• Quand la com' décomme...
    Ou le Schtroumpf à pédales
    Par François F.soumis.
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    Je n'en peux plus depuis que mon maître révéré a engagé ces deux foutus conseillers spéciaux pour s'occuper de sa com' : Charley-Douar Bédouani et Pertuisanne Chapotteau c'est vraiment devenu n'importe quoi ! C'est ce crétin de Séguéla qui les lui a recommandés, soi disant que ce serait les meilleurs dans leur genre, ce sont eux qui ont lancé Diam's la rappeuse et en plus ils en sont fiers :

    -Le repositionnement permanent c'est ça le secret, au départ Diam's c'était un boudin de Noël en promotion, on l'a sortie des produits frais et mise dans les shampoings antipelliculaires un shampoing acheté = un cd live après quoi on l'a basculé dans les loisirs culturels rayon révolté à messages pour petits blancs incultes qui veulent ressembler à des grands noirs incultes. On a bombé sévère les médias, acheté du temps d'antenne, sous loué quelques consciences de gauche, acquis une légitimité avec du street marketingue : une compil=une barrette. Et voilà comment on fait d'un boudin en promo une chanteuse à text...os.

    Ces trucs-là ça le passionne mon maître adulé, il dit qu'il faut suivre le marché, donc l'électeur, je prédis que si il le suit de trop près il va finir aux articles de ménage et même pas en tête de gondole.

    En définitive je crois que c'est plus le fils de Sopalin que de Machiavel.

    -Il faut accessoiriser la fonction ! Renchérit Charley-Douar Bedouani qui n'est lui aussi jamais à court. Président tout court c'est rien, comme un smoking sans Rolex, chainette Mauboussin, bracelet Chaumet  et clefs de Porsche.

    Leur dernière invention, fiancer mon maître considérable à une chanteuse transalpines (je l'ai mis au pluriel parce que la donzelle est coureuse) aphone, une italienne inaudible déjà c'est plutôt rare et pas tellement glorieux, et voilà pas que ces deux abrutis débarquent ce matin en pleine réunion de cabinet, le schtroumpf suprême était sur son trône en train de réclamer du papier... plus de papier encore sur lui à nous autres pôv minisses :

    -On parle pas assez de moi ! Ils vont finir par oublier qui est le maître ! Il nous répétait quand les autres sont arrivés :

    -Bon tu divorces de la ritale !

    -Divorcer mais on n'est pas encore marié.

    -Raison de plus tu la vires !

    -Ah ouais ? Ah mais c'est que ça m'arrange pas ça elle était pleine aux as, à Disneyland c'est elle qui a payé les cocas et les glaces et les gaufres, je m'étais dit qu'avec elle j'assurerais pour la retraite, elle pouvait me pistonner pour rentrer chez Kleber aux relations publics.

    -On s'en fout, on va te repositionner...

    -Quoi encore ?

    -Ouais de toute façon c'était pas crédible on a fait une enquête les sondés pensent tous que tu la sautes pas pour de bon !

    -Ben j'ai bien essayé une fois, je m'ai bien cassé la gueule, la prochaine fois, sûr, je m'encorde.

    -Non je te dis là ça fait rigoler, d'ailleurs tu te souviens j'étais pas d'accord, on a fait ça dans l'urgence pour rattraper le coup Radafi et rendre service, il y avait qu'elle sur le marché... ou  Evelyne Leclerc... t'imagines...

    -En ce moment tu as un gros trou d'air dans les CSP-- le problème c'est qu'il y en a de plus en plus en France des « moins-moins ». Donc il faut te rapprocher du populo, or le populo il s'intéresse à quoi au Tour de France or tu fais du vélo, donc tu vas sortir avec un coureur cycliste.

    -Sortir avec un coureur cycliste ça va pas non ? Toute la France va se foutre de moi !

    -Mais ça existe plus ça. C'était la France d'avant: toujours la critique et la clope au bec, l'esprit railleur, fendant et casseur d'assiette ça n'existe plus. Dans la France d'après et même maintenant dans la France de pendant ils vont  fumer sur le trottoir et ils pensent où on leur dit de penser. Ils acceptent tout. Ils ont plus de repères, ça va les achever, sans compter que ça va emmerder Delanoë.

    -Et puis t'es décomplexé ou pas ! Couverture de Paris match et dix pages intérieures avec Virenque : « Ils se sont rencontrés dans un club échangiste et...

