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    La révolution deux boules 1/1 Lofti Benayak

    Journal de la France de pendant par François F. soumis

     Quand on est monté en courant dans Air Gland One l’avion de mon futur ex-maître regrettable, ça commençait vraiment à chauffer, aux dernières nouvelles Bayrou avait pris le pouvoir à la tête d’une junte centriste, Villepin venait de se faire couronner empereur des français à Charenton,  Boorloo occupait le palais Bourbon, enfin il tenait la buvette et c’était sa tournée, Delanoé s’était réfugié dans une sanisette du Bd Saint Germain avec des troupes fidèles, 150 chargés de mission de la Mairie de Paris fanatisés qui avaient dit qu’il faudrait leur passer sur le corps avant de pouvoir passer sur le corps de leur maître et Ségolène Royal voulait brouter les anglois .

    Les enfants dans les rues défilaient avec leurs professeurs en portant de grandes banderoles sur quoi était inscrit : « Raivaulussion mintenon »

     

    Mon maître ex-considérable était lui en pleine extase, je m’interrogeais avec le Père Laridondette qui avait embarqué avec nous, il était de passage à Matignon quand les ... « les événements » s’étaient déclenchés :

    -Ton ami François me semble avoir pris des substances illicites autant qu’hallucinogènes ? Je t’assure qu’il n’est pas dans son état normal.

    -Il n’a pas d’état normal mon père.

    J’allais m’asseoir sur un tabouret à côté de lui dans la salle du Trône qu’il avait faite aménager en avant de l’Airbus, de fait il semblait, malgré tout ce qu’il se passait, étrangement transporté (alors que nous n’avions pas mâme encore décollé !).

    -Euh ça va bien ?

     - Jamais je ne me suis senti aussi bien. Tirer sur la foule ah tu peux pas savoir c’est vraiment un accomplissement pour un homme d’état! Tu connaîtras jamais ça toi ma pauvre Pinouillette! Ah mais ce que c’est bon putain j’en bande encore ! Sauf que la deuxième fois les CRS ont pas voulu.

    -C’est tout à leur honneur.

    -Mais non ils voulaient qu’on leur paie une prime de carnage et qu’on double les paniers-repas.

    -Quand même ça n’a pas arrangé les choses.

    -Mais ça n’a rien à voir, les américains voulaient lancer un nouveau produit sur le marché de la démocratie light après la révolution du jasmin, la révolution orange, la révolution deux boules, deux parfums pour pays développé en voie de tiers mondisation et c’est l’ex France qu’ils ont choisi, c’est mon chef de zone de la CIA qui m’a prévenu du début de la révolution vanille-fraise, c’est le nom qu’ils ont trouvé, ce tantôt, d’un côté c’est plutôt flatteur, d’un autre c’est emmerdant au possible j’aurais bien fait un second conquennat moi, bon on va aller à Bruxelles voir mes chefs... non pas ceux-là d’autres... on va prendre les ordres et s’il faut revenir pour re-tirer sur la foule on y retourne.

    Cela lui avait vraiment plu et il eut alors ce mot historique :

    -Je reviendrai sur les ailes des flics.

     Mais arrivé à Bruxelles ils ont pas voulu qu’on atterrisse vu qu’on venait de passer ennemi du peuple, régime honni et tout le reste, fallait voir comment les journalistes de l’ex-télé d’état dont l’Elise Lucet/Sucet  (Aspirant Assec dans la résistance) nous savonnaient le portrait, elle se croyait revenue en 2002 au 21 Avril quand sur les barricades montés par le pouvoir en place elle s’illustra comme l’on sait la poitrine offerte au Fachisme.

    Après deux heures de vol on a demandé à atterrir en Italie mais Berluscono venait de s’enfuir dans son Boeing personnel (le traître vendu aux américains !) pour Doubaï.

    -Pas con ça Doubaï... Cécilia m’a dit que c’était génial pasque les magasins étaient ouverts le Dimanche... en revanche le vendredi ils sont en panne ‘sais pas pourquoi. Tiens ça tombe bien je crois qu'ily a un événement d'une haute spiritualité qui s'y déroule en ce moment c’est le Festival Mondial du Shoppingue. Va pour Doubaï.

    On a même fait la course avec Berluscono, son Boeing a gagné il avait deux réacteurs de plus pour nous consoler très sport il a envoyé un message

    « L’ex président du conseil Berluscono invite l’ex-président français à une partie de banga-banga sitôt atterri  au Sheraton qu’il vient d’acheter.»

