• Casse-toi 'pov' con à Matignon! 1/1 par Lofti Benayak

    Le journal de François F. soumis.

     

    Les jours de remaniement c'est toujours difficile, il y a une ambiance tendue, ça téléphone de tous les côtés, moi comme d'habitude je me mets dans les coins, je me fais petit, ouais encore plus petit quoi parce que mon vénéré maître est très énervé, mais cette fois ça a été encore pire, la veille déjà on avait eu une entrevue vachement tendue, je m'étais rebellé, non mais pour de bon:

    -J'en ai marre de passer pour un con et que tu fasses tout dans mon dos sans m'en causer, j'en ai parlé toute la nuit avec Pineulope et...

    -Et...

    Il avait son petit sourire cruel mais je me suis pas laissé démonter, de toutes les façons Pineulope, ma femme mon mari, mon autre chef quoi, elle m'avait dit que si je me dégonflais encore un coup je pouvais aussi bien pas revenir à Matignon, et elle avait donné des consignes aux gardes républicains de pas me laisser entrer, vrai j'étais à bout, je me suis mis à pleurer:

    -Et je veux des ministres à moi, rien qu'à moi, des que j'aurais choisis moi-même et qui m'obéiraient.

    Il a dû sentir que j'étais prêt à tout parce qu'il a changé de sourire (il en a toute une panoplie qu'il transporte avec lui comme un lanceur de couteaux se baladent toujours avec son jeu de couteaux trafiqués), il m'a même tapoté l'épaule.

    -Bon écoute, c'est vrai qu'à ton âge c'est normal de vouloir des ministres bien à soi, mais il faut comprendre mon garçon, que dans la vie tout n'est pas donné comme ça, j'ai des obligations tu le sais, tu es en âge de comprendre... mais enfin je vais voir ce que je peux faire.

    Il est passé derrière son bureau et il a refait ses comptes, j'osais pas trop le déranger, enfin il a levé la tête:

    -Bon... enfin ça va pas être commode... vo-yons... écoute je vais te donner les personnes âgées, tu aimes bien ça les personnes âgées, t'es toujours fourré avec eux, t'arrête pas d'inaugurer des foyers du troisième âge, tu t'entends bien avec eux n'est-ce pas, allez arrête de pleurer, là mouche-toi!

    -Oh ce que t'es chic alors! Un ministre à moi, rien qu'à moi, un que personne jamais m'enlèvera ni ne me démissionnera, un que je nourrirai et que je soignerai et que...

    -C'est ça... c'est ça, vas y réfléchir et puis tu me feras une liste et je verrais ce que je peux faire.

    J'étais content mais content, les idées se bousculaient dans ma tête à l'arrière de mon tandem (il m'a collé un tandem avec chauffeur quand il a fait son ouverture aux écolos mais je m'en fous comme il m'avait déjà supprimé les motards et puis mon chauffeur monsieur Mouillard est ancien recordman de l'heure amateur du Chauvinois)

    Arrivé à Matignon, je me précipite chez Pineulope, je lui avais déjà téléphoné la bonne nouvelle et elle m'attendait en haut de l'escalier d'honneur, elle avait pas l'air trop contente et qu'est-ce qu'elle était grande, trois marches avant le palier, j'ai osé:

    -Ah ça y est j'ai mon ministre à moi!

    -Les vieux ! It's peanuts!

    -Ah ne parle pas comme ça de nos aînés veux-tu, ce sont eux qui ont fait la France d'aujourd'hui...

    Eux qui avaient élu Giscard et puis Mitterrand deux fois même quand il était déjà mort et puis Chirac et puis... et puis... ourps ah ouais ça commençait à chiffrer quand même! Salauds de vieux!

    -Well, c'est mieux que rien, allez hurry up va manger ton soupe and tu fais ton coucher à neuf heures!

    Dans mon petit lit de ma petite chambre sous les combles (Pineulope elle aime prendre ses aises dans un grand lit) j'arrivais pas à m'endormir, je pensais à mon ministre, qui j'allais bien pouvoir prendre, j'avais en tête quelques noms, tous des natifs de Pathétique-sur-Navrant comme moi, des "pays" quoi, le Père Laridondette peut-être qui s'occupe si bien de la salle paroissiale ou Mademoiselle Migeon si dévouée aux autres, oh oui une bien bonne personne et je m'endormis après avoir fait une prière de remerciement à Sainte Blondaine du Dahut qui avait si merveilleusement exaucé mon voeu.

