• 17.
    Un Dimanche en famille.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p>Le père Belcourt continuait ses éternels mots-croisés dans son redondantesque tricot de laine, m'agaçait çui-là, il ne les avait sûrement pas fait à tempérament ses mômes.
    A la cuisine son épouse s'affairait à sa sauce au beurre blanc au milieu des garçons qui s'étaient donnés pour objectif la remise à l'eau du plateau de crustacés et la confection d'une bombe glacée à retardement pendant qu'au salon les Dartemont-Chambeulac me draguaient technico-tactique.
    Mère et filles en des croisements de jambes sud-américains me montraient leurs ischio-jambiers et leurs cuisses, magnifiques d'ailleurs, j'étais un beau parti, après tout.
    Il me manquait juste d'être nommé élu pour continuer ma carrière. L'espoir m'était revenu en même temps que La Branlaye et Médpeu, ils ne m'avaient donné d'autres explications qu'une course urgente à faire en grande banlieue et repris leur place avec un grand naturel sur ma note de frais, j'ai peut-être oublié de dire que j'occupais à l'époque les fonctions de Délégué Général à la Filière Betterave à nœuds, ce qui m'accordait des loisirs et laissait accroire à quelques compétences valorisantes dans les sucres, la vérité était que la betterave me laissait indifférent et que c'était mon secrétaire général un jeune con...seiller référendaire de trois promotions après moi qui s'appuyait les dossiers et les discussions avec ces cochons de betteraviers. J'avais eu le malheur d'en recevoir un une fois, qui pour faire authentique avait dégoutancé mes tapis avec ses bottes boueuses alors que tout le monde savait qu'il demeurait ordinairement  rue de la Pompe et ne mettait les pieds dans ses productivistes installations betteravicoles qu'au moment de la chasse... à la subvention .
    Dans tout les cas je me promettais de monter bientôt à Paris et d'abord afin de réclamer une grande explication aux instances du Parti. 
    <o:p> </o:p>Hulme de Chambeulac était attendu pour le café, je redoutais sa venue car il m'avait laissé entendre lors de notre dernière rencontre qu'il avait une demande en cours d'exonération de taxation fiscale de sucres betteraviers importés pour laquelle il souhaitait mon avis et sans doute plus si affinités. En bon parisien je savais passer le champoingue quand on m'avait tendu la gel douche mais je ne voulais point trop me compromettre surtout en ce moment :
    -Mon mari est tellement occupé répétait son épouse for désœuvrée.
    <o:p> </o:p>Le Chef ‘von le Gueuzec, lui, faisait le tour de son ex-appartement, il alla même se recueillir devant le grand lit de la chambre qu'il avait tant de fois conjugalisé, où il avait labouré et pâturé, pèlerinage sentimental qu'il effectuait en pantoufles sur le parquet ciré, mais après tout après avoir été le titulaire et l'occupant des lieux, il n'avait pas eu beaucoup de chemin à faire pour en devenir le voisin de dessus.  
    On frappa à la porte, je me resserrais sur mon canapé, attitude mal interprétée par ces dames qui, croyant que je celais à leurs yeux un début d'érection,  rapprochèrent leur dispositif de siége.
    -Eh bien mon cher La Gaspèrine, un peu de décence, vous êtes dans le monde. Me murmura Walter Chèchignac, le nouvel arrivant, en distribuant cornets et ballons à la populace enfantine  accourue, braillante et plébiscitaire, il avait une drôle de côte chez les mômes le tueur d'hermaphrodites. 
    J'effectuais un repli stratégique vers le balcon sous les sourires pesants de ces dames car je venais de découvrir en me levant que je bandais effectivement, sans doute l'évocation de la regrettée Mademoiselle Br...
    Au dehors il faisait beau et chaud l'été poussait les feux et les  conge'payes et ertétistes entraient à flots en dessous dans la pizzerias qui venait de s'installer à l'instigation de Dartemont-Belcourt, pour amortir les frais d'entretien de l'immeuble  Dartemont-sœurs, dans le local du rez de chaussée, jusque là fermé.
    Elle ne manquait pas d'esprit d'entreprise la mère de famille.
    Le gérant de l'établissement était un sympathique prukhmen (ils le sont tous, note pour la 17° chambre correctionnelle.) qui proposait à la carte  27 sortes de pizzas et une douzaine de variétés de staphylocoques, il avait un personnel nombreux.
    La répression des fraudes avait même découvert 14 types d'urines différentes dans les cacahuètes du comptoir, c'est dire le choix qui s'ouvrait au gastronome en pénétrant ici, mais le record n'avait pu être homologué, à cause du sus-mentionné personnel nombreux .
    <o:p> </o:p>  Il avait été dressé une table pour les mômes, ils n'étaient plus cinq mais au moins sept car ils avaient reçu le renfort de cousins  réservistes, les demoiselles Dartemont-Chambeulac qui y avaient été affectées, se jugeant trop grandes maintenant pour aller avec les mômes, refusèrent de rejoindre leurs affectations et la table des grands se trouva trop petite pour accueillir tout le monde, alors Walter Chéchignac se proposa pour présider la table des mômes.
    Présidence qu'il assura, malgré les protestations de ces dames Dartemont-Chambeulac qui jugeaient sa présence indispensable à leur table, avec bonhomie, sans renforts de police et une incertaine autorité mais durant laquelle je remarquais comme il observait Dartemont-Belcourt derrière ses moustaches et ses lunettes d'écaille.
    Walter Chéchignac la regardait, il la contemplait, je ne dis pas avec du désir, non c'était plutôt de l'envie, une grosse envie môme et baveuse de cette vie copieuse prés de cette femme-là, il aurait tout pris, la femme, les gosses et sans doute même le mari pour passer prés d'elle le restant de ses jours.
    Pourtant il n'était ni chaste ni fidèle mais il avait un jour par fort vent d'orgueil quitté sa route, pris des chemins de contrebande pour rejoindre au plus vite un destin en partance pour n'importe quoi, il y était arrivé, avec n'importe qui, il en était revenu, de n'importe où et il n'aspirait maintenant qu'à retrouver la nationale, celle des départs en vacances, des notes de gaz et des rappels du percepteur.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>-Vous avez vu on parle de notre affaire dans le journal !
    Nous en étions au dessert d'un repas lourd et entendu, pas mauvais mais définitivement provincial et je me rappelais en ces instants, avec nostalgie mes agapes parisiennes dans mon restaurant préféré « L'ensucé » où le chef Jean-Luc Lendoffé me préparait sa spécialité de rate et foie de limaçon au jus de Saint-Jacques givré dans son terreau frais du jardin et pois gourmand (un ! il n'y en avait qu'un, de pois gourmand, on n'était pas là pour bâfrer non plus !), ce n'était rien que des produits vrais mais appareillés, je devrais dire mis en musique, en bouche, de telle façon que cela donnait sur un mélange de parfums et de saveurs inédit et d'une parfaite sincéritude. Et pourtant je prisais peu les abats.