    Mais il y avait déjà en stand-by les avions de Moubarak, Albert de Monac et la grand duc du Luxembourg qui tournaient depuis une heure, ils ont un parking airport à dictateurs à Doubaï et on a été détourné sur Oman.

     

    Me rappelant soudain que j’étais premier-ministre soit la plus haute autorité après l’autre nain minable, pestilentiel dont je le rappelle j’avais toujours combattu le régime honni, à la tête de mon réseau de résistance Consternation Sud j’avais même saboté son bain à remous au péril de ma vie (quelle châtaigne !) mais je le raconterai plus tard dans mes mémoires de combat.

    Je décidai donc de débarquer subrepticement en prétextant l’achat de journaux et de confiseries :

    -Prends-moi des Nuts ! Furent les dernières paroles historiques que j’entendis proférer par mon ex-maître excrémentiel.

    Je regardais la télé dans le hall arrivals ou departures.

     

    En ex-France les choses évoluaient, la glorieuse révolution des fonctionnaires vivait des heures exaltantes. A l’éducation nationale on discutait ferme pour savoir si les heures de révolution seraient bien payées et les syndicats de lycéens demandaient une suspension des interros zécrites jusqu’à l’aube du jour radieux afférent à la susdite glorieuse révolution, la formation d’un comité de Salut Publique siégeant jour et nuit se heurtait au problèmes des heures de nuit, des repos compensatoires et des 35 heures.

    Mélenchon-Tinville nouvel accusateur publique avait mis la main sur une vieille guillotine et en essayant de la faire fonctionner il s’était coupé l’annulaire :

    -Cela ne fait rien citoyens il me reste mon pouce à mettre dans le fondement des ci-devant. Commenta-t-il spirituellement.

    Il avait fait établir une liste d’aristocrates politiques susceptibles d’amortir par leur légitime décollation la remise en état de sa guillotine par le Mobilier National: Giscard d’Estaing, de Villepin, Chodron de Courcel, Donnedieu de Vabres malheureusement en consultant l’association de la noblesse française on découvrit que pas un n’était authentiquement noble et impossible de mettre la main sur de Villiers qui changeait de bistrots trop souvent.

    Alors il avait proposé de guillotiner du ci-devant par ordre alphabétique en prenant le bottin, un exalté ce garçon, quoique heureusement, je le découvrais, fonctionnaire lui aussi.

     

    Je prenais le premier vol de retour pour Vichy où je retrouvais Rachida Dati alias Caporale Pompette dans la résistance:

    -Tiens tu as changé de coiffure !

    -Ils m’ont tondu les salauds !

    Avec quelques complicités essénecéfistes je remontais de manière incognitesque sur Paris où je découvrais sans étonnement excessif que la révolution était ... en grève.

    Les conditions de travail révolutionnaires, les sous-effectifs révolutionnaires et le problème des RTT révolutionnaires en étaient le prétexte ainsi que la cantine du comité révolutionnaire (et dix de der !) qui laissait à désirer.

    Sur le pont de l’Alma, dans les bras du zouave une fille enroulée à poils dans un drapeau rouge éternuait, je me pensais: les connes s’enrhument c’est bon signe l’hiver revient, ils défileront moins, en hiver le fonctionnaire hiberne... en été aussi d'ailleurs.

    Avec l’aide de deux compagnies de nageurs de combat, tout ce qu’il restait d’opérationnel dans l’armée française, je repris démocratiquement le pouvoir par derrière, cette chère Marianne en avait pris l’habitude c'est d'ailleurs pourquoi elle est toujours représentée en buste, le fondement est dans un état effrayant,  fis noyer Mélenchon et convoquai les français aux urnes.

     Jean-Louis Debré après avoir fait et refait ses additions à la main dévoila les résultats que je lui avais communiqués par avance et proclama « plésentement élu Monsieur Laurent Gbagbo », une idée à moi qui résolvait  deux problèmes en même temps.

