•  

    Business Plan-Plan. 1/1 By Lofti Benayak

     

    Simone, ma femme, c’est celle qui est à la caisse sur la photo, je peux bien le dire sans elle il y a longtemps qu’on aurait mis la clef sous la porte de la boucherie-charcuterie de la Mairie qu’on tient depuis onze ans, entre les anorexiques qui veulent qu’on dégraisse tout même l’entrecôte ou le jambon de pays et les boudins qui détestent le boudin et sont pas même foutues de faire un mironton à leur homme, vrai on s’en sortait p’us. C’est elle, not’ Simone qui a eu l’idée de nous faire certifier hallal, à Jenvions les Glaneuses on a été les premiers et comme on est juste en face de la mosquée cathédrale salafiste, je vous dis pas comment ça défile, après les autres ont suivi dont ce con de Migeon de la charcuterie Migeon père & fille (voilée) qui est sur la place de l’Église (déconstruite), lui il a voulu doubler la mise et il s’est mis aussi casher,  résultat il est obligé d’égorger et de saigner deux fois ses bêtes et il s’en sort p’us.    

    Après Simone elle a eu l’idée de nous pacser.

    -Mais on est déjà marié ma Simone.

    -C’est justement ça le comptable dit que ça rapporte plus que des emmerdements le mariage et que le PACS c’est bien mieux et puis c’est plus moderne.

    Simone elle aime bien ce qui est moderne, d’ailleurs elle s’habille que moderne comme à la tévé en rose pute et mauve fausse blonde mais quand même ça me disait pas trop de divorcer, finalement j’ai accepté et après on s’est pacsé moi... et le beau-père qui tient l’agence Peugeot hallal de la place du marché pasque lui aussi il voulait payer moins d’impôts et que son comptable (on a le même monsieur M’bezdon) lui avait aussi conseillé de se pacser et qu’il trouvait personne après que son chef d’atelier avait refusé sous préteste qu’il était pas pédé et je sais pas comment ça s’est trouvé, c’est le comptable qui a eu la garde des mômes, comme ça j’avais droit à un abattement supplémentaire, sûr, je dis pas, c’est moderne mais ça devient un brin compliqué.

    C’est au moment du bilan de fin d’année et en voyant ce que j’allais devoir encore payer comme impôts que j’ai demandé au comptable comment je pouvais faire pour m’en sortir.

    -Il faut mettre Simone sur le net ! Il a lâché M’bezdon.

    Il faut dire qu’on est  échangiste avec Simone et qu’on avait déjà échangé avec le comptable malgré qu’il soye célibataire (c’est pour ça aussi que c’est dure pour lui d’élever tout seul mes gamines maintenant!), et il en était encore tout ébloui, il faut dire que Simone elle fait tout, la double anale, la triple vaginale, la double auriculaire inversée, la quadruple nasale comme elle dit en rosissant du prose et en battant des faux-cils:

    -Je suis une libertine.

    -Tu te rends pas compte Raymond mais c’est de l’or en barre ta pu...  enfin ton ex-pu...femme  et il y a pour ainsi dire pas d’investissements à part madame, t’as bien un caméscope ?

    -Ben oui.

    -Bon tu aménages un studio dans ton garage, éclairage, banc de mixage et tout et tout...

    -Il est plein comme un oeuf mon garage on y mettrait pas une capote vide.

    -Eh bien tu loues la grange au  père Lieutaud, il en fait plus rien il est trop vieux. Et tu fais un site échangiste amateur sur le wouébe, tous les soirs une petite vidéo connaissant les qualités de notre Simone ça va faire un tabac. Avec même pas vingt mille teuros d’investissement tu t’en sors comme un prince. Je vais te faire un bizeness plan que tu présenteras à ton banquier.

     Jean-Pierre Poilodonque mon chef d’agence LCL (ça veut dire le Crédit Lyonnais mais chut ! Il faut pas le répéter ils font banquier incognito c’est les seuls qui ont honte de ce qu’ils ont fait, ça mérite le respect.) c’est aussi un bon copain, enfin surtout à Simone, on a aussi échangé quelques fois avec lui, lui il est pas célibataire mais sa femme est du genre coincée, alors pendant qu’il échangeait avec Simone moi je regardais la tévé.