    Alors bien sûr le gigot pommes soufflées des familles à côté de ça !
    Je le répète, nous étions en province, n'est-ce pas ? Si encore, Dartemont-Belcourt avait eu l'idée, l'invention, l'audace de ne pas le faire cuire son fichu gigot ! Peut-être ? Oui alors...
    A mes côtés dans cette difficile digestion, et encore il restait à venir la bombe glacée après quoi patientaient les gamins, les petites Chambeulac étaient toute excitées, elles avaient été engagées par le syndicat d'initiative de la station afin d'enquêter et d'identifier un pervers qui sévissait dans le coin, il s'exhibait en imperméable sur les plages, mais il était d'une espèce des plus redoutables puisque lui ne montrait rien, il gardait tout: ses lunettes noires, son cache-nez, ses knickerbockers, ses chaussettes de montagne, son pull à col roulé, son chapeau tyrolien, aussi le syndicat d'initiative s'était-il alarmé de la présence d'une engeance pareille dans une station balnéaire très correctement ensoleillée :
    -Vous imaginez si la presse s'empare du scandale on va encore dire qu'il fait moche en Bretagne. Leur avait expliqué indigné  devant tant d'indécence morale le président de l'établissement.
    Et le journal local : « Le Conchois Libéré » faisait bruit de ces rumeurs, interrogeant même quelques estivantes angoissées :
    « Il peut pas montrer sa raie comme tout le monde çui-là ! On a peur pour les gamins, un type qui porte pas de string, vous imaginez, c'est pas normal, c'est malsain... »
    La Préfecture questionnée, prenait la chose très au sérieux et allait dépêcher d'urgence une cellule de soutiers psychologistes.
    -Ce n'était pas le pharmacien donc ?
    -Non, non, nous avons enquêté, il adore s'exhiber avec sa femme dans les parkings de supermarchés. Si on vous racontait...
    -Euh... plus tard mesdemoiselles... Alors c'est peut-être un pudique ou ... un enrhumé ?
    C'est à ce moment que Hulme de Chambeulac débarqua, bien avant le café donc et ma fuite préméditée :
    -Tiens donc vous fumez la pipe vous maintenant ? Lui fit remarquer son épouse acidulée.
    -Toujours quand je suis sur une enquête.
    Lui aussi « il s'y croyait », comme auraient dit les mômes.
    Ce n'était pas les satyres frileux qu'il coursait mais un comptable adultère, cela avait toujours été l'une des grandes spécialités de la maison Dartemont-Sœurs, les enquêtes dans les villes d'eau et stations balnéaires, la surveillance du curiste en rupture de conjungo :
    -Le bonhomme en question pour corser l'affaire serait parti avec la secrétaire du patron et l'encaisse de T.V.A de l'année, vrai un joli coco !
    Il parlait comme dans les romans policiers d'avant-guerre le cocu de réserve et semblait avoir oublié notre petite affaire betteravière, à mon grand soulagement, en même temps que sa plasticité morale d'avocat d'affaire, car, lui, il était là pour punir.
    -J'ai profité d'une visite à faire en banlieue pour commencer la filature, je le course depuis ce matin, il a retenu dans une sorte d'hôtel de passe prés de la Préfecture, l'auberge de la ...
    Il sortit son carnet :
    -... la Chaudasse c'est ça...
    -Ce n'est pas une préfecture mais une cathédrale.
    -Ah bon, vous croyez ?
    -Je la croise tous les jours, j'ai même vue dessus depuis ma chambre.
    -Ah parce que...
    -J'ai élu résidence à « La Chaudasse » et ce n'est pas un hôtel de passe mais une auberge typique d'un confort très correct d'ailleurs.
    -Et avec toutes les commodités à l'étage...
    -... et en sous-sol ! Ajoutèrent Walter Chéchignac hilare et le Chef ‘von le Gueuzec enluminé par le Pomerol.
    -Tiens don' eh bien si vous le permettez j'irais vous rendre visite dés ce soir afin de parfaire mes repérages. Je sens que mon affaire est sur de bons rails.
    Sur de bons rails peut-être, mais entre de bonnes mains, j'en doutais, quand on prend la cathédrale Sainte Trahoudulde, magnifique édifice de style gothique renonçant pour l'hôtel de passes de la république, le pire restait à craindre. 
    -Et en ce moment, ‘gardez-le ! Il se dore la couenne sur la plage, mais je vais te le serrer moi et nom d'une petit bonhomme il causera.
    Sans doute le cher Hulme de Chambeulac n'avait-il pas les compétences en la matière de Dona Chupita y Gomez ni du Chef ‘von le Gueuzec, sprinter d'exception mais je devinais bien pire chez lui:  de la bonne volonté.
    -Zut et rezut ! Il est parti, je dois le suivre. Saperlipomerde il ne m'échappera pas !
    -Mais Hulme vous ne restez pas pour le dessert ? S'attrista Dartemont-Belcourt qui aimait bien les « générales » de famille qui affichaient complet.
    -Non... J'ai la Jaguar en panne...
    -Grave ? Demanda Valter connaisseur ?
    -Non c'est juste le dégivreur de moquette qui a mis le feu au bar à liqueurs, bon, je prends la Renault 4 !
    -Non pas la R.4 !... Elle cale.
    Ce fut un cri mais inutile il était déjà dans l'escalier maître Rouletabille.
    Sur ce la bombe glacée explosa, sans lui !
    Une vraie et belle explosion qui rendit sourd les convives et tâcha les murs.
    Dartemont-Belcourt après avoir fait les constatations d'usage, s'emporta :
    -Mais... mais qui a fichu un pétard dans la glace? Que l'imbécile qui a fait ça se dénonce sans quoi... je punis tout le monde !
    Inutile de préciser qu'avec Walter et le Chef ‘von le Gueuzec nous n'en menions pas large, elle devait être terrible dans la punition, Dartemont-Belcourt, peut-être pas autant que ma regrettée Mademoiselle Br... mais très bien quand même.
    -Mais maman tu disais que c'était une bombe glacée !
    -Ils ont raison c'est de la publicité mensongère, ma chérie !
    Il n'aurait pas dû causer le cruciverbiste.
    -Dans tout les cas mon ami, vous voilà privé de dessert.
    Ce fut le seul puni, le gilet de laine, et nous nous rabattîmes avec les mômes sur les petits fours frais pendant qu'il nous regardait manger, na !
    Terrible ! elle devait être terrible dans l'intimité ! C'était aussi l'avis du Chef ‘von Le Gueuzec qui s'empiffrait d'éclairs z'au ‘ocolat.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>Nous somnolions quand le téléphone tinta dans l'appartement comme une clochette en bout de gaule dans une quiétude de bord de Marne, c'était cet imbécile d'Hulme de Chambeulac, ce fut son épouse qui répondit, elle était en pleine réussite, et raccrocha très vite :
    -Il me téléphone pour me dire que la marée monte !
    -Que veux-tu il est à l'âge où l'on découvre le monde.
    Les deux sœurs convinrent en rigolant que les maris étaient décidément quelques fois d'une innocence alarmante, mais voilà pas que l'autre récidive mais cette fois avec plus de détails, elle lui laisse un peu de temps, sa dame, elle n'est pas en veine côté réussite et il explique son cas :
    -Il est en panne du côté des Bouchots et la marée monte.