    Et derechef (et même un petit peu avant) en tant que représentant de l’ethnie majoritaire Blankoué je me retrouvais  premier ministre, en charge du Ministère du Cacao, le plus important selon ce cher Lolo qui se révélait au moins aussi odieux, mégalomane et délirant que son histrionique prédécesseur... honni, bref j'en chie que c'est un vrai bonheur, sa femme Simone prenant la tête du ministère des Corn-flakes beaucoup plus lucratif car soumis dés le lendemain de sa nomination à un contingentement douanier, pour ma part je n’avais qu’à visiter les plantations de café et de cacao pour veiller sur les récoltes ce qui du moins en France métropolitaine ne me semblait pas représenter une tâche trop écrasante.

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  • La paix enfin revenue dans notre foyer, belle-maman point encore dessoûlée ronfle dans ses appartements,  je me dois de constater que le 49 est bon, en effet, et bien meilleur que la cuvée de l'an dernier, je m'en ouvre au Père Beignalous qui en convient:

    -Celui de l'an dernier il est imbuvable tu veux dire.

    -Et comment se fait Père Beignalous?

    -Aïlle Cagadou y a le terroir qu'a changé, depuis qu'y nous ont installés l'élevage industriel de poulets et après la même chose pour les porcs, et puis les campingues industriels et tous les stalags à parisiens, forcément ça chie tout ce monde-là  alors à chaque fois on essayait de corriger les offenses faites à la terre, on remettait du souffre et des polysulfites, et puis il y avait les directives de Bruxelles, il voulait bien donner des subventions mais seulement si c'était hygiénique, interdits les nougats des saisonniers pour presser le raisin, pourtant le jus de panards pas lavés de trois semaines, tu peux me croire ça donne du goût à l'assemblage, mais maintenant y faut tout faire en atmosphère confiné, le pinard aseptique t'avouera, alors on a utilisé le Hexasulfabite de Bromopétagêne et ensuite pour équilibrer le tanin au protoxyde pernodyhidrophosphorique et après... oh c'est bien simple aujourd'hui on pourrait se passer de la vigne pour les vendanges et les faire directement en laboratoire.  

    -Mais ce n'est pas ce que je veux, je veux  au contraire revenir au vrai Chateau Bonpéze?

    -Ah ouais, je vois, maintenant... 'mon avis il faudrait qu'on se trouve deux ou trois tonnes de Tétrafulminate de bétachlorosol pour retrouver le petit goût de noisette mais le problême c'est que c'est classé en armes bactériologiques... tu pourrais peut-être toi avec tes relations...

     

    *

     

    Conversation fort instructive la mentalité elle-même du paysan me semble bien changée, je discutais l'autre jour avec le vieux Pignadous de la Ferme des Brenets, il pleuvait à torrents et nous nous tenions abrités sous l'un de ses antiques noyers:

    -Ah et ça va pas s'arranger ils ont dit à la tévé que la sécheresse continuerait comme ça chez nous tout l'été et même que ça s'aggraverait...

    Je le regardais en pensant qu'à son âge: 94 ans il commençait à, osons le mot: rouler sur la jante et même: usiner le moyeu, l'herbe était drue et moussue, nous nous enfoncions comme dans de l'éponge saturée d'eau et l'autre vieillard de continuer:

    -Les sols sont secs et même que le préfet a commencé les restrictions d'usage comme en 42

      Et puis je compris qu'il avait été convaincu d'une autre réalité que celle vérifiable qu'il avait tous les jours sous les yeux, sous ses pas, à portée de main, la réalité de la télévision manipulatrice, politique et maléfique. Il croyait à ce monde de rapport qu'on lui inculquait jour à jour où il fallait serrer les fesses, se contraindre, se restreindre, perdre toutes ses aises et avec elle sa liberté de vivre et d'être.

    Je lui désignais une forte colline en face de nous, appelée le Mont Bégou, l'un de ses versants s'était à moitié écroulé:

    -Qu'est-ce qu'il est arrivé au Bégou?

    -Ah ça c'est à la fonte des neiges! Des torrents, il en giclait de tous les bords, ça lui a  tout changé la figure... vouaïlle ça m'inquiéte bien ce réchauffement qu'y cause à la tévé... y faudra aussi que je fasse couper ces foutus noyers, y nous servent plus guère! Aïlle Cagadou!

    Et il s'en alla sous "la sécheresse" qui tombait à cordes.

       

    Je dirais que nous vivons là un réel changement civilisationnel, le paysan français a jusque là et depuis des siécles toujours été guidé par un bon sens et une tempérance de jugement, un quant à soi imperturbable, eh bien pour la première fois dans l'histoire du monde le paysan français est en train de devenir  con.

    (à suivre...)
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