    -Dans un club échangiste y faut pas pousser ?

    -Quoi t'es jamais allé dans une boîte à partouzes?

    -Une fois... j'ai perdu ma capote dans un tas de blondes et puis j'ai croisé DSK, on était en chaussettes, il m'a regardé bizarrement et  j'ai préféré m'en aller, avec lui on sait jamais. Non tant qu'à faire je préférerais  un haut lieu de spiritualité...  

    -Vézelay ! J'ai proposé.

    -C'est quoi ça ?

    -Euh... la mer de sable !

    -Pas con ça c'est franchouillard gentiment ringard... ça plaira au « moins-moins ». Bon on t'organise une séance photo avec le cycliste à la Mer de Sable.

    La séance photo s'est mal passée, il faut dire que le Virenque il était vachement intimidé, il appelait mon maître adoré : « mon président ».  comme un bitard parle à son adjudant. Au bout d'un moment le schtroumpf suprême il en a eu marre :

    -C'est pas vrai il met la langue ce con ! Et puis la grande roue grince, j'ai pas envie de me foutre en l'air pour vos conneries.

    Finalement le reportage photo sur l'idylle cyclo-touristique est bien paru mais ça se passait sur les bords de la Marne avec Jeannie Longo, il avait mis un marcel et jouait à la belote en buvant du Pernod, faisait du vélo, lançait les boules, et dansait la java au son de l'accordéoniste (factice) qu'on lui avait trouvé. 

    A la fin de la séance il a fallu le rapatrier d'urgence au Val de Grâce Kelly (on vient de le rebaptiser sur ordre de mon maître exalté)  il était vert, il avait envie de vomir et une sacré migraine :

    -C'est le Pernod quand on a pas l'habitude... j'ai voulu le rassurer

    -Y a pas que ça c'est tous ces franchouillards, tu sais bien que je les supporte pas !

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  • Walter Chéchignac 26/2  

    Je regardais au matin, très tôt, El Consolador s'éloignait dans le levant emmenant  vers des îles inédites le trio électoral, prés de nous la famille du colonel agitait des mouchoirs, une sensible coutume prukhmen pour éloigner les mouches à pleurs qui ne ratent aucun départ et ses enfants entonnèrent un doux chant de leur pays qui disait assez bien, quoiqu'en Prukmen, toute la nostalgie que ressentaient  ces exilés :
    « ...Papa n'est plus là pour nous botter le train ! Youpaïdi ! Païda ! Païdo !  Il va prendre la bateau et peut-être qu'il va coulo... »
    Bref c'était très émouvant et c'est à ce moment que ce cher Walter me confia que s'il n'était pour rien dans l'enlèvement de Letroncheur qui avait été organisé en représailles par les savoyards éconduits, il avait, renseigné par le cher Doubi, organisé son évasion.
    -... une bonne chose de faite, ils vont s'aérer et nous revenir avec de bonnes couleurs.
    -La vie là-bas est si facile que vous la leur avait décrite ?
    Il avait été lyrique et inspiré pour parler de las Islas Bravadas y Perditos.
    -Comme partout, dans une arène si vous êtes le fauve la vie est plus facile sinon... avec les renseignements que j'ai fournis sur leur compte aux autorités bravadiennes sitôt descendus du bateau ils partent direct pour le camp de rééducation !
    L'indignation me sum... sub... sumbergea :
    -Vous... vous avez fait ça ! Mais quel genre d'homme êtes-vous don' !
    -Petite farce entre amis, ils vont passer quelques mois à casser des cailloux et puis je câblerai que je me suis trompé de dossier, allez je réparerai c'est promis. Ils commençaient à m'emmerder ces cons-là ! Letroncheur surtout !
    -Ce n'était certes pas une raison pour... enfin pour Letroncheur d'accord mais le deux autres ne vous avaient rien fait !
    -Rien fait ? vous voulez rire. Et le devoir de mémoire pour mes chiottes vous l'oubliez . Vous en faîtes à vos aises mais c'est Médpeu et La Branlaye qui ont fait sauter mes chiottes !
    -Qu'est-ce que vous racontez là ?
    -Le Chef ‘von le Gueuzec a enquêté et eux-mêmes me l'ont avoué un soir de beuverie, et c'est vous qui étiez visé, tout était prêt, Tintin des R.G, vous savez le patron du 10/18 leur avait passé la bombe, ils l'avaient posée, pas au bon endroit heureusement et voilà pas que cet imbécile de Martial Medpeu est pris d'un besoin pressant, il va se soulager et tire la chasse par réflexe et poum ! La chiasse d'un publicitaire parisien qui vous a sauvé. Bon toujours à propos de chiottes dîtes-moi mon petit vieux on aurait intérêt à se presser sans quoi nous allons rater l'inauguration des vôtres. Il faut vous faire voir, j'ai convoqué les photographes, n'oubliez pas que c'est Dimanche le premier tour !
    Pour ma part, je n'avais aucune envie de me rendre à l'inauguration tant attendue du nouveau casino de La Ponche sur Conche mais Chéchignac avait raison, la route était dégagée.
    -Et puis vous verrez il y a une petite surprise qui vous y attend.
    Les surprises, je détestais cela depuis l'enfance, les surprises c'était surtout pour moi des changements d'affectation, d'une pension l'autre, j'ai été un enfant muté, déjà une vraie carrière de môme fonctionnaire au service de la paresse sentimentale et de l'égoïsme revendiqué de mes bourgeois de parents révolutionnaires.  (à suivre...)