    Elles se re-marrent un grand coup les sœurettes.
    -Voulez-vous que nous y allions ? Se propose Walter Chéchignac, galant et secourable.
    -Allons-y tous, cela sortira les enfants ! décrète Dartemont-Belcourt en se levant de la méridienne où elle se reposait de sa matinée, nous laissant voir tout à loisirs ses jambes, admirables comme à l'ordinaire chez les Dartemont sœurs, nièces et grandes tantes, une vraie maladie de famille.
    -Il faut qu'ils s'aèrent, je ne sais pas ce qu'ils font d'ailleurs ! Où sont-ils passés ? S'ils ne font pas de bruits c'est qu'ils sont encore en train de faire une connerie !
    De temps en temps elle se lâche, c'est son côté fille de colonel.
    -Tu devrais les mettre en pension ! Lui dit Dartemont-Chambeulac sa sœur à l'esprit pratique.
    -C'est ça et pourquoi pas à l'asile tant qu'on y est!
    -Oh moi ce que j'en disais ...
    <o:p> </o:p>On les cherche partout dans l'appartement immense et on les retrouve dans la buanderie en train de torturer la fille de la voisine, elle est déjà à poils et attaché aux rails.
    -Mais enfin ça va pas ! Mais Dieu du ciel vous êtes des monstres !
    -Ben quoi on fait notre enquête...
    -C'est vrai quoi elle allait parler...
    -On voulait juste savoir que si c'est elle qu'avait volé les vignettes Pikémon de Pin-Pin ?
    -Vous allez tout de suite la détacher et vous excuser !
    -‘m'en fous, je les a tous en double déjà ! Conclut le plaignant,  Pin-Pin le cousin collectionneur.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>De fait nous n'aurions pas tous tenus dans la Jaguar de fonction du cher Chambeulac et puis nous n'aurions pas non plus beaucoup avancé puisqu'elle était en panne... de moquette, si j'avais bien suivi.
    Manque de chance la familiale monospacieuse de Dartemont-Belcourt était en révision chez Peunault-Reugeot le concessionnaire automobile consensuel de La Ponche.
    Alors le cher Valter avait trouvé dans ses sous-sols, juste ce qu'il nous fallait, une Checker Aerobus, c'était jaune, ça faisait sept mètres de long, avec une bonne dizaine de portes et c'était immatriculé dans le New Jersey (nouveau parce qu'indémaillable nous fit remarquer le désopilant Médpeu, ‘pas oublier de demander au si serviable et adroit Valter de lui mettre une balle dans la tête au génie du marquetinge électoral quand je n'en aurais plus l'usage, il commençait à me les agacer !), bref cette espèce de boa constrictor de la production automobile nord-américaine avait toutes les qualités pour participer à une filature discrète, c'était le cher Hulme qui allait être heureux de nous voir s'il n'était pas encore noyé et donc toujours sur la trace de son comptable fautif. 
    Les mômes eux étaient tout contents parce qu'ils avaient chacun leur portière même la petite voisine qui pas rancunière avait voulu en être du spectac' de la noyade annoncée et pré-vendue du tonton Hulme.
    -C'est du belge !
    -Je vous en prie Medpeu, les circonstances sont dramatiques !
    Malgré tout l'ambiance était bonne.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>-Ne vous inquiétez pas chère madame, votre mari n'est point en danger, la marée nous est favorable...
    -Mais je ne m'inquiète pas.
    Quand même lorsque nous arrivâmes sur les lieux du possible drame, la Renault 4 avait de l'eau jusqu'au capot et nous commencions de désespérer de retrouver sinon vivant au moins flottant le cher grand Hulme :
    -Eeeeh ! Ooooh ! Je suis là !
    Il était perché sur l'un de ces rondins érectiles sur quoi prospèrent les moules. Il faisait de grands signes, et l'on aurait crû un homme de pont unique survivant de quelque porte-avions coulé, les demoiselles Dartemont-Chambeulac se précipitèrent vers leur papa avec un bel enthousiasme filiale, sans s'inquiéter de se mouiller les pieds, sacrifice d'importance à quoi nous n'étions pas encore tous acquis, mais après quelques mètres et alors qu'elles touchaient presque au but elles semblèrent s'évanouir dans l'onde.
    Valter, le Chef ‘von le Gueuzec et moi-même nous nous décidâmes avec une belle unanimité à porter secours à ces jeunes filles et donc à mouiller nos chaussettes.
    Secourues, sauvées, survivantes, elles nous désignèrent ensemble, le bout de bois juste à côté de celui qu'occupait le stylite du barreau de Paris.
    De fait il était lui aussi occupé, un plaisantin avait à grands soins posé la tête découpée d'un contemporain sur un mouchoir à carreaux.
    Oubli de pique-niqueur, farce douteuse ou tentative de mise en culture d'un nouveau genre ?
    <o:p> </o:p>Revenus tous ensemble au rivage, le Chef ‘von le Gueuzec convint que la décollation avait été parfaitement exécutée et qu'elle était toute fraîche, tous les regards se tournèrent alors vers Hulme de Chambeulac qui récupérait avec difficulté de son temps au désert d'eau.
    -... mais... ‘est pas moi... ‘uis pour rien... ‘eu 'ous le jure !
    -Et vous savez pas à qui ça peut appartenir? Lui demanda le Chef ‘von le Gueuzec qui tout en interrogeant du regard et de tout son instinct flic la tête déposée devant lui sur le sable, essorait ses chaussettes.
    -Mais si... c'est... c'est le comptable ! Enfin un bout... A un moment, il est parti avec la secrétaire vers les bouchots, ils avaient l'air très amoureux, je ne pouvais pas les suivre, ils s'en seraient rendu compte, j'ai attendu pendant une heure qu'ils aient fini leur petite affaire et qu'ils reviennent, rien, alors j'ai suivi les traces de pas mais la marée montait et puis j'ai aperçu quelque chose... et puis...
    L'affaire se corsait, au loin, plus au loin, très au loin de nos jeux d'adultes, les enfants et les mamans ramassaient des coquillages et se faisaient de rondes joues et de belles cuisses.
    <o:p> </o:p>Enfin le Chef ‘von le Gueuzec replia les coins du mouchoir sur le reste comptable, fit un joli nœud avec et chacun de retenir son souffle et sa pensée, il semblait savoir ce qu'il avait à faire, je préjugeais qu'il allait l'empocher mais non, il commença de creuser le sable, peut-être son instinct de chien policier qui lui commandait d'enterrer les indices comme ses collègues épagneuls civils inhument leurs os et trophées divers, mais non quand la tête fut bien calée, il prit trois pas d'élan et d'un drop magistral du pied droit l'envoya dans l'océan à plus de soixante et dix  mètres de là.
    -C'est... c'est indigne... un reste humain... un élément d'enquête... une... un...
    -Une pièce à conviction oui, et qui pouvait aussi bien emporter la décision de messieurs les jurés et vous valoir vingt ans de bagne cher maître !
    -Joli coup de pied ! Approuva Walter Chéchignac.
    -Ah bravo c'est malin et maintenant qui c'est qui va n'aller le chercher le ballon ? Demanda le cousin Pin-Pin fotebaleur évadé du stalag des coquillages. (à suivre...)
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  • La vraie soupe au mégot parisienne par G.M.Neoletto 1/2