    Le lendemain, j'arrive tranquillement à l'Elysée avec ma petite liste, oh il y avait du monde partout, partout et ça téléphonait, je fais discrètement signe à l'huissier en chef Monsieur Boulon que je suis là et que je sollicite une entrevue, il m'avait pas vu, il me facilite bien les choses, lui aussi il est du Chauvinois et après trois heures d'attente sur mon petit bout de banquette enfin mon maître admiré me reçoit, il n'a pas l'air de bonne humeur.

    -Quoi qu'est-ce que tu veux toi encore?

    -Je... je t'ai apporté ma petite liste, si tu as le temps...

    -Ta petite liste de Noël?

    -Mais non c'est pour mon ministre que tu m'as promis hier, tu sais bien!

    A ce moment l'un de ses portables sonnent, il en a quatorze, je sais pas comment il s'y retrouve, quel homme!

    -Oh Mister my Président! My deepest respects of the evening Mister my Président...

    Et il commence à causer en anglais, langue que j'entends à cause de Pineulope qui m'engueule toujours en anglais, parce qu'elle dit que ça vient mieux, enfin il écoute surtout et il faut voir comme il est respectueux et obéissant, il raccroche enfin, il a tout blêmi du visage.

    -Ah écoute je peux pas, le directeur des Finances Publiques sort d'ici, c'est la faillite, on peut même plus imprimer les papiers pour l'emprunt d'état, on va faire ça par Internet comme pour les crédits revolving, ils souscriront, ils sont tellement cons. En attendant je suis obligé de prendre plus que des ministres payants. Ah il faudra aussi que tu te charges de virer les arabes du gouvernement, tu te débrouilles comme tu veux tu fais un plan social, mais pas des mille et des cents, leur huit jours, la prime de retour au pays et basta on a plus le rond!

    -Mais et ton grand truc, la Diversitude!

    -Pour ça pas de problèmes il y en aura des arabes, mais des qui ont du fric pas du goinfrard de travailleur social, j'ai pris deux koweitiens très bien et un cousin du cheikh d'Abu-Dhabi, il n'y a qu'un problème je sais pas où je vais mettre l'américain?

    -L'américain?

    -Ouais un collègue de la CIA, John D. Kaykett,  le chef vient de m'appeler et il veut absolument que je le prenne il part en retraite et il a besoin de s'occuper...

    -Mais... mais tu as un chef?

    -Ben oui comme tout le monde!

    Quand même j'imaginais pas qu'il obéissait aussi bien lui aussi.

    -Mais... mais ton type-là il est pas français!

    -Mais on s'en fout de ça on lui trouvera des papiers, c'est pas un problême et puis il a une maison dans le Lubéron, il parle un peu français... enfin comme nous et moi quoi!

    -Mais et mon ministre... mon ministre que tu m'avais promis !

    Je recommençai de pleurer:

    -Ah et puis arrête de chialer tu vas encore tâcher le parquet et après j'ai le petit personnel CGT sur le dos!

    -Salaud! Salaud! Salaud! T'avais promis! Je répétais en serrant mes petits poings.

    Là il s'est vraiment mis en colère:

    -Casse-toi 'pov con à Matignon! Il a gueulé... et je suis parti.

    Depuis j'ose plus rentrer à Matignon, Pineulope doit être furax, je dors dans le garage à vélos

    de Monsieur Mouillard, qui est bien obligeant, ce qui est marrant c'est que personne s'est aperçu de ma disparition.

     

    version imprimable:http://revue.lurbaine.net

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • 30 Juin

     

    Je suis dans la sidération la plus compléte, ma Klopilde, ma douce, ma virginale et candide, ma luminescente Klopilde, qui poursuit des études de Coiffure Internationale à la Puff and Surf University of Florida's Bitch s'est mariée ce matin à Las Vegas avec un plombier polonais rencontré dans les toilettes de l'aéroport international de Vancouver où semble-t-il elle était en transit et lui en mission.

    C'est l'agence de presse du Royaume, l'Agence Fröders qui l'annonce.

    Sa mère est effondré, ses frères sont effondrés, je suis moi-même debout mais largement fissuré dans mes certitudes. On l'imaginera sans peine.

    Que d'interrogations m'agitent: mais pourquoi aller si loin pour ça ? Des plombiers polonais il y en a partout en Europe, non ? Il me semble enfin oui.

    Et que faisait-elle dans les toilettes de l'aéroport de Vancouver?