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  • Mouammar l'a tuer.

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    Par  François F. soumis.

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    J'arrive à l'Elysée ce matin pour recevoir les ordres de mon maître estimé, comme à chaque fois j'espère que je vais en chier un max, trois jours sans mon maître révéré, c'est terrible. Je rentre d'Amérique latine où il m'avait envoyé pour discuter de la libération d'Ingrid, l'ancienne copine à Villepin, et où j'ai rencontré un duo de comiques très populaire là-bas : Chavez et Morales, quand ils sont ensemble dans un dîner officiel au bout de dix minutes ils se mettent à tirer des coups de flingue dans tous les coins,

    -Normal ce sont d'anciens militaires putschistes: putschez pas derrière il y en aura pour tout le monde ! Rigolait l'ambassadeur de France pendant qu'on se terrait, planqués dans les jardins de l'ambassade en attendant la fin de la fusillade.

    -Tiens tu portes des moustaches maintenant ! M'exclamai-je en découvrant mon maître préféré affublé d'une sorte de postiche gaulois: une paire de bacchantes retentissantes.

    -T'es là toi ! C'est rapport au Mouammar pour qu'on me reconnaisse pas sur les photos officielles ! Y porte bien des lunettes noires lui quand il me rencontre! Il a peut-être honte lui aussi va savoir! T'aurais rien à vendre chez toi ?

    -Pourquoi t'organises un vide grenier à l'Elysée ?

    -C'est pour les fourguer à l'aut' grand con, avec ce qu'il me coûte en location de tente, charbons de bois pour le méchoui de chameau, spaghettis, capotes et cocaïne à volonté autant qu'il me rapporte un peu, je lui ai encore fait signer un contrat... un contrat de confiance chez Darty pour une gazinière 6 feux four double paroi et ce matin j'ui ai revendu  le scooter du gamin, ça l'a bien fait marrer, il arrêtait pas de faire le tour de la cour d'honneur de l'Elysée à donf jusqu'à ce qu'il s'emplafonne le perron... dis donc t'en fais rien de la pendule là, c'est du lourd et du doré ça devrait lui plaire ! A propos ça s'est bien passé ton voyage, tu m'as rapporté quelque chose ?

    -Je t'ai rapporté un doigt de pied d'Ingrid, c'est tout ce que j'ai pu avoir, et encore je ne suis pas sûr de sa parfaite authenticité, le Chavez il se marrait drôlement quand il me l'a donné.

    -C'est vrai qu'il a l'air bien grassouillet pour un doigt de pied d'otage. Enfin c'est toujours ça de pris, après tout j'ai dit que je la ferai libérer, j'ai pas dit que je la ferais libérer en une seule fois, tiens je vais le faire porter dans un paquet cadeau à Villepin... niark ! Niark !

    Bon aut' chose à partir de maintenant t'as plus droit aux gardes républicains !

    Je demeure coi et bien vite je m'effondre... dans une bergère Louis XV, c'est quand même plus confortable que du Stark.

    -Mais... mais comment ça ! Mais un premier ministre sans garde républicain, je vais plus oser sortir moi ! De quoi vais-je avoir l'air !

