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    La rubrique sexo-petassing du mois par Marie Kheune-Debbaz

     

    Sextoys

     

    Laure a essayé

    SarkotepineTM un petit bonhomme ridicule avec un gros sexe et qui bouge tout le temps

    Au début c’est tout mou et tout mignon tu te l’introduis dans la chatte, c’est lubrifié ça rentre tout seul avec un bruit assez doux et puis à mesure qu’il accélère tout seul tu sais pas ce qui t’arrive, en plus il se met à braire des conneries : « Dehors sâles roms !Dehors sâles roms ! », et là tu te rends compte que tu l’as déjà dans le cul et tu sais pas comment il est arrivé là, ça déchire, ça fait mal, heureusement à force de s’agiter il a  les plombs qui pétent ou c’est le court-jus intégral et il se met à fondre et alors tu peux le jeter parce qu’en plus il fout des allergies graves. A oublier donc.

     

    Littérature pétassophone du mois :

     

    On a lu pour vous :

    Mal baisée par omission Édition des Femmes. 69 Teuros. L’autobiographie de Marianne Ny procureuse suédoise qu’on cause à la tévé :

    Mariée très jeune à un éjaculateur précoce qu’elle inculpe au lendemain de leur nuit de noces pour éjaculation non sollicitée sur rideaux non consentants, dans le même temps où elle exerce dans la magistrature à Upsalla(pe!) elle entre à la C.I.A et là elle nous décrit avec humour et émotion un milieu assez machiste où elle réussit malgré tout à se faire son trou (les autres n’en voulant pas !), elle y côtoie notre futur ex-président qui est en stage permanent parce qu’il ne réussit pas à obtenir ses diplômes et certifications US.Kollab, elle finira d’ailleurs avec de bien meilleures notes que lui et deviendra son supérieur hiérarchique en zone West-Europa (Division Glandularious Sluts and Small Klebs). Très amie de Éva Joly juge d’instruction norvégienne (comme l’omelette mais avec elle il y a pas d’attente on est tout de suite en garde à vue) elle passent leurs vacances ensemble à s’inculper l’une l’autre ce qui nous donne l’occasion de pages pleines de fraîcheur où les deux femmes se roulent dans des champs de bit... de concombres au bord de la mer baltique.

    Elle passe son doctorat de tas où elle développe la thèse selon laquelle les sexes doivent se rencontrer le moins souvent possible car leur fréquentation est toujours source de frictions, elle prône l’apartheid sexuel et la non sollicitation réciproque. Non sollicitée elle se remarie avec la machine à café de l’étage où elle travaille à Bruxelles au sein de la commission, elle y est en charge du problème de la mal-baisance, dans lequel elle a acquis une solide réputation avant de rejoindre le parquet de Stockholm où elle expérimente des idées rafraîchissantes et des concepts novateurs tels que l’intromission avec préavis ou le mandat de baise en trois exemplaires avec dépôt préalable au Greffe.

    Extrait :

    Un monde de rêve

    -Humph ! Humph !

    -Mais vas-y rentre-là elle va attraper froid qu’est-ce que tu attends !

    -D’ac... d’accord mais tu veux bien me signer un papier.

    -Aaaoooh Aaaooh ! Comment ça un papier ?... vas-y mets-la moi toute Chérie!

    -Eh ben oooaaah comme quoi tu m’autooooooaa... rises à te la mettre au fond tu comprends j’ai pas envie de finir en taule.... ah si le chien pouvait aussi me signer une décharge, tout à l’heure en rentrant je l’ai caressé sur la truffe et peut-être il était pas consentant, il a pas bougé la queue !

    -Une décharge ?... décharge! Ooooh ouais vas-y décharge !

    -Mon papier d’abord.

     

     

    Destination de rêve pour le nouvel an !

     

    Béthune-Maubeuge en TGV (Train à Grande Vitesse)

    Vivez une aventure merveilleuse ! Quinze jours enfermés dans un TGV crade et mal entretenu avec des contrôleurs et des techniciens syndiqués, multiples arrêts en rase campagne, panne de chauffage et de caténaires incluses, chiottes condamnés, venez uriner au grand air au milieu des congères, vous découvrirez en même temps la vie exaltante de ces hommes et ces femmes qui comme les policiers se dévouent pour la communauté 23 heures 50 par semaine (on passe pas derrière le guichet !) avec pour seul but nous faire chier. Réveillon aux chandelles (prières d’apporter ses bougies) chauffage éteint.

