même de voyage et je n'ai qu'un conseil à vous donner : restez chez vous la France est assez belle, une vie ne suffirait pas à la voir toute.
      J'ai levé le doigt après de telles paroles dignes des heures les plus noires de... Jean-Pierre Pernaut et j'ai proposé l'exclusion du colonel scout de notre association.
    -Attends bonhomme on est pas chez les cocos dans une cellule du PC, c'est pas le premier qui dénonce son voisin qui a forcément raison. A dit notre chef décidément un peu trop chef.<o:p> </o:p> 
     

    La fille qui était à côté de moi m'a expliqué pendant la pause (un des clients du garage ramenait en la poussant sa bagnole toute neuve qui marchait déjà plus du tout et il faisait un foin terrible. C'est de la merde ces bagnoles malaises !) que le colonel était le grand oncle de la vice présidente et que donc il vice-présidait un peu lui aussi.
    Là j'ai bien failli quitter l'assoç mais comme j'avais déjà payé ma cotise (50 teuros quand même) j'ai renoncé et puis la fille  à côté était sympa, elle travaillait dans l'intérim, elle était intermittente je crois.
    Jean-Patrick est revenu, il était pas content, il mesure pas loin d'un mètre 90, il fait bien ses 100 kilogs et avec ses cheveux en brosse on n'a pas tellement envie de lui chercher des ennuis.
    -Bon j'ai décroché une subv du ConsGén mais il faudrait participer à un programme d'alphabétisation des éponges en baie de Seine est-ce que quelqu'un pourrait s'en charger ?
    Comme un con pour me faire bien voir de la fille sympa j'ai re-levé le doigt.
    -Okay je t'envoie le dossier, c'est ton adresse ça : 23 rue Eddy Merckx dans le 5°?  Bon on fait ça transparent et démocratique c'est pour le P.V de la réunion, quelqu'un a quelque chose à dire ?
    Je voulais briller et puis j'étais quand même concerné rapport aux 50 teuros de cotise et j'ai re-re-relevé le doigt :
    -Oui... moi. N'est ce pas un peu réducteur comme programme : « Sauvons ( nous aussi ) la planète ! », je propose : « Sauvons le système solaire ! »
    -A onze tu veux faire ça à onze ?
    -Ben... justement on pourrait ajouter : ensemble ! pour l'effet d'entraînement.
    - On n'est pas à Carrefour non plus. On n'est pas là pour faire de la marge sur les sacs plastiques en culpabilisant le troupeau ! Jean-Claude tu voulais dire quéque chose ?
    -Moi non j'attends juste l'apéro.
    Jean-Claude c'est son préféré, c'est le patron de l'armurerie à côté du garage m'a expliqué la fille sympa, (je croyais que c'était interdit les armureries ? En tout cas ça devrait l'être ! Ouais on me dira il y a quand même des chasseurs qui... que... mais qu'est-ce qu'ils font les chasseurs sinon tuer des oiseaux qui leur ont rien fait... ouais à ce compte y faudrait aussi interdire les micro-ondes !) c'est aussi un gros type pas sympa avec les cheveux courts et qui fume tout le temps des cigarillos alors forcément ça pue dans le bureau.
    -Oh le con t'as raison l'apéro, Josy tu nous sers l'apéro.
    A ce moment un type est entré dans le bureau, il avait la tête toute noire et les cheveux brûlés et un bout de tableau de bord incrusté dans le front. D'après ce qu'on a compris son airbag s'était déclenché pendant qu'il réglait son rétroviseur électroluminescent à visée nocturne et acquisition paramétrique (une option à 1500 teuros), ça l'avait sâlement secoué et il se souvenait plus trop bien de quel cosmodrome il avait décollé ?
    Jean-Patrick l'a évacué vers les sous sols en l'engueulant sévère :
    -Monsieur Bernachon si ça continue je vous vends plus d'auto.
    -Le rétro pif-tac-boum... le rétro... pas vu... pas comprus...
    Les Ricards sont arrivés et j'ai demandé une menthe à l'eau... sans colorants et si c'était possible d'arrêter de fumer.
    -Pourquoi t'es enceinte ? M'a demandé Jean-Pierre l'air mauvais.
    -Arrête ça J.C. notre ami vient de régler sa cotisation, il est nouveau et...
    -Il... il a payé...  il cotise pour de vrai ! Putain c'est Josy qui doit être contente. Y faut faire un vœu !
    Il a fait un clin d'œil à madame Josy, et un autre à Jean-Patrick et un troisième au colonel, et aussi un à chacun des deux mécanos qui se marraient.
    -Alors si monsieur cotise... ici le client est roi.
    Il a écrasé ostensiblement son cigarillo dans le cendrier avant d'ajouter :
    -Tu lui as pas encore refilé un de tes cercueils roulants quand même.
    -Arrête tu veux.
    J'ai re-re-re-relevé le doigt pour demander la parole, je tenais ma vengeance.
    -Quoi encore ? A dit Jean-Patrick.
    -Est-ce qu'il serait possible de savoir si les comptes de l'assoç sont déposés annuellement au greffe et s'il est possible d'en avoir une copie ?
    -Quoi qu'est-ce qu'ils ont mes comptes ! Ils sont pas beaux mes comptes ! S'est indigné Madame Josy qui était en train de souligner en s'appliquant et au crayon rouge son compte-rendu de la réunion.
    Avec son accent de Montpellier, son rouge à lèvre mauve fluo, ses bijoux sonores  et ses seins en obus elle était elle aussi impressionnante et j'ai préféré écraser le coup :
    -Non je disais ça pour... pour mieux faire connaissance et... tout ça quoi !
    -Bon alors la séance est levée, on se re-voit le 16 il y aura une petite surprise je pense. A conclu Jean-Patrick en se resservant un Ricard.
    Ce serait sans moi, j'étais bien décidé à ne pas revenir, Jean-Patrick m'a rattrapé par le bras pour me proposer de venir voir la petite dernière qu'il venait de toucher: une Toyoku Excellencis XGTDIS série limitée Barbie rose fluo :
    -C'est la bagnole de Josy, elle a pas 2000 bornes, je peux te faire un gros quéque chose dessus si ça t'intéresse. T'as pas de reprise en plus.
    -Non merci . Lui ai-je répondu un peu vivement.
    Avant d'ajouter en détachant mon vélo:
    -J'essaie d'être un écologiste responsable et de mettre mes actes en accord avec mes convictions !
    -T'as raison ... si tu veux je te reprends le vélo.
    J'étais déjà sorti.
    Devant le garage la fille sympa m'a rattrapé elle était elle aussi en vélo, on s'est fait la bise et elle m'a dit :
    -Bonne chance avec tes éponges et on se revoit le 16. Je m'appelle Luizita... papa est portugais. Ciao !



    Merde les éponges j'avais oublié cette connerie d'éponges à alphabétiser. (à suivre...)

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