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    Avec Jean-Nick Kloporth nous sommes amis depuis bientôt dix ans, nous avons fait Sup de Conss' ensemble, promotion Jean Luc Delarue. Sup de Conss', oui ce n'est pas encore très connu, c'est l'Ecole Supérieur de Contrôle Sociale. Nous sommes tous deux fonctionnaires, lui travaille au Laboratoire Central de Paramétrage Social LCPS et moi à l'Observatoire Parisien de Conduites Antisociales non Agrégogênes OPCANA. Les crétins qui rêvent de revenir à la loi de la jungle nous qualifieraient sans doute de flics sociaux mais je pense que nos missions sont quoiqu'on en dise d'une grande utilité.

    Malgré les RTT, les 21 heures de boulot hebdomadaire, les pauses café, apéritives, repas, digestives (non l'addition c'est en face !), les congés maladies, ressourcement, éthiques, les formations aux nouvelles réglementations administratives, formations aux nouvelles simplifications administratives, formations aux nouvelles formations. Bref en dépit d' un planningue dingue, nous trouvons encore le temps une fois par mois de nous faire de petites bouffes.

    Le mois dernier il m'avait gâté en m'invitant chez Jean-Luc Le Gerbeur à La Compoilade Boulevard Eddy Merckx dans le 5° où j'avais dégusté un Haricot de Mouton servi en tube (oui comme le dentifrice !) accompagné d'escargots à la nage (indienne): une merveille ! 

    Ce mois-ci me revenait donc le choix du restau' et je me décidais en contraste avec toute cette modernitude pour l'authenticitude d'un vrai bistrot parisien et lui donnait rendez-vous au Sapeur Couronné rue Jacques Anquetil dans le 18°. 

    L'établissement était tenu depuis cinq générations par la même famille d'auvergnats, ce n'était pas l'un de ces remakes, au demeurant fort sympathiques, où un couple de jeunes gens régressifs: très comme il faut en noir amincissant font comme si, jouent à la marchande, au mastroquet comme avant : à preuve on a gardé le zinc en strat années 50, mis des affiches et des photos d'époque aux murs et on a même engagé à l'année un poivrot qui a sa licence professionnel.

    Non là le tenancier était poilu de partout, il lui en sortait même des oreilles, il avait un accent chuintant et plus important que tout un mégot perpétuel au coin de la bouche.

    Car la spécialité du restaurant c'était la vraie soupe au mégot à l'ancienne, je sais que pour certains de mes collègues hygiénistes sociaux de strict observance cela peut heurter leur croyance profonde et sembler une pratique quelque peu transgressif sinon blasphématoire mais enfin si l'on veut conserver à la vie parisienne un peu de son charme natif il faut montrer une certaine tolérance vis à vis de l'indigène et de ses coutumes, et puis quoi ! même si je ne prise pas loin de là les carreaux vichy (qui me rappelle un peu trop la période la plus sombre de notre histoire) j'aime à me laisser aller dans une ambiance désuète et surannée  même si je me replonge tout de suite après dans les délices de notre contemporanéité compulsive. A ce propos j'ai lu quelque part que la mairie de Paris allait  remettre en service une compagnie de sergents du gay (je ne suis pas sûr de l'appellation exacte) qui nous prouve assez que même dans une ville musée il faut des gardiens et savoir renouer avec des traditions utiles.

    Le tramway à gazogène étant une fois encore en panne (on doit assumer les aléas du progrès). J'avais pris un vélo-taxi et pour une fois le type n'était pas un fainéant, j'arrivais en avance, j'en profitais pour me faire cirer les chaussures devant l'entrée du restaurant. Jean-Nick lui eut un peu de retard et dés son entrée je lui plaçais ma première semonce :

    -J'espère que tu as fait attention et que tu n'as pas encore garé ton vélo sur un passage clouté, deux fois dans la semaine ça fait beaucoup !

    -Ah ma vache là tu m'as eu : 1-0 !

    C'était un rituel entre nous que de mettre en avant les fautes sociales de l'autre commis au cours du mois écoulé ; rien de plus simple grâce à nos fonctions nous avions chacun libre accès aux fichiers et il nous suffisait de les croiser.

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    C'est pour ça que j'ai voté Sarkopéte,  parce qu'il a compris, lui, et avant tous les autres que le croisement des fichiers et le flicage mutualisé était la grande aventure du 21° siècle : nos cathédrales à nous !

    Je posais sur la table la cellophane entourant la barrette de shit Equitabeule Traide que je venais d'acheter dans un distributeur automatique (ghanéen) à la sortie du métro.

    -Ne jette pas l'emballage n'importe où pour un type qui a eu un avertissement pour tri non réglementaire de ses déchets cela peut être grave ! 1 partout !

    Ah l'enfoiré il avait lui aussi croisé les fichiers: de fait j'avais écopé d'un avertissement quinze jours auparavant pour avoir mis un pot de yaourt vide (bio le yaourt quand même !) dans le mauvais container d'une amie chez qui je passais la soirée, la police avait remonté la filière grâce aux traces ADN laissées sur l'opercule fermant le yaourt (je fais partie des 77 % de consommateurs de yaourts qui lèchent l'opercule) et j'avais passé 16 heures en garde à vue au commissariat du 15 °.

    Nous nous racontâmes quelques anecdotes de travail, Jean-Nick me raconta en particulier qu'il avait participé à une opération de gendarmerie visant à retrouver dans un village de la France rurale un type (après un profilage serré on était sûr du sexe de l'individu) qui envoyait des lettres anonymes à fort contenu discriminant et sexiste à la députeuse UMPpiste du cru, l'opération avait été remarquablement combinée: à six heures du matin neuf cents gendarmes mobiles en treillis et la mitrailleuse à l'azimut avaient investi le village, parqué les 380 hommes de plus de seize ans dans un parc à bovins, déroulé les barbelés et monté le mirador (ils ont en des pliants très commodes maintenant) et ils te leur avaient gratté la glôte à fins de recueillir les traces ADN.

    Le maire un extrémiste, élu du Flan National avait protesté que c'était là des méthodes dignes de la Gestapo, mais manque de chance pour lui après une rapide perquisition il fut trouvé à son domicile des armes de guerre: couteau suisse (allemand) à décapsuleur renforcé:

    -J'ai fait l'Algérie. Fut sa seule explication.

    Il l'avait faite mais du mauvais côté. Il suffisait de voir les décorations qu'il affichait sans vergogne dans sa salle à manger.    

    Malheureusement la moisson n'avait pas été suffisante l'anonyme utilisant des enveloppes autocollantes et pré-timbrées ce qui laissa nos pandores perplexes.

    Le juge d'instruction, c'était Plombiveau, ordonna alors de procéder à un second grattage mais à l'opposé soit au niveau du rectoum de chacun des 380 suspects, il avait repéré des traces douteuses sur les missives, ce qui fut fait, sans protestation cette fois, l'édile rétif ayant été incarcéré entre temps (il purge une peine de deux années de prison pour refus d'obtempérer à un banal examen qui nous en aurait appris bien plus sur lui et sa destinée terrestre que n'importe quel introspectif moyen n'en découvrira jamais sur sa propre personne !).