    Et le soir du 31Décembre ne ratez pas la grande attraction: le conducteur qui se débine pour aller réveillonner en famille ! 

     

     

    Les bonnes recettes de Julie L’anorexique

    La choucroute dégarnie

    Vous prenez une belle choucroute royale, vous enlevez les Strasbourg que vous mettez au compost, puis le jambonneau au compost itou, même chose pour les saucisses fumées et les tranches de lard, le jambon et toute la garniture vous gardez cinq grammes de chou par personne que vous passez sous l’eau chaude pour enlever les dernières traces de graisse et de pinard (quelle horreur ! Je vais vomir !) Voilà c’est prés vous pouvez servir... les enfants ! Les enfants c’est prêt... mais... mais qu’est-ce que vous faîtes tous autour du tas de compost !  

     

    Le courrier des lecteuses :

     

    Linda nous écrit:

    Chère Marie Kheune, mon ami est écologiste et il ne veut plus que je péte au lit et depuis quelque temps je trouve qu’il s’occupe beaucoup de l’empreinte carbone de ma meilleure amie. Dois-je rompre ? J’ai peur à mon âge (39 ans et demi (j’ai de bons freins !)) de me retrouver seule à péter au lit les soirs d’hiver.

    La réponse de Marcel H. (intérim)

    Tu dois rompre, un mec.... hips... qui aime pas qu’on pète-z-aulit c’est pas-t-un homme... c’est hune tarlouze... burp ! éh quoi ton phone... hips... ‘tite salope ? ‘huis mettrais bien une ‘tite cartouche moi  à la ‘tite Linda malgré que la photo elle date de sa première communion !

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    Le plein d’Activités 1/1 par A..Sottos

     

    Ce qui est terrible en vacances c’est qu’on s’ennuie tout de suite, plus de bureau, plus d’horaires, plus de chef, plus de machine à café, bref il faut organiser tout seul ses journées.

    Maintenant c’est pas parce qu’on est fonctionnaire territorial et donc grave surbooké en permanence qu’on va bronzer idiot, les gens imaginent qu’on fait fonctionnaire pour se planquer, la semaine pendant le boulot peut-être mais le véquende et pendant les congés on veut faire aventurier, bouger et s’éclater un max, vivre, toujours comme des cons, mais en accéléré. 

    C’est pour ça que là où on va en Village de Vacances « Cher et d’Avance » avec Josiane ma compagne et Unvirguldix et Zérosoixanteneuf nos enfants (on en a d’autres mais ils sont au congélo, on voulait pas fausser la moyenne) il y a plein d’activités, pour les adultes et pour les mômes comme ça on a pas à s’en occuper et on peut décompresser, remarquez que le reste de l’année entre les garderies, les activités (de ville) et les « nounous » on compresse quand même pas des masses, j'veux dire au niveau des mômes.

    L’année dernière on avait fait l’activité Surfozarbres et le stage Trekpartouzing, on sillonnait le Puy de dôme et à chaque halte: soirée libertine, le problème c’est qu’il y en a qui exagéraient, soit ils prêtaient pas leur femme, soit ils enculaient un peu trop Josy et puis le Puy de Dôme même au printemps ça caille et on a pas tellement envie de s’y balader en ski de fond le string dans la raie et même avec des moufles, on s’y gèle le bâton bref on s’est enrhumé et Josy a choppé une mycose.

    On a essayé aussi le stage Pylônes il s’agissait de monter en haut d’un pylône haute tension et de se jeter en pantacourt dans une tonne à eau 35 mètres en dessous, il y avait eu quelques problèmes avec EDF et les urgences avaient été vite saturées après que ce crétin de Jean-Luc Moilnieux qui est fonctionnaire des impôts dans le civil était resté accroché dans les câbles, il avait même fait sauter les plombs du canton  mais c’était pas la faute des organisateurs, il était pas préparé c’est tout, il faut quand même un minimum de foncier pour faire des activités. Ah puis aussi on a fait la remontée du Verdon en Rafting inversé, à contre-courant ça pulse et on a pas trop le temps de faire la convers’ aux saumons finalement on s’est retrouvé à Limoges, ch’ais pas comment on avait fait not’ coup, sans doute on avait raté une sortie mais au niveau des compressions c'était quand même pas mal.