    Et pourquoi Las Vegas pour une union ? Quand nous avons ici un certain nombre de cathédrales certes protestantes mais en parfait état de marche, lors de la prétendue Réfôrme les églises catholiques du Royaume ayant été rasées, ruinées ou laissées à l'abandon, sans doute par esprit de tolérance, mais malgré tout il eut été tellement plus agréable que les épousailles se fissent en famille et en même temps avec une certaine pompe (... mais de préférence sans le plombier!), d'autant que je me serais arrangé pour que le Père Fulmance Des Emplettes leur refile une petite bénédiction au passage  Et puis... et puis que je sache la douce enfant ne parle point le polonais.

    La famille est réunie dans la salle du Breakfeast de nos appartements privés du Palais et nous attendons, fébrilement les nouvelles, elles arrivent hélas portées par Urinald Fun Froeben comme autant de coups de canons démantelant la forteresse austère et que nous croyions inexpugnables de nos principes:

    -Ce p... de s... d'o.... de Polak est divorcé trois fois et il a sept mômes! Ce Monsieur Lopeck Glissenski, c'est un nom parlant, a fait de la prison en Turquie pour trafic de blondes (Dieu merci Klopilde est auburn!) et en Polakie pour proxénétisme aggravé. M'écrié-je sans me départir totalement de la maîtrise de mes nerfs.

    -Oui ce monsieur nous semble être un triste individu en vérité! Conclus Gretaetkë en  se resservant du thé.

    -Mummy je crains qu'il ne nous faille déshériter cette pauvre Klopilde et la retirer de la liste de succession au trône. Propose Koonrardt désespérant de calme dans son uniforme, et tout en beurrant sur les deux faces et les côtés (c'est un perfectionniste!) sa biscotte.

    Ce qu'il peut être agaçant ce môme parfois!

    -Tu vas te taire petit Koon! Explosé-je.

    -Je vous rappelle Monsieur le Prince consort que vous vous adressez au futur et prochain souverain de Nordnmark.

    -Pas si prochain que celà mon fils! Rectifie la reine en lui allongeant une baffe qui propulse sa biscotte beurrée sur le plastron de son bel uniforme.

    Il faut reconnaître à ma Poupetkë un don quasi surnaturel, elle a toujours eu une trés bonne droite, pour apaiser les conflits et corriger les insolents.

    -Vous énervez pas boyz'd'girlz, intervient mon brave Ulriktkë en slurpant plus que nécessaire son chocolat et en dévisageant son téléphone portable, quand elle en aura marre la Klo-Klo elle divorcera de son vieux et personne en parlera plus!

    -Dois-je vous rappeler monsieur le Prince héritier en second que notre soeur est troisiéme dans l'ordre de succession et que s'il nous advenait quelque adversité, elle aurait à régner sur notre Royaume. J'imagine mal un plombier polonais en Prince consort, il est vrai qu'il est des précédents qui peuvent autoriser toutes les audaces et...

    Avant même que cette petite peste de Koonrardt eut terminé sa phrase qui s'annonçait comme possiblement désobligeante à mon endroit ma Poupetkë lui en a retourné une seconde qui envoie la biscotte qu'il beurrait sur le col de son uniforme .

    Il se léve toujours maître de lui et glacial mais avec de meilleures couleurs aux joues, des biscottes beurrées plein son uniforme et une trés chouette casquette sur le chef.

    Il a de l'allure le fiston, il tient de son père.

    -Majesté je demande la permission de me retirer dans ma  caserne !

    -Ta caserne? M'interrogé-je de vive voix.

    -Notre fils fait son service militaire mon ami. Me renseigne la reine.

    J'avais complétement oublié, c'est pour ça qu'il est en uniforme, il faut dire aussi qu'il est plus souvent au Palais qu'à sa caserne.

    -Tu ne sers pas dans la Marine au moins fiston ? Lui demandai-je un peu inquiet en lui tapotant paternellement l'épaule.

    -Non dans l'armée de l'air.

    -Ah je préfére. (Il faut dire que jusque là je ne leur ai jamais vendu de zincs). Allez amuse-toi bien petit Koon. (C'est son diminutif familial) Lui dis-je en l'embrassant sur le seuil du couloir, je l'accompagne du regard jusque dans les escaliers quand soudain retentit derrière moi un voix familière, oh tellement familière!

    -Alors grolartkë tu as des nouvelles de la petite? Toi tu as encore pris du bide !

