<< Re-communiqué. | Mouloud L'Afghan le fils naturel de Mitterrand par Lofti Benayak Suite 10 et The End. | Filtre Individuel à particules Michoubichi >>
*
Le malheur c'est qu'on est resté plus longtemps que prévu, le bistrôt était fameux tout autant que la spécialité-maison: le chacal mort-né farci à l'infidéle, cuit dans son urine le tout servi avec une petite julienne de pois frais, ouais dire aussi qu'on avait faim et soif et re-faim et que ça pouvait pas être plus dégueulasse que de l'intellectuel aux légumes du jardin, la vérité du produit ça compte népa? faudra que j'écrive un guide gastronomique un jour...
-Qu'est-ce qu'il y a comme dessert sinon? Je reprendrais bien encore un fruit... tiens le vendredi y font la choucroute de chameau, ça te plairait ça J.P ?
-Parlez-moi un peu de vous. Vous êtes donc un enfant de la banlieue, un gosse des cités ? Jean-Mostaph n'est-ce pas emblématique d'un tiraillement entre deux cultures? La France vous a rejeté ? Votre famille a connu l'occupation française en Algérie?
On le laissait débloquer le journaleux, il y avait même pas besoin de répondre, lui répondre quoi ? Que j'étais un peu plus français que lui, moi le fils du Roi des Gaules, et puis il faisait son papier tout seul, on aurait dit un étudiant bachotant son examen de licence és lieux communs. C'était peut-être l'âge qui me venait, mais je lui pardonnais tout même sa couennerie bienveillante, mi-lâche, mi-méprisante.
N'empêche que le temps passait, les serveurs s'étaient tirés les uns après les autres, après ça a été le tour du cuistôt et enfin la caissière est venue encaisser parce qu'elle avait à faire dans les montagnes et quand on est sorti, la ville était vide, Nasr-el-Bézons les jours de marché y doit pas y avoir loin de 120000 bédouins, là : nessuno, Pompéi après la seconde couche.
Comme toutes ces villes-frontières du temps et des civilisations, rendez-vous de caravane, bâti de sable, de siécles et d'or, qui s'évaporent un beau matin sous l'ultîme menée d'un vent de sable, guichet fermé, comptoir condamné par décret d'un conquérant lui aussi de passage.
Cette fois c'était les américains et leurs alliés qui arrivaient, en authentiques libérateurs bien sûr, mais les barbus, authentiques défenseurs de l'authentique foi occupant les abords de la ville, il n'était pas difficile de deviner l'authentique surchauffe à venir, d'ailleurs on pouvait entendre les avions qui se rapprochaient.
Les techniciens sont partis les premiers soi-disant pour aller faire chauffer la Renault qui avait tendance à caler aux plus mauvais moments mais quand on est arrivé à leur suite, ils avaient disparus, les syndiqués.
Le coup était bien joué et reconnaissons-le pas tellement blâmable, moi aussi je me serais volontiers débarrassé de Jean-Luc Leprofepte.
*
Comme ça qu'on a été libéré nous aussi par les américains... et qu'on s'est retrouvé en cage avec le Mollah J.P et le môme, c'est pour lui que j'ai le plus de peine, il est pas prés d'arriver l'arriviste de la Basse-Meuse, bah il pourra toujours écrire un bouquin quand il sortira de là dans 147 années, il faut dire aussi qu'il étonne les psycho-trucs étatsuniens, pourtant sympathiques, souriants ... et barbus (eux ils ont le droit), à défiler tout le temps dans sa petite courette en gueulant des trucs contre le Flan National.
-Why Li Peng ? Il s'interrogent les socio-trucs.
Ils en ont reconditionné quelques uns des « fanatics » comme ils disent mais lui ils ont renoncé à le dérouler, et ils le laissent pétitionner contre la montée du fachisme et présenter tous les soirs son J.T citoyen à dix-neuf heures douze devant la caméra qu'il a dans sa cellote, on en a chacun une qui nous filme en permanence, ce doit être ça la télé réalité qu'y causent partout.
Moi j'ai bon moral, j'ai même la vue sur la mer quand Fridge l'énorme flic aux hormones se baisse pour péter un coup, au début ça les intriguait un peu la photo dédicacée de mon papa, la gueule leur disait quelque chose aux texans:
-French actor ? m'a demandé le mieux renseigné, au moins l'un des plus gradés, moi j'ai pas calé:
-Yes french comic.Pourtant jusque là les interrogatoires s'étaient plutôt bien passés, j'ai tout avoué... de ce que j'ignorais. A la fin je leur ai même lâché que c'était moi qui avait foutu le petit Gregory à la baille, mais y m'ont dit qu'yz-en avaient assez pour que j'ai plus à m'inquiéter pour mes réservations de vacances jusqu'à l'été 2189, ouais pasqu'en plus y z'ont de l'humour les extra-terrestres. Il faut reconnaître quand même qu'ils mettent des gants... pour pas se tâcher, ils se permettent tout, mais avec le souci de l'hygiéne, normal vu qu'y causent à des pas humains, c'est pas le genre fair-play, vieille France: « Messieurs les angliches défouraillez les preums ! » Non eux ce qu'ils affectionnent c'est le technico-tactique, la saloperie usinée et bien boulonnée, leur côté prussman.
Quand même c'est papa qui aurait été fier, j'étais z'ému.
Publié par urbane à 03:22:58 dans / Mouloud l'afghan, le fils naturel de Mitterrand... | Commentaires (0) | Permaliens