    Et il y a eu encore le stage mineur de fond, immersion totale dans la vie du mineur, malheureusement on a eu un coup de grisou et on a fait trois mois d’hosto mais tous frais payés par les Houillières, on en est sorti avec Josy silicosé à 5 %, pour dire que côté organisation c’était top.

    Bref on était plutôt impatient et un peu tendu à notre arrivée au Village de Vacances « Cher et d’Avance » de Plombzy-Le-Ront et on se demandait ce que les monos avaient pu imaginer cette année, Michou La Baloche (il est borgne, c'est un vrai aventurier!) le chef des activités et Jacky L’Enrhumé son adjoint nous ont très vite rassuré

    -Bon cette année la principale innovation c’est l’activité Kourdass. Franchement, je vous la conseille, il y a un petit supplément, mais c’est vraiment un truc dont vous vous souviendrez.

    -C’est éthique au moins ? a demandé Jean-Marcel un ami professeur des écoles et élu Altercons de la Basse-Meuse, il se balade partout avec des scions, des arbustes à planter pour compenser nos manquements à la gestion de nos empreintes carbone et quand c’est trop grave il nous fout un rapport.

    -‘pas de prob Jean-Març’ tu nous connais, c’est pas pour rien qu’on a le label Jeuxdconss/ Ethicdconss. Et puis chez « Cher et d’Avance » c’est comme dans la Légion on laisse jamais nos morts derrière nous... ni nos papiers gras pour faire plaisir à Jean-Març’

    Bon on vous a pris une assurance supplémentaire recours et assistance juridique ainsi qu’une convention obsèques Crémation express... toujours euh dans l’optique de pas salir le site, c’est bon? Jean-Març’ tu veux dire quéque chose?

    -On pourrait planter un arbre d'avance à cause de la crémation.

    On a planté un arbre devant la caféte.

    On était en confiance on s’est dit que pourquoi pas après tout et on a signé pour l’activité Kourdass.

    -Bon alors que je vous esplique le déroulement de l’activité.

    8 heures zéro quatre on monte dans la camionnette, huit heures 17 on arrive place de l’église, huit heures vingt distribution du matériel... et c’était minuté comme ça tout le long, une organisation je vous dis pas, vraiment des pros le Michou et le Jacky.

     

    Bref à huit heures vingt-quatre comme prévu en passe-montagne et la kalach à la hanche on est tous entré dans l’agence bancaire LCL (LCL ça veut dire : « le Crédit Lyonnais mais chuuuut ! » le plus marrant c’est que c’est ma banque) du Plessis-Les-Meules.

    - ‘tain qu’est-ce qu’on se marre, quand je raconterai ça aux collègues. Elle a gueulé Josy rayonnante, elle avait eu une année difficile et là elle décompressait vraiment, j’étais content.

    -Toi ! Passe-moi le RPG 7.

    Mais Jean-Març’ voulait pas lui passer le lance-roquette :

    -C’est moi le RPG 7 et c’est pas éthique niveau empreinte carbone, je l’ai dit à Jacky on peut pas l’utiliser ou alors il faut tout de suite replanter un arbre pour compenser.

    Ça carillonnait de tous les côtés, forcément pendant qu’on replantait l’arbre devant la banque ils avaient tout le temps d’actionner les alarmes, enfin Josy a flambé le coffiot comme disait Jacky et on a juste eu le temps de balancer les sacs dans la camionnette où étaient Jacky et Michou mais ils nous ont pas attendus et sont repartis tout de suite avec le fric sans doute pour préparer l’activité Bahamas et recomptage au bord de la piscine.

    Alors il a fallu qu’on braque un tomobilisse pour s’enfuir et forcément on a roulé vachement vite ‘pas oublié qu’on avait la flicaille au train et Jean-Març’ a recommencé à chialer pour qu’on replante un arbre à cause de notre vitesse excessive, Josy s’est énervé, on s’est arrêté on a planté l’arbre et on a même mis du fumier dans le trou à ce moment on a vu arriver en face le car plein de gosses avec nos mômes qui partaient faire leur activité de l’après-midi, ils avaient : « Tournante en forêt », un truc qui mariait découverte botanique, respect des différences (c’était toujours la petite blonde qui y passait) et éducation sexuelle, ça nous a rassuré et on a un peu décompressé.