    Cette voix tintammarante et boulevardière c'est celle de son altesse royale la Princesse Birgitkë de Nordnmark, pour les intîmes (et ils sont nombreux!) et le bon peuple Prinzipin Gui-Guitkte, la soeur jumelle de la Reine, née seconde elle n'eut pas droit au trône. Au naturel: une nature!  Elle a longtemps défrayé la chronique du gotha par ses frasques et fait la une des journaux à scandales et autres pipolades, aujourd'hui elle est un peu comment dire? "rangée des voitures."  (à suivre...)

     

    version imprimable:http://revue.lurbaine.net

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • La Cellule de Maintien Idéologique 1/3 Par G.M.Neoletto.

    Les aventures de Jean-Plaude et Jean-Cluc militants Umpistes de la Basse-Meuse

     

    Avec Jean-Plaude on avait travaillé dur pour monter l'université d'été des jeunes de l'UMP Basse-Meuse à Moulzy-Benrond où on est élus municipaux. C'était un grand honneur qu'on nous faisait, pour plus de commodité et bien préparer les préparatifs on avait décidé d'organiser ça au mois de Novembre, il allait y avoir de l'affluence dans la plaine des sports (l'ancien champs d'épandage du père Mouillot que la mairie lui avait loué pour 99 ans renouvelables par tacite reconduction) surtout qu'on avait réussi à avoir Nadine Morano en "guéste stare". Mais enfin le jour dit tout était en place, le chapiteau, les stands, les attractions (on avait retiré in extremis  le "lancer de nains"  après un coup de fil furibard de l'Elysée-entertainment and resorts corp. TM). 

    Et voilà que la Morano débarque, toujours élégante dans un tailleur emperlé vert pomme à volants roses, cette femme a une classe ! Dés qu'elle voit la piste de danse, elle s'y précipite en entraînant à sa suite les photographes du "Bas-Meusien Libéré" qui n'en demandaient pas tant:

    -Tiens toi Jean-Cluc tu me gardes mon sac et mes chaussures!

    J'obéis, je prends le sac à main et les pompes et ... zzzzllllunnngggg y a le T.G.V qui me passe au ras, ah vrai ça surprend, surtout qu'à Moulzy-Benrond, le TGV y s'arrête pas d'habitude, il y a même pas de gare.

    Ce coup-ci, exceptionnellement il s'est arrêté... dans la salle de télé de la polyclinique d'Orthogénie des Pinouillettes, il avait raté le strike de peu, à droite c'était la maternelle Daniel Cohn-Bendit et dix mètres de plus et il entrait dans la maison de retraite échangiste Françoise Dolto qu'on venait d'inaugurer, là qu'on a regretté d'avoir déconstruit la cathédrale au milieu de la place de... la cathédrale, ça aurait amorti le choc surtout que la déchetterie modèle (elle a été bénie par Nicolas Hulot) qu'on a mise à la place, elle schmecte modéle quand même pas mal les soirs d'été. Putain,  je peux témoigner que ça impressionne un événement comme ça, 'faut l'avoir vécu.

    Et comme un couillon je restais immobile avec mon sac et mes pompes roses à la main, enfin je tourne la tête vers l'endroit où se trouvait encore, il y avait même pas dix minutes, leur légitime propriétaire: plus rien. Tout avait été labouré, et pour la bourrer la Morano il en faut, un sillon de trois mètres de haut qui traversait l'agglomération jusqu'au Pinouillettes. Autant dire que de la Morano il en restait plus grand chose, juste un faux cil et un bout de ficelle de string ministériel tricolore! 

    Là-dessus le père Mouillot qui arrive, bien avant les secours, furibard, il nous montre avec sa canne les corps éventrés, le sang et la tripaille partout jusque dans les arbres, les mômes qui pleurent, les dames qui cherchent leurs slips:

    -Avec toutes vos orgies vous m'avez tout salopé mon bien 'Va falloir me remettre tout ça en ordre ou sans quoi je reprends le bail!

    Heureusement les secours arrivent... mais non c'est pas les secours c'est la Cellule de soutien psychologique que la Préfecture a envoyé sur place, les secours y sont bloqués par le pont du TGV qui s'est effondré sur la nationale, pour ça que le TGV il a déraillé nous esplique le chef du CUMP (Cellule d'Urgence Médico-Psychologiques c'est comme ça que ça s'appelle officiellement!) le Docteur Craquebume qui d'après ce que je comprends est psycho-sociogogue de formation:

    -Mais nous on est passé avec le 4X4 par le Plessis-Les-Meules et le Parc naturel de la Brêle sur Meuse, eux y sont pas au courant du raccourci, c'est aussi bien comme ça on va pouvoir faire le tri tranquillement... vous portez toujours à la main un sac de dame et des chaussures roses à talons ou bien seulement les jours de fête?