    Hélas là encore ce fut  sans grand résultat, hormis un taux un peu supérieur à la moyenne d'hémorroïdaires.

    Mais on ne soulignera jamais assez combien le métier de gendarme est devenu une activité passionnante, outre le grattage de conduit (dans les deux sens) sur suspect, le gonflage et dégonflage de ballons multicolores, le planquage derrière panneaux pour surprendre le contrevenant et autres disciplines nourrissantes, s'est ajouté la pratique de la psychologie.  

    L'un des brigadier chefs profileurs assermentés eut l'idée somme toute astucieuse de faire procéder à une analyse ADN des fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation et grâce à cela le coupable fut confondu: un garçon de ferme solitaire et renfermé...

    -... en bonne justice il devrait en prendre pour vingt ans... si le lobby onaniste ne fait pas pression ! Conclut un peu désabusé Jean-Nick.

    Ah les groupes de pression c'est notre hantise quoique je ne conteste aucunement leur nécessité.

    Après quelques anecdotes du même tonneau glanées au long de nos divertissants travaux de fonctionnaires/factionnaires le grand moment vint enfin: toute fumante et odorante arriva la soupière porté à grand train par la belle-fille du patron :

    -Bon appétit messieurs !

    L'appétit ne nous fit point défaut, nous en reprîmes deux fois chacun.

    -Alors tu en penses ? Demandai-je à Jean-Nick.

    -Elle est fameuse ! Il y a longtemps que je n'avais pas bouffé une soupe au mégot aussi bonne !

    La soirée se passait donc au mieux et nous nous dirigions gentiment vers les sempiternelles et loyales profiteroles quand je ressentis le besoin de me rendre aux vaters.

    Ils étaient parfaitement tenus, l'on devinait que c'était là le domaine réservée de la patronne, elle y avait apporté sa touche personnelle de mauvais goût franchouillard : abattant en bois mouluré, balayette haute époque en vrais poils de sanglier et porte-rouleaux surdoré, bref on y était bien et j'y musais quelque temps.

    Malheureusement sur le chemin du retour je me trompais de porte et là je vis... je vis simplement ce que sans doute je n'aurais pas du voir, l'innommable: le cuistot auvergnat tout érigé qui trempait son doigt dans la sauce à fins de la goûter et  savoir si elle était ou non trop salée. Il fit plusieurs fois le geste, trempant et re-trempant jusqu'à satisfaction. J'en fus... on le comprend bien... bouleversé et quand je revins à notre table Jean-Nick vit mon changement :

    -Qu'est-ce que tu as Jean-Fultre ?

    Je n'arrivais pas à articuler, enfin je bredouillais :

    -Il... il trempe...

    -Tu veux dire... tu es sûr ?

    -Je l'ai vu de mes yeux vu : il trempait son gros doigt dans la sauce.

    -Ah ben ça alors...