     On s’est fait poisser bêtement à un péage, on avait oublié nos carte bleues  et après vingt-trois mois de préventive (compris dans le forfait de l’activité Kourdass) on s’est retrouvé pour de bon en Kourdass’ises. Là je dois dire que si Josy avait pas fumé le Jean-Març’ on aurait pu décrocher les circonstances atténuantes au lieu de quoi on s’est pris quinze ans et là ça nous a foutu un vache coup dans les compressions mais après ça s'est arrangé, il faut dire qu'en prison il y a plein d'activités ici on a a activité fleurs en papier, parloir, tour de la cour, enculage sous la douche et puis la DASS nous a pris les mômes comme ça on a plus à s'en occuper et on peut décompresser pour de bon.

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    13 Août

     

    Je respire le bon air de Bonpèze comme un chien de chasse lâché aux fesses de quelque gibier courant, ah Dieu que voilà de la bonne liberté, me voilà chez moi enfin, sur nos terres.

    En traversant le village dans notre vieille Daimler venue nous chercher à l'aéroport, je reconnais les beaux visages de nos grands vieillards, qui reviennent de l'épicerie buvette... ou y retournent,  boire sans doute quelque apéritif anisé ou qui sait un godet de notre bon vin rouge de nos vignes de Chateau Bonpèze tellement robuste et revigorant.

    -Je crois que je vais aller un peu par la campagne... hugolai-je à l'oreille de ma chère Gretaetkë qui en ses instants n'est plus la reine de Nordnmark mais la tendre et soumise épouse de l'homme de la terre que je redeviens ici, le paysan même osons le mot.

    -Mais vous n'y pensez pas mon ami, il y a huit kilométres jusqu'au chateau.

    -Laisse Gretaetkë si ça l'amuse ce grand konktë  de plastronner au milieu de ses populations dégénérées. Déclare sa mère toujours aussi irascible et de plus en plus agressive.

    Je ne suis pas sûr que sa 49° cure de désintoxication soit une pleine réussite, d'ailleurs elle ressort un flasque de sous son manteau et s'en remet un coup derrière le col. Rude tempérament assurément, pénible aussi.

    Le chauffeur arrête donc la Daimler sur la place du village... et repart aussi sec, me laissant seul avec mes gens.

    Très vite je suis entouré, fêté, embrassé, nulle distance entre nous:

    -Lou cagadou! Agui lou cagadou tu és de retrou à nostrous pequito merdou!    

    "A nostrous!" "Chez nous" ah le beau mot, l'on ne pouvait me servir un meilleur accueil.

    -Aïllecon lou cagadou! Tu pagadous la tournéss de Ricardou?

    Il m'emméne, je me laisse emporter, tant est grande ma popularité ici, vers l'épicerie-buvette, haut-lieu de convivialitude du bourg.

    Chacun de vouloir me raconter les derniers événements du pays, les mariages, enterrements, maquignonages, réglements de comptes, homicides paysans bref tout ce qui fait la vie de cette petite patrie, oh ils en rajoutent bien sûr et en patois encore, j'avoue que je n'entends pas tout, certaines subtilités m'échappent, sans doute ne saurai-je jamais qui a violé la chévre du père Bidalou durant les deux mois d'hiver avec une assiduité quotidienne puis le gendarme que l'on avait placé en faction pour protéger les arrières de la suse-dite chévre.

    Les récits se terminent et tous s'esclaffent et il en repart d'autres, la bonne humeur ne s'arrête que lorsque je commande un nouvelle tournée générale:

    -Mais cette fois mon cher Voulatère servez-nous don' de notre vin rouge de Chateau Bonpèze!

    Le propriétaire du café Lou Baltou, Voualtère Brumliche con! (je le livre dans la prononciation locale)  un ancien légionnaire allemand venu s'établir dans notre pays si accueillant, s'essuie son front de l'est (je l'ai dit il est allemand) et bredouille:

    -Ach kon jéné zais bas z'il m'en restou!

    J'avise un tonnelet à notre marque de Chateau Bonpéze sur le bord du comptoir:

    -Mais si, tenez là...

    -Ach za z'est bour faire les kuivres kon!