    -J'ai dit. Si t'es bien sage et obéissant, je t'en refilerais quelques uns, on verra. En attendant t'as qu'à mettre des gendarmes !

    -Ils ont même plus de képis, cette c... d'Alliot-Marie les a relookés tendance, ils ressemblent à des gardiens de parking maintenant !

    -Bon aut'chose t'accompagnes le Mouammar au Jardin d'Acclimatation cette après-midi moi j'en peux plus!

    -Au jardin d'accli...

    -Il nous fait un caprice. C'est toujours mieux qu'une soirée à l'Opéra  Bastille non ! Tiens je te prends aussi la lampe bouillotte.

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    J'arrive seul, au jardin d'acclimatation, je n'imaginais pas qu'on puisse s'attacher autant à des gardes républicains, putain ils me manquent ! J'espère au moins qu'il va en prendre soin et bien me les nourrir, pourvu qu'il oublie pas leur apéros à 9 heures, 11 heures, 13 heures. 17 heures ect  sans quoi ils ont le poil tout de suite terne.

    En attendant le libyen  je me paye une barbe à papa et quelques tours de manéges, j'en suis à mon dix-neuvième quand le Mouammar débarque. Putain la classe, pas à dire c'est un dominant celui-là ! Le plus étonnant c'est le bataillon de filles en treillis et kalachnikovs qui l'entoure dés qu'il descend de sa Mercedes aussi immaculée que surblindée. Je m'approche un peu trop, juste pour lui serrer la louche, ben quoi ça se fait entre chefs non ?... et je me prends un coup de crosse sur la théière.

    Quand je me réveille, l'interprète qui a l'accent de Barbés traduit ce que dit le grand leader tripolitain qui est penché au dessus de moi et semble très affligé par l'incident.  

    -Il faut escuser la petite vous étiez tout seul dans votre pardessus elle vous a pris pour un emmerdeu... importun... un quidam quoi! 

    Très vite je me remets et nous devenons très copains avec Mouammar, il me paye quelques tours de manége supplémentaires, même si j'en raffole pas à ce moment-là, à cause des maux de têtes, on tire aussi quelques pipes, à la kalachnikov ça rend bien, c'est un sacré tireur, ce que me confirme ces demoiselles, bref je m'ouvre à lui de mes malheurs récents et ma foi il y prend sa part.

    -On va t'arranger le coup t'inquiètes pas mon p'tit pôte me susurre le traducteur barbéso-lybien. 

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    Le lendemain le schtroumpf à moustaches tire une drôle de gueule quand il entre dans la cour de Matignon et que mon bataillon de donzelles en armes et bérets lui rend les honneurs. Na !

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  • Hu-main ! 1/2 par A.Sottos

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>-Allo Monsieur Bergeronnet ?
    -Vouiii c'est moi-mêêêêê...me.
    -Monsieur Bergeronet. Je vous appelle de la part de la société  Sofincon , vous avez trois mensualités de retard sur votre réserve de crédit Sénescence  SéniorPlus Sofincon.
    -Voouiii mais c'est que j'ai perdu mon épouse le mois dernier et...
    -Cela n'excuse pas le retard, vous ne respectez pas vos engagements Monsieur Bergeronet.
    -Vouuiii mais c'est que j'ai aussi perdu ma belle sœur et...
    -Cela n'a rien à voir Monsieur Bergeronnet!
    -Vouiii mais c'est que j'ai eu ma séance de chimio le 24 et...
    -Et alors vous ne pouvez pas faire un chéque et le mettre à la poste Monsieur Bergeronnet ?
    -Vouiii mais c'est que je ne peux plus marcher depuis mon attaque et...
    -Vous êtes de mauvaise foi Monsieur Bergeronnet, je me vois dans l'obligation de prononcer la déchéance du terme de votre contrat, vous allez recevoir une sommation d'huissier sous huit jours et sous un mois un huissier au complet à fins de procéder aux opérations de saisie vous habitez toujours rue des Sorbiers Monsieur Bergeronnet ?
    -Vouiii...
    -Très bien  Sofincon vous souhaite une bonne journée monsieur Bergeronnet !
    -Vouiii merc...i mais madame je vous esplique...

    Quand ils commencent à se débattre au bout de la ligne. Je raccroche sec, ma spécialité le clutch-tuuuuuuuuuuuuut!