    Copain mais professionnel jusqu’au bout, il a quand même tout épluché le bizness plan du comptable et puis il a conclu :

    -Connaissant les qualités de notre Simone, je serais enclin à penser que l’affaire est parfaitement viable toutefois des web sites pornos amateurs et partouzards...

    -Euh libertin, Jean-Pierre, libertin.

    -Oui si tu veux il y en a déjà des tas non ? Il faudrait quelque chose pour vous différencier. T’as pas une idée ?

    J’ai réfléchi, ça se bousculait là-dedans et puis soudain :

    -Et si on faisait un wouébe site échangiste amateur... certifié hallal.

    Et c’est comme ça qu’est né :

    www.raymondetsimone-touze-hallal.ex.fr

    Le premier site porno amateur plein de cochonnes mais sans bacon.

    Les débuts ont été difficiles, surtout le père Lieutaud qui se couchait plus et voulait rien rater et nous faisait le siége jusqu’à des quatre heures du matin sous préteste que la grange était à lui mais enfin on a vite fait notre trou (surtout celui de Simone) sur le wouébe et petit à petit c’est devenu une affaire familiale, après Simone, j’ai mis la belle-soeur et le beau-frère sur le net, et les gamines, et leurs cousines, et ensuite toute la section sportive de l’A.S. Jenvions, Simone en pouvait plus et pourtant elle est pas du genre à refuser du monde.

    Et puis un soir Simone m’a quitté elle est partie avec la compagnie des pompiers volontaires de Jenvions Les Glaneuses et ils ont fait un site :

    www.lespompiersvolontairesetsimone-touze-hallal.ex.fr

    Ah ça m’a foutu un coup c’est sûr mais enfin je commence à remonter la pente depuis que j’ai ouvert un nouveau site:

    www.lecomptableetraymond-touze-hallal.ex.fr

    version imprimable: Lurbaine Revue

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • 24 Juillet

    Tout est prêt à bord pour le départ, je ne suis pas fâché de m'éloigner de cet endroit dont je garderai quelques souvenirs cuisants, c'est la cas de le dire, et d'autres fort agréables, d'ailleurs le plus agréable a tenu à se déplacer jusqu'ici pour nous dire au revoir, malheureusement c'est un souvenir accompagné de son mari, dommage je lui aurais bien fait des Adieux plus circonstanciés à la délurée rouquine.

    L'amiral Biskit Bahlsen en grand unifôrme, nous le sommes tous, se fait admirer plus que de raison dans le commandement de la manoeuvre, il prend des poses devant les populations mêlées qui ont envahi les quais.

    -Tribord arrière 60! Stop! 3° degrés babord avant... j'ai dit 3°... enfin quoi mes enfants... là stoooopppp! Machines en avant toutes route à 74!

    Il faut dire aussi que dans la nuit un porte-avions nucléaire américain le USS Flatulance est venu nous serrer et que celà braque mal un contre-torpilleur. Enfin nous voilà délivrés et nous filons vers le chenal à bonne allure quand un jeune inconscient juché sur l'un de ces maudits scooters de mer nous barre la route, l'Amiral patine un peu il faut en convenir, il commande un : "Lâcher tout quoi merde!" qui ne me semble ressortir d'aucun manuel de navigation et que sanctionne un terrible bruit de tôle.

    Je rassure les âmes sensibles, le scooter n'a rien, en revanche nous, nous coulons.

    Nous coulons trés proprement, très sereinement, mais nous coulons.

    -Vous avez un hobby, Amiral?

    -Je pêche un peu quand j'ai le temps... Monseigneur.

    -Eh bien à l'avenir vous aurez de grands loisirs mon cher, j'y veillerai.

    Je m'emporte, mais nous avons déjà l'eau à la taille.

    Heureusement les garde-côtes Futraks viennent nous secourir très vite, il faut dire qu'ils n'ont pas beaucoup de chemin à faire. Nous n'avons pas à déplorer de victîmes dans nos rangs même pas l'amiral que j'aurais pris pourtant plaisir à déplorer.

    Le plus pénible c'est encore notre retour mouillé, décevant et précipité convenons-en sur le quai toujours plein de monde.