    Etonnant ! Faut-il qu'il les aime ses cuivres!

    Je mets mes lunettes et regarde l'objet de plus près:

    -En plus c'est celui de l'an dernier il est fameux, je crois.

    Le discipliné Voualtère se décide enfin à servir tout le monde, enfin ceux qui restent, beaucoup ont soudain disparu, demandés par des tâches domestiques ou agricoles, la terre n'attend pas, le maire Maître Bézouillard est le premier a entonner son verre... le premier à tomber par terre aussi.

    On le ranime:

    -Eh quoi ça ne va pas bien Maître?

    -Ma faiblesse au coeur, j'ai accouru quand j'ai appris que vous nous faisiez l'honneur d'une visite Monseigneur.  

    Maître Bézouillard est huissier de justice il a saisi la moitié du village et l'autre moitié l'a élu pour services rendus.

    Il reprend son rang au comptoir et nous dégustons, sans avoir à signaler de nouvelles pertes, nos verres.

    -Il est réellement exxx-cellent! dis-je satisfait en clapant et re-clapant fier de mon enfant.

    -Il serait encore meilleur dans une salade de pissenlits. Affirme le père Bidalou.

    Entre à cet instant Jacky Chambard, c'est l'élu écologiste de la commune, barbu portant une paire de couettes, toujours très remonté, histrionesque, narcissique et revendicard, une sorte de N'Gutu N'Gutu blanc :

    -Un jusio do carottu plizou!

    Il s'est mis au patois mais il est encore loin d'y exceller, c'est un fonctionnaire parisien arrivé là au gré des mutations.

    Le fils Balazou, un garçon encombrant, au verbe haut et aux manières contondantes et velues, toujours déguisé en parachutiste crasseux; le prend à parti:

    -Dis donc Jacky le parisien je te préviens que si je vois encore un de tes foutus loups roder autour de mes chévres je l'allume avec le fusile!

    Le Jacky Chambard ne répond pas, il paie comptant son jus de carottes, aux parisiens on ne fait pas de crédit, léve le poing dans ma direction en criant "vive la république sociale! " et prend la porte.

    -Non c'est vrai con est-ce qu'on a idée lâcher des bestiaux comme ça dans une agglomération.

    "Une agglomération", l'on reconnait bien là le goût pour l'exagération de mes compatriotes, je fais une courte mise au point écologique:

    -Nous avons des quantités de loup au Nordnmark et il est très rare qu'ils s'attaquassent aux promeneurs dans les forêts, il est vrai que par moins 37 les vocations de cueilleurs de fraises et de flâneur sont rares.

     

    Je regarde l'horloge au dessus du comptoir, il est bientôt huit heures du soir quand je quitte la compagnie, on se propose de me raccompagner en tracteur mais connaissant leurs talents de conducteur et leur état éthylique, la combinaison des deuxm’incite à décliner les propositions.

    Et puis il fait si bon... les premiers kilomètres, après il me tombe dessus un orage d'apocalypse qui me trempe et même m'imbibe, enfin cela me tient éveillé, c'est déjà quelque chose car je me sens un peu hors de forme, ah nos vies citadines nous préparent mal à l'effort et puis les libations générales et successives m'ont quelque peu ... appesanti.

    Sous la pluie serré, je me réjouis intérieurement de bien connaître le pays, un parisien n'y verrait goutte, c'est le cas de le dire et s'égarerait dans... les... ma...ré...cages... Je regarde mes pieds de plus en plus lourds, ne les vois plus, j'ai de la boue jusqu'aux genoux, j'ai du quitter la route sans m'en rendre compte et me voici planté entre osières et roselières. Je commence à m'enfoncer légérement et au loin j'entends des hurlements... qui se rapprôchent...  je continue de m'enfoncer... la bête de se rapprocher... j'ai de la boue partout, sur la tête mâme, je parviens en sautillant à émerger à grand peine j'ouvre les yeux et je découvre un grand loup en face de moi assis sur la berge et je ne mentirais pas en disant que je vois à cet instant sur son visage comme... comme un sourire:

    -Help... I need some help! beattlai-je en anglais dans le texte.

    Et le plus étonnant c'est que la brave bête me secoure comme elle peut, bien posée sur ses fesses elle se met à hurler et s'en va sans attendre sa monnaie en toute discrétion... à pas de loup.