     Depuis que je travaille chez Sofincon à la relation clientéle c'est ce que je préfére  le contentieux, c'est là qu'on a vraiment l'impression d'avoir du pouvoir, je tape: « Dossier liquidé » et c'est terminé. De toutes les manières comme dit Josette notre cheffe de plateau :

    « Dans le crédit consommation, il y a toujours deux phases: la phase con et la phase sommation !  avec les taux d'intérêts juste en dessous du taux de l'usure, les refinancements de financement pré financés, les agios de retard, les indemnités légales et d'apéro et les frais légaux en sus, il leur faudrait 64 ans en moyenne pour les rembourser leur revolvingue, autant dire qu'au contentieux ils y passent tous un jour ou l'autre, alors dés que la bête s'épuise ou boîte, il faut plus la lâcher ! Comme le lion avec l'antilope ! Vous êtes des lionnes les filles ! »

    -Je savais pas que c'était aussi mal payé les lions ! Elle m'a dit Raymonde. C'est une vieille qui n'a pas une bonne mentalité.

    Quand j'ai fini de taper sur mon ordinateur : « Bergeronnet/Liquidation », je me tourne vers Audrey qui en a terminé avec son client :

    -... tu as vu hier à la télé l'émission sur le SDF mort de froid dans un cageot, ce que c'était émouvant, avec Jean-Claude on n'arrêtait pas de pleurer. On a fait une promesse de don de 100 teuros. Moi je voulais promettre plus mais Jean-Claude a pas voulu il voulait juste promettre d'envoyer des cageots.

    Il était huit heures on commençait à ranger nos affaires quand Josette la Cheffe nous a dit de rester à nos places et de regarder nos écrans parce qu'il allait y avoir une intervention de notre P.D.G, c'est un énarque en stand-by, camarade de promotion de Juppé, personne l'a jamais vu dans les locaux du centre d'appel, quand il vient il passe son temps sur le toit de son bureau où il a fait installer un golf 18 trous. C'est Jean-Louis Broutard, le directeur général, un technico-commercial sorti du rang, qui dirige la boîte... et lui rapporte les balles. Le proprio c'est Pinarnault le milliardaire, mais lui on l'a déjà vu... à la tévé, il inaugurait un musée d'art contemporain à Ibiza.

    Sur les écrans il était tout souriant not' Pédégé et il nous a annoncé en reposant son club qu'on venait d'être vendu, bâtiments, clientèle, personnel et cargaison au fond de pension américain Honey-Sweetheart mais que rien ne changerait dans nos conditions de travail et qu'il n'y aurait aucun licenciement, simplement le centre d'appel serait transféré en Mongolie extérieure et. nos salaires seraient dorénavant versés en Bourmouks non convertibles ou en ELDC (Equivalent Lait De Chamelle !).

    Parmi les collègues celles qui comme moi avaient fait construire n'étaient pas tellement partantes mais d'un autre côté il fallait bien payer nos crédits Sofincon Batidur/Ramdur.

    Et puis la Mongolie Extérieure, ça tombait bien on l'avait faite l'année dernière avec Jean-Claude mais enfin on était quand même resté pas mal à l'hôtel, très à l'extérieur donc, c'est pas la même chose quand on la connaît de l'intérieur la Mongolie Extérieure.

    Même si nous n'avons personnellement pas à nous plaindre, nous sommes très bien installés, dans une yourte tout confort avec le chauffage central (à la bouse de chameau), le micro-ondes qui marche au kéroséne (quand on a plus de bouses, on met les pieds dedans pour se chauffer le minimum!), les vouatères et la douche (à l'extérieur, c'est pas trop commode quand il fait -30, mais c'est une question d'habitude) il y a même l'eau courante, c'est dire, mais seulement quand il pleut, c'est tellement propre que j'ai jamais vu  un rat, il paraît qu'ils ont été délocalisés par les américains quand ils sont arrivés ici pour exploiter le pétrole, le gaz... et le mongol.

    Jean-Claude a trouvé un travail  de conducteur à la RATOB (Régie Autonôme des Transports Oulan Batoriens), le Métro d'Oulan Bator, mais c'est difficile question relationnel, parce qu'ils descendent jamais de leur cheval là-bas même pour prendre le métro.

    Les enfants vont au Lycée du quartier, ils font du cheval et du tir à l'arc toute la journée même pendant les cours de Littérature ou de Chimie, il y a de grosses pertes chez les enseignants. D'ailleurs ils ont pris tir à l'arc en première langue. 