    Il était aussi anéanti que moi. (... à suivre...)
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  • 16.
    Une étape de plaine.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Elle me faisait toujours autant d'effet la pianiste, b... andante et déprédatrice, sombre aussi et décidée, ah ça très décidée, un peu trop même à mon goût, comme je n'obtempérais pas assez vite, elle me poussa sur le lit et je mettais les fesses de mon pyjama mouillé dans la tâche de sang frais qui peu à peu envenimait le couvre-lit blanc, maman n'allait pas être contente, les affaires d'école c'était sacré pour elle.
    -Qu'avez-vous fait de Thursten ?
    -Euuuuuuuh ! Répondis-je aussi sec.
    J'avais beau me concentrer et la vue du désuet mais affûté rasoir à manche qu'elle tenait à la main ne m'aidait pas dans l'exercice, je ne me souvenais pas d'avoir rangé de Thursten dernièrement.
    -Quel Thursten ? Biaisais-je.
    -L'homme qui était sur le yatte ?
    -Quel yatte ?... ah oui vous voulez dire le yotte... votre... accompagnatri... teur donc ?
    -Ne faîtes pas l'idiot !
    Elle s'approcha un peu plus, je soupesais mes chances, qui venaient de me remonter sous les aisselles, sans doute était-elle suffisamment exercée pour me saigner aussi vite que l'athlétique gigolo, j'abdiquais :
    -C'est pas moi, madame...
    -Mademoiselle !
    -Pardon Mademoiselle, c'est Valter qu'a tout fait... c'est lui  qui l'a attrapé...
    Je reniflais aussi un peu.
    -Vous voulez dire ce salaud de Chéchignac ?
    -C'est cela mâme.
    -Conduisez-moi à lui.
    Dans l'instant où elle remisait son rasoir dans son sac, je crus voir une ouverture et je bandais mes muscles avant que de bondir et lui sauter tel un fauve à la gorge quand elle s'écarta très vite et j'allais percuter de la crinière le radiateur en fonte.
    Maintenant elle avait sorti de sa pochette à malices un pistolet 9 mm para  et me tenait en joue en souriant. 
    -Relevez-vous vous êtes ridicule !
    -Bien Mademoiselle.
    -Et puis mettez un imperméable vous n'allez pas sortir comme ça ! Et puis vous fermerez la porte derrière vous ! Et puis ne traînez pas j'ai encore de la route.
    Elle savait se faire obéir, aussi j'obéissais, c'était étrange mais malgré le grand péril où j'étais cela ne me déplaisait pas de lui obéir.
    <o:p> </o:p>*
    <o:p> </o:p>La maison du Druide paraissait comme abandonnée, bien entendu je m'en voulais d'avoir dénoncé mon petit camarade, mais malgré tout, la nature humaine est ainsi faite, j‘étais presque impatient de connaître la suite, peut-être parce que je n'avais plus de peur à pisser ou parce que je comprenais que dans l'affaire je n'étais point l'objectif principal, tout juste figurais-je en hallebardier de complément. Quand même il semblait que Valter et le Chef ‘von le Gueuzec avaient vu juste en inspectant le yacht bleu et en prenant un otage.
    Elle s'apprêtait à briser un carreau d'un coup de talon aiguille mais je me manifestais :
    -Maîtresse j'ai les clefs si vous voulez .
    -Allez-y !
    Elle me méprisait tout à fait et je n'en prenais que plus de plaisir.
    « Il faudra quand même que j'essaye les petites Chambeulac un de ces jours, notais-je dans mon esprit affairé et délicieusement humilié. »
    Nous entrâmes dans le grand hall démodé mais personne ne vint à nous.
    Où était donc passés Dona Chupita Bonita y Gomez  et le fier Conchito, qui n'était pourtant pas du soir ?
    -Il n'y a pas de domestiques ? Me demanda Mademoiselle Br... ?
    -C'est leur jour de sortie, Maîtresse. Mentais-je
    -Arrêtez de m'appeler Maîtresse !
    -Bien Maîtresse.
    A ce moment le Grand Vate, le père de Walter Chéchignac sortit des chiottes en se rebraguettant, un journal à la main :
    -Tiens salut mon gars, alors la lunaison a été bonne avec une grande bringue comme ça t'as pas dû t'ennuyer.
    C'était sans doute le seul esprit frappeur qui usait encore de tels exercices libératoires, il comprit mon  interrogation et s'expliqua:
    -Comme le gris, le goût des pommes, la nostalgie des chiottes, lire son journal sur la lunette et surtout tirer la chasse à la fin et regarder sa merde qui s'évacue, ça qui me manque le plus de pas pouvoir admirer ma merde, de plus rien chier. Allez salut mon gars et bonne... bandaison. Ah ! Ah ! Ah !
    -Bonsoir monsieur.
    -Qui était-ce ?
    -Le père de Walter Chéchignac. Maîtresse
    -L'engendreur de cette petite ordure ?
    -Tout à fait.
    -Mais je vais le tuer, lui aussi.
    -Vous pouvez pas, maîtresse, vu qu'il est déjà mort.
    Elle ne m'écoutait pas et vida son chargeur vers le Grand Vate, qui s'éloignait son journal à la main en humant les murs, sans autre retentissement que des trous dans le plâtre.
    -Raté ! Maîtresse.
    Décidément elle semblait cultiver quelques préventions et animosités contre le cher Valter pour s'attaquer ainsi et sans sommation à  sa parentèle.
    -Oh vous ça va bien hein !
    Soudain des bruits, comme des cris qui venaient d'en dessous, des sous-sols, nous parvinrent, je n'imaginais que trop bien, le spectacle que l'on risquait de découvrir si l'on s'engageait dans les escaliers :
    -Suivez-moi !... non passez devant plutôt ! Ordonna-t-elle.
    Je tremblais à l'idée de me retrouver dans quelque succursale encore en activité de la rue Lauriston, et puis qu'elle serait sa réaction de soliste quand elle verrait son ami le cher Thursten dans les fers et tenaillé par le Chef ‘von le Gueuzec, que j'imaginais déjà tout à son inspiration.
    Enfin après beaucoup de couloirs et presque autant d'escaliers, à son commandement je poussais une lourde porte en fer et elle entra son pistolet à la main, vrai l'on se serait crû dans l'une de ces dramatiques policières où les dames fonctionnaires toutes récurrentes d'autorité  par souci d'édification et d'éducation équinamiste des foules tévéspectateuses, défouraillent pour un stationnement dans les clous, donnent de grandes baffes aux suspects et se grattent les couilles avec une énergie de sous-brigadier, mais tout en restant féminines bien entendu. 
    Je venais loin derrière mais j'arrivais enfin et détaillais le motif.
    Au milieu d'une cave voûtée et à peu prés gothique, se tenait assis sur une chaise, et solidement attaché le cher Thursten, qui fumait autant qu'un bravadien adepte de la si particulière fumita, mon regard remonta jusqu'aux fils électriques que Dona Chupita Bonita y Gomez appliquaient à certains endroits stratégiques de l'intimité de l'accompagna/teur/trice/teuse/tontaine, intimité complexe et variée, qui mettait à la disposition de ses tortionnaires un plus grand nombre de muqueuses et de points sensibles que la moyenne des tortionnés.
    Le chef ‘von le Gueuzec en fond pédalait sur une manière de home-trainer qui se révéla être une artisanale génératrice d'électricité :
    -Anda ! Anda ! Plus vite il va parlaré ! L'encourageait l'héroïne bravadienne.
    -Plus vite, facile à dire, je voudrais bien vous y voir, je suis pas un grimpeur moi ! Celui-là pour le faire parler il faudrait au moins  du triphasé ! 
    -Les mains en haut ! Gueula Mademoiselle Br... sur un ton suisse-alémaniac qui n'était plus du tout féminin.
    Le cyclo-routier s'arrêta de pédaler, le jeune Thursten de souffrir et presque de fumigéner et Dona Chupita d'encourager.
    -Vous, allez le détacher !
    -Bien maîtresse.
    Je m'exécutais.
    Le pauvre garçon tomba de sa chaise et Mademoiselle Br... d'ordonner :
    -A genoux tous !
    -Euh moi aussi Maîtresse ?
    -A genoux comme les autres trou du cul!
    Elle était très colère, Maîtresse, et maintenant elle n'était plus tellement excitante, vrai dans ces moments on aurait dit un sergent d'active, un va de la gueule de carrière, d'ailleurs vue de prés, elle ne faisait plus tellement jeune, elle était quand même très maquillée .
    Je pouvais témoigner de son esprit de décision, j'en avais eu des preuves récentes et sanglantes et notre avenir se présentait fort mal.
    Le jeune Thursten s'était relevé et lui aussi était très remonté contre le petit personnel du saint office et commençait à tataner sec la figure du Chef ‘von le Gueuzec qui serrait les dents.
    -Tiens bute-les plutôt, ça te défoulera ! Dit-elle en envoyant son pistolet à son ami.
    Mais celui-ci ne parvint pas à l'attraper, il faut dire que l'on a quelque excuse à se montrer maladroit lorsque l'on vient de recevoir une balle dans l'œil droit tirée par l'irremplaçable   Walter Chéchignac, le cher Conchito,lui, qui n'avait décidément pas d'horaires  avait visé l'oreille et n'était parvenu qu'à allumer le plafonnier.
    Mademoiselle Br... à la vue de son ennemi personnel vida sa pochette sur le sol, se baissa, délaissa son poudrier pour attraper son rasoir fétiche et se jeta sur son excellence qui n'évita pas tout à fait la lame, son bras entaillé sanguinolait tant qu'il pouvait et la douleur lui ayant fait lâcher son automatique allemand, il fit face avec à propos et lui décocha un osso-bukitaméhari fulgurant en partie basse et qui exécutée selon les prescriptions du vieux maître d'Okinawa calma considérablement son adversaire, Mademoiselle Br... optant alors pour un repli tactique en se tenant le bas ventre et en marmonnant :
    -Ah l'en'ulé mes ‘ouilles !
    Elle referma la lourde porte avec une force étonnante.
     