    A ce moment surgit d'entre les roseaux cet imbécile de fils Balazou, grotesquement déguisé en parachutiste obése et déclassé et avant même d'avoir pu lui parler, il murmure:

    -'utain le bestiau! Le griffon griffu!

    Il épaule et très simplement me tire dessus... comme ça sans façons.

    Je vacille et fais... Gloup! Je sombre dans la boue, avec je crois une certaine dignité, mais je sombre et l'autre gros ... imbécile d'exulter:

    -'Utain je l'ai-z-eu! J'ai-z-eu Griffon Griffu le monstre des marais péteurs!

    Quand je me réveille nullement au paradis mais encore dans notre pays de Bonpéze couché sur la plate-forme arrière d'une  Citroën Méhari orange haute époque, je reconnais Jacky Chombard penché au dessus de moi:

    -Bon ça va il y a pas trop de dégâts! Juste quelques plombs dans l'épaule. Ce gros connard...

    Il me désigne le fils Balazou, penaud et rosissant comme une fausse rosière démasquée.  

    -... ce gros connard vous a pris pour...

    -Je sais Griffon Griffu le monstre des marais péteurs, une vieille légende d’ici, il faudrait lui confisquer ses bandes dessinées sinon un jour il va croire que les martiens ont débarqué et vous anéantir la caserne de pompiers.  

    -Si le loup ne m'avait pas averti té! Vous auriez coulé et on vous aurait jamais retrouvé. Drôle de fin pour une altesse. Je vais vous raccompagner.

    -Tu peux me jeter chez le père, j'ai perdu le chien, et avec la nuit j'ai peur de me paumer? Ose le gros Balazou.

    -Te jeter, ah ça ouais tu sais bien que c'est toujours avec plaisir mon garçon que je te jette mais préviens l'heureux bénéficiaire quand même qu’il ne te tire pas dessus en croyant voir le couillon découillu.

    (à suivre...)

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    Grossesse nerveuse 1/1 by Lofti Benayak

    Journal de la France de pendant par François F.soumis

     

    Comme toutes les semaines on passait le véquende dans le Chauvinois mon pays natal, on était à Pathétique-sur-Navrant dans les appartements du Préfet, lui le véquende il le passait avec sa famille dans le grenier.

    Je mangeais des cacachuétes sur sa moquette et vrai j’en mettais partout, ce que c’est bon de pas se gêner, vrai je me suis gêné toute ma vie, mais là depuis quelque temps je me gênais p’us, je me mettais en roue libre surtout quand Pineulope était pas là et en ce moment elle était au marché. Et puis le téléphone a sonné. Je me suis dit tout de suite en moi-même (quand je parle en moi-même ça résonne beaucoup forcément c’est tellement vide qu’il y a de l’écho !) ça y est c’est encore mon maître inégalé qui a dans l’idée de me casser les bonbecs, d’habitude j’aime bien ça de souffrir mais là quand même ça faisait neuf mois que ça durait sa grossesse difficile, neuf mois qu’il nous faisait tirer la langue après son remaniement à suivre, vrai on en avait tous marre ! Quand même j’ai encore une fois décroché le téléphone, c’était le secrétaire général adjoint de l’Élysée, avec le principal on se cause p’us y fait rien qu’à s’occuper de mes affaires d’état, y me les prend et quand y me les rend elles sont toutes salopées et c’est moi que Pineulope engueule.

    -Monsieur le premier ministre ça y est c’est pour bientôt, le président a perdu les eaux en revenant de Vichy, vous devriez  rentrer tout de suite c’est imminent.

    C’était que l’adjoint mais j’uis ai quand même raccroché au nez et après j’ai re-bouffé des cacahuétes autant que j’ai voulu jusqu’à ce que Pineulope elle rentre du marché.

    Elle m’avait acheté des côtelettes, j’aime pas trop ça surtout avec des pois cassés mais enfin j’ai rien trop dit.

    -Tu as fait tes devoirs de gouvernement ?

    -J’ai presque tout fini, y me reste que la récitation pour l’Assemblée nationale et le budget des Anciens Combattants.

    -Bon personne a téléphoné quand jé être pas là ? Elle m’a demandé en vidant les affaires du préfet du frigo préfectoral pour y mettre les nôtres (elle a quand même récupéré les yogourts aux fruits et les Gervita qui étaient pas dépassés et que j’aime bien.)