    Le Président Jon-Bob nous envoye une cellule de soutien psychologique, met une caserne à notre disposition et me propose d'affrêter un charter low-cost sans suppléments hormis pour le kéroséne, les pilotes et les hôtesses (27 heures de vol quand même! Quelle idée aussi de coloniser aussi loin! Il faut dire que nous nous y sommes pris tard et quand nous avons voulu coloniser tout était déjà retenu, la colonisation civilisatrice c'est comme les locations de vacances il vaut mieux s'y prendre longtemps à l'avance!), je me vois mal revenir en charter à Upshloüt aprés l'avoir quitté en contre-torpilleur, je m'en ouvre à mes fidéles compagnons: John Brank, Petcho Larigaïe et le père Fulmance des Emplettes.

    Nous sômmes tous assez abattus, jusqu'à ce que Erik le mauve entre hilare dans le bureau:

    -Je crois qu'ils ont retrouvé le moral! Dit-il en nous désignant la cour de la caserne où les psychologues et les infirmières dansent repeints en rouge et fort spirituellement remplumés avec de la colle à moquette et du duvet d'oreiller sous les plaisanteries de nos équipages, il y a peu abattus et maintenant tout à fait conquérants.

    Quel meneur d'hommes!

    -Je vous en prie baron, la cellule de soutien psychologique nous a été prêtée seulement par les autorités, elle ne nous appartient pas il nous faudra la rendre en bon état de préférence.

    -Bah les gars s'amusent, c'est pas méchant!

    Quelques cris nous renseignent sur la tournure que prend le chahut:

    -Evitons quand même le viol collectif, voulez-vous mon cher Baron.

    -A vos ordres Tétesse, mais ça va pas être facile de les occuper pendant tout ce temps!

    -Eh bien faîtes leur donc repeindre la caserne plutôt que les psychologues.

    -A vos ordres Tétesse!

    Il claque des talons et s'en va... pour revenir quelques secondes après:

    -Quelle couleur?

    -Mais je m'en fous bien Baron mauve!... euh mauve faîtes ça en mauve, celà calme parait-il encore que...

    A cet instant le téléphone retentit comme dans les meilleurs séries télévisées c'est Jon-Bob qui  prend de mes nouvelles, je le remercie pour ses attentions et lui demande s'il ne pourrait mettre à notre disposition quelque 'esquif:

    -C'est qu'on est pas trop une puissance maritîme malgré nos prédispositions insulaires, écoutes vieux (oh cette manie qu'il a de tutoyer tout le monde!) je vais t'envoyer mon secrétaire d'état  aux ... problêmes sociétales...

    -Taux! Les problêmes, j'imagine qu'ils sont plusieurs !

    -Ah ouais tiens don' la merde j'y avais pas pensé il va falloir que je fasse un remaniement alors! Enfin tu vas voir il va te trouver une solution allez on se phone hein ciao.

    Ce garçon est ce que la démocratie a fomenté de plus répugnant depuis l'invention des toilettes publiques.

    Toujours est-il que le secrétaire d'état aux problêmes sociétales sus mentionné nous rejoint assez tôt et qu'il paraît bien décidé à trouver une solution à nos ennuis:

    -C'est que des bateaux on en a pas de trop et si on vous repasse trois pédalos ça fera pas votre affaire, notre flotte c'est surtout des thoniers, des pipoliers et des connardiers... des yachts et des paquebots de croisière quoi ! Si vous voulez Monseigneur on pourrait aller faire un petit tour sur le port voir si on ne peut pas vous trouver quelque chose.

     

    De fait je me rends compte de visu qu'il y a beaucoup de yachts et de paquebots, certains yachts étant même plus grands que les paquebots, mais des navires de guerre en état et surtout dans nos prix il y en a peu! Sir John Branke a organisé une quête qui a recueilli 6589 Brelotqs ce qui fait à peu prés 500 $ Futraks.

    -Il y aurait bien un aviso libanais, ils sont arrivés le mois dernier ils se sont égarés après des manoeuvres en Méditerranée on peut toujours essayer.

    Mais les libanais demandent un prix exorbitant de leur barcasse qui est tout au plus une grosse vedette trafiquée.   