    Il m'a demandé en commençant de passer en revue avec ses collègues les victimes, il faut dire qu'il y en avait partout:

    -Non, non... c'est pour la danse je...

    -Ah ouais, ouais je comprends pour danser avec des talons c'est pas commode... on va verbaliser tout ça... non celui-là on le prend pas, il a paumé un bras, çui-ci il va claboter, tiens y fait de drôles de bruits lui... marrant... vous comprenez nous on s'occupe que des "impliqués" à peu près indemnes, 'faut pas non plus faire les difficiles, les blessés on les laisse aux collègues...

    -Et les morts?

    -Ah ça on s'en fout bien, on sous-traite à une usine d'aliments pour chiens, avant on faisait des chapelles ardentes mais c'est plus trop la mode aujourd'hui les gens y comprendraient rien... à la limite des mosquées ardentes oui peut-être? Tenez venez, en attendant on va commencer par vous, cette histoire de sac à mains ça me trotte pendant que les collègues chinent pour trouver "des impliqués" à peu près exploitables on va faire un petit "défusing" sur le pouce.

     Un "defusing" quézaco ça me disait trop rien, heureusement, Jean-Plaude est arrivé avec des nouvelles. Le plan Samerdouille+ avait été déclenchée, il s'agissait d'abord comme le lui avait espliqué sur son portable le sous-préfet de secourir les secours qui étaient toujours bloqués par le pont effondré, surtout qu'ils s'en étaient pris un bon bout sur la tronche à force de lanterner là-dessous et qu'il commençait à neiger.

    -... ils voulaient envoyer des hélicos mais le plafond est bas et de toutes les façons le seul hélico en état de vol qu'ils avaient il est en Afghanistan pour lutter contre l'Axe du Mal.

    En plus les passagers du TGV commençaient à débarquer et à venir dans la Plaine des sports morts, c'était en majorité des cadres d'une grosse boîte d'informatique qui se rendaient à un séminaire et ils commençaient à renauder parce qu'ils allaient être en retard pour  le Corporate Meeting d'ouverture. Ils marchaient au milieu des cadavres et des agonisants en faisant attention à ne pas se tâcher, le portable à l'oreille, le sac à dos hyperlight à l'épaule, ils cherchaient pas à donner des soins ou à soutenir quiconque, seulement à voir, les plus charitables filmaient l'événement avec leur I-Phone pour le mettre sur "you tube" si Paris-Match se décidait pas à leur acheter "les images du drâme" pour les retoucher. (à suivre...)

     

    version imprimable:http://revue.lurbaine.net

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Le Schtroumpf aux étoiles

    Chagrins de bureau (étoilé) by Lofti Benayak 1/1.

     

    -Allo nous t'écoutons, parle tu es sur l'antenne de NHS la radio des nases qui z'en peuvent plus d'NRJ!

    -Alors voilà moi c'est Nicolas et je...

    -Une minute de quoi veux-tu parler Nicolas?

    -Béh des rapports que j'ai au bureau avec mon nouveau chef?

    -D'accord. Et depuis quand travailles-tu dans cette boîte Nico?

    -A la CIA ? Oh là ça fait un bail, il m'ont engagé quand j'étais en 6° B2 au Lycée Pasteur à Neuilly, j'avais dénoncé mon prof d'anglais comme agent double parce qu'il faisait aussi prof d'espagnol... ouais enfin il donnait des cours à l'ambassade de Cuba et puis mon père qui m'a un peu pistonné 'faut dire que dans la famille on est tous dans la CIA, mon père, ma mère, ma deuxième belle-mère, mon troisième vice-beau-père, tous mes sous-cousins et mes quart de frère même le siamois de ma 1/8° de soeur en est et c'est comme ça  depuis le 17 ° siècle mais à l'époque c'était pour empêcher les turcs de rentrer en Europe et ça s'appelait la Sainte Ligue .

    -C'est une sorte de tradition familiale.

    -Ouais tout ça pour dire que  je connais bien la maison et j'ai toujours été bien noté par mes chefs jusqu'à ce que le nouveau arrive...

    -Et comment s'appelle ton nouveau chef Nicolas?

    -Bicock... non c'est pas ça Baraque! Et alors ouhaiiiiiiiiiiin... inin...slurp...