    -Non, non personne.

    Et je suis retourné dans le salon en arrangeant ma mèche et en sifflotant.

    Et puis à peine j’étais devant la télé au préfet que le téléphone a re-sonné et que cette fois c’est Pineulope qui a décroché.

    -Allo... oui... non son mari... ah bon... je vais lé dire à lui... c’est ça bonsoir.

    Quand même je voulais savoir, j’ai demandé : Alors c’est quoi ? Une fille ou un garçon ?

    Lagarde ou Boorla ?

    -C’est ni l’une ni l’autre, c’est rien, c’est toi ! La le nain y t’a renommé prime-ministre.

    A ce moment je crois bien avoir entendu venant du plafond et donc du grenier au dessus un « Eh merde ! »assez sonore.

    Ah pour une grossesse difficile ça avait été une grossesse difficile, y s’était pas méfié de la Pinouillette (c’est le surnom que m’a donné Roselyne ma seule copine du gouvernement) vers le sixième mois il avait bien essayé de m’interrompre, de m’ivéger traîtreusement mais je m’étais accroché, vrai on avorte pas un premier-ministre comme une caissière de supermarché, c’est pas éthique. Coinçman’ qu’il avait été mon maître périssable.

    Quand même neuf mois pour accoucher de moi une deuxième fois, ‘faut quand même être vicieux.

    -Eh ben tu vois, tu avais tort de t’inquiéter ma Pipine (c’est comme ça que j’appelle Pineulope quand elle est de bonne humeur) me voilà re-premier-ministre.

    J’ai repris le paquet de cacahuètes et j’ai recommencé à en re-casser sur la moquette en pensant à ce qu’allait être mes premières décisions comme re-premier-ministre, vrai j’étais ému. Premier-ministre tous les cons sont bons mais re-premier-ministre y en a pas beaucoup sous la V ° y faut un don.

    « Je vais nommer la Veuve Fumaille à la Présidence de la Cour des comptes, elle a dirigé une épicerie–buvette pendant trente-cinq années, c’est formateur et si Strauss-Khan démissionne je te bombarde Roger Maldonado le concessionnaire Peugeot-Citroën de Pathétique-Sur-Navrant à la tête du F.M.I. ! Ah et puis je changerai encore ma mèche de côté autant de fois que je voudrais et je cirerai plus mes petites chaussures tous les soirs avant de me coucher ah non mais y vont voir qui c’est le chef! En baskets je te leur ferai mon discours de politique générale ! »

    Vrai une sève nouvelle m’inondait, mes chaussettes rouges tire-bouchonnaient c’était comme une deuxième puberté, sur ça avait du leur faire pareil à Messmer et à Barre quand ils avaient été nommés re-premier-ministre, c’est bien simple je bourgeonnais.

    -Bon, c’est pas toute ça, tu as fini bientôt de rêver, en attendant bouge-toi tu veux il faut que je apporte toutes ces vieilles affaires à le salle paroissiale avec la froid qu’il y a et le si grand nombre des pauvres gens.

    C’était des affaires au Préfet dont il se servait pas, enfin dont il se servirait plus, je crois bien qu’à ce moment d’ailleurs j’ai vu la trappe du grenier s’ouvrir et j’ai entraperçu sa casquette à glands mais il a rien osé dire, y faut dire que ma Pineulope elle impressionne ‘achement quand elle fait sa grosse voix alors j’ai pris le ballot de costumes croisés et d’uniformes à parements dorés et on est parti à pied pour la salle paroissiale, ‘sûr on allait faire des heureux.

    C’est le Père Laridondette qui nous a reçus, c’est un homme de bon conseil et d’une sainte influence, il m’a félicité pour ma re-nomination mais il a ajouté :

    -Vous n'allez pas vous arrêter là j'espère, il faut de l'ambition dans la vie mais que cela ne vous empêche pas de penser à tous vos pauvres électeurs qui ont le pouvoir d’achat dans les chaussettes, quand ils ont encore des chaussettes, et faîtes donc une place dans vos prières, mon fils, à tous ces malheureux premier-ministres qui n’ont jamais été re-premier-ministre.

    -J’y penserais mon père... et aussi aux présidents de la république qui ne seront jamais re-présidents de la république...

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