    -Mais je suis con moi! Il y a Jean-Françouais qui pourrait vous dépanner! Jean-Françouais c'est son surnom, son vrai nom c'est Jean-François Bombsec. C'est un gars qui tient une baraque à frites sur le port, un français, un sous-marinier il est arrivé l'hiver dernier à bord du "Françoise Dolto"  un sous-marin nucléaire lanceur d'engins français, avec les événements en ex-France ils avaient même plus le rond pour payer l'anneau sur le port et puis ils se sont engueulés il y aurait même eu des cas de cannibalisme, ils se sont rapatriés en s'engageant comme soutiers sur un cargo chinois sauf le capitaine de frégate Bombsec qui était commandant en second et qui a ouvert une guinguette sur son batîment ça fait venir les touristes et ça lui paye sa place sur le port mais je crois qu'il voudrait bien rentrer maintenant, vous pourriez lui proposer de vous le vendre ou de vous le louer... excusez-moi on m'appelle...

    Son costûme se met à s'illuminer,vibrer, siffler, philarmoniser, c'est son téléphone portable, je comprends qu'il parle avec son reluisant Président  et raccroche rayonnant:

    -Jon-Bob, à la suite de votre remarque, vient de me remanier il m'a promu Ministre des Affaires Sociaux .

     

    Nous allons discuter avec mon compatriote le capitaine de frégate Jean-François Bombsec, c'est un marin comme je les aime, breton de  vieille et haute école, très attaché à son batîment et aux usages de "la Royale", il est en plein coup de feu, il a l'air de bien marcher son petit commerce, il a arrangé le sous marin accroché des petits drapeaux et des lampes versicolores, c'est charmant, nous prenons langue mais il se montre intraitable, il veut bien nous louer son sous-marin mais rien à faire pour nous le vendre.

    -Arrivé à la maison, au Plessis Bouchard je le mettrais sur câle comme ça je l'aurais sous les yeux, le matin en me levant!

    Belle figure de breton!

    Nous nous mettons d'accord enfin autour d'une bolée de cidre de banane sur un prix de location (haute saison quand même!) assorti d'une certaine somme forfaitaire pour l'achat du kéroséne.

    Premiers incidents quand l'Amiral veut décrocher la guirlande de lampions multicolores, repeindre en rose le batîment et rebaptiser le navire. (à suivre...)

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  •  

    La rubrique sexo-pétassing d’Urbane Tattack par Mary Keune-Debaze

     Et oui les filles revoilà votre rubrique sexo-pétassing avec plein de bons plans pour être toujours plus... enfin pas moins...  

     

    Sextoys :

    La main de masseur... dans la rondelle d’une conne.

    Faaabuleux ! Surtout et le plus important pour moi... puuf ! puuf ! ils n’ont pas oublié la fausse bague ni la fausse Rolex vaterprouffe, en plus elle est vibrante... puuf ! puuf ! et elle sonne aux heures pleines, les sensations sont étonnantes et on arrive pas en retard... puuf ! puuf ! driiiing ! aaaaaaaaaaaah ouiiiiiiiiiiiii je viens !

    Le marteau piqueur pneumatique avec le compresseur 15 cv. Pour celles qui veulent vraiment se faire défoncer. Prévoir des boules Quiés et des chaussures de sécurité.

     

    Les bonnes recettes de Julie l’anorexique : La garbure transgenre

     -Aujourd’hui nous recevons le chef Jean-Pierre Taincong de l’Aubergeouillade à Chandépiés-Lés-Pôpiétés

    -Bon alorrs ma petite Julie aujourrrrd’hui on va fairrrre une bonne Garrrbure ‘tain con !

    -Eh oui Jean-Pierre une bonne garbure allégée au soja et aux lentilles roses.

    -Au quoi ?

    -Au soja et aux lentilles roses, une garbure transgenre quoi.

    - Macarel mais tu te fous bien de ma gueule ma fille!

    -Il faut évoluer Jean-Pierre nous vivons à l’heure de la vorlde kitchen et du métissage des mélanges... vous prenez donc un beau filet de gland bien dégraissé...

    - Putaingue où j’ai mis le fusile ?... heureusement je me méfie et quand je monte à Paris que je viens chez les dingues je prends toujourrs  le fusile !