    -Mouche-toi Nicolas...

    -Scchhhhnnllouffle!Et alors je fais tout pour lui plaire, et il me rembarre tout le temps, il me met ridicule devant tout le monde même devant la Merkel et... oh putain j'en ai marre! Marre! marre! ouhaiiiiiiiinn...

    -Re-mouche-toi Nicolas...

    -Re-scchhhnnllouffle!

    -Là ça va mieux? Et tu t'entendais bien avec ton précédent chef?

    -Dobeliou, ah ouais ça super, il faut dire qu'on partageait plein de choses, on avait le même idéal démocratique: la prison pour tous, même les mômes, c'est la meilleure des écoles y avait que sur la couleur des tenues de bagnards qu'on était pas d'accord moi je préfère le mauve c'est plus couture lui il en tient pour l'orange c'est plus facile pour viser. Je l'ai soutenu à fond quand  il a fait la guerre pour le Golf

    -La guerre du golfe tu veux dire?

    -Non, non c'était pour que les arabes y deviennent des civilisés comme nous et moi, qui boivent du coca, bouffent de la merde hydrogénée et pasteurisée, regardent des films pour psychopathes attardés, qu'ils deviennent des vrais démocrates obèses et surtout qu'y jouent au golf, c'était sa passion à Dobeliou pour ça qu'ils ont fait autant de trous avec leurs bombes pour les terrains de golf mais forcément comme ils débutaient on leur a fait les trous un peu plus gros c'est tout... oh toi barre-toi tu fais chier!

    -Pardon Nicolas?

    -C'est rien c'est Fillon, mon clébard qui me lèche les pompes... mais casse-toi pov'con à Matignon! Allez à la niche saloperie!

    -Est-ce que tu n'es pas en train de reproduire le même schéma avec ton chien que celui dont tu souffres avec ton chef  Nicolas?

    -Non mais lui on s'en fout, il compte pas je l'ai pris pour ça, je t'ai dit de te casser tiens prends ça connard! Shlaaag!

    -Kaïekaïekaïekaïeohouiencorec'estbooon!!!

    -Nicolas tu as bu?

    -Oh rien, trois verres de vodka... mais c'est vrai que ça me réussit pas trop!

    -Est-ce que tu crois pouvoir continuer cette conversation Nicolas?

    -Ouais, ouais c'est bon.

    -Et alors donc tu t'opposes à ce Mazure ton nouveau chef?

    -Pas Mazure, Baraque mais non je m'oppose pas au contraire, il dit qu'il faut que les filles se voilent, je dis pareil, que la Turquie entre bien profond dans l'Europe, j'ouvre tout grand les fesses, qu'il faut niquer sa femme le samedi matin plutôt que le jeudi soir, en avant pour la semaine anglaise!

    -Et malgré tout il continue de t'humilier?

    -C'est de pire en pire à la dernière conférence de presse commune il m'a dit de prendre les patins parce qu'on venait de cirer, devant toute la presse mondiale, j'avais l'air fin avec mes patins à talonnette. J'y comprends rien, Dobéliou il m'avait demandé de liquider la filiale,  la première fois que je vois mon nouveau chef ch'uis arrivé tout fiérôt avec ma liste: l'armée française liquidée, la défense ridiculisée, l'industrie délocalisée, l'Afrique abandonnée aux chinois, la finance reformatée U.S Bananas, et pour finir l'Otan réintégrée comme ça il a plus à se faire de souci pour ses chiottes, on les lui nettoiera. J'uis dis: c'est bien simple Mister President...

    -Mister President?

    -C'est comme ça que je l'appelle, lui il m'appelle "little asshole" c'est plutôt amical je pense... bon je continue, j'uis dis, vrai j'étais à bout, j'avais les nerfs,  regardez Mister President les français maintenant: y passent leur vie devant la tévé à regarder les mêmes putasseries larmoyantes que les américains, c'était des queutards et des gueulards et il ont peur du grand méchant Cholestérol, y votent même pour moi c'est dire si ils se ressemblent plus du tout, à la fin de mon premier conquénat j'aurais liquidé la filiale, y restera plus rien de l'ex-France  pire que l'ex-Yougoslavie et sans tirer un coup de feu alors quoi qu'est-ce que vous me reprochez:

    Il m'a regardé longuement, de bas en haut, ouais finalement ça a pas duré si longtemps, et puis il m'a dit:

    -C'est justement ça little asshole. Moi j'aime le France !

     

    version imprimable:http://revue.lurbaine.net

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It