    Moi, je regrette rien, le travail me plait de plus en plus, il faut dire que comme on est maintenant une société américaine, on a décroché des contrats pour le Pentagone et l'armée américaine, par exemple en ce moment on s'occupe de toute la relation clientèle de l'opération : « Freedom in your ass !» que les américains ont monté pour libérer le Belgikistan et instaurer la démocratie et tout ça. J'ai débuté au pre-bombing et maintenant je m'occupe du post-bombing oui l'après vente en quelque sorte mais je suis contente il y a aussi pas mal de contentieux... 

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  • 26.
    Abdication
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Nous tenons réunion dans le bureau de Chéchignac au consulat. L'ordre du jour est fourni car le premier tour de l'élection  a lieu dimanche . Pourtant le front électoral est calme.
    Le nouveau candidat envoyé par Paris et investi volontaire par le Parti,  informé de la sinistre réputation de cette circonscription maudite, ne bouge pas de la sous-préfecture où il s'est retranché en compagnie du nouveau sous-préfet qui est lui aussi d'un naturel craintif,  Letroncheur se planque, on dit qu'il a un nouveau contrat au train, La Branlaye et Médpeu n'en parlons pas d'ailleurs nous devons préparer aujourd'hui mâme leur exfiltration vers Las Islas Bravadas à bord du cargo mixte bravadien El Consolador qui doit faire escale ce matin à La Ponche, opération qui devrait être conduite sous la direction du colonel Doubi.
    Je le contemple, il est très calme le prukhmen, épanoui, il a fait ce matin la rentrée de ses mômes, et réouvert sa pizzeria grâce au renfort de quelques collègues rameutés par Bédoncle, muni de son nouveau passeport bravadien le cher Doubi est bien décidé à se faire conchois, il vient d'ailleurs de mettre à sa carte de spécialités aux côtés du fer à dessouder à la façon grand-mère et des brodequins du chef une pizza au Blétznecs qui ne semble pas moins redoutable.
    <o:p> </o:p>Bref je suis le seul à battre campagne... sous la protection des amis barmen de  Chéchignac, certes, mais enfin on me voit et mieux encore le R.C. La Conche ayant commencé une campagne flamboyante en coupe de France le soutien voyant et audible que je lui ai toujours apporté me vaut un surcroît de popularité, les mauvaises langues disent que ce cher Walter achète les matches les uns après les autres quand il ne fait pas rentrer sur le terrain quelques joueurs surnuméraires, le Lokomotiv Nœuds les mines a d'ailleurs déposé un recours à l'issue du dernier tour, ils auraient comptés treize joueurs conchois sur la pelouse, au plus fort de notre domination, bien entendu c'est une affabulation de mauvais perdant qui ne fait pas  honneur à leur esprit sportif puisque nous étions quatorze, ce cher Walter étant superstitieux
    Mais enfin les choses m'a-t-il dit vont s'arranger au mieux, il est à tu et à toi avec les plus hautes instances du fouteballe académique, d'ailleurs  ma campagne commence à lui coûter fort chère mais il est d'une nature généreuse et puis, mais cela je l'ai compris de longtemps lui aussi a quelques vieux comptes à régler avec Letroncheur, je ne sais encore lesquels et d'ailleurs, j'en fais volontiers l'aveu, je ne comprends trop rien à tout ce que l'on veut me cacher et non plus à ce qu'il se passe sous mes yeux-mâmes.
    J'étais venu à La Conche sur Ponche pour y planter ma tente en province ennuyeuse et bien à l'arrière du front parisien, et je me suis retrouvé en plein tumulte, où d'antiques tribus et de subodorées puissances se livrent à des batailles souterraines, aussi absurdes que sanglantes et jamais définitives.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>J'en suis là de mes réflexions quand Mademoiselle de Plombelec entre dans le bureau de son Excellence :
    -Mon petit il y a encore un de tes clochards qui veut te voir ! Il insiste.
    -Vous voulez dire un ressortissant bravadien ?
    -Je ne sais pas d'où il est ressorti celui-là, il est dans un état :
    -Eh bien mais faîtes le entrer... vous m'excuserez messieurs, les devoirs de ma charge.
    Ces messieurs comprennent et excusent, Médpeu et La Branlaye  en baskets odorantes, maillot de corps du R.C La Conche et short vacanciers lisent en buvant leur cinquième Ricard de la matinée et en se grattant les poils de la poitrine des brochures versicolores printed by the pipole of democratic republic of Bravados and Perditas Islands sur du papier chiotte recyclé, en se demandant où ils établiront leur camp barbare en arrivant là-bas, ils ont repérés un gran Hôtel de la Contençion où ils pourraient prendre une demie-pension et la liste de tous les bordels d'état, géré par el ministério de la Copulaçion Nacional, ils partent en confiance, ils ont une lettre d'introduction de Chéchignac auprès du Maréchal Clignotant à vie qui fait valoir leur indéniables qualités professionnelles.
       Pour ma part ce contretemps me gêne, je sens que je peux réussir un gros coup, je ne dis pas conquérir la mairie d'entrée mais enfin sinon prendre pied, bloquer la porte avec la chaussure, personne ne voulant monter avec moi, croire que j'ai quelque maladie honteuse, la composition de ma liste s'en ressent, elle est certes un peu hétéroclite, composée comme elle l'est de clochards, d'ivrognes, de l'équipage de la Détestation au grand complet et des amis de Chéchignac dont au moins l'un est un proxénète notoire. Malgré tout, j'ai confiance.
    A ce moment de mes renouvelées réflexions Walter Chéchignac qui était allé accueillir son compatriote revient dans la pièce, il n'est pas seul, prés de lui le ressortissant bravadien annoncé par Mademoiselle de Plombelec baisse la tête, il est vrai que le pauvre garçon est dans un état assez repoussant, sanglant, brûlé, tuméfié, les vêtements déchirés, et à l'évidence brisé sinon émietté.
    Oui, hirsute, hagard et haletant, Letroncheur pleure.
    Car c'est bien Letroncheur qui est là devant nous, ou plutôt un Letroncheur épave; lui qui triomphait il n'y a pas quinze jours sur le dos de deux honorables fonctionnaires parisiens, lui qui cravachait monsieur le substitut du procureur de la république en gueulant : « Hue  poupoule ! », lui qui me... lui qui m'a...
    Walter le fait asseoir et Mademoiselle de Plombelec apporte les pains-z-au chocolat et les bonbecs rituels en signe de bienvenue compatriotique malheureusement le pauvre hère n'a presque plus de dents en activité et ses lèvres sanguinolent à l'unisson de ses blessures  sur les tapis constructivistes de son excellence.
    -‘alu'p ! Ah la ‘alup ! ‘hup ! Ah la ‘alup !
    -On dirait du lapon ! Hasardai-je en réponse à l'interrogation muette de ce cher Valter !
    A ma sortie de l'Ecole j'ai été en poste deux mois en pays lapon à Upsala capitale de la Laponie Extérieur, j'en garde d'ailleurs un fort mauvais souvenir, ayant été rapatrié sanitaire par le Quai à la suite d'un malentendu, j'avais compris Japon et après avoir débarqué en chemisette en plein hiver sur le tarmac de l'aéroport d'Uppsala, et découvert avec effroi qu'en outre je n'étais point attendu, j'avais raté mon avion et pris le vol suivant, j'avais injurié une paire de rennes qui  traînaient à la cafétéria de l'aéroport où je noyais ma déception en dégustant des harengs bismarcks or là-bas cela ne se fait pas, les rennes sont sacrés, ils ont même un numéro de sécurité sociale et bénéficient des congés payés et d'une convention collective.
    <o:p> </o:p>   Avec cette extrême humanité qui le caractérise autant qu'elle m'agace, le cher Valter parvient à confesser Letroncheur utilement.
    De tout ce fatras mal articulé, de toute cette boue de mots et de sanglots il ressort :
    Premièrement : que le ci-devant Letroncheur Marcel François Emile a été subrepticement enlevé à la sortie de l'une de ces grotesques réunions électorales par un personnel rompu à toutes sortes d'exercices.
    Deuxièmement qu'il a été lui-même rompu par le sus-mentionné personnel rompu et détenu trois jours durant, sans que le boire ni le manger ne lui fussent apportés et en se faisant, puisque entravé, caca et pipi dessus abondamment, de fait il pue tout aussi abondamment.
    Troisièmement qu'il s'en est évadé par la seule force de son tempérament excessif que sa détention n'avait point tout à fait anéanti.