    -Calmez-vous Jean-Pierre ou je vais vomir déjà que tous ces aliments autour de moi vous imaginez pas combien ça me dégoûte.

    - Putaingue les cartouches ? Oùsque j’ai mis les cartouches !

    -Jean-Pierre ! Non Jean-Pierre !

    -Pan ! Pan ! ‘tain con !

    -Ah la conne elle m’a soufflé... aujourd’hui donc cherrrs tévéspectateurrs la garrrburrre à la bécasse... maigrrre...

     

    Courrier des lecteuses :

    Célia nous écrit :

    Je suis amoureuse de mon prof de stretching mais il me trompe avec mon prof d’aérobic que faire ?

    Mets-toi au tennis... et au golf.

     

    Littérature pétassophone

    Ce mois-ci nous vous offrons en esclusivité les meilleurs extraits du nouveau roman de Barbara Kelgland :

    Nous trois !

    (Collection Arrhlesconnes ! Tout un monde de connerie pour 3 € 85. ) En vente dans toutes les grandes surfaces rayon littérature industrielle... 3 € 85... ah ouais quand même, ça fait 25 balles quoi.)

     

    « Je rencontrais Pachocono à Paris dans une exposition de peintures... chez Leroy-Merlin.

    Pour payer ses études d’architecture il faisait des malfaçons chez Maison Bouic. Il voulait être « un grand architek qu’on cause à la tévé si tu vois amour ».

    J’appris qu’avant cela il avait été médecin en Allemagne dans une clinique de la forêt noire  où il avait combattu héroïquement une épidémie de gastro-entérite déclenchée par des Weisswurst pas fraîches pendant la fête de la bière, épongé et soutenu par sa seule infirmière-cheffe la fidèle Helga.

    Pour payer ses études de médecine il avait été pilote de ligne héroïque sur jemejet.com une compagnie chyprio-afghano-belgo-hondurienne à bas coûts de Bakou, où il était parvenu héroïquement après une erreur humaine de l’ordinateur de bord, à poser son airbus sur un parking de supermarché, enfin il ne s’était arrêté complètement qu’au rayon crémerie.

    Il me l’avait confié l’une de ces nuits où assailli par son passé fourni et tumultueux il ne parvenait point à trouver le repos, il m’expliqua que pour payer ses études de pilote de ligne il avait été aussi maharadjah en Inde et auparavant  armateur grec à mi-temps pour payer ses études de Maharadjah et enfin pécheur de fausses perles à Prisunic pour  payer le photomaton.

    C’était ce que j’admirais le plus chez lui sa volonté, depuis qu’il avait quitté son pays il avait toujours travaillé pour financer ses études nombreuses et successives :

    -Mais amour tu n’as donc aucune famille qui pourrait t’aider et te soutenir tout au long de tes études.

     

    ... Il ne me répondait pas, il se fermait... ou me foutait une baffe, je ne perdais point patience enfin un jour je parvins à démanteler ses défenses ultimes et il me raconta qu’il était issu d’une grande famille d’Amérique latine les Empalmados y Tres, mais orphelin très jeune, ses parents s’étant tués au club méditerranée d’Agadir pendant une course en sac disputée un peu bêtement sur la Nationale et gagnée largement par l’autobus qui arrivait en face, confié à la garde de son  grand père le terrribile Don Rrrraoul Empalmados y Tres  et de la douce et tendre servante la brave Arthritica, dés qu’il avait pu quitter l’immense estancia familiale et le redoutable aïeul il avait fui en Europe. 

    Peu importait nous nous aimions et d’un amour que je pensais indestructible.

    Et puis le grand-père le terrrrrribile don Rrrraoul était mort... entre deux putes disait le journal ( le sandouiche bolivien ça s’appelle, il faut quand même la santé, et lui il l’avait plus trop, parait-il qu’il avait soudain manqué d’air» « y a la salade qui couine avait dit l’une des putes ! », celle d’en haut,  « c’est pas la salade c’est le jambon avait rectifié celle d’en bas ! »)

    Pachocono héritait de l’estancia et de la fortune familiale et il prit la décision d’y retourner avec moi.