    J'aurais du être soulagé mais ce que je venais de vivre me terrifiait plus encore que ma mort prochaine et affichée il y a peu.
    Cet homme si amical et civilisé, ce cher Valter pouvait tuer, assassiné très proprement son prochain. Il y avait là sur le carreau un être humain mort, et rendu ainsi par la faute, et l'autorité, du si sympathique mais tant effrayant Walter Chéchignac.
    -Eh bien vous avez l'air secoué mon cher La Gaspérine !
    -Béh... c'est qu'il est mo...
    Je ne voulais pas le blesser aussi retrouvais-je assez mes esprits pour user devant l'indigène de circonlocutions euphémisantes ainsi que l'on m'avait enseigné à l'Ecole:
    -... il est... il est invivant...
    -Ah ça il me semble oui !
    Il souriait et la colère alors me prit d'autant plus facilement que le danger était passé :
    -Et vous... vous l'avez tué... Lui dis-je sur un ton de reproche... calculé, je l'avais vu brillant à 15 mètres au tir sur travs olympiques, je l'imaginais aussi bien exercé sur fonctionnaires d'élevage.
    -Vous pouvez remercier notre vice-consul qui m'a prévenu à temps  car ils s'apprêtaient à en faire de même avec vous, mais peut-être auriez-vous préféré vous faire administrer par de tels paroissiens ?
    -L'on peut dire que vous arrivez bien mon petit Valter, je ne nous voyais pas beau  avec ces cannibales! Soupira de sa voix de basse, c'est à dire à grand bruit, le Chef ‘von le Gueuzec en se frottant les genoux avant d'aider la chère Dona Chupita à se relever.
    -Ma sciatiqua, Dio que dolore !
    -Je n'imaginais pas qu'une femme pût montrer une telle virulence.
    -Revenez à la réalité mon garçon votre Mademoiselle Br... n'a jamais été demoiselle ! S'exclama le Chef ‘von le Gueuzec.
    L'adroit Valter nous renseigna sur la véritable identité de nos assaillants.
    -Ce sont les fameux Gil et No, quand j'ai vu la pianiste l'autre soir, je me suis dit que je l'avais déjà vue quelque part, il y avait longtemps et ce n'est que cette nuit en feuilletant des vieux programmes de monsieur mon père que j'ai compris, regardez plutôt :
    Il avait sorti de son veston une feuille jaunie qui annonçait la Foire à l'Andouille 1973 avec la présence « exceptionnelle » du Grand Vate Marcel Chéchignac et plus bas en petits caractères Gil et No artistes transformistes.
    -Ils tournaient un excellent et inventif numéro de travestissement dans les cabarets et music-hall européens dans les années 70/80, ils faisaient de la musique, de la danse, de l'acrobatie, à force d'opérations et de maquillages savants ils avaient fini par se ressembler comme frères... et sœurs,  au long de leur carrière ils avaient créé un grand nombre de personnages, un jour l'un jouait Mademoiselle Br... et l'autre Thursten l'éphèbe ou la jeune danoise au pair et le lendemain c'était l'inverse ou autre chose, d'où notre expédition de tout à l'heure, j'ai pensé que de tels duettistes ne supporteraient pas la séparation.
    -Et je servais en quelque façon de chèvre !
    -Que voulez-vous depuis que vous vous êtes mis dans la tête des idées d'indépendance mon cher !
    -Et puis je crois que monsieur La Gaspérine en tenait  assez pour  cette mademoiselle Br... ! Remarqua le si psychologue Chef ‘von le Gueuzec .
    -Qu'sss vous ‘acontez ! Mais pourquoi ? Pourquoi en avaient-ils après nous ?
    -Rassurez-vous leurs motifs étaient purement platoniques et professionnels, il y a quelques années ils se sont lancés  concurremment à leurs activités artistiques dans l'assassinat à façon, excellente réputation sur le marché, je m'étais un peu documenté quand Jean-Guy Pantaloni avait voulu mettre la main sur mon cercle de La Muette
    -Vous... vous avez employé des tueurs à gages ?
    -Non, à l'ordinaire je préfère le forfait et puis tout comptes faits Paul-Antoine Andréacci m'avait prêté de ses petites mains et le travail avait été aussi bien soigné va. Ne pas penser à fermer la porte derrière soi ne plaide pas pour leur professionnalisme.
    Sa remarque me fit mal, parce que ce n'était pas à maîtresse Br... qu'il revenait de la fermer cette porte mais bien à moi, humble et  indigne soumis, oh j'aurais mérité d'être battu... vrai je la regrettais déjà.  (... à suivre...)
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  • Si vous aimez le ton Urbane Tattack, venez retrouver les romans et recueils de nouvelles inédits de ses auteurs: H.T.Fumiganza, G.M.Neoletto, L.Benayak, J.P.Chassavagne ect... sur le sîte rénové (nouvelle moquette, plantes grasses, filles excitantes et chipster Belin à volonté) de l'Urbaine des Arts:

    http://lurbaine.net

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  • 15.
    La Détestation.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Je ne vous cache pas que j'avais plutôt envie de vomir que d'admirer la vague comme me le conseillait Walter Chéchignac.
    Il faut dire aussi qu'il n'y a rien de plus roulant sur la vague et vomitif qu'un chalutier, hormis peut-être un dragueur de mines.
    -Je croyais que vous aviez fait votre temps dans la marine ? Ironisa le Chef ‘von le Gueuzec en faisant allusion à ma publication récente sur les murs de La Conche.
    -Pour une fois vous êtes mal informé monsieur ‘von Le Gueuzec, j'ai fait mon service militaire à Saumur puis dans l'arme blindée.
    -La cavalerie, il n'y a que ça ! Concéda nostalgique l'ex-garde républicain.
    -Oh vous n'imaginez pas combien je la regrette moi aussi en ce moment !
    -Regardez mon cher La Gaspérine, ils vont remonter le chalut. Allons-y.
    -Non merci ça va... plus tard peut-être...
    Trop tard le pont fut envahi d'une poiscaille convulsive comme  jeunaille technophréne que les hommes d'équipage, avec le renfort de son Excellence se mirent à trier avec  sûreté et dextérité avant que d'en basculer le plus grand nombre dans les cuves de cale et de remettre le restant à la mer. Il ne demeurait pour toute animation sur le pont lessivé que quelques petits poulpes nouveaux-nés d'une trentaine de grammes, ébaubis et touristes.
    Walter Chéchignac s'assit prés du commandant Kelbonbec qui commandait le bâtiment, et avec gourmandise et dans le même mouvement que les autres marins, ils ouvrirent leurs couteaux, débouchèrent les bouteilles de muscadet, après quoi il tranchèrent par le milieu des petits pains qu'ils garnirent avec de ces « poulpiots » qu'ils noyèrent de mayonnaise, c'était le nom que l'on donnait à cette spécialité conchoise: « le poulpiot-mayo »  ils croquèrent là-dedans et le plus terrible était que la bestiole innocente, le nourrisson se défendait, s'accrochait au petit pain et résistait de toutes ses pattes sous la poigne et devant la mâchoire inexorable.
    Un terrible et inhumain « Pssrroouiiit ! » concluait à chaque fois le combat trop inégal.
    -Vous ne voulez pas goûter au casse-croûte conchois, monsieur La Gaspèrine ? Me demanda fort civil le commandant Kelbonbec en rattrapant l'un des sandwiches ambulatoires qui venait de tenter sa chance et cherchait dans un admirable et ultime geste de résistance à gagner l'Angleterre.
    Je regardais cette belle figure salée de marin dessalé, et sa bouche que l'on ne pourrait mieux dire que carnassière, ourlée de mayonnaise et dévorant ce sandwich vivant, et j'allais vomir encore une fois, contre le vent, le reliquat des restes de mon petit-déjeuner.
    <o:p> </o:p>Vrai cette sortie en mer ne s'imposait pas et je comprenais mal pourquoi Walter Chéchignac avait tant insisté pour me faire participer à une pêche au Blétznec, la denrée du coin,  peut-être voulait-il me faire admirer son chalutier « La Détestation »
    C'était certes une fort belle unité moderne, déjà d'un certain tonnage malgré son jeune âge mais je devinais qu'il ne devait pas seulement se consacrer à la pêche, ou alors en eaux troubles.
    Je ne compris le véritable but de l'excursion qu'en retournant au port, quand nous nous arrêtâmes prés du yacht bleu qui se tenait à l'écart dans l'avant-port.
    -Excusez-moi mon cher La Gaspérine une visite à rendre ! Me dit Walter Chéchignac déguisé maintenant en plongeur autonome et palmé, il plongea aussitôt et même derechef avec deux de ses hommes dans les mêmes dispositions grenouillesques et aventureuses.
    Le innocents devant un tel synchronisme professionnel n'auraient peut-être vu là qu'une répétition de ballet nautique, pour ma part, je ne pouvais m'empêcher de penser  que dans la fréquentation de ce garçon, fort intéressante et enrichissante au demeurant, je m'attendais toujours à me faire surprendre par la Brigade mondaine, sur terre ou sur mer, en quelque état ou circonstances délictueux.  
    Il nous fallait attendre, espérer que l'aventure ne se terminât point en expédition mexicaine :
    -Vous n'avez pas entendu capitaine Kelbonbec ? Oui, on aurait dit des coups de feu.
    -Des chasseurs de mouettes.
    -Cela se chasse la mouette ?
    -Tout se chasse monsieur La Gaspérine, ça dépend de l'appétit qu'on en a. Sourit le dévoreur de nouveau-né.
    Repus il était encore plus effrayant que dans la faim le philosophe-hauturier. 
    <o:p> </o:p>Ils revinrent, enfin ! Avec un prisonnier, hélas !
    -Tenez changez-vous ! Lui ordonna Walter Chéchignac en lui tendant des vêtements secs.
    Même en été l'océan Atlantique virait à l'Arctique le soir et l'autre tremblait, mais  pas seulement à cause de la météo défavorable.
    C'était un grand mousse qui se révéla être, sitôt sa combinaison néoprène retiré dans un : Shaaarrttthllaaartflaac ! très évocateur, une grande blonde insipide d'une quarantaine d'années avec une poitrine bénigne  mais dont le regard me disait quelque chose, c'était de ces regards sur lesquels l'on se retourne après les avoir croisés, un regard gris, infini et las, de ressuscité, ou en moins littéraire et mystique: un regard de pute nordique après la fermeture.
    -Vous ne la reconnaissez pas ? Me dit Walter la grenouille tout en se dégrafant lui aussi.
    Rien de plus étonnant qu'un streap-tease d'homme-grenouille, ça fait shplaaaac ! ça fait shploooof !
    -Non je vois pas ?
    -Et comme ça insista-t-il en lui retirant son bonnet de marin !
    -Merde Milady de Winter !
    -Arrêtez vos conneries La Gaspérine, c'est l'accompagnatrice de Mademoiselle Br... Et à bord du bateau nous avons retrouvé, siégeant dans le salon un Graffenberg bleu nuit, châssis long !
    -Qu'allez-vous en faire ?
    -Du piano rien, elle, le Chef ‘von le Gueuzec va l'interroger.
    -N'y allez pas trop fort.
    -Ne vous inquiétez pas, il aime la spontanéité, le premier jet.
    -Justement ça.
    -Vous oubliez mes chiottes La Gaspérine ?
    -Il faut savoir pardonner. Et puis ce n'est pas elle qui les a fait sauter.
    -Non mais elle y aura participé et avec l'intention de nuire et de faire mal et même de buter du monde dont vous mon cher. Et encore je compte pour rien l'orchestre de chambre retrouvé dans le port ! Et non plus le dérangement !
    -C'est une femme ?
    -Justement non.
    Elle avait descendu son short et force était de reconnaître qu'elle possédait tout l'attirail réglementaire du turfiste buveur de bière.
    -Pourquoi tout est-il toujours compliqué avec vous mon cher Valter ?
    -Parce que la vie n'est jamais simple que sur les pierres tombales mon cher La Gaspérine, mais ne vous inquiétez pas le Chef ‘von le Gueuzec va vous simplifier tout ça.
    Je prenais en pitié ce pauvre garçon et n'osais imaginer la suite des événements.
    -Dans tout les cas je vous serais reconnaissant de me ramener au port.
    -Mais nous y sommes mon cher, nous y sommes.
    Il avait raison, je débarquais, bien décidé à ne plus jamais fréquenter de tels personnages.
    <o:p> </o:p>Je retournais à l'auberge de La Chaudasse, où m'attendait dans le hall, la Marie Bertalot avec son gros conjoint congénital :
    -Ah ben on vous cherchait de partout monsieur La Gaspérine, regardez voir ce que La Rincée a trouvé ce tantôt en faisant le ménage à la permanence du Quai des Brunes.
    Elle sortit d'un sac Franprix un chose brunâtre et consumé, que je mis quelque temps à reconnaître pour ce que cela avait été : un képi de capitaine de gendarmerie.
    Je bredouillais en me remémorant les paroles de Walter Chéchignac offensantes à l'endroit de ce corps que... qui... quoi...
    -Se pourrait-il que...
    -Ben ça m'en a tout l'air.
    -Mais après tout il est possible qu'ils l'aient perdu pendant que les pompiers combattaient encore l'incendie.
    -Ah ça ça m'étonnerait vu qu'on s'est fait la réflexion avec La Rincée du temps qu'ils mettaient pour venir, quand ils sont arrivés il y avait plus de flammes, plus rien, que de l'eau, de l'eau partout, on a passé la matinée à tout évacuer.
    -Bien, bien, je vous remercie je vais aviser, voulez-vous prendre quelque chose un café.
    -Non, non on veut pas vous déranger, vous avez tellement à faire pour préparer la réunion de demain !
    C'était la vérité, j'entrais en campagne le lendemain.
    Je quittais le couple Bertalot-La Rincée et montait dans mon appartement.
    J'y trouvais un mot de Médpeu et La Branlaye qui m'informait de leur rappel précipité à Paris et de l'assurance de leur meilleur souvenir dans les heures délicates que j'allais connaître.     
    Je commençais à croire à une conspiration organisée sinon contre ma personne, à tout le moins contre ma candidature. J'étais assez proche du découragement et je ressentais une certaine appréhension, les évènements me devenaient incompréhensibles, peut-être avais-je été trop docile à trop de choses et de gens dans trop de circonstances pendant toutes ces années de formation, l'on m'avait battu le chemin maintenant les mêmes cherchaient à effacer ma trace et je ne savais à qui, à quoi et comment faire face.
    Mais aussi pourquoi Valter m'avait-il abandonné ?
    <o:p> </o:p>Je pris une douche, passai mon pyjama et j'allai dans ma chambre, le gigolo de la Belle de Mai, l'amant  marseillais de l'américaine propriétaire du yacht bleu, reposait sur mon lit, il avait la gorge ouverte depuis l'orient jusqu'à l'occident de son imbécillité comme en suivant les pointillés de sa chaînette en or doré.
    Je crus pouvoir hurler mais je n'y parvins pas, l'appréhension qui s'était transformée en trouille me nouait la gorge en même temps qu'elle dénouait mes sphincters.   
    Je mouillais mon pantalon de pyjama, un cadeau de maman, sans pouvoir bouger ou articuler.
    -Asseyez-vous ! Me dit Mademoiselle Br..., qui venait de surgir des doubles rideaux et marchait à moi dans sa longue robe de soirée noire et décolletée.  (à suivre...)
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