    Quatrièmement qu'il en tremble encore de cela et aussi des suites qu'il imagine que cette affaire pourrait avoir sur ce qu'il lui reste d'intégrité physique :
    -Quelle affaire précisément ? L'interroge son Excellence avec quelque insistance.
    -‘asino ‘eu l'ai concédé deux fois !
     Il s'agit donc de cela, d'une nouvelle histoire de con... cessionnaires, il a cédé le monopole des jeux de La Conche à la fois à une compagnie belgo-mongolo-ibizo-américanoïde The Taartagle Resort and Entertainement de mon papa et à une société albano-savoyarde à capitaux trinidado-tobaguien.
    Je ne cache pas ma jubilation, d'autant que si je comprends bien pour que Letroncheur ait même songé à trouver refuge chez son ennemi le plus intime et constant, el consoul rénéral Chéchignac, c'est sous premièrement : qu'il ne savait où allait et que sa sécurité n'était assuré nulle part ailleurs qu'ici et sous deuxièmement : que son affaire de con... cession des jeux se présente bien mal et risque fort de lui interdire toute figuration lors de nos joutes électorales à venir et ...
    -Frère La Gaspérine vous n'auriez pas des aspirines, beaucoup, tout ce que vous pouvez trouver. Me supplie-t-il en dévorant son quinzième pain-z-au chocolat .
    ...et sous troisièmement je l'emmerde le frère Letroncheur, non mais qu'est-ce qu'y se croive encore çui'là!
    Non c'est vrai quoi ! Rien que de le regarder, d'imaginer... de me souvenir... enfin il me donne envie de vomir.
    <o:p> </o:p>Malgré tout je lui obéis, moins par compassion que par observance hiérarchique, il est quand même sous-premier de la voûte alors que je ne suis moi-mâme que Douloureux de seconde classe .
    Chéchignac le réconforte copieusement, c'est vrai que quand il ne sourit pas il est plutôt réconfortant et amical ce garçon.
    -Demain vous prendrez le bateau et vous voyagerez en compagnie de nos amis La Branlaye et Médpeu qui eux aussi ont un grand besoin de vacances.
    -Oui, je suis au courant... mais vous êtes sûr qu'il y a pas de risque...
    -Vous serez en sécurité le Colonel Doubinskoï et quelques uns de mes amis veilleront sur vous.
    Un colonel, cela le rassure, il retrouve des couleurs autres que le rouge et le mauve qui ornent son visage supplicié et recommence d' articuler des paroles et sinon des idées, au moins quelque pensées compréhensibles.  
    -... vous restez là-bas le temps que j'arrange votre affaire... et vous reviendrez après quelques mois de vacances au soleil de La Bravade, les populations mettront cette éloignement sur le compte d'un surmenage bien compréhensible.
    -Vous... vous êtes un vrai frère Chéchignac !
    -Dieu m'en garde !
    -Ouais façon de parler, parce que les autres ils m'ont bien fraternellement laissé tombé... ouais mais... mais la mairie ?
    -Elle revient de droit à notre ami La Gaspérine, d'ailleurs pour faire les choses au mieux, il est nécessaire que vous signez ce papier... c'est votre désistement en sa faveur...
    Ah le coup a été rudement bien amené, je suis aux anges, sacré Walter, il a joliment manœuvré, me voilà élu et sans avoir même eu recours à l'électeur, c'est quand même moins vulgaire et sensiblement plus démocratique.
    Letroncheur prend le gros stylo Diplomat que lui tend son Excellence mais il hésite encore :
    -Le mousse... ouais... pourquoi pas ?... après tout... Enfin c'est quand même un sale petit con non ?
    -Le principal n'est pas là. Ne croyez–vous pas qu'il soit le plus méritant et le plus capable en votre absence de... de vous représenter... j'entends moralement ? Et puis vous le jugez bien mal, notre ami a d'authentiques qualités humaines...
    -Ah bon lesquelles ?
    -Eh bien... ma foi... il... il est... il a... enfin  il ne manque pas de... de sincéri... tude.
    Cela a été difficile,  mais c'est quand même mieux que rien n'est-ce pas.
    -La hyène aussi est sincère, tempéra Letroncheur, ricaneur édenté, enfin puisque c'est la condition que vous posez.
    -La seule vous l'aurez remarqué.
    -C'est comme vous voulez Chéchignac, mais il vous chiera dessus dés qu'il aura la place, je vous aurai prévenu.
    Et Letroncheur premier des Conchois signa là son acte d'abdication municipale. (à suivre...)
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