    Jusque là je ne connaissais que nos petits champs de tartiflette d’altitude savoyard, aussi quand je découvrais les immensités de l’estancia Empalmados y Trés ces milliers d’hectares de pizzas OGN sous le soleil couchant, à perte de vue des champs en téchnicolorés de Margherita épinards, Marghérita emmental et Margherita champignons (de tradition dans la province il pratiquaient la monoculture des Margherita.)  je fus émue jusqu’au tréfonds et je me dépêchais d’aller changer de slip avant de rejoindre Pachocono qui m’attendait sur ce que je croyais être la piste d’aviation de la propriété familiale ...  et qui n’était en fait que la salle à manger d’été.

     

    ... Chaque matin suivant le même rituel de deux âmes amoureuses nous parcourions à cheval le domaine et très vite nous nous roulions dans les champs et nous rentrions couverts de tomates/moules et d’anchois/champignons (je vous dis pas les notes de teinturerie.).

    Ennegulado le ranchero en jefe souriait avec tendresse en nous voyant arriver dans la cour de l’estancia, il disait avec un bon sourire que notre amour fou lui rappelait sa jeunesse quand il allait voir les putes à Contençion et la bonne bonne Arthritica, oui enfin la servante fidèle qui avait élevé Pachocono, souriait avec cette tendresse que je voyais sur son visage dés qu’elle découvrait la joie sur le visage de Pachocono qui souriait dés qu’il voyait la joie sur le visage de  sa chère et fidèle Arthtica qui souriait dés qu’... ect on l’aura compris ces deux-là souriaient souvent dés qu’ils voyaient la joie sur le visage de... merde v’là que ça me reprend!

     

    ... Quelques fois, Pachocono s’enfermait dans un mutisme inquiétant quoique sonore, inquiète je l’interrogeais.

    -Le cassoulado qui passe pas, j’aurais pas du en reprendre après la côte de boeuf à la moëlle de nonne...

    Je parvenais à le réconforter :

    -Ah ‘utain ça fait du bien je crois que j’ai tout rendu, je t’en ai pas trop mis sur ta chemise de nuit arachnéenne...

    Après le plus souvent nous faisions l’amour avec passion et nos corps vibraient à l’unisson... ou alors il s’ouvrait une bière.

    -Burp ! T’en veux chérie ?

    -Merci amour ça fait péter !

    Très vite pourtant je découvrais la terrible vérité, il n’avait jamais cessé d’entretenir une liaison avec Wilfrid Müller son ancien chef steward.

    -Chéri mais qu’est-ce qu’il a de plus que moi ?

    -Ben si tu sais le truc sur le devant et puis les deux petites balles qui se balancent, c’est marrant, ça occupe et puis il est vachement moins cassepion. Avec lui on peut discuter de tout et même s’engueuler il m’envoie pas les flics et puis il est quand même plus...

    -Plus quoi mais bordel de merde parle espèce de connard ou je t’éclate la gueule à coups de gaffe !

    -Plus... plus féminin.

    J’éclatais en sanglots, vrai j’en ai mis partout sur les murs et sur la moquette, et le sanglot pour le faire partir c’est galère, je fis mes valises, je savais qu’il me reviendrait et je lui promis que je l’attendrais. Je partis donc mais je me faisais la promesse de retourner ici un jour... avec un nettoie-moquette.

    Le soir tombait sur les champs de calzone du voisin (un original) qui rutilait comme au premier matin du monde... ziuuuuuiiiup merde j’avais encore glissé sur une rondelle de chorizo et je m’étais vautrée, faudrait peut-être voir à ralentir sur la Tequila je me pensais! Pays de merde, j’irais l’attendre à Bagnolet ce con quand il en aurait fini avec ses histoires de tantes !

    -Enculados ! Je gueulais de toute ma peine.

    -Oui quelqu’un m’a appelé ?

    -Non, non brave et fidèle Ennegulado je parlais toute seule, ne vous dérangez pas à quelle heure déjà le train pour Bagnolet ?

    (copyright Barbara Kelgland and Arrhlesconnes S.A Vevey 2010 vorld raïghts riserved)

    version imprimable: Lurbaine Revue 